Coco (2017)

Miguel, un mexicain de 12 ans vivant avec sa famille dans une zone rurale du Mexique, résout un mystère générationnel lié à sa famille en déclenchant une série d’événements qui donnera lieu à une réunion de famille, entre défunts et vivants. L’action se déroule lors du traditionnel Jour des morts.

Durée : 1 heure 49 minutes

Un film de : Lee Unkrich & Adrian Molina

 

Cette nouvelle collaboration Disney/Pixar était très attendue et Coco figurait parmi les dernières sorties cinématographiques de l’année 2017 que je voulais absolument voir. J’apprécie les immersions dans différentes cultures qu’ils nous proposent depuis quelque temps : l’Ecosse avec Brave, les îles du Pacifique avec Moana. Coco nous emporte au Mexique durant la Fête des Morts.

J’ai adoré découvrir cette fête à travers un dessin animé. Je connaissais déjà cette tradition, mais uniquement dans les grandes lignes. Par exemple, j’ignorais tout de l’importance d’exposer les photographies sur l’autel familial. Les explications sont présentes : les raisons du passage des morts, cette culture de la mémoire et de la famille, ce qu’il advient de ceux qui sont oubliés… Même pour des choses plus orientées vers un public jeune, j’attends toujours un univers qui soit tout de même un brin étoffé. Du coup, le monde de Miguel me paraît déjà plus complet et l’histoire en devient plus plaisante et moins enfantine.

J’y ai vu beaucoup de respect pour la culture mexicaine et une véritable volonté de la faire découvrir à travers une de ses fêtes les plus emblématiques que quasiment tout le monde connaît, réutilise parfois sans vraiment la comprendre. Le film met aussi l’accent sur sa musique, ses danses et son art avec la présence d’une Frida Kahlo que j’ai adoré. Coco respecte cet univers très coloré qui est très cohérent d’un point de vue esthétique et avec la Fête des Morts. C’est une explosion de couleurs et un regal pour les yeux. Le monde des morts était incroyable. L’équipe artistique a dû se faire plaisir pour l’imaginer. Visuellement, esthétiquement, Coco est une réussite et c’est un des aspects que je retiens du film. En effet, par beaucoup d’autres, je suis déçue. Je m’attendais à quelque chose de différent.

Notamment en ce qui concerne les parties musicales. L’idée de départ est un jeune garçon qui adore la musique et qui rêve de devenir musicien dans une famille où la musique est totalement bannie. Elle est au coeur même de l’intrigue et elle justifie toutes les aventures du jeune Miguel. Elle est certes présente, bien plus que dans n’importe quel film de Pixar, mais l’impression qu’il m’en reste est qu’elle était peut-être trop effacée. Quelques jours après avoir vu le film, à part Remember me, aucune ne m’a particulièrement marqué. Je n’en ai écouté aucune depuis alors que c’est quelque chose que je fais énormément. Je suis sensible aux musiques dans les films et j’ai souvent pour habitude de courir les réécouter quasiment tout de suite en sortant de la séance comme ce fut le cas pour Moana, par exemple. Pour un dessin animé où la musique est au coeur de tout, c’est un peu léger à mon avis. Elles sont entraînantes sur le moment, mais elles s’oublient vite.

Remember me fut une chanson très touchante et qui allaient parfaitement avec le film. J’ai vraiment apprécié que le titre de ce dernier ne soit pas le nom du jeune héros. Cela renforce encore plus le message du film : de l’importance de la famille, de se souvenir de nos ancêtres et de nos racines… L’histoire est terriblement émouvante et je mentirai si je disais que je n’avais pas versé ma petite larme. Il a parfois été bouleversant, me rappelant ma propre grand-mère espagnole et j’ai adoré la relation de Miguel avec sa grand-mère et son arrière-grand-mère.

