Mandy Robotham • The Secret Messenger (2019)

The Secret Messenger • Mandy Robotham • Décembre 2019 • Avon • 400 pages

Venice, 1943
The world is at war, and Stella Jilani is leading a double life. By day she works in the lion’s den as a typist for the Reich; by night, she risks her life as a messenger for the Italian resistance. Against all odds, Stella must impart Nazi secrets, smuggle essential supplies and produce an underground newspaper on her beloved typewriter.

But when German commander General Breugal becomes suspicious, it seems he will stop at nothing to find the mole, and Stella knows her future could be in jeopardy.

London, 2017
Years later, Luisa Belmont finds a mysterious old typewriter in her attic. Determined to find out who it belonged to, Luisa delves into the past and uncovers a story of fierce love, unimaginable sacrifice and, ultimately, the worst kind of betrayal…

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Mandy Robotham est une auteure américaine dont la bibliographie se compose surtout de livres se déroulant durant la Seconde Guerre mondiale. The Secret Messenger est son deuxième roman et il a déjà été traduit en français sous le titre La Messagère de l’ombre, publié chez City.

Cet ouvrage m’avait interpellé car, pour une fois, l’intrigue se déroule en Italie et notamment dans la ville de Venise. Les fictions autour de la Résistance se déroulent majoritairement en France. Je lis énormément sur ce sujet et il est vrai que je commence à chercher l’originalité, un autre point vue ou sortir du schéma de la Résistance française (voire même parisienne). The Secret Messenger nous plonge dans la Résistance vénitienne, que je n’ai jamais croisée pour le moment. Rien que pour cet aspect, je garde une très bonne impression de ce livre. Je le referme en ayant appris de nouvelles informations. Même si le roman n’est pas totalement un coup de coeur, je ne pense pas que je l’oublierai rapidement.

En effet, l’histoire telle que nous l’apprenons laisse toujours penser qu’il n’y a jamais eu de résistances au sein des régimes ou pays fascistes de la part de leur population. Que ce soit pour l’Allemagne ou pour l’Italie, c’est un sujet qui est peu évoqué, notamment en littérature. Je n’ai que Seul dans Berlin d’Hans Fallada qui me vient à l’esprit (qui a aussi fait l’objet d’une adaptation cinématographique en 2016 avec Brendan Gleeson et Emma Thompson). The Secret Messenger garde tout de même une vision romantique de la guerre que le roman d’Hans Fallada, par exemple. La guerre est prétexte aux grandes histoires d’amour. En commençant ce genre d’ouvrages, je sais dans quoi je m’engage. Je vais y retrouver des relations amoureuses compliquées ou impossibles, des trahisons, des drames, des rebondissements et des révélations. Parfois, cela fonctionne parfaitement, comme ici, et d’autres fois, pas du tout.

D’autant plus que l’histoire est prenante. Il n’y a pas d’actions rocambolesques ou héroïques à outrance à chaque chapitre. Mandy Robotham s’intéresse plutôt à l’importance des petits actes : tenir un journal résistant, par exemple, écrire une histoire chapitre par chapitre autour de ce que Stella vit et la diffuser dans Venise… Elle puise son inspiration dans le quotidien. J’ai véritablement apprécié cet aspect du roman. Il y avait un côté un peu plus réaliste de la Résistance. L’auteur montre bien que le plus important est l’information : la récupérer, la transmettre à tous les niveaux. Cela peut être informé la population de ce qui se passe réellement et non ce que les journaux de propagande écrivent. C’est aussi transmettre une formation vitale : un mouvement de troupes, un train de marchandises, une descente de la Gestapo ou des fascistes italiens… L’idée principale de ce roman est l’importance et l’impact que les mots peuvent avoir et la Seconde Guerre mondiale a aussi été une guerre des mots.

J’ai vu dans The Secret Messenger un hommage aux staffetas, ces milliers de femmes dont le rôle au sein de la Résistance était simplement de faire circuler des messages ou des objets. Cela pouvait être des grands-mères, attentives à tout, des jeunes mères avec leurs poussettes, des « amies » se rencontrant au café… J’ai adoré que le travail des « petites mains » soit évoqué et célébré. Il est abordé comme un travail absolument essentiel de l’effet de guerre. C’est rare les romans où cet aspect de la Résistance est abordé. Ce sont souvent les grands chefs qui évoqués, les actions héroïques. Il y en a eu et elles sont toutes aussi importantes, mais pour qu’elles aient eu lieu, il faut aussi ces personnes comme les staffetas italiennes.

Par ailleurs, comme bien souvent dans les romans se déroulant durant la Seconde Guerre mondiale, il y a une alternance de points de vue entre cette époque et la nôtre. La plupart du temps, je suis sceptique sur l’apport des changements de narrateur, surtout ceux proches de nous. C’est un aspect d’un livre sur lequel je peux être très critique. The Secret Messenger rentre dans ce schéma avec un changement entre Stella, la jeune résistante italienne, et Louisa, sa petite-fille. Classiquement, cette dernière cherche des réponses à ses questions après avoir trouvé un objet dans un grenier. De manière générale, les chapitres qui lui sont dévolus sont réservés à cette quête et les chapitres durant la guerre anticipent les réponses, donnent un autre point de vue…. Heureusement, Mandy Robotham limite drastiquement les points de vue de Louisa. Ils s’intercalent entre de nombreux chapitres dédiés à Stella. Gros point positif pour moi. L’essentiel de l’intrigue concerne les événements vénitiens.

Stella est un personnage attachant et bien construit. Elle sait faire preuve de force et de courage. Cependant, elle a aussi ses faiblesses et ses peurs. Elle s’inquiète pour sa famille, elle a conscience de ses limites. Ce n’est pas une super-héroïne, mais elle montre un visage humain. C’est la raison pour laquelle j’ai vraiment apprécié ce personnage. La romance ne m’a pas dérangé. La question est de savoir, entre ces deux hommes, qui est le mystérieux grand-père de Louisa. Pas de triangles amoureux, toutefois (point positif !), car les deux protagonistes masculins ne se connaissent pas et, donc, pas de compétition entre eux. Très rapidement, j’ai compris vers lequel des deux hommes le coeur de Stella balançait.

Il faut quand même un point négatif dans ce roman, et il concerne la fin. En effet, je l’ai trouvé un peu trop abrupte, notamment par rapport au reste du roman. Le rythme est relativement lent, l’action n’est pas toujours omniprésente, contrairement à la tension qui donne envie de toujours continuer. L’auteur prend son temps et les dernières pages m’ont laissé le sentiment que l’auteur ne savait pas comment finir et, en deux chapitres, c’était terminé à la fois pour la trame de Stella et Louisa. J’ai terminé The Secret Messenger sur une note moins positive que le reste.

Le coup de coeur n’est pas loin. Les dernières pages m’ont laissé un goût doux amer. Cependant, j’ai tout de même envie de découvrir d’autres romans de Mandy Robotham. A Woman of War, également intitulé The German Midwife est déjà dans ma PAL. Il est aussi traduit en français, L’Infirmière d’Hitler. Elle doit sortir le mois prochain un nouveau roman qui, personnellement, est déjà pré-commandé, The Berlin Girl.

4 réflexions sur “Mandy Robotham • The Secret Messenger (2019)

    • C’est le premier de l’auteur que je lis et j’en ai un autre dans ma PAL et son dernier qui est commandé. J’ai beaucoup aimé et, pour une fois, l’alternance de points de vue ne m’a pas dérangé. Je te le recommande.

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