Erik Larson • Dans le jardin de la bête (2011)

Dans le jardin de la bête • Erik Larson • Le Livre de Poche • 2013 • 648 pages

1933. Sollicité par le président Roosevelt, William E. Dodd accepte d’être le nouvel ambassadeur américain à Berlin. S’il n’est pas diplomate mais historien, il a un solide atout : il est germanophone. Lorsqu’il débarque en Allemagne en juillet, sa femme et ses enfants l’accompagnent. Sa fille, Martha, 24 ans, succombe vite aux charmes du nazisme et plus particulièrement à ceux de Rudolf Diels, le chef de la Gestapo. Au fil des mois, les yeux de W. E. Dodd se dessillent. Il tente d’alerter le département d’Etat américain sur la vraie nature du régime. En vain. Martha, elle, s’éprend d’un espion russe, qui la convainc de mettre ses charmes et ses talents au service de l’Union soviétique. Thriller politique et roman d’espionnage, Dans le jardin de la bête nous introduit dans les coulisses du pouvoir nazi, grâce aux notes personnelles de William et de Martha Dodd, mises en scène avec brio par l’auteur du Diable dans la ville blanche.

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Erik Larson est un auteur largement présent dans mes envies de lectures. Dans le jardin de la bête se trouvait dans ma bibliothèque depuis un long moment et je me suis enfin décidée à le lire.

Dans cet ouvrage, l’auteur relate majoritairement la première année en poste du nouvel ambassadeur des États-Unis d’Amérique à Berlin. Ce sont les années 1933-1934, plus précisément. Il s’intéresse vraiment à ce moment-clé où Hitler est nommé chancelier et le parti nationaliste-socialiste prend de lus en plus le pouvoir, transformant la République de Weimar en une dictature. Est montrée également l’emprise progressive des nazis sur tous les aspects de la société. Il y a vraiment des points intéressants qui sont évoqués dans ce livre. J’ai déjà évoqué deux d’entre eux juste au-dessus et qui m’ont passionné. À ceux-là, s’ajoute également la position des ambassadeurs face à ce nouveau régime : être conciliant, un manque de fermeté. Souvent, ils se disent que les nazis vont s’assagir.

Cependant, en tant que passionnée d’histoire et fervente lectrice d’essais historiques, j’espérai avoir plus de développements sur certains aspects. Il passe très vite sur des sujets intéressants. C’est une synthèse qui peut donner quelques pistes de réflexions ou envie d’aller explorer d’autres thématiques pour en savoir plus. Surtout qu’une bibliographie est présente à la fin du livre. Je referme tout de même ce livre en ayant appris pas mal de nouvelles informations. Par exemple, j’ai toujours pensé qu’Heydrich a été depuis le début à la tête de la Gestapo. Or, ce n’est pas le cas.

Cela tient aussi à la forme que revêt le roman. Dans le jardin de la bête est présenté comme un thriller. Or, il a plus l’aspect d’un essai historique romancé. C’est une des particularités de ce type d’ouvrages chez les anglophones. Leurs ouvrages scientifiques ont une véritable volonté d’être le plus accessibles possibles. Je recommanderai plus facilement un Mary Beard ou un Jerry Toner, autour de l’Antiquité, que Paul Veyne, même si j’aime beaucoup ses écrits (Mais je les apprécie parce que j’ai suivi de très nombreux cours autour de l’histoire, l’archéologie et l’art gréco-romain et j’ai donc le bagage pour. Pour les auteurs anglo-saxons, tout le monde peut les lire et les comprendre sans avoir de connaissances pointues dans le domaine.). Dans le jardin de la bête se lit aisément… Comme un roman.

Erik Larson s’intéresse surtout à l’ambassadeur Dodd et sa fille, Martha. Les portraits qu’il en livre ne sont pas flatteurs. L’ambassadeur est montré comme un homme faible, par fait être pour dans une ambassade, surtout à Berlin au début des années 30. Il est peu soutenu, même par son gouvernement. Au sein du livre, il s’efface souvent au profit de sa fille qui a eu une vie très mouvementée. Cependant, dans le cadre de sa vie berlinoise, elle semble flirté avec la haute trahison. Ce ne sont pas forcément des personnages historiques avec lesquels j’ai ressenti de l’empathie. J’ai beaucoup plus apprécié le contexte historique et les Dodd en sont juste une excuse, à mon avis, pour évoquer la montée du régime nazi.

Même si ce n’est pas totalement un coup de coeur, j’ai bien envie d’en lire d’autres de cet auteur, car j’aime ce côté romancé de son essai historique. En début d’année, il a publié The Splendid & the Vile qui me tente énormément et qui fera sûrement partie de mes prochains achats.

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