Ce sont des thèmes universels qui sont abordés mais qui fonctionnent toujours. Ils restent exploitables et d’actualité. En tout cas, ils m’ont parlé. Je regrette seulement que l’intrigue fut si prévisible. Le traitement du sujet est classique, sans prise de risque et le tout n’offre aucune surprise en conséquent. Disney et Pixar n’osent pas encore casser les codes et c’est vraiment dommage. Cependant, je garde aussi à l’esprit que Coco est en premier lieu à destination d’un public plutôt jeune. En tant qu’adulte, mes espérances étaient sur d’autres terrains.

Si mon billet peut donner l’impression que je n’ai pas apprécié ce dessin animé, ce n’est pas totalement le cas. Certes, il y a des petits défauts, des horizons d’attente qui n’ont pas été rencontrés. Néanmoins, je ne suis pas complètement déçue de la séance, bien au contraire. J’ai passé un bon moment avec une histoire touchante et rythmée qui m’a plongé au coeur de la culture mexicaine, me faisant oublier la grisaille ambiante en apportant un petit rayon de soleil d’ailleurs.

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The Sun and her flowers (2017) | Rupi Kaur

this is the recipe of life
said my mother
as she held me in her arms as i wept
think of those flowers you plant
in the garden each year
they will teach you
that people too
must wilt
fall
root
rise
in order to bloom

2017 fut l’année où j’ai découvert la plume du jeune poétesse canadienne qui avait affolé la blogosphère avec son premier recueil, Milk & Honey. Je ne lisais jamais de poésie jusqu’à maintenant ou pas de mon plein gré, et, pourtant, Rupi Kaur a non seulement su me réconcilier avec ce genre littéraire mais également me toucher et me bouleverser. Ses poèmes avaient une grande force et ils abordaient des thèmes universels. Autant dire que quand le deuxième recueil est sorti, il était clair qu’il me le fallait, ne serait-ce que pour retrouver toutes les émotions que j’avais pu ressentir à la lecture de Milk & Honey. 

Cette fois-ci, ce n’est pas le lait et le miel qui guide le lecteur à travers l’oeuvre de Rupi Kaur mais le soleil et les fleurs. Ce sont des fils conducteurs qui sont parfaits pour ce recueil où elle évoque son viol, la dépression, sa mère… Elle les a déjà explorés dans son précédent recueil. Cependant, il n’y a pas de redites par rapport à Milk and Honey. Je n’ai pas eu l’impression de lire deux fois la même chose. Elle les aborde d’une manière différente. Les poèmes m’ont paru plus sombres voire un peu plus matures également. Ils me parlent toujours autant, me touchent et parfois même me bouleversent. De ce point de vue, rien n’a changé et c’est tant mieux. Toutefois, Kaur développe également de nouveaux sujets. Elle se confie beaucoup plus sur sa famille, notamment sa mère, le fait d’être une fille d’immigrés, l’importance de l’éducation, comment associer la culture de ses parents avec celle de ce nouveau pays… J’ai adoré ce chapitre de The Sun and her flowers. Je pense que c’est celui qui m’a le plus marqué, avec sa dépression. Comme avec son premier ouvrage, elle part de son expérience personnelle pour livrer des poèmes qui ont une portée universelle.

De plus, comme je l’ai dit un peu plus haut, j’ai beaucoup aimé la manière dont le soleil et les fleurs servent de fil conducteur. Ils rythment son passage de l’ombre à la lumière, les fleurs filant la métaphore de la renaissance, de la croissance qui sont au coeur de l’ouvrage. Sur un terrain fertile et propice, elle grandit doucement, réapprend à vivre. Il y a toujours les thèmes principaux qu’elle évoque dans les différents chapitres et d’autres sont plus à lire entre les lignes et ils expliquent aussi  la progression des poèmes et des chapitres. Il est vrai que je m’attendais aussi à ce qu’elle renouvelle quelque peu les différents sujets pour en aborder d’autres. Elle a certes introduit quelques nouveautés, que j’ai adorées, tout comme le reste d’ailleurs, mais je m’attendais à plus.

