Mon parcours étudiant, Partie 1

Après le bac…

S’il y a bien une chose à laquelle je n’étais pas prête et préparée, c’est ce qui allait se passer après l’obtention de mon bac littéraire, sésame pour les études supérieures. Rien ne s’est déroulé comme je l’aurai pensé et souhaité. Cela n’a pas été un long fleuve tranquille. Je ne suis pas de celles qui ont rapidement trouvé leurs voies et leurs vocations.

À dix-huit ans, je n’avais qu’une très vague idée de ce que je voulais faire dans la vie. Au sein de mon lycée, n’étaient présentées que les filières prestigieuses. Pour des littéraires, cela se résumait aux grandes classes préparatoires (khâgne et hypokhâgne), des études de droit ou de commerce. Mon choix s’est porté sur le droit, pour le prestige et mon envie de travailler dans les institutions européennes ou dans la finance. Peu importait sur le moment, à vrai dire. Après tout, j’avais trois années devant moi pour affiner ce fameux projet professionnel… Finalement, les trois ans se sont transformés en cinq pour pouvoir décrocher ma licence. 

L’échec en droit

Je n’étais pas préparée à cet échec cuisant qu’a été mon orientation en droit. Je le confesse. Il a été d’autant plus difficile à avaler que j’ai toujours été une très bonne élève. Le problème est que j’ai choisi une filière qui ne me correspondait pas, dans laquelle je n’arrivais pas à m’épanouir. J’ai encore et toujours l’impression que l’orientation des lycéens n’est pas autant prise au sérieux qu’elle devrait l’être. Certes, il existe des journées portes ouvertes, mais qui semblent être faites pour celles et ceux qui ont déjà un choix plus ou moins arrêté, des rencontres d’anciens élèves… Les professeurs mentionnent brièvement le CIO. J’ai participé à un certain nombre de ces événements, mais cela ne m’a pas réellement aidé. J’ai fait une erreur dans mon orientation, erreur que je regrette encore aujourd’hui, même si j’ai ma licence de droit. Je me suis rendu compte que déterminer mon orientation est plus compliquée que cela. D’autres facteurs doivent être pris en compte et je n’en avais pas conscience.

J’ai commencé à sérieusement me pencher sur mon avenir lors de ma troisième année de droit. Après cinq années dans cette filière dans la mesure où j’ai été obligée de terminer mon cursus, et deux universités différentes, Strasbourg et Lyon III, il était temps de voir la vérité en face : j’en avais définitivement terminé avec le droit. J’ai eu ma licence, mais pas de master dans cette filière pour moi. Sans regret ! Aujourd’hui encore, il s’agit de la meilleure décision que j’ai pu prendre pour moi-même. Pas la plus facile également.

Une nouvelle orientation

Cette dernière année de droit a été décisive sur bien des aspects tenant à la fois à ma santé mentale, à ma vie étudiante et professionnelle. J’ai beaucoup plus réfléchi à ma ré-orientation, car le droit à l’erreur n’était plus permis, dorénavant. À Lyon, j’ai eu la chance de pouvoir participer à des ateliers d’orientation avec d’autres étudiants en droit, de différents niveaux, qui se trouvaient dans la même situation que moi. Ces ateliers m’ont énormément aidé.

Tout d’abord, je comprenais que je n’étais pas la seule à avoir réaliser une erreur dans le choix de mes études supérieures et à envisager de quitter ma filière. C’était rassurant et réconfortant. Deuxièmement, à travers des tests de personnalités, de l’énumération de nos centres d’intérêts et des discussions avec les intervenants, j’ai ainsi pu mieux comprendre et cerner mon profil, cibler mes attentes et déterminer un nouveau parcours universitaire.

Du coup, j’ai osé sauter le pas, faisant fi de certains avis négatifs de mon entourage, et j’ai recommencé de zéro au regard de la situation que je quittais. J’ai ainsi attaqué ma licence d’histoire de l’art. Un changement radical, mais qui a été bénéfique. J’ai redécouvert le plaisir d’étudier, de ne jamais me contenter uniquement du cours, en dévorant de nombreux ouvrages d’art. Je me suis placée dans les trois premiers de la promotion la première année. Inimaginable en droit ! J’étais passionnée par ce que j’étudiais et j’étais plus confiante sur mes chances de réussir.

Avoir eu la chance de pouvoir changer de filière m’a aussi permis de réaliser des rêves et des projets que j’ai abandonné en droit. En tête de liste, je voulais partir étudier à l’étranger. J’ai toujours voulu vivre dans un autre pays et de pouvoir découvrir les universités anglo-saxonnes. En intégrant une nouvelle licence, ce projet a pu être remis d’actualité. J’ai eu la chance de pouvoir m’envoler pour l’Irlande et d’étudier au prestigieux Trinity College de Dublin. J’ai obtenu ma licence avec mention.

Au final, je ne regrette pas mon choix, même si j’ai allongé mon cursus universitaire de plusieurs années et mon entrée dans le monde du travail. Je suis plus heureuse maintenant que je ne l’aie jamais été en droit.

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