Cara Black • Three hours in Paris (2020)

Three hours in Paris • Cara Black • Soho Press • Avril 2020 • 360 pages

Kate Rees, a young American markswoman, has been recruited by British intelligence to drop into Paris with a dangerous assignment: assassinate the Führer. Wrecked by grief after a Luftwaffe bombing killed her husband and infant daughter, she is armed with a rifle, a vendetta, and a fierce resolve. But other than rushed and rudimentary instruction, she has no formal spy training. Thrust into the red-hot center of the war, a country girl from rural Oregon finds herself holding the fate of the world in her hands. When Kate misses her mark and the plan unravels, Kate is on the run for her life—all the time wrestling with the suspicion that the whole operation was a set-up.

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Three hours in Paris est le dernier roman de Cara Black, qui a l’habitude d’écrire sur la ville de Paris. Sa série, Aimée Leduc, compte plus d’une dizaine de tomes, chacun mettant en lumière ou une rue de la Ville Lumière. Cependant, adorant les romans policiers et d’espionnage se déroulant durant la Seconde Guerre mondiale, je me suis plutôt tourné vers Three hours in Paris, qui promettait une intrigue pleine de tensions et de dangers. 

Ce roman faisait partie de ma sélection des sorties en anglais que j’attendais avec impatience. Une femme, une mission impossible et un Paris occupé… Il ne m’en faut pas plus. Pourtant, j’ai enchaîné les déceptions sur de nombreux aspects du roman : les personnages, l’intrigue et sa construction et sur des points historiques. Énormément de choses semblent mal ficelées ou sont improbables. Je suis quand même allée jusqu’au bout pour savoir si l’un ou l’autre point pouvait s’améliorer. Et bien non…

Et je commence avec les personnages, car c’est un des pires aspects du roman, à mon avis. En premier lieu, il y a Kate, une Américaine qui a épousé un militaire gallois. Aucun lien ne se crée avec elle, malgré le drame qu’elle a vécu. Mais ce n’est pas ce que je retiens principalement à son encontre. C’est plutôt sa perfection en tant qu’espionne. Il est précisé à plusieurs reprises que son entraînement a été très sommaire et court, par manque de temps avant le début de sa mission. Et pourtant, après l’attentat manqué, elle se transforme en une super espionne qui sait d’instinct quoi faire, à qui parler… Ce n’est pas crédible du tout, surtout à la fin où elle fait mieux que le SS qui la poursuit et qui s’avère être le meilleur enquêteur de Munich. Le tout pendant presque trois jours et sans dormir. Pour le réalisme et la plausibilité, je cherche encore. Quant à l’enquêteur principal dépêché, et son acolyte antagoniste, c’est un florilège de clichés. Il y a un troisième groupe de personnages, qui sont les résistants. Parmi eux, il y a un traître. Très vite démasqué, aucune motivation ou explication n’est donnée sur les raisons qu’il l’ont poussé à agir ainsi.

Le deuxième point concerne l’intrigue. Le résumé donne l’impression que le lecteur va se plonger dans un roman plein de tensions. Cependant, je l’ai trouvée totalement absente. La course contre la montre et le jeu du chat et de la souris tombent à plat. Je n’ai pas ressenti de danger tout au long de ma lecture, ou que l’horloge tourne, et c’est ce que j’attendais de cette intrigue. Certes, les rebondissements s’enchaînent, mais le tout a un goût de trop, de too much. Surtout couplé avec le manque de crédibilité qui frappe tout le livre. À trop vouloir être dans l’exploit, l’auteur m’a perdu. J’aurai préféré moins d’actions et plus de réalisme, dans la mesure où je me suis lassée rapidement. Il y a aussi des actions qui ne paraissent pas plausibles dans le contexte comme envoyer un agent dans le seul objectif qu’il se fasse prendre et tuer pour qu’une autre mission puisse avoir lieu. Il y a certaines justifications qui sont le moteur de l’intrigue, mais qui ne semblent pas très claires et cohérentes. J’ai été presque soulagée quand le roman s’est enfin terminé. L’intrigue est parfois mal ficelée et Three hours in Paris passe presque pour un premier roman, alors que l’auteur en a plus d’une dizaine à son actif. Et dans le même genre.

Il y a un autre point du livre que j’ai détesté et qui m’a énervé. Cara Black utilise des mots en français à tout bout de champ et de manière intempestive. Je ne suis pas contre l’utilisation de mots en langue étrangère quand le sens apporte une nuance ou qu’il n’y a pas d’équivalent dans la langue utilisée. Mais je ne vois pas la différence entre une boulangerie et a bakery. Je ne sais pas à quoi pensait l’auteur pensait en faisant ça. Donner un côté parisien ? Pour un lecteur français lisant en anglais, ça frise le ridicule. La pire phrase que j’ai pu lire est celle-ci : « Merci, docteur », said Philippe, « didn’t mean to drop you in the merde« . On dirait une mauvaise blague, mais non, elle est bel et bien écrite dans le livre. S’il est traduit un jour, je pense que cet énorme défaut sera gommé. À la fin, dès que je tombais sur mon français balancé sans raisons, je m’énervais toute seule sur mon exemplaire.

Three hours in Paris est un roman que j’étais impatiente de découvrir, mais quelle déception ! Je n’arrive pas à lui trouver ne serait-ce qu’un point positif. Il a juste une jolie couverture et un résumé plein de promesses, qui ne sont pas tenues.

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