Cependant, je n’ai pas boudé mon plaisir d’avoir le nouveau Rupi Kaur entre les mains et il a été déjà lu et relu. Je suis de nouveau passée par toutes les émotions possibles et elle sait comment créer un lien d’empathie avec son lecteur, comment créer une intimité entre lui et elle, de faire en sorte qu’il ne se sente pas seul. Finalement, on sent qu’elle s’investit énormément dans ce qu’elle fait. Outre le fait qu’il y a une vraie charge émotionnelle, j’apprécie toujours autant les petites oeuvres d’art qui s’ajoutent à certains des poèmes. J’admire la simplicité du trait, ce simple trait donnant une petite oeuvre d’art d’une certaine finesse et dégageant aussi une certaine poésie. Clairement, l’image et le texte ne vont pas l’un sans l’autre. Ils fonctionnent ensemble pour former une oeuvre d’art totale.

J’apprécie le style particulier de l’auteur. Milk & Honey était écrit en faisant fi des règles de grammaire et de ponctuation. Elle récidive avec The Sun and her flowers, donnant au lecteur la possibilité de donner son propre rythme et son propre sens aux mots et aux phrases. Personnellement, je trouve que ça se lit tout seul et de manière relativement plaisante pour selon qu’elle brise les codes.

The Sun and her flowers reste un coup de coeur, au même titre que le premier recueil. Cependant, il est dans la même lignée. Il n’est pas meilleur ni pire, mais il a fait son effet et il reste efficace. J’en garderai un très bon souvenir et je suis déjà dans l’attente du prochain.

Douce Nuit, Maudite Nuit (2012) | Seth Grahame-Smith

Le Spectre d’Antioche, le cauchemar de Judée, l’épine dans le pied d’Hérode. Balthazar s’est vu attribuer bien des surnoms, alors qu’en vérité, il n’est qu’un voleur un peu plus ambitieux et un peu plus chanceux que les autres. Cette fois, pourtant, trop d’ambition et trop peu de chance l’ont mené directement dans les cachots de Jérusalem, où il rencontre Gaspard et Melchior, deux bandits de grand chemin qui doivent eux aussi être exécutés au matin.

Mais Balthazar a un plan. Un plan qui finira par les conduire à Bethléem dans une certaine étable, où se cache une certaine famille, alors que brille dans le ciel une certaine étoile. Oubliez tout ce que vous croyiez connaître sur la Nativité et laissez-vous embarquer pour une grande aventure pleine de bruit et de fureur à travers la Judée de l’an 1 !

Seth Grahame-Smith est un peu le spécialiste des réécritures parfois particulières de l’Histoire avec Abraham Lincoln, Chasseurs de vampires ou de classiques de la littérature avec Orgueil et Préjugés et Zombies qui a même fait l’objet d’une adaptation cinématographique. Il récidive avec Douce Nuit, Maudite Nuit qui s’inspire du mythe de la Nativité. Une lecture de saison qui change des éternelles romances de Noël mais il pourrait ne pas plaire à tout le monde.

J’avais quelques appréhensions en commençant ce livre. Comme traiter, proposer une réécriture d’un mythe fortement connoté religieusement ? Surtout en gardant une certaine forme de respect. Seth Grahame-Smith est connu pour ses détournements littéraires avec plus ou moins de bonheur. Cependant, Douce Nuit, Maudite Nuit est un roman réussi même s’il a quelques défauts qu’il faut souligner, malgré son originalité. Globalement, il m’a diverti et c’est une des premières choses que je demande et attends d’un roman…

L’histoire est racontée du point de vue d’un des trois Rois Mages, qui est aussi un voleur… Il va faire la rencontre d’un couple qui vient d’avoir un bébé. Les principaux éléments de la Nativité sont présents et les décalages qui apportent l’originalité apparaissent rapidement comme dans les professions des Rois Mages, la personnalité de Marie et de Joseph, par exemple. Cependant, Seth Grahame-Smith lui donne un contexte historique plus développé. Il parle de la place particulière de la Judée, de son roi totalement soumis à Rome, des légions romaines postées dans cette province, les soulèvements de la population juive et les répressions. Tout y est pour donner un peu plus d’épaisseur à l’histoire originelle et la détacher de son côté légendaire, mythique.

