La Culture avec un grand A et du latte #4

J’essaie de reprendre mes bonnes habitudes de présenter un petit bilan culturel du mois écoulé. J’ai eu un peu de relâchement ces derniers mois avec le mémoire et le stage. Cela a été un petit mois d’août avec tout de même quatre coups de coeur pour deux films et deux livres. Je vous laisse découvrir tout cela en détail et je commence par les films.

Je ne suis malheureusement pas déplacée dans les salles obscures en août. J’en ai profité pour rattraper quelques films que je voulais absolument voir ces derniers mois ou l’année dernière. J’ai enfin vu The Greatest Showman qui a beaucoup fait parler de lui lors de sa sortie. Il a été mon premier coup de coeur du mois avec une histoire bien rythmée, une esthétique magique et surtout une bande-son de folie. J’écoute encore en boucle This is me, From now on ou Never enough. Je comprends mieux les bons échos que j’ai pu avoir du film ces derniers mois.

Battle of sex, un biopic sur une figure féministe du tennis féminin dans les années 70. Je n’y connais absolument rien à ce sport, je n’ai jamais été une amatrice de tennis. Aussi, je n’ai jamais entendu parler de Billie Jean King. Pourtant, cela ne m’a pas empêché d’apprécier ce film et son combat pour l’égalité entre les joueuses et les joueurs de tennis en démontrant que les femmes sont tout aussi bonnes voire même meilleures que les hommes. Même si l’issu du match final se devine, le film reste prenant, engagé. Cependant, ce n’est pas un coup de coeur.

Mon dernier coup de coeur cinématographique va pour La mort de Staline, adaptation de la bande-dessinée de Thierry Robin et Fabien Nury que j’ai lu au début de l’année et que j’ai beaucoup aimé. Je ne parlerai pas plus en détail du film, j’ai prévu de le présenter lors du Mois Russe en décembre. À côté de ces trois films qui m’ont plutôt marqué, il y en a deux autres qui, sincèrement, ne m’ont guère laissé un souvenir impérissable : The Call Up, dont j’ai du mal à me souvenir de quelques scènes marquantes et Rampage avec The Rock, vite vu et tout aussi vite oublié. 

Au niveau des lectures, j’ai commencé à explorer la littérature russe en prévision du mois de décembre pour voir vers quels auteurs me diriger. La première lecture a été L’Organisation de Maria Galina dont un avis détaillé a déjà été publié sur le blog. Vous pouvez le lire en suivant ce lien. J’ai ensuite enchaîné avec un auteur russe classique, Alexandre Pouchkine avec La Dame de pique suivi des Récits de feu Ivan Petrovitch Belkine. Une découverte et un presque coup de coeur pour la première nouvelle. Avec ces deux premiers livres, je pars plutôt confiante pour partir à la découverte de la Russie ! Le dernier que j’ai lu en lien avec ce pays est Bienvenue chez les Russes de Kirill Privalov. Pareil, je n’en dis pas plus pour le moment, car il ouvrira le mois russe.

Le tout premier livre que j’ai pu lire en août a été l’essai de Philippe Sands, récompensé lors de la dernière rentrée littéraire, East West Street dont une chronique a déjà été publiée, et je vous remets également le lien. Je suis restée dans le thème de la Seconde Guerre mondiale avec un Philip Kerr, La Dame de Zagreb. Un coup de coeur absolu, même si ce n’est pas le meilleur de la série. J’ai encore bien en tête l’avant-dernier que j’ai lu, Les ombres de Katyn (chronique). Cependant, c’est toujours aussi prenant et intéressant à lire. Je me suis aussi intéressée à la Première Guerre mondiale, en prévision du mois de novembre qui sera placé sous le signe de la commémoration du centenaire de la fin de la Grande Guerre. À ce titre, j’ai lu une bande-dessinée autour de la figure du Baron rouge qui se développe sur trois tomes : Le bal des mitraillettes, Pluie de sang et Donjons et dragons de Pierre Vers et Carlos Puerta. Mon avis sera présenté à ce moment-là. 

