Bilan • Janvier à juin 2020

Le temps file à une allure folle et la moitié de l’année vient déjà de passer. L’occasion est parfaite pour faire un bilan à mi-parcours en présentant quelques-uns de mes coups de coeur depuis janvier et que je n’ai pas présenté sur le blog, l’ayant repris en main seulement en avril.

La Curée • Emile Zola

La France de Napoléon III vue par Zola : « À cette heure, Paris offrait, pour un homme comme Aristide Saccard, le plus intéressant des spectacles. L’Empire venait d’être proclamé… Le silence s’était fait à la tribune et dans les journaux. La société, sauvée encore une fois, se félicitait, se reposait, faisait la grasse matinée, maintenant qu’un gouvernement fort la protégeait et lui ôtait jusqu’au souci de penser et de régler ses affaires. La grande préoccupation de la société était de savoir à quels amusements elle allait tuer le temps. Selon l’heureuse expression d’Eugène Rougon, Paris se mettait à table et rêvait gaudriole au dessert… L’Empire allait faire de Paris le mauvais lieu de l’Europe. »

Je ne garde pas forcément un bon souvenir de cet auteur français que j’ai lu durant mes années lycée. Cependant, depuis quelques mois, j’ai vraiment envie de le redécouvrir et de lire la série des Rougon-Macquart… Et dans l’ordre. Je pense prochainement attaquer La Conquête de Plassans. Je redécouvre cet auteur et j’adore ses romans, alors même que le pari n’était pas gagné. J’avais encore quelques préjugés tenaces, surtout avec La Curée que j’ai étudié et détesté.

Pourtant, j’ai adoré cette lecture. J’admets que j’ai un peu plus de bagages, à la fois en art et en histoire, mais également en littérature, pour apprécier pleinement cette oeuvre. Je relève plus facilement les références à Phèdre, les descriptions qui s’inspirent des peintres impressionnistes avec l’importance de la lumière, les grands travaux haussmanniens et le développement de l’urbanisme. Il y a aussi tout le côté « satire sociale » que j’ai trouvé passionnant. Zola ne pose pas un regard tendre sur cette société du Second Empire, débauchée et prête à tout pour s’enrichir. Pour l’instant, La Curée est le meilleur que j’ai pu lire.

When we were vikings • Andrew David McDonald

Sometimes life isn’t as simple as heroes and villains. For Zelda, a twenty-one-year-old Viking enthusiast who lives with her older brother, Gert, life is best lived with some basic rules:

1. A smile means “thank you for doing something small that I liked.”

2. Fist bumps and dabs = respect.

3. Strange people are not appreciated in her home.

4. Tomatoes must go in the middle of the sandwich and not get the bread wet.

5. Sometimes the most important things don’t fit on lists.

But when Zelda finds out that Gert has resorted to some questionable—and dangerous—methods to make enough money to keep them afloat, Zelda decides to launch her own quest. Her mission: to be legendary. It isn’t long before Zelda finds herself in a battle that tests the reach of her heroism, her love for her brother, and the depth of her Viking strength.

When We Were Vikings is an uplifting debut about an unlikely heroine whose journey will leave you wanting to embark on a quest of your own, because after all… We are all legends of our own making.

Publié en début d’année, il a été rapidement traduit en français, puisqu’il est sorti en mars sous le titre Je suis une viking. Il a été une de mes premières surprises de l’année. L’histoire est celle de Zelda, une jeune femme de vingt-et-un ans, atteinte du syndrome d’alcoolisme foetal et une viking, et son frère, Gert, qui s’occupe d’elle.

Le livre m’a énormément touchée et bouleversée, par sa justesse et sa sincérité. Zelda rêve de faire de sa vie une légende, malgré les difficultés qu’elle peut avoir. C’est un des personnages les plus attachants que j’ai pu croiser cette année. Elle est inspirante, courageuse. Elle prend sa vie en main et démontre qu’avec de la force et de l’opiniâtreté, on y arrive. J’ai aimé ce renversement qui se fait progressivement entre le frère qui semble être « l’adulte », celui qui prend soin de sa soeur, et la fin où Zelda prend son indépendance. Entre les deux, je suis passée par toutes les émotions durant ma lecture. 

Hannah Vogel, A trace of smoke (1)The night of long knives • Rebecca Cantrell

Even though hardened crime reporter Hannah Vogel knows all too well how tough it is to survive in 1931 Berlin, she is devastated when she sees a photograph of her brother’s body posted in the Hall of the Unnamed Dead. Ernst, a cross-dressing lounge singer at a seedy nightclub, had many secrets, a never-ending list of lovers, and plenty of opportunities to get into trouble.

Hannah delves into the city’s dark underbelly to flush out his murderer, but the late night arrival of a five-year-old orphan on her doorstep complicates matters. The endearing Anton claims that Hannah is his mother. and that her dead brother Ernst is his father.

As her investigations into Ernst’s murder and Anton’s parentage uncover political intrigue and sex scandals in the top ranks of the rising Nazi party, Hannah fears not only for her own life, but for that of a small boy who has come to call her ‘mother.’

A trace of smoke est le premier tome d’une série policière et d’espionnage se déroulant dans les années 1930 en Allemagne. J’ai eu un peu de mal à trouver le premier tome, car il n’est plus édité. La suite se trouve plus facilement. De plus, elle n’a pas été traduite en français. Il y a quatre tomes et des nouvelles.

