Au Banc des Essais #3

Je reprends un type d’articles que j’ai délaissé depuis longtemps et dans lequel je présente différents essais que j’ai pu lire dernièrement. Pour le premier rendez-vous, j’ai mis en avant trois ouvrages féministes dont un classique. Le deuxième a été un peu plus fourre-tout avec deux essais de sociologie et un autre en histoire de l’art. C’est cette dernière thématique que j’ai décidé de mettre en avant.

Histoire de l’art • Ernst Hans Gombrich • Phaidon • 1950 • 688 pages

Écrit au début des années 1950, il reste un des classiques de la discipline. En tant qu’historienne de l’art, j’en ai lu et relu des passages. L’auteur brosse une histoire de l’art allant de la période antique jusqu’à la fin de la Première Guerre mondiale. C’est une bonne introduction, écrite dans un style accessible et vivant. L’ouvrage permet de se familiariser avec les grands mouvements artistiques, les principales théories et les artistes…

Il présent aussi quelques biais. Gombrich ne s’intéresse qu’à l’art européen. Par exemple, l’art japonais n’est évoqué que dans sa partie qui a influencé les mouvements d’avant-garde de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle. C’est également le cas pour l’art africain qui est aussi un art complexe et intéressant. Gombrich n’évoque que très peu les artistes féminines. Les rares passages où elles sont évoquées (la seule qui me vient à l’esprit est Käthe Kollwitz, artiste de l’expressionnisme allemand) ne sont pas aussi développés que pour les hommes. Les gender studies et la redécouverte des femmes artistes ne se développent que vingt ans après, dans les années 1970.

Ways of looking, How to experience contemporary art • Ossian Ward • Laurence King • 2014 • 176 pages

Laurence King est une maison d’édition de langue anglaise qui publie des ouvrages autour de la mode, du design, de l’histoire de l’art… Même les publications qui ne sont pas considérées comme des beaux livres sont de magnifiques objets, à la mise en page soignée et avec un papier glacé très épais. C’est un véritable plaisir de les avoir entre les mains. J’en ai trois de cette maison d’édition dont celui d’Ossian Ward. Ce dernier est critique d’art contemporain à Londres et il travaille actuellement à la Lisson Gallery.

L’ouvrage aborde l’art contemporain, souvent décrié et qualifié d’incompréhensible. Ossian Ward propose des pistes de lecture et de réflexion afin de mieux appréhender la création actuelle. Pour cela, il donne la méthode de la tabula rasa qui reste une démarche que nous utilisons dans le domaine des arts en général : prendre son temps devant une oeuvre, faire des associations d’idées, se renseigner sur le contexte… Une fois cette dernière présentée, l’auteur présente différentes catégories pour aborder l’art contemporain telles que l’art comme divertissement… Pour être honnête, ce n’est pas tant sa méthode que je retiens de ma lecture, plutôt que le côté déculpabilisant de ne pas toujours comprendre l’art contemporain qui ressort parfois de ce texte. Ossian Ward explique qui lui est arrivé de ne pas comprendre tout de suite le sens d’une oeuvre et qu’il lui arrive qu’il découvre ce sens plus tard parce que quelque chose lui a fait penser à cette dernière.

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