Deux grosses déceptions également avec deux romans dont j’attendais beaucoup. Le premier fut les mémoires d’Ariel Levy, The rules do not apply. Il est classé dans les lectures féministes, une thématique que j’apprécie énormément et dans lequel je n’hésite pas à découvrir de nouveaux titres. Sincèrement, je ne l’ai pas trouvé intéressant pour un sou. Je ne me suis pas attachée à cette auteur, à ressentir une quelconque émotion. Pourtant, elle évoque les drames qui ont frappé sa vie, comment elle s’en est sortie. Je n’ai eu aucune affinité dès le début et, finalement, j’ai rapidement abandonné. Ma deuxième déception va pour Sweet d’Emmy Laybourne. Depuis un moment que j’ai eu envie de le lire, j’ai été déçue que la romance prenne trop de place. Pour un avis plus détaillé, je vous renvoie vers ma chronique. 

Enfin, je finis sur une note plus positive en vous parlant de mon dernier coup de coeur littéraire du mois… À l’ombre de nos secrets de Lily Haime. Une magnifique romance homosexuelle sous fond de Seconde Guerre mondiale. J’ai autant pleuré que vibré avec les personnages. Cette histoire m’a transporté, bouleversé et j’ai adoré tous les personnages qui constituent la famille de Julien, le personnage principal. Au final, il y a aussi beaucoup d’espoirs dans cette histoire. Je ne peux que le recommander.

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L’Organisation (2009) > Maria Galina

URSS, 1979, à la veille des Jeux Olympiques. En cette période de stagnation, la vie est rude : pénurie de biens, queues interminables et suspicion partout. Rosa, 17 ans, accepte à contrecoeur un emploi au service sanitaire du port, bureau SSE/2. Ce qu’elle est censée y faire n’est pas évident, et ce ne sont pas ses collègues revêches qui vont l’aider à y voir plus clair. Peu importe, entre deux rapports à saisir, Rosa s’évade sur les traces d’Angélique, marquise des anges… Il y a bien Vassili, le « spécialiste » du SSE/2, mais ce qu’il raconte n’a aucun sens : que sont ces parasites de deuxième catégorie qu’il traque ? Quel lien avec les cadavres atrocement mutilés découverts par la police ? Et quelle est cette ombre qui la suit dans la nuit ? En découvrant le véritable rôle du SSE/2, Rosa va vivre une aventure qui surpasse de loin celles de son héroïne préférée…

En attendant le lancement officiel du mois russe en décembre prochain, je tâte un peu le terrain en avance. Notamment pour savoir vers quels auteurs me diriger. Maria Galina est une auteur russe contemporaine dont je n’ai jamais entendu parler jusqu’à présent. Je me suis perdue dans les méandres de son Organisation grâce à sa couverture colorée et à son résumé qui rappelle un peu Ghostbuster et les chasses aux fantômes. Un bon programme en perspective !

En refermant ce livre, je suis un peu déboussolée. Clairement, ce roman ne m’a pas laissé indifférente, mais de là à dire que j’ai adoré, ce serait peut-être exagéré. J’ai eu tout au long de l’intrigue une relation d’amour/haine avec ce livre. Des éléments qui ont pu me plaire pendant quelques pages pouvaient m’énerver après. Ça a été surtout le cas des personnages qui passent d’intéressants à agaçants, puis j’ai eu envie d’en savoir plus sur eux. Ils sont parfois attachants et bien souvent, je me suis retrouvée prise entre deux positions contradictoires.

Je peux aussi ramener ça à l’intrigue. J’ai pu avaler des pages entières en le trouvant absolument génial et voulant toujours en connaître davantage. À d’autres moments, j’ai été à deux doigts d’abandonner ma lecture. Je n’ai jamais eu de demi-mesure avec ce roman.

Il m’a aussi fait connaître quelques frustrations. Maria Galina a l’art de passer du coq à l’âne sans prévenir. J’ai été souvent prise au dépourvu, me demandant si je n’avais pas raté quelques pages. J’ai relu un certain nombre de paragraphes pour voir quelle était la suite logique. Il n’y en a pas ou pas toujours. C’est un style parfois déroutant. Deuxième frustration également avec la fin du roman, où j’ai eu le sentiment que beaucoup choses sont restées en suspend.

