Au banc des essais #1 3 essais autour du féminisme

Une nouvelle catégorie sur le blog pour aborder les différents essais que je peux lire mais que je ne présente jamais. Ils ne sont que représentés sur la blogosphère littéraire et je n’ai jamais osé en parler non plus. Cependant, c’est dommage de les bouder ainsi et j’ai envie de les mettre un peu plus en avant à travers cette série d’articles qui peut être thématique ou juste une présentation des derniers essais lus. Pour le premier billet, je vous présente trois essais autour du féminisme ou du girl empowerment. 

 Le deuxième sexe I de Simone de Beauvoir

« Nous commencerons par discuter les points de vue pris sur la femme par la biologie, la psychanalyse, le matérialisme historique. Nous essaierons de montrer ensuite positivement comment la « réalité féminine » s’est constituée, pourquoi la femme a été définie comme l’Autre et quelles en ont été les conséquences du point de vue des hommes. Alors nous décrirons du point de vue des femmes le monde tel qu’il leur est proposé ; et nous pourrons comprendre à quelles difficultés elles se heurtent au moment où, essayant de s’évader de la sphère qui leur a été jusqu’à présent assignée, elles prétendent participer au mitsein humain. »

Un des classiques de la littérature féministe que j’étais un peu intimidée à l’idée de lire et, pourtant, ce premier tome est très accessible. J’avais peur de ne pas tout comprendre des propos de l’auteur mais ce ne fut pas le cas. Il se lit parfaitement bien.

Pour ma part, je me suis surtout passionné pour la deuxième partie de l’ouvrage, Histoire, où l’auteur se propose de retrouver l’histoire de la femme. Depuis, de telles études ont été entreprises et il existe des ouvrages rendant compte de cette histoire. Je ne peux pas vous en proposer, malheureusement, car je n’en ai pas encore lu, mais c’est prévu.

Simone de Beauvoir écrivait en 1949 et pourtant, il reste des passages entiers de son oeuvre qui reste terriblement d’actualité comme l’égalité entre les hommes et les femmes dans le monde du travail. Ce premier tome est très enrichissant sur la condition de la femme ainsi que sur la vision que l’homme peut avoir de cette dernière. Indéniablement, c’est très bien écrit et documenté. Cependant, je ne saurai dire s’il m’a réellement marqué ou non. D’autres essais m’ont beaucoup plus fait réfléchir autour du féminisme et de certaines questions en particulier qui me tiennent à coeur.

L’action des femmes n’a jamais été qu’une agitation symbolique ; elles n’ont gagné que ce que les hommes ont bien voulu leur concéder ; elles n’ont rien : elles ont reçu.

The Beauty Myth de Naomi Wolf

Every day, women around the world are confronted with a dilemma – how to look. In a society embroiled in a cult of female beauty and youthfulness, pressure on women to conform physically is constant and all-pervading. In this shortened edition you will find the essence of Wolf’s groundbreaking book. It is a radical, gripping and frank exposé of the tyranny of the beauty myth, its oppressive function and the destructive obsession it engenders.

Je m’intéresse beaucoup au féminisme sous le prisme de la beauté, des diktats de la société dans ce domaine, leur apparition et évolution dans le temps. Naomi Wolf a écrit ce court ouvrage à la fin des années 1990. Il est certes relativement court, mais il pousse à la réflexion et de ceux que je présente, c’est clairement un de mes essais préférés sur le sujet. Il reste, malheureusement d’actualité, même en 2018.

Le point de départ est un constat glaçant.

More women have more money and power and scope and legal recognition than we ever had before; but in term of how we feel about ourselves physically, we may actually be worse off than our unliberated grandmothers.

Elle aborde la question de la pornographie, du cinéma, des magasines, de la littérature, mais elle a surtout pointé du doigt dont j’essaie de me défaire depuis quelques années maintenant. Cette dernière peut conduire à des troubles du comportement alimentaire, à des dépressions, … J’en ai souffert, mais elle reste encore à l’esprit. Il faut dire que nous sommes conditionnés pour penser ainsi. Naomi Wolf dit, en effet

A girl learns that stories happen to beautiful women, whethere they are interesting or not. And interesting or not, stories do not happen to women who are not beautiful.

Cette idée circule encore aujourd’hui, et avec d’autant plus de force que nous sommes dans l’ère des réseaux sociaux et Instagram pourrait être considéré comme la bannière du culte de la beauté et d’une vie parfaite. C’est un endroit où certaines personnes peuvent ressentir de l’insécurité et il est parfois difficile de se détacher de ces hommes ou femmes que nous prenons pour modèle. J’appliquais énormément cette idée durant mes années de droit, faisant le lien, biaisé, entre réussite et « beauté ».

The Beauty Myth est un court ouvrage qui a eu beaucoup d’échos en moi, me faisant prendre conscience de beaucoup de choses sur ma manière de penser et de me comporter face à la beauté. Il m’a quelque peu secoué.

Girlboss de Sophia Amoruso

The first thing Sophia Amoruso sold online wasn’t fashion – it was a stolen book. She spent her teens hitchhiking, committing petty theft, and dumpster diving. By age twenty-two, she had resigned herself to employment, but was still broke, directionless, and checking IDs in the lobby of an art school—a job she’d taken for the health insurance.

It was in that lobby that Sophia decided to start selling vintage clothes on eBay. Flash forward eight years to today, and she’s the Founder, CEO and Creative Director of Nasty Gal, a $100+ million online fashion retailer with over 350 employees. Sophia’s never been a typical CEO, or a typical anything, and she’s written #GIRLBOSS for girls like her: outsiders (and insiders) seeking a unique path to success, even when that path is windy as all hell and lined with naysayers. 

Après avoir vu la série, qui m’avait tout de même laissé un sentiment plutôt mitigé, j’avais tout de même envie de tester le livre dont elle s’est inspirée. L’adaptation reprend peu ou prou les principaux aspects du bouquin : comment d’une bonne idée, Sophia Amoruso a réussi à bâtir un empire. C’est le genre d’ouvrages que j’aime beaucoup lire et qui m’inspire, me donnant envie de faire mieux, de me dépasser et de me dire que je peux le faire.

Cependant, je n’ai pas apprécié outre mesure ce livre pour un certain nombre de raisons. La première tient au fait que Sophia Amoruso n’aborde que très peu ou de manière superficielle les difficultés qu’elle a rencontré en créant puis en développant son entreprise. Pour moi, c’était un des aspects les plus importants de cet ouvrage et une des raisons (pour ne pas dire la raison) pour lesquelles j’ai voulu découvrir #Girlboss après la série.

J’ai aussi beaucoup de mal avec Sophia Amoruso et je n’arrive pas du tout à l’imaginer comme un modèle. Elle se présente comme une bonne patronne, qui aime s’entourer d’employés qui veulent véritablement s’investir dans son entreprise. C’est légitime en soi, mais j’ai du mal à y croire. Elle a été au coeur d’un scandale pour des licenciements abusifs. De plus, son manque d’humilité m’a quelque peu dérangé. Elle a le droit d’être fière de ce qu’elle a accompli, là n’est pas la question, mais elle m’a souvent donné l’impression de rabaisser les autres qui n’ont pas connu le succès. Au final, je ne me sentais pas du tout comme une girlboss, et notamment par son rapport à l’échec. Du coup, je n’avais pas l’impression de faire partie de son club élitiste, impression renforcée par les interviews qui clôturent chacun des chapitres.

Je ne garde pas totalement un bon souvenir de cet ouvrage. L’auteur a peut-être réussi, mais elle a totalement échoué à m’inspirer et à me donner envie de me dépasser. Toutefois, sa définition d’une girlboss peut être intéressante et je la garde à l’esprit.

A girlboss is someone who’s in charge of her own ride. She gets what she wants because she works for it. As a girlboss, you take control and accept responsibility. You’re a fighter. (…) You’re a badass.

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6 réflexions sur “Au banc des essais #1 3 essais autour du féminisme

  1. Idem, j’ai été hyper déçue par la série Girlboss donc je n’ai même pas envie de lire le livre.
    Très envie de découvrir Simone de Beauvoir cette année. J’ai lu l’essai de Mona Chollet « Beauté fatale » qui est vraiment bien. Le genre de bouquin qu’on a envie de surligner toutes les deux phrases.

    Merci pour cet article très intéressant !

    J'aime

    • Merci de ton passage et de ton commentaire !

      Si tu as été déçue par la série, passe ton chemin pour le livre. C’est la même chose. J’ai les mêmes reproches à faire sur l’un que sur l’autre.

      Je te remercie pour cette idée de titres. Je ne le connaissais pas mais je suis curieuse de le lire. Dans ce cas, le livre de Naomi Wolf devrait te plaire. C’est aussi le genre de bouquins que tu surlignes tout le temps.

      Aimé par 1 personne

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