L’Ombre de Staline (2019)

Un portrait de Gareth Jones, le journaliste gallois qui a été le premier à révéler le génocide par la famine en Ukraine perprété en 1933 par l’URSS de Staline.

Durée : 2 heures 21

Un film de : Agnieszka Holland

Avec : James Norton ; Vanessa Kirby ; Peter Sarsgaard…

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Premier retour dans les salles obscures pour aller voir L’Ombre de Staline, inspiré d’une histoire vraie. Le film met en avant un fait historique relativement méconnu. Dans les années 1930, l’URSS montre une puissance économique qui pose question. Un journaliste gallois, Gareth Jones, souhaite en connaître les raisons et, pour cela, il se rend en Russie. De là, on le met sur la piste de l’Ukraine qui est vue comme le grenier à grain de Moscou. Il se rend vite compte que le gouvernement affame sciemment la population ukrainienne qui est exploitée pour la production de céréales. Cet épisode est également connu sous le nom d’Holodomor.

Un des aspects que j’ai apprécié de ce film est la manière dont le sujet est traité. Il n’est pas facile par bien des aspects et j’avais un peu peur de voir des images « chocs ». Pourtant, la réalisatrice, Agnieszka Holland a plutôt fait le choix de la suggestion. Beaucoup de choses sont insinuées par des silences, des non-dits. Le mot « famine » n’est jamais réellement prononcé. Les plans aident aussi à comprendre ce qu’il se passe. Il y a une grande séquence où Gareth Jones, interprété par James Norton, est seul dans des paysages sans fin de neige où il ne croise personne. Les rares fois où il croise des groupes en Ukraine, il est souvent question d’essayer d’obtenir du grain. J’ai trouvé qu’il y avait bien plus de force en choisissant la suggestion plutôt qu’une manière frontale d’aborder le sujet. Cela correspond parfaitement à cette période historique où nombre d’exactions et d’horreurs commises ont été cachées par les gouvernements.

Par ailleurs, je retiens également les passages où la réalisatrice montre un auteur devant sa machine et il récite ou rédige des passages de son roman. Le film s’ouvre sur une telle scène. J’ai tout de suite pensé à La Ferme des Animaux de George Orwell. Avec quelques doutes, je l’avoue, car ma lecture de ce roman remonte facilement à une quinzaine d’années. Mes souvenirs restent lointains, mais le livre m’avait marqué. J’ai vu juste, car plus tard dans le film, Gareth Jones rencontre ce même auteur et son nom est dit. Je pense que c’était vraiment pertinent de citer ce roman à des moments stratégiques de l’intrigue. J’ose même dire que c’est absolument brillant, car cela permet de mieux comprendre les régimes totalitaires et le drame qui se joue pour la population ukrainienne.

Du point de vue du jeu des acteurs, je n’ai rien à redire. James Norton est un acteur que je suis depuis quelques années et je l’ai trouvé très bon dans ses différents rôles. Il ne déroge pas à la règle. Pendant une bonne partie du film, il est seul à l’écran et il a le charisme qu’il faut à ce moment-là, tout en dosant bien les sentiments.

L’Ombre de Staline est un film que j’ai trouvé intéressant, dur par le sujet évoqué, mais pas forcément visuellement.

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Pour aller plus loin…

  • La première fois que j’ai entendu parler de l’Holodomor, la famine en Ukraine, c’est à travers une bande-dessinée d’Igort, Les Cahiers ukrainiens. L’auteur-illustrateur a recueilli le témoignage d’un certain nombre de personnes et en fait cet ouvrage que je recommande. [Fiche Bibliomania]

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