Cependant, il y a quelque chose dans ce roman que je ne saurai décrire et qui a su me charmer, faisant pencher la balance vers le positif. Est-ce l’univers ? Il est original et, en quelques mots, l’auteur arrive parfaitement à créer un monde avec une organisation, des objectifs à atteindre… Il y a aussi un réalisme social qui m’a plu. Le contexte historique et social est passionnant et il s’en ressent dans chacune des pages : l’atmosphère un peu lugubre, le moral au plus bas, les magasins quasiment vides… Ce sont autant de petit plus qui, au final, font que je garde tout de même une bonne impression de ce roman.

Pour une première immersion dans la littérature russe contemporaine, je ne suis pas déçue. Maria Galina a su me transporter dans son monde et me faire vivre aux côtés de son Organisation. Il s’agit malheureusement de l’unique roman traduit en français de l’auteur.

East West Street (2016) > Philippe Sands

A uniquely personal exploration of the origins of international law, centring on the Nuremberg Trials, the city of Lviv and a secret family history. When he receives an invitation to deliver a lecture in the Ukrainian city of Lviv, international lawyer Philippe Sands begins a journey on the trail of his family’s secret history. In doing so, he uncovers an astonishing series of coincidences that lead him halfway across the world, to the origins of international law at the Nuremberg trial. Interweaving the stories of the two Nuremberg prosecutors (Hersch Lauterpacht and Rafael Lemkin) who invented the crimes or genocide and crimes against humanity, the Nazi governor responsible for the murder of thousands in and around Lviv (Hans Frank), and incredible acts of wartime bravery, East West Street is an unforgettable blend of memoir and historical detective story, and a powerful meditation on the way memory, crime and guilt leave scars across generations.

Largement récompensé à l’étranger comme en France avec le prix Médicis, East West Street a été l’essai de 2017. Philippe Sands y retrace sa quête des origines de sa famille à Lemberg. Il s’intéresse également à deux théoriciens du droit qui ont aussi vécu dans cette ville. Nous leur devons les notions de crimes contre l’humanité (contre des individus) et génocide (contre un groupe spécifiquement identifié).

De nombreux sujets sont évoqués avec pour lien la ville de Lemberg. De ce point de vue, j’ai pu me rendre compte du talent de l’auteur. Il parle autant de droit (tout en restant très accessibles pour les non-juristes, aucune base n’est requise pour comprendre et apprécier l’essai), d’histoires familiales que de la grande Histoire, de philosophie, de son expérience intime… Pourtant, il ne pars jamais dans tous les sens et reste très cohérent. Le lecteur saisit rapidement le cheminement de la pensée de Philippe Sands et la manière dont l’ouvrage est construit. Et puis, quand c’est aussi bien écrit, la lecture devient un vrai régal.

Je ne saurai dire quel aspect du livre j’ai apprécié le plus, car East West Street forme un tout où chaque aspect s’imbrique dans un autre. Il rend compte de sa quête de réponses du passé de sa famille avec beaucoup d’humilité, ne cachant rien des petits éléments qu’il a trouvé, des déceptions parfois de ne pas pouvoir aller plus loin, de ne pas avoir toutes les réponses. Il a partagé cette expérience avec ses enfants. Quant aux aspects plus juridiques ou théoriques de l’essai, j’ai trouvé que les questions qu’il s’est posé intéressantes et pertinentes. Quelle coïncidence extraordinaire que les deux hommes qui ont théorisé les deux notions les plus importantes du droit pénal international ont vécu dans la même ville, ont fait leurs études dans la même université. Pourtant, les deux notions présentent des différences, des conceptions opposées. Qu’est-ce qui peut expliquer cet état de fait ? Comment ont-elles émergé et font depuis foi ?

East West Street : On the origins of genocide and crimes against humanity, pour le titre complet est un essai qui m’a plus sous bien des aspects : les thèmes abordés et il est brillamment écrit avec un style très fluide et qui transmet très bien les émotions de l’auteur. C’est un ouvrage que je retiens et que j’envisage de relire et feuilleter sans souci. Rares sont les essais que je peux ressortir de ma bibliothèque et relire certains passages.