Les policiers historiques font partie des genres littéraires que j’adore et vers lesquels j’aime à me tourner, notamment quand ils se déroulent dans l’entre-deux-guerres. Je ne pouvais qu’apprécier cette série de Rebecca Cantrell et j’ai en effet dévoré les deux tomes. Le premier aborde le monde de la nuit dans le Berlin des années 1930 et l’homosexualité dans la société et le deuxième tome se situe après la Nuit des longs couteaux. D’un point de vue historique, c’était plutôt pas mal, même si ce n’est peut-être pas aussi fouillé qu’un Philip. Kerr. J’ai tout de même eu le sentiment d’évoluer auprès de l’héroïne. L’ambiance pesante de la société nazie est bien retranscrite.

Le deuxième aspect que j’apprécie est que le personnage principal est une femme. Des ouvrages que j’ai pu lire dans cette veine, ce sont souvent des hommes et d’anciens policiers (Philip Kerr, Luke McCallin ou Harald Gilbers, pour ne citer qu’eux). Hannah Vogel est une journaliste qui est dans le collimateur d’Ernst Rhöm, le chef des SA. Rebecca Cantrell sait construire une intrigue prenante. Une fois commencé, j’ai eu du mal à mettre ces deux tomes de côté. Les personnages sont toujours dans l’action.

Woven in the moonlight • Isabel Ibanez

Ximena is the decoy Condesa, a stand-in for the last remaining Illustrian royal. Her people lost everything when the usurper, Atoc, used an ancient relic to summon ghosts and drive the Illustrians from La Ciudad. Now Ximena’s motivated by her insatiable thirst for revenge, and her rare ability to spin thread from moonlight.

When Atoc demands the real Condesa’s hand in marriage, it’s Ximena’s duty to go in her stead. She relishes the chance, as Illustrian spies have reported that Atoc’s no longer carrying his deadly relic. If Ximena can find it, she can return the true aristócrata to their rightful place.

She hunts for the relic, using her weaving ability to hide messages in tapestries for the resistance. But when a masked vigilante, a warm-hearted princess, and a thoughtful healer challenge Ximena, her mission becomes more complicated. There could be a way to overthrow the usurper without starting another war, but only if Ximena turns her back on revenge—and her Condesa.

L’année dernière, j’ai commencé à découvrir des auteurs d’Amérique du Sud avec Gods of Jade and Shadow de Silvia Moreno-Garcia. Elle s’inspirait de la mythologie maya. Même si je n’avais pas spécialement accroché, j’avais envie de continuer à lire ces auteurs et autour de leur culture, folklore, mythologie… Mon choix s’est porté sur cette récente publication. Woven in the moonlight est le premier roman de l’auteur Isabel Ibanez, et elle s’inspire des histoires de Bolivie.

C’est une très bonne surprise, et j’ai adoré pouvoir découvrir cette histoire, cet univers fantastique. J’ai beaucoup aimé ce monde où les astres et la nature ont un rôle prépondérant, car ce sont d’eux que certains personnages tirent leurs pouvoirs. Cependant, ce que j’ai préféré, c’est l’utilisation des tapisseries et du pouvoir qu’elles contiennent. C’est un point intéressant, car j’ai trouvé l’histoire plutôt classique en soi. Il s’agit de renverser un tyran, tout en abordant la résistance. Ce sont les petits à côté qui ont fait de ce roman une super lecture. Outre les deux aspects que j’ai évoqués, j’ai apprécié le personnage principal, Ximena, et son pendant masculin. Ils forment un bon duo, avec une dynamique qui fait parfois avancer l’intrigue.

Isabel Ibanez a un style d’écriture très fluide et agréable à lire. J’ai eu l’impression de lire un conte et je n’ai eu aucune difficulté à me plonger dans l’histoire et dans cet univers. Un deuxième livre est prévu dans cette série et je suis curieuse de le découvrir… Il faudra attendre encore un peu.

Dieu, le temps, les hommes et les anges • Olga Tokarczuk

Antan a tout l’air de n’être qu’un paisible village polonais. L’existence y est ponctuée par le temps ; le temps d’aimer, de souffrir puis de mourir. Antan est situé au centre de l’univers – cœur du monde, cœur des hommes, cœur de l’Histoire. Mais qui préside à son destin ? Dieu, qui du haut des cieux lui envoie les maux et les bonheurs dévolus aux humains, ou le châtelain Popielski, envoûté par le Jeu du labyrinthe que lui a offert le rabbin qui, d’un coup de dés, renverse peut-être l’ordre des choses ? Un homme se transforme en bête, les âmes des morts errent sur le bourg jusqu’à se croire vivantes, des animaux parlent à une vieille folle, au cours ordinaire de la vie se substitue brutalement la guerre et son cortège d’événements diaboliques…

Je sors de ma zone de confort ou de ce que j’ai l’habitude de lire. En effet, je n’ai jamais lu de littérature polonaise et ma première expérience se fait par le dernier Prix Nobel de littérature. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre en commençant ce roman. Dieu, le temps, les hommes et les anges mélange les genres. À la fois conte philosophique avec des touches de fantastique, roman initiatique et historique, le livre se situe à la croisée de plusieurs genres. Ce mélange m’a énormément plu, car j’ai trouvé qu’il donne beaucoup plus de force aux histoires des habitants d’Antan. Malgré la noirceur du récit, il y a un côté très poétique auquel j’ai été très sensible.

Olga Tokarczuk signe ici un ouvrage qui m’a happé dès les premières pages, sans pouvoir le lâcher par la suite. Je suis incapable de citer un point négatif le concernant. J’ai apprécié d’inclure l’histoire d’une famille sur plusieurs générations dans la grande Histoire. Ce roman a été un véritable coup de coeur qui m’a donné envie de découvrir à la fois d’autres romans de l’auteur et la littérature polonaise.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s