Il lui donne aussi plus de réalisme avec des scènes violentes et sanglantes. Quand Hérode ordonne de tuer tous les enfants de moins de deux ans, cela donne une des scènes les plus terribles du livre et qui sonnent vraie. Il faut parfois avoir le coeur accroché, car toutes les scènes de batailles, de confrontations, de fuites ne vont pas sans leur lot de morts, de mares de sang et de détails sordides. L’auteur n’y va pas par le dos de la cuillère dans ses descriptions. Si la plupart du temps, elles s’intègrent bien au moment, à d’autres, je les ai trouvées de trop. Ils n’apportaient rien à l’intrigue ou aux événements. Cela sonnait un peu comme du « trash » un peu gratuit. L’auteur ne fait pas toujours la part des choses, à mon avis, et c’est dommage car le livre est déjà bien assez violent.

Pour une histoire de Noël, je voulais aussi retrouver une touche de magie. Elle n’était pas vraiment celle que j’attendais, mais j’ai été agréablement surprise. Elle était en cohérence avec l’ambiance du livre qui est tout de même sombre et violence, loin de ce que l’on peut imaginer pour cette période de l’année. C’est aussi ce qui fait l’originalité de cet ouvrage. L’auteur reprend les principaux codes et la trame narrative, tout en les cassant un par un, en les réarrageant. C’est particulier et j’avais peur d’y voir de temps à autre de l’irrespect pour ce mythe fondateur, en tout cas essentiel, central du christianisme. Je n’ai jamais ressenti que l’auteur pouvait être injurieux envers les croyances de certains lecteurs, même si un des personnages centraux, Balthazar, remets souvent en cause les propos de Marie concernant la conception de son fils. Je l’ai plutôt vu comme l’archétype de l’homme qui doute, de l’athée. C’était moins pire que ce à a quoi je m’attendais, donc c’est plutôt positif.

Ce n’est pas un coup de coeur, mais un roman de saison divertissant qui change des éternelles romances de Noël, que j’apprécie également. Douce Nuit, Maudite Nuit a rempli son office, mais il ne me laissera pas un souvenir impérissable. Il ne remplacera pas mon classique de Noël qui est l’éblouissant A Christmas Carol de Charles Dickens. Je le relis année après année mais j’ai beaucoup aimé ce petit changement de programme ou dans mes habitudes. C’est aussi ce qui a marqué cette année 2017 du point de vue de mes lectures. Je suis allée vers des genres littéraires que je lisais peu ou pas, pour faire des belles découvertes. J’espère continuer ainsi en 2018.

Dark | 2017

Un enfant disparu lance quatre familles dans une quête éperdue pour trouver des réponses. La chasse au coupable fait émerger les péchés et les secrets d’une petite ville.

Avec : Louis Hofmann ; Oliver Masucci ; Jördis Triebel…

Netflix nous gâte en cette fin d’année en nous proposant une nouvelle série dont le trailer m’avait déjà happé dans cette petite ville de Winden, en Allemagne. Dark m’a passionné d’un bout à l’autre et il s’agit d’une des rares séries allemandes sur la plateforme, d’où ma curiosité. J’ai toujours apprécié ce qu’ils pouvaient proposer, dès lors que j’arrive à en trouver, car je suis friande de leurs comédies romantiques, notamment celles de Matthias Schweighöfer et Till Schweiger.

Malgré mon intérêt pour le cinéma allemand, le seul acteur que je connaissais était Oliver Masucci qui a joué Adolf Hitler dans le frappant et glaçant Il est de retour (David Wnendt, 2015). Il a un vrai potentiel dramatique dans Dark, devenant un des personnages que j’ai préféré alors que ce n’est pas celui qui a le plus de secrets, du moins dans cette première saison. Mais, je l’ai trouvé juste dans son jeu, dans sa douleur et dans sa quête… C’était un plaisir de le retrouver à chaque fois pour suivre sa progression.