Sweet (2015) / Emmy Laybourne

Solu’s luxurious celebrity-filled Cruise to Lose is billed as « the best cruise since the Titanic, » and if the new diet sweetener works as promised – dropping five percent of a person’s body weight in just days – it really could be the answer to the world’s obesity problem. But Laurel is starting to regret accepting her friend Viv’s invitation. She’s already completely embarrassed herself in front of celebrity host Tom Forelli (otherwise known as the hottest guy ever!) and she’s too sick to even try the sweetener. And that’s before Viv and all the other passengers start acting really strange. BUT WILL THEY DIE FOR IT, TOO?

Sweet est un roman que j’avais très envie de lire depuis de nombreuses années. Je l’ai repéré dès sa sortie anglaise et il m’a fallu un peu de temps avant de mettre la main dessus et découvrir qu’il n’en valait pas totalement le coup. Pourtant, le livre avait de bons arguments : une croisière de luxe qui tourne à l’apocalypse, une drogue qui rend tout le monde légèrement accro et zombie, sous fond de body positiv. Je signe tout de suite sans y penser deux fois.

L’aspect « body positiv » du roman est peut-être ce que je retiens le plus de ma lecture. Je ne le retrouve pas toujours dans les romans que je peux livre, peut-être dans la poésie contemporaine féministe comme Rupi Kaur ou Amanda Lovelace. Emmy Laybourne part d’une idée qui a de quoi faire rêver : le Solu. Il s’agit d’une espèce de sucre en poudre qui vous permet de perdre 5 à 10% de la masse corporelle, tout en mangeant absolument tout ce que les personnes veulent. L’auteur exprime son idée à travers les trois principaux : Vivika est accro au Solu ; Laurel qui trouve que son corps est parfait comme il est, malgré quelques kilos en trop ; Tom qui s’est taillé le corps qu’il rêvait en mangeant sainement et en faisant énormément de sport. Ils illustrent chacun un aspect de notre relation à notre relation à notre corps. Je me suis retrouvée dans Vivika, sans grande surprise. Je suis loin d’être une Laurel qui s’accepte comme elle est. J’ai pensé que ce choix de personnages était pertinent et ils illustrent bien les propos et la philosophie d’un regard plus positif sur nos corps.

Malheureusement, j’ai eu plus de mal avec l’histoire. Elle a énormément de mal à démarrer. Pour ma part, elle n’a réellement su devenir intéressante vers le dernier tiers, tout en peinant à totalement m’accrocher. Le développement de la romance entre Tom et Laurel prend trop de place par rapport à ce que je m’attendais en commençant Sweet. La romance a été trop omniprésente à mon goût. Ça et une histoire qui ne décolle pas, la lecture a parfois été laborieuse et mon intérêt pour cette dernière très fluctuant. Je ne l’ai pas terminé pour être honnête. Je n’arrivai plus à me remettre dans ma lecture et à y trouver un quelconque intérêt alors qu’il me restait une cinquantaine de pages.

Sweet est ma déception de l’été. En apparence, il avait tout pour que je passe un bon moment voire qu’il soit un coup de coeur. Cependant, certains aspects du roman n’ont pas fait pencher la balance vers le positif. Je m’attendais à peut-être plus de « zombies ». C’est ce que j’ai imaginé en lisant la quatrième de couverture.

Deux clubs de lecture animés par des célébrités

Depuis deux voire trois ans, les clubs de lecture animés par des célébrités ont connu une véritable explosion. Oprah Winfrey a ouvert la voie il y a quelques années, et depuis, ils se sont multipliés, surtout parmi les actrices. Elles proposent des thématiques, de découvrir leurs derniers coups de coeur ou des livres qui les ont inspirés… Pour ma part, j’en suis surtout deux. Je ne lis pas toujours les ouvrages proposés. Tout simplement, je les ai soit déjà lus, soit ils ne m’intéressent guère. Mais j’attends toujours avec impatience le nouveau choix.

Our shared shelves, le club de