Kristin Harmel • The Winemaker’s Wife (2019)

The Winemaker’s Wife • Kristin Harmel • Gallery Books • Août 2019 • 385 pages

Champagne, 1940: Inès has just married Michel, the owner of storied champagne house Maison Chauveau, when the Germans invade. As the danger mounts, Michel turns his back on his marriage to begin hiding munitions for the Résistance. Inès fears they’ll be exposed, but for Céline, half-Jewish wife of Chauveau’s chef de cave, the risk is even greater—rumors abound of Jews being shipped east to an unspeakable fate.

When Céline recklessly follows her heart in one desperate bid for happiness, and Inès makes a dangerous mistake with a Nazi collaborator, they risk the lives of those they love—and the champagne house that ties them together.

New York, 2019: Liv Kent has just lost everything when her eccentric French grandmother shows up unannounced, insisting on a trip to France. But the older woman has an ulterior motive—and a tragic, decades-old story to share. When past and present finally collide, Liv finds herself on a road to salvation that leads right to the caves of the Maison Chauveau.

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La Seconde Guerre mondiale continue d’inspirer les auteurs. Malheureusement, la qualité n’est pas toujours au rendez-vous et, parmi mes dernières lectures, j’ai eu quelques déceptions qui m’ont donné envie de m’éloigner pendant quelque temps des romans historiques. Mais c’était avant que Céline, du blog Le Monde de Sapotille, ne vienne me proposer une lecture commune de The Winemaker’s Wife de Kristin Harmel que nous avions toutes les deux remarqué. J’ai d’autres romans d’elle dans ma liste d’envie, notamment sa prochaine publication, The Book of Lost Names, annoncée pour juillet.

The Winemaker’s Wife transporte le lecteur dans le vignoble champenois, dans une petite ville entre Reims et Epernay. J’ai adoré cet aspect du roman. Tout d’abord, parce que j’ai eu la chance de pouvoir travailler six mois à Epernay pour découvrir et valoriser le patrimoine de ce territoire, riche en histoire. J’ai énormément appris sur l’histoire des grandes Maisons de Champagne, l’opiniâtreté des vignerons pour contrôler l’effervescence et la mettre en bouteille, tout le travail et le processus de fabrication du champagne. J’ai trouvé que c’était parfaitement bien montré dans le roman, tout en ne prenant pas excessivement le pas sur l’intrigue. J’ai également appris de nombreuses choses en lisant ce livre, comme le rôle joué par les vignerons champenois de De Vogüe, qui était à la tête du Comité Interprofessionnel des Vignerons de Champagne et de la Maison de Champagne Moët & Chandon, dans la Résistance.

Cependant, ce n’est pas l’unique aspect de ce roman que j’ai apprécié. L’intrigue est très prenante. Kristin Harmel alterne entre trois points de vue : Liv, en 2019, et Céline et Inès durant la Seconde Guerre mondiale. Les deux périodes sont intéressantes et se complètent bien. Les chapitres concernant Liv apportent des touches de suspense, au détour d’une phrase. Il y a un effet d’anticipation qui fait que je n’ai jamais pu lâcher le roman une seule seconde.

Je me suis rapidement attachée au personnage de Céline et j’ai réellement pris à coeur son destin. Une scène m’a particulièrement bouleversé. L’auteur me l’a fait ressentir jusque dans mes tripes. J’ai eu très peur pour ce personnage, j’ai été profondément révoltée par ce qui lui arrivait, en particulier. Malgré sa trahison, elle est restée une jeune femme touchante, forte et courageuse. J’ai eu un peu plus de difficulté avec Inès, notamment au début. Elle ressemble au cliché de la femme-enfant, boudeuse et capricieuse. Elle a un comportement qui est parfois insupportable et dangereux pour tout le monde, notamment quand elle demande à faire partie de la Résistance dans le restaurant de sa meilleure amie, rempli d’officiers nazis, par exemple, ou quand elle se lance dans une relation avec un collaborateur notoire. On sent que le drame viendra par elle dès les premières pages. Pourtant, c’est un personnage que j’ai appris à apprécier progressivement, car, malgré tout, elle essaie de bien faire, de rattraper ses erreurs. Je lui ai pardonné ses travers, ses défauts dans la mesure où elle a un aspect profondément humain et elle n’est pas foncièrement méchante. Je l’ai surtout senti perdue et dépassée par les événements qui la dépassent totalement.