Toutefois, il n’est pas le seul à retenir dans cette série. Quelques acteurs m’ont quelque peu laissé de marbre. Leurs interprétations n’étaient pas mauvaises mais ils sont peut-être moins intéressants ou marquants que d’autres. C’est le cas, par exemple, de Martha ou Katharina, la fille et la femme d’Ulrich Nielsen (Oliver Masucci). Elles sont un peu fades par rapport à d’autres. Louis Hofmann, jeune acteur allemand qui joue Jonas Kahnwald, le héros de Dark, efface relativement les autres acteurs de son âge. Il a un réel talent et j’ai pensé que son interprétation était parfaite d’un bout à l’autre. Il incarnait totalement son personnage. Il est, à mon humble avis, la révélation de cette nouvelle série signée Netflix.

Ce qui est intéressant dans Dark, outre l’histoire, c’est justement ces quatre familles que nous suivons à travers le temps et surtout trois époques : 1953, 1986 et 2019. Au départ, honnêtement, j’étais un peu perdue pour savoir qui était qui à travers le temps, leurs relations familiales, les amitiés… Cependant, une fois tous les liens et les personnages fixés dans mon esprit, ce fut un régal de voir leur évolution, que les secrets et les mystères sont là depuis le début… Et encore, je suis sûre que les scénaristes n’ont fait qu’effleurer la surface dans les dix épisodes qui constituent cette première saison. Hannah, par exemple, était un peu l’archétype de ce que je viens de dire. C’était un personnage que j’appréciais au début mais qui, petit à petit, révèle son vrai visage. J’ai adoré cette palette de personnages très différents avec de vrais caractères, très humains. J’ai envie de les retrouver au plus vite pour connaître davantage leurs secrets. Certains ont déjà été touchés du doigt.

C’est une constante dans Dark. L’intrigue est construite de manière à ce que le spectateur soit toujours en demande de plus. Tout était bien dosé entre l’avancement de l’intrigue, les révélations sur les personnages, les sauts dans le temps, les explications sur ce qu’il se passe à Winden. Rares sont les séries qui m’ont autant tenu en haleine. J’ai enchaîné tous les épisodes à un rythme effréné. Il y avait tout le temps un élément qui faisait que je continuais. Dark a un effet absolument fascinant et, une fois commencé, il fut impossible d’arrêter.

Souvent, je bâtissais des théories, parfois un peu folles sur qui était qui, les relations et les secrets. Je pensais quelques fois que c’était un peu fou et, à d’autres, j’avais raison… De manière assez improbable car je suis généralement pas très douée pour les devinettes et énigmes en tout genre. Les hypothèses peuvent être loufoques mais certaines se révèlent vraies. Cependant, elles gardent tout de même une cohérence d’un point de vue narratif. Je garde aussi à l’esprit qu’à la fin de cette première saison, une petite partie des choses ont été révélées. J’en sais un peu plus sur les comment du voyage dans le temps mais pas encore réellement pourquoi. Je veux des réponses à bien des interrogations qui sont encore en suspend : pourquoi Jonas ? Qu’est-ce qui va arriver à Ulrich ? Qui a encore des secrets ? Qu’est-ce que cache Noah et quel est son rôle ? La toute dernière scène ouvre également de nouvelles possibilités pour la suite. Ces dernières minutes m’ont totalement abasourdie, c’était inattendu mais ce fut totalement à l’image de la série.

J’espère vraiment une deuxième saison. Netflix arrête parfois des séries. Ils en proposent trop et font le tri en fonction des réactions du public. Dark est une série prometteuse, tant du point de vue de l’intrigue que des personnages et de l’esthétique. J’ai beaucoup l’ambiance avec un étalonnage de couleurs froides. J’ai vraiment vu un effort pour donner un visuel plutôt bien travaillé, qui est en accord avec l’histoire, les mystères et les secrets des habitants… Il y a une véritable corrélation entre le fond et la forme. Que dire de la musique ! Elle était incroyable, chaque épisode était une pépite pour les oreilles. J’ai pu retrouver du Fever Ray, par exemple.

