Douce Nuit, Maudite Nuit (2012) | Seth Grahame-Smith

Le Spectre d’Antioche, le cauchemar de Judée, l’épine dans le pied d’Hérode. Balthazar s’est vu attribuer bien des surnoms, alors qu’en vérité, il n’est qu’un voleur un peu plus ambitieux et un peu plus chanceux que les autres. Cette fois, pourtant, trop d’ambition et trop peu de chance l’ont mené directement dans les cachots de Jérusalem, où il rencontre Gaspard et Melchior, deux bandits de grand chemin qui doivent eux aussi être exécutés au matin.

Mais Balthazar a un plan. Un plan qui finira par les conduire à Bethléem dans une certaine étable, où se cache une certaine famille, alors que brille dans le ciel une certaine étoile. Oubliez tout ce que vous croyiez connaître sur la Nativité et laissez-vous embarquer pour une grande aventure pleine de bruit et de fureur à travers la Judée de l’an 1 !

Seth Grahame-Smith est un peu le spécialiste des réécritures parfois particulières de l’Histoire avec Abraham Lincoln, Chasseurs de vampires ou de classiques de la littérature avec Orgueil et Préjugés et Zombies qui a même fait l’objet d’une adaptation cinématographique. Il récidive avec Douce Nuit, Maudite Nuit qui s’inspire du mythe de la Nativité. Une lecture de saison qui change des éternelles romances de Noël mais il pourrait ne pas plaire à tout le monde.

J’avais quelques appréhensions en commençant ce livre. Comme traiter, proposer une réécriture d’un mythe fortement connoté religieusement ? Surtout en gardant une certaine forme de respect. Seth Grahame-Smith est connu pour ses détournements littéraires avec plus ou moins de bonheur. Cependant, Douce Nuit, Maudite Nuit est un roman réussi même s’il a quelques défauts qu’il faut souligner, malgré son originalité. Globalement, il m’a diverti et c’est une des premières choses que je demande et attends d’un roman…

L’histoire est racontée du point de vue d’un des trois Rois Mages, qui est aussi un voleur… Il va faire la rencontre d’un couple qui vient d’avoir un bébé. Les principaux éléments de la Nativité sont présents et les décalages qui apportent l’originalité apparaissent rapidement comme dans les professions des Rois Mages, la personnalité de Marie et de Joseph, par exemple. Cependant, Seth Grahame-Smith lui donne un contexte historique plus développé. Il parle de la place particulière de la Judée, de son roi totalement soumis à Rome, des légions romaines postées dans cette province, les soulèvements de la population juive et les répressions. Tout y est pour donner un peu plus d’épaisseur à l’histoire originelle et la détacher de son côté légendaire, mythique.

Il lui donne aussi plus de réalisme avec des scènes violentes et sanglantes. Quand Hérode ordonne de tuer tous les enfants de moins de deux ans, cela donne une des scènes les plus terribles du livre et qui sonnent vraie. Il faut parfois avoir le coeur accroché, car toutes les scènes de batailles, de confrontations, de fuites ne vont pas sans leur lot de morts, de mares de sang et de détails sordides. L’auteur n’y va pas par le dos de la cuillère dans ses descriptions. Si la plupart du temps, elles s’intègrent bien au moment, à d’autres, je les ai trouvées de trop. Ils n’apportaient rien à l’intrigue ou aux événements. Cela sonnait un peu comme du « trash » un peu gratuit. L’auteur ne fait pas toujours la part des choses, à mon avis, et c’est dommage car le livre est déjà bien assez violent.

Pour une histoire de Noël, je voulais aussi retrouver une touche de magie. Elle n’était pas vraiment celle que j’attendais, mais j’ai été agréablement surprise. Elle était en cohérence avec l’ambiance du livre qui est tout de même sombre et violence, loin de ce que l’on peut imaginer pour cette période de l’année. C’est aussi ce qui fait l’originalité de cet ouvrage. L’auteur reprend les principaux codes et la trame narrative, tout en les cassant un par un, en les réarrageant. C’est particulier et j’avais peur d’y voir de temps à autre de l’irrespect pour ce mythe fondateur, en tout cas essentiel, central du christianisme. Je n’ai jamais ressenti que l’auteur pouvait être injurieux envers les croyances de certains lecteurs, même si un des personnages centraux, Balthazar, remets souvent en cause les propos de Marie concernant la conception de son fils. Je l’ai plutôt vu comme l’archétype de l’homme qui doute, de l’athée. C’était moins pire que ce à a quoi je m’attendais, donc c’est plutôt positif.

Ce n’est pas un coup de coeur, mais un roman de saison divertissant qui change des éternelles romances de Noël, que j’apprécie également. Douce Nuit, Maudite Nuit a rempli son office, mais il ne me laissera pas un souvenir impérissable. Il ne remplacera pas mon classique de Noël qui est l’éblouissant A Christmas Carol de Charles Dickens. Je le relis année après année mais j’ai beaucoup aimé ce petit changement de programme ou dans mes habitudes. C’est aussi ce qui a marqué cette année 2017 du point de vue de mes lectures. Je suis allée vers des genres littéraires que je lisais peu ou pas, pour faire des belles découvertes. J’espère continuer ainsi en 2018.

Publicités

4 réflexions sur “Douce Nuit, Maudite Nuit (2012) | Seth Grahame-Smith

      1. Un peu mais moins que dans mon souvenir de ma tentative de lecture d’Abraham Lincoln, Chasseur de vampires. J’avoue ne pas avoir essayé Orgueil et Préjugés et Zombies mais le film m’en a vacciné !

        J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s