Stephanie Wrobel • Darling Rose Gold (2020)

Darling Rose Gold • Stephanie Wrobel • Berkley • Mars 2020 • 320 pages

For the first eighteen years of her life, Rose Gold Watts believed she was seriously ill. She was allergic to everything, used a wheelchair and practically lived at the hospital. Neighbors did all they could, holding fundraisers and offering shoulders to cry on, but no matter how many doctors, tests, or surgeries, no one could figure out what was wrong with Rose Gold. Turns out her mom, Patty Watts, was just a really good liar.

After serving five years in prison, Patty gets out with nowhere to go and begs her daughter to take her in. The entire community is shocked when Rose Gold says yes. Patty insists all she wants is to reconcile their differences. She says she’s forgiven Rose Gold for turning her in and testifying against her. But Rose Gold knows her mother. Patty Watts always settles a score.

Unfortunately for Patty, Rose Gold is no longer her weak little darling… And she’s waited such a long time for her mother to come home.

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Parmi les nouveautés 2020 que j’ai pu noter, Darling Rose Gold faisait partie de celles que j’attendais avec impatience. Le résumé m’avait captivé en mettant en avant une relation mère/fille atypique et malsaine. Stephanie Wrobel s’inspire d’une histoire vraie, celle de Dee Dee Blanchard et de sa fille Gypsy Rose. Même si certaines changent par rapport à cette affaire, le livre reste gênant.

Darling Rose Gold s’ouvre sur la sortie de prison de Patti Watts, cinq ans après sa condamnation pour traitements abusifs envers sa fille. Le livre enchaîne ensuite les points de vue entre la mère et la fille. J’ai beaucoup aimé ces changements de narrateur pour un certain nombre de raisons. La première est d’avoir les deux points de vue afin de connaître les justifications, la manière dont elles ont vécu les événements. J’espérai voir la différence entre la victime, Rose Gold, et sa mère. À première vue, il semble facile de reconnaître que Patti est un monstre, mais plus les pages se tournent, plus le statut de victime est remis en question pour sa fille. C’est un autre aspect du livre que j’ai apprécié mais que je développe plus loin. Le deuxième aspect intéressant de cette alternance est d’avoir une vision complète de l’histoire, de tout le passif existant entre la mère et la fille. Patti évoque ce qui se passe après sa sortie de prison, comment elle essaie de reconstruire une relation de dépendance avec Rose Gold et son petit-fils. Quant aux passages de Rose Gold, ils permettent au lecteur d’en savoir plus sur sa prise de conscience que sa mère l’empoisonnait. Elle raconte le procès et comment elle a essayé de se reconstruire après, comment elle a appris à se débrouiller seule alors qu’elle ne l’a jamais été.

Les changements de narrateurs permettent également de se rendre compte de la psychologie des personnages, de ce rapport de force qui se construit dans le présent. Patti se rend rapidement compte que Rose Gold a changé, et pas forcément pour le meilleur. Le lecteur sait ce qu’elle a vécu et elle se dévoile petit à petit. Ce n’est que progressivement qu’une autre facette d’elle se découvre. Ce n’est plus vraiment une victime et elle n’est plus prête à laisser sa mère la dominer une nouvelle fois. Cependant, j’ai trouvé que les chapitres de Patti étaient les plus malsains. Ils donnent une ambiance terrible au roman. Les premières phrases laissent supposer que ces cinq ans de prison l’ont changé, qu’elle est prête à prendre un nouveau départ avec sa fille. Pour autant, dès le début, des indices, des petites réflexions par-ci par-là laissent entendre qu’elle veut que tout redevienne comme avant. Certaines phrases sont glaçantes. 

Ce qui l’est d’autant plus est que la mère ne se rende pas compte du mal qu’elle a fait à sa fille durant quasiment toute sa vie. Elle n’arrête pas de se justifier, en racontant partout qu’elle est une très bonne mère à qui veut l’entendre. Cela peut déstabiliser, surtout qu’il n’est pas dit ou évoqué que Patti souffre d’un trouble pathologique, le syndrome de Münchhausen par procuration. Selon le Larousse, le patient va simuler une maladie, des symptômes pour réclamer des soins, une intervention chirurgicale. Quand le syndrome est dit « par procuration », la personne crée les symptômes chez un proche, notamment une mère envers son enfant, comme dans le cas de ce roman. J’ai été étonnée de voir que Patti n’était pas suivie durant son incarcération et après. Tout au long de ma lecture, mes sentiments envers cette dernière étaient ambigus, me mettant encore plus mal à l’aise face à cette relation mère/fille.

Les personnages constituent la meilleure partie de ce roman. Leurs psychologies, leurs comportements sont très bien développés. L’intrigue reste celle, conventionnelle d’une revanche. Cependant, les pages se tournent facilement, malgré la gêne que le lecteur peut éprouver tout au long de la lecture. En effet, insensiblement, le drame se noue et, à un moment donné, tout va exploser. La question est de savoir qui de Patti ou de Rose Gold arrivera à ses fins sans subir trop de dommages. C’est un roman qui se révèle prenant dès les premières pages. 

Darling Rose Gold n’a pas été le livre que j’attendais. En effet, malgré le résumé, la couverture laisse présager un ouvrage avec tout de même un espoir. Le roman reste difficile avec une ambiance malsaine qui peut mettre le lecteur mal à l’aise. 

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