Pour autant, la série n’est pas totalement parfaite et elle présente quelques incohérences. Une m’a particulièrement sauté aux yeux… Pourquoi les personnages du passé qui croisent des personnages du futur ne se souviennent absolument pas d’eux ? Je m’explique ! Jonas, pour citer un exemple, a effectué un retour en arrière où il a croisé sa mère quand elle n’était encore qu’une enfant. Quand il revient, cette dernière n’en a gardé aucun souvenir. Je trouvais cela bizarre et un peu perturbant dans la mesure où aucune explication n’est donné. C’est vraiment cet aspect qui m’a le plus dérangé en regardant la série, tout en ne m’empêchant pas d’adorer chaque seconde et d’avoir dévoré la série d’un bout à l’autre en deux-trois jours !

Cette série allemande fut, pour ma part, une des révélations de 2017. Il y avait bien longtemps qu’une série ne m’avait pas autant rendu accro. J’étais dans un état proche de la fascination. Il m’en fallait toujours plus et, même des jours après l’avoir terminé, je ne cessais de me torturer l’esprit pour trouver des solutions, des explications plus ou moins logiques à certains problèmes. J’attends la deuxième saison de pieds fermes, même si je sens que je vais devoir prendre mon mal en patience, car Netflix n’est pas toujours pressé de sortir les saisons de nos séries préférées, en témoigne la troisième saison de Daredevil que j’espère depuis un petit moment maintenant.

Playlist #1 | Christmas Time

Je ne fais pas vraiment dans l’originalité en proposant également ma playlist de Noël. Cependant, j’ai essayé de choisir des titres qui sortent un peu des classiques Michael Bublé ou Mariah Carey… Même si je les adore !

Fairytale of New York – The Pogues & Kirsty MacColl

River – Sarah McLachlan

Calling it Christmas – Joss Stone & Elton John

Noël Blanc – Coeur de Pirate

Santa’s Coming for us – Sia

Winter’s Night – Joshua Hinslop

Wish List – Colin & Caroline

These bells will ring – Bitter’s Kiss

Christmas Lights – Coldplay

Winter Song – Sarah Bareilles & Ingrid Michaelson

Everyday is Christmas – Sia

A work in progress (2015) | Connor Franta

Here, Connor offers a look at his Midwestern upbringing as one of four children in the home and one of five in the classroom; his struggles with identity, body image, and sexuality in his teen years; and his decision to finally pursue his creative and artistic passions in his early twenties, setting up his thrilling career as a YouTube personality, philanthropist, entrepreneur, and tastemaker.

Exploring his past with insight and humor, his present with humility, and his future with hope, Connor reveals his private struggles while providing heartfelt words of wisdom for young adults. His words will resonate with anyone coming of age in the digital era, but at the core is a timeless message for people of all ages: don’t be afraid to be yourself and to go after what you truly want.

Connor Franta est un youtubeur américain qui parle d’un peu de tout sur sa chaîne. Pour être franche, j’avais vaguement entendu parler de lui et regardé rapidement quelques-unes de ses vidéos mais sans être une vraie admiratrice de son travail. Je me suis quand même lancée dans son autobiographie… Par curiosité, surtout. Cependant, je ne suis pas arrivée jusqu’au bout.

De quoi peut-on parler à seulement vingt-deux ans ? Il a plutôt réussi dans l’univers de Youtube, il parle de son coming-out… Ce sont des sujets qui sont intéressants, mais qui m’ont relativement peu touché par la manière dont il les a évoqué… Un peu comme tous ses souvenirs, globalement, et le livre. Tout est parfaitement calibré et A work in progress devient trop lisse, trop sage d’un certain côté. Je n’ai jamais senti sa colère, son envie de toujours aller de l’avant…  J’y reviendrai plus tard, après avoir un peu parlé du livre en tant qu’objet. Même de ce point de vue, il est conventionnel, sans petit grain de folie. Les photographies sont parfaitement instagrammables et en reprennent tous les codes : formes géométriques, quelques vues artistiques, parfois un peu de bruit ou de grain pour leur donner un petit vernis d’ancienneté, des filtres pour saturer légèrement les couleurs… L’esthétique d’ensemble du livre est très léchée, tout en étant à l’image de cette génération qui maîtrise efficacement les nouvelles technologies, la communication et leur image. Rien n’est laissé au hasard. Au final, mon impression est plutôt la suivante : les photographies sont certes personnelles mais il y a un côté froid, peu spontané. Je m’attendais à le retrouver dans cette autobiographie.

