James Wyllie • Femmes de nazis (2020)

Femmes de nazis • James Wyllie • Alisio Éditions • 2020 • 416 pages

Une plongée fascinante dans les méandres féminins du pouvoir nazi. Goering, Goebbels, Himmler, Heydrich, Hess, Bormann… derrière ces noms synonymes de pouvoir et d’influence dans l’Allemagne hitlérienne, se cachent Emmy, Magda, Margarete, Lina, Ilse et Gerda. Compagnes des plus hauts dignitaires nazis, elles ont participé à la conquête du pouvoir, se sont tenues au côté de leurs époux, les ont encouragés parfois. 

Ferventes idéologues, personnalités fascinées par Hitler ou en quête de pouvoir et de richesse, elles jouèrent un rôle déterminant dans la conduite des affaires du Troisième Reich. Et pourtant, écartées des grands procès qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale, elles furent largement reléguées au second plan de l’Histoire. Explorant pour la première fois le destin de ces femmes de nazis, James Wyllie pose une question fondamentale : pourquoi ne tient-on pas les femmes autant responsables de l’Histoire que les hommes ?


Un essai historique qui m’avait déjà interpellé, puisque je l’avais présenté dans mon article sur les sorties VO de novembre 2020. Il est déjà traduit et publié en France. Le sujet est intéressant et peu abordé de manière générale. J’avais donc pas mal de choses à découvrir en commençant ce livre.

La quatrième de couverture propose un programme ambitieux pour cet essai. James Wyllie se pose la question suivante : pourquoi ne tient-on pas les femmes autant responsables aux yeux de l’Histoire que les hommes ? C’est une problématique importante et qui est très peu posée. Pourtant, elle m’a interpellé et j’étais curieuse de connaître les réflexions de l’auteur sur ce sujet, quelles pistes il offre. Je ne m’attendais pas non plus à des réponses claires et nettes. Je me doute qu’elles puissent varier en fonction de l’optique avec laquelle on explore la question. Je voulais voir comment l’auteur allait aborder ce sujet ambitieux et, globalement, je suis déçue.

En effet, le contenu n’est pas aussi audacieux que ce que j’espérai. J’ai plusieurs raisons à évoquer pour expliquer ma déception. En premier lieu, le livre s’intéresse aux épouses des hauts dignitaires nazis. Cependant, elles s’effacent trop souvent au profit de leurs maris. Elles sont encore des satellites de ces derniers et elles ne sont pas toujours évoquées pour elles-mêmes. Concernant le sujet principal, certaines sont plus pertinentes que d’autres.

Deuxièmement, le contenu reste très en surface. Il manque de développements, de creuser un peu plus à mon goût. James Wyllie ne propose pas de réelles réflexions sur la place et la responsabilité des femmes dans les grands événements historiques à travers l’exemple des épouses des principaux nazis. Cela aurait presque pu être un cas d’école. J’ai plus eu le sentiment de lire un peu les ragots du Troisième Reich à certains moments : qui n’aime pas qui et pourquoi, qui est isolée par rapport aux autres, qui est trompée par son mari… C’est presque une chronique des moeurs des grands dignitaires, surtout en quoi ils sont en total décalage avec la ligne officielle du Parti sur la vision de la femme et du mariage. Ce n’est pas vraiment ce à quoi je m’attendais en lisant cet ouvrage.

Cela s’explique facilement par le fait que l’auteur ne soit pas un historien, mais un scénariste et auteur. Certes, il a fait des recherches, la bibliographie est relativement fournie. Toutefois, le livre reste basique et factuel, avec un manque de précisions. Ce qui a aussi joué sur mon avis, ce sont les bien trop nombreuses fautes de frappe, et typographie… Des coquilles, en veux-tu, en voilà. Ça influe énormément sur ma perception du texte et de son sérieux. Il y a aussi le type de plan choisi par l’auteur. Ce dernier est chronologique. C’est vraiment par goût personnel, mais j’aurai trouvé un découpage en fonction des épouses plus pertinent, mais également plus clair. James Wyllie a tendance à les appeler par leurs prénoms et les maris par leurs noms de famille. Cela prête parfois à confusion de se rappeler qui elle est. Les oeuvres chronologiques ont souvent la préférence des auteurs anglo-saxons et américains, et je m’en suis rendue compte alors que j’étudiais au Trinity College de Dublin et que je rédigeais mes essais en histoire et histoire de l’art.

Malgré tout ce que je viens d’évoquer, c’est une lecture avec laquelle j’ai pu récolter de nouvelles connaissances et informations, qui ne m’ont pas toujours très intéressés sur la vie privée des dirigeants nazis, pour être honnête. La partie la plus intéressante de l’ouvrage reste les derniers chapitres et la conclusion. Ils tournent de la fin du régime et de la guerre, les procès de Nuremberg et l’après. C’est dans ces passages que l’on commence enfin à toucher un peu à la question de la responsabilité des femmes dans l’Histoire. Ils correspondaient plus à mes attentes pour Femmes de nazis, à la fois en terme de qualité d’écriture, de réflexions et de contenus. C’est une lecture qui me laisse un sentiment mitigé. Il y a des choses à en retirer, mais il n’est pas aussi ambitieux qu’aux premiers abords.

2 réflexions sur “James Wyllie • Femmes de nazis (2020)

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