Christelle Dabos • La Passe-Miroir, La Mémoire de Babel (3) (2017)

La Passe-Miroir, La Mémoire de Babel • Christelle Dabos • 2017 • Folio • 567 pages

Thorn a disparu depuis deux ans et demi et Ophélie désespère. Les indices trouvés dans le livre de Farouk et les informations livrées par Dieu mènent toutes à l’arche de Babel, dépositaire des archives mémorielles du monde. Ophélie décide de s’y rendre sous une fausse identité.

Je suis venue tardivement à cette série. La première fois que j’ai découvert le premier tome, j’ai eu énormément de mal à accrocher au tout. Je l’ai trouvé très long et j’avais du mal avec l’univers, même s’il y avait de la suite dans les idées. Le personnage d’Ophélie m’avait également déplu. Je l’ai repris un an après et mon avis a été complètement différent. J’ai adoré ma relecture, et j’ai continué sur ma lancée. J’attends désormais avec impatience la sortie poche du quatrième et dernier tome, La tempête des échos.

La série est de mieux en mieux au fil des tomes. Le premier, Les fiancés de l’hiver, est clairement celui qui introduit à la fois les personnages principaux, l’univers et le début du fil rouge. Petit à petit, ce monde se développe. Après avoir largement découvert le Pôle, notamment avec Les disparus du Clairdelune, le lecteur part en direction d’une autre arche, celle de Babel. J’ai adoré cette référence à la Tour de Babel, épisode biblique donnant une explication mythologique aux différences de langues dans le monde. De manière générale, cette idée de lieu un dieu ou une déesse à une arche m’a toujours paru très bonne, même si j’ai parfois énormément de mal à trouver parfois des liens entre ces derniers et la spécialité de l’arche. Un peu comme Artemis avec Anima, l’arche qui anime des objets ou peut lire leur histoire.

Pour en revenir à Babel, c’est une arche qui m’a beaucoup plus par bien des aspects. Tout d’abord, elle est tournée vers la connaissance et la sauvegarde du savoir et de la mémoire des arches. C’est une arche qui peut paraître presque paradisiaque, surtout après le Pôle et les événements du deuxième tome. Pourtant, cette façade va vite se craquer pour découvrir un tout autre aspect de l’arche où les règles sont légions et étouffantes. Elle cache de bien sombres secrets et la compétition est également très présente afin de faire partie de l’élite. Cela apporte une touche de danger à l’intrigue. Babel a pour esprit de famille les jumeaux Hélène et Pollux. L’auteur prend quelques libertés avec le mythe, car Hélène, fille de Zeus et Léda, célèbre pour sa beauté, est celle qui déclenche la guerre de Troie. Or, ici, elle est difforme. Elle est aussi différente des autres esprits de famille que j’ai pu croiser jusqu’à maintenant. Elle semble plus rusée et intelligente, moins contrôlée par une entité mystérieuse. J’espère qu’elle aura un rôle à jouer par la suite, car, clairement, elle est l’esprit de famille le plus intéressant que j’ai pu découvrir jusqu’à maintenant.

J’ai eu moins de mal à accrocher avec le personnage de Thorn. En effet, il a certes cette petite aura mystérieuse. Il a aussi montré plus aisément et rapidement ses faiblesses, ses imperfections et ses sentiments envers Ophélie et donc, au lecteur. Il reste un personnage froid et distant la plupart du temps. Mais j’ai plus vu cela comme une volonté d’épargner sa femme et non un quelconque égoïsme. J’ai apprécié de voir que leur relation change et évolue. Après une certaine indifférence dans le premier, un respect qui se développe dans le deuxième, un autre aspect de leur relation apparaît dans La mémoire de Babel. Je suis impatiente de voir cette nouvelle dynamique dans le prochain livre.

L’intrigue est prenante et rythmée. Après avoir mis les pieds sur Babel, Ophélie doit déjà composer avec la disparition de ses affaires et un meurtre. L’histoire démarre peut-être plus rapidement que dans les deux premiers tomes et elle présente moins de longueur et plus de dynamisme, avec de nombreuses révélations et quelques rebondissements, surtout dans les dernières pages. L’enquête autour de Dieu progresse rapidement, des réponses commencent à être apportées. La mémoire de Babel est un vrai pas en avant dans la résolution du mystère et le temps manque… L’effondrement des arches a débuté.

Globalement, ce roman a été un régal à lire. Il y a eu des choses étonnantes qui présagent du bon pour la suite. En revanche, d’autres aspects m’ont un peu chagriné comme le rôle d’Ophélie sur deux points qui m’ont laissé un peu plus sceptiques. Je ne le développerai pas plus au risque de révéler deux aspects cruciaux de l’intrigue. J’espère avoir quelques éclairages dans La tempête des échos, d’où mon impatience aussi d’enfin me plonger dedans. Il y a aussi d’autres zones d’ombres, des questions en suspend et des réponses qui se devinent. Je place beaucoup d’espoir dans le dernier livre.

Je n’ai aucun regret d’avoir donné une deuxième chance à cette série et d’avoir persévéré. J’apprécie de plus en plus les personnages. L’univers est magique. Christelle Dabos a une imagination fertile.

3 réflexions sur “Christelle Dabos • La Passe-Miroir, La Mémoire de Babel (3) (2017)

    • Je pense que tu peux passer une relecture du premier tome. En revanche, pour le deuxième tome, en effet, une relecture serait sûrement nécessaire, car c’est vraiment dans ce dernier que l’intrigue principal autour de Dieu se développe et il ne faudrait pas rater des éléments.

      Merci de ton commentaire !

      Aimé par 1 personne

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