A work in progress m’est apparu comme creux, à l’exception de quelques passages trop rares où Connor Franta se dévoile un peu plus intimement. J’ai pu sentir une certaine facilité d’expression de la part de ce dernier. Les mots semblent tout de même lui venir aisément mais le contenu ne fut pas à la hauteur de mes espérances. Dans la manière dont le jeune homme présente les choses, elles semblent simples, faciles voire accessibles. Sa vie n’apparait jamais, ou presque, avec des difficultés. C’est plutôt flagrant lorsqu’il parle de son enfance. Il présente sa famille et sa vie parfaite avec eux. Ils ont tous des qualités et absolument aucun défaut. Certes, le propre de l’autobiographie est aussi de vouloir se mettre en avant, de montrer son plus beau portrait, mais quand ses parents prennent la plume pour le décrire, cela ressemble à un florilège d’éloges qui le rendent un peu trop parfait. Au final, je m’attendais à quelque chose d’un brin plus honnête. J’avais l’impression de rester encore dans le monde d’Internet où on ne choisit de montrer que le meilleur de nous et de nos vies.

Du coup, à la question que je me posais de savoir si un jeune homme de vingt-deux pouvait raconter des choses intéressantes sur sa vie, j’ai très envie de répondre un franc non. Etre un blogueur ou un youtubeur reconnu ne semble plus vraiment être une exception tant ils sont médiatisés, mis en avant actuellement. Ils deviennent quasiment des stars et nous pouvons les voir sur tous les fronts. Ce n’est pas une raison valable pour croire qu’ils ont des vies plus intéressantes.

En définitif, A work in progress m’a fait l’effet de surfer sur le phénomène des blogueurs et des youtubeurs qui passent de leur support de prédilection à la littérature en publiant leur autobiographie ou des oeuvres de fiction. Il y a une plèthore d’exemples. Zoe Sugg, connue sous le pseudonyme de Zoella, a publié toute une série, Girl Online, où son expérience personnelle transparaît. Récemment, pour parler un peu d’un cas français, la youtubeuse Nine Gorman a publié son premier roman, Le Pacte d’Emma. Parfois, ce passage d’un support à un autre peut être très bien maîtrisé comme les ouvrages d’Emily Schuman du blog Cupcakes and Cashmere. Elle reste dans ce qu’elle connaît le mieux : la mode, la décoration d’intérieur… Cependant, j’ai plus d’expériences chaotiques dans le domaine. Connor Franta n’est pas le premier à me laisser un sentiment plus que mitigé. Zoella est une des blogueuses dont je regarde relativement souvent les vidéos mais dont sa série n’a pas su me convaincre.

Ils sont parfois guère plus âgés que moi ou seulement plus jeunes de quelques années et, si au début je pouvais encore me reconnaître, m’identifier à eux, je n’ai plus du tout ce sentiment à l’heure actuelle. Connor Franta a un an de moins que mois et je n’ai pas l’impression qu’il s’adresse aux gens de mon âge mais à de jeunes adolescents ou des adolescents. Ils forment la majorité de son audience et ils constituent le meilleur public pour ce genre d’à-côté de leur blogueurs et youtubeurs préférés. Finalement, je me sens aussi en décalage et peu concernée. Je ne fais clairement pas partie du public visé par Connor Franta dans son autobiographie dont j’apprécie le titre.

Depuis, il a publié un autre livre, Note to self, toujours dans une veine autobiographique. J’avais aussi envie de découvrir ce nouvel ouvrage mais je suis plus réticente à cette idée et je crois que je vais m’arrêtais là. J’avoue être devenue de plus en plus sceptique à l’idée de lire des ouvrages écrits par des jeunes personnalités d’Internet car il est rare qu’ils soient des coups de coeur pour moi.