The Winemaker’s Wife a été une lecture pleine d’émotions, tout au long des pages, mais que dire de la fin. Tout s’accélère, des décisions doivent être prises rapidement pour survivre. Dans les cinquante dernières pages, il est impossible de mettre le roman de côté, ne serait-ce qu’une minute. Ce final m’a laissé sans voix. De nombreuses révélations y sont faites. J’avais des doutes sur certaines, ayant cru déceler des indices dans les parties de Liv et sa grand-mère Edith. D’autres m’ont quelque peu laissé sans voix et la gorge nouée d’émotions, je l’avoue. J’ai versé quelques larmes durant ce dernier tiers. Je suis véritablement passée par toutes les émotions possibles durant ma lecture. Kristin Harmel les maîtrise parfaitement, sans en faire trop. Elle trouve le juste équilibre. The Winemaker’s Wife est un roman qui a été parfait sur toute la ligne.

Je ne connaissais pas du tout cette auteur avant de me lancer dans ce roman, et il a été une très bonne surprise. The Winemaker’s Wife a été un livre prenant et haletant, rempli d’émotions avec des personnages principaux touchants, attachants et profondément humains. Au-delà de ça, j’y ai aussi vu un bel hommage à la Champagne et à ses vignerons, à leur courage. Ce ne sera pas le dernier de l’auteur que je lirai et je pense que The Book of Lost Names rejoindra vite ma bibliothèque.

Pour aller plus loin

Lors de nos précédentes lectures communes, nous avons pris l’habitude de nous poser trois questions avec Céline. Les réponses peuvent contenir des spoilers. Pour retrouver l’article de Céline ainsi que ses réponses, je laisse le lien vers son article.

Qu’as-tu ressenti avec le fait qu’Inès passe du temps avec un collaborateur ? Je comprends ce choix de l’auteur d’introduire ce personnage d’Antoine. Cela donne un tableau plus complet de la France durant l’Occupation. Antoine est essentiel dans l’intrigue, apportant la touche dramatique. Cela ne veut pas dire que j’ai apprécié ce personnage, il est quelque peu le cliché du collaborateur, mielleux et détestable. J’ai vraiment eu du mal avec le fait qu’Inès se jette dans ses bras sans trop y réfléchir, par vengeance. Cela va aussi dans le sens de son caractère.

As-tu vu venir le twist à propos de grand-mère Edith ? Ce n’est pas forcément la révélation du livre qui m’a laissé sans voix. Il y a des indices qui laissent penser que grand-mère Edith n’est pas la personne qu’elle prétend être. Au fur et à mesure, les éléments se mettent doucement en place.

Que penses-tu de l’entrée en résistance de Michel, sachant que cela mettait les autres de la Maison Chaveau en danger ? C’est un choix que j’ai vite compris et je n’ai pas remis en question sa décision. Cette entrée en résistance semble cohérent avec le caractère de ce personnage. Devenir résistant va toujours de pair avec le fait de mettre son entourage en danger.

2 réflexions sur “Kristin Harmel • The Winemaker’s Wife (2019)

  1. Ce livre me tente beaucoup ayant également grandi en Champagne !
    Je trouve d’autant plus surprenant que l’auteure est américaine ! Comment a-t-elle pu aussi bien connaître l’histoire de cette région française ?
    Hop je le rajoute dans ma wishlist. très bel article.

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