Megan Angelo • Followers (2020)

Followers • Megan Angelo • HQ • Janvier 2020 • 384 pages

When everyone is watching you can run, but you can’t hide…

2051. Marlow and her mother, Floss, have been handpicked to live their lives on camera, in the closed community of Constellation. Unlike her mother, who adores the spotlight, Marlow hates having her every move judged by a national audience. But she isn’t brave enough to escape until she discovers a shattering secret about her birth. Now she must unravel the truth around her own history in a terrifying race against time…

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Followers est le premier roman de Megan Angelo, publié en début d’année. Dystopie autour des technologies et notamment des réseaux sociaux, l’histoire est maîtrisée d’un bout à l’autre et fait froid dans le dos.

Deux points de vue s’alternent : celui d’Orla, dans les années 2010 et celui de Marlow, en 2051. Les changements de narrateur et d’époques ne sont pas toujours ma tasse de thé. À de rares exceptions, j’ai toujours l’impression qu’ils cassent le rythme de l’intrigue. Souvent, une trame me plaît plus qu’une autre. Followers fait partie des exceptions. L’alternance est bien maîtrisée et chaque partie est d’un intérêt égal. Les deux points de vue se complètent parfaitement et apportent, au fur et à mesure, les réponses aux questions que le lecteur peut se poser : qu’est-ce que « the Spill » ? Quel rôle ont joué Orla et Floss dans la situation actuelle ? Le format est parfait pour cette dystopie et permet de balancer l’avant/après, de mettre les deux en perspective. 

L’auteur nous propulse dès les premières pages dans le drame qui se noue. Le début m’a un peu dérouté, car je ne comprenais pas tout. Le tableau n’est pas complet, mais les réponses n’arrivent que progressivement. Il faut s’accrocher pour les premiers chapitres, mais après, il est impossible de mettre le roman de côté. Je voulais savoir jusqu’où Floss, Orla et Aston étaient prêts à aller pour devenir célèbre et le rester. Ils semblent n’avoir aucune limite, ils n’ont pas peur de choquer. Il y a de nombreuses scènes dans ce sens où ils n’ont même pas conscience de faire du mal aux autres, et pas seulement ceux qu’ils côtoient. Le premier qualificatif qui me vient à l’esprit quand je pense à eux est « égoïste« . Ils en deviennent presque effrayants et un seul d’entre eux s’en rend compte.

C’est un autre aspect du roman que j’ai apprécié. Il fait froid dans le dos, car il est criant de vérité. La partie où Orla prend la « parole » est un portrait de nos sociétés actuelles. Tout y passe : l’addiction à Internet et aux réseaux sociaux, la volonté de devenir influencer et célèbre, de le rester à tout prix alors qu’une autre personne rêve de prendre la place et est également prête à tout pour réussir… Il y a aussi une idée qui revient souvent dans Followers, c’est celle qu’une personne vaut mieux que ce qu’elle a, que les autres et qu’elle mérite tout, quitte à écraser, rabaisser les autres et être malheureuse une bonne partie de sa vie. J’ai trouvé que les trois personnages, Orla, Floss et Aston sont représentatifs d’une certaine catégorie de la population qui ne vit que pour son écran et les « followers ». 

La partie dystopique concerne le point de vue de Marlow. Il peut faire penser à un épisode de la série Black Mirror. Après cet événement appelé the Spill (l’idée de dévoiler, déballer), le rapport aux technologies change ainsi que celui aux réseaux sociaux. Pour éviter les débordements d’avant, le gouvernement contrôle Internet et propose un programme où des influenceurs, nommés par ce dernier, obéissent à un arc narratif selon des profils pré-établis, comme la mère de famille, par exemple, et en fonction des publics visés. Ils vendent, promeuvent des produits approuvés par l’État. Ils sont filmés quasiment vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Il y a un climat anxiogène dans cette partie. On sent le poids constant du regard du gouvernement dont l’un de ses objectifs est d’inciter la population à partager le plus possible, et des « followers » qui sont omniprésents.

L’auteur en profite pour évoquer le thème, le problème de la vie privée et de son respect en ligne. De nombreux aspects du roman tournent autour de cette problématique, que ce soit dans le temps présent du roman que dans le futur qui est proposé. Followers fait écho à l’actualité où cette question est au coeur des considérations.

Followers a été une énorme découverte et surprise. Je ne savais pas à quoi m’attendre avec ce roman à la couverture très colorée. Pourtant, le fond est loin de l’être, car il est plutôt sombre, proposant une vision du futur relativement pessimiste. Megan Angelo m’a passionné d’un bout à l’autre, et je referme le livre sur un coup de coeur. Malgré le fait que certains personnages peuvent apparaître détestables, leur destin intéresse. Le drame se noue et la curiosité l’emporte pour savoir quand et comment tout va finir par exploser. C’est un livre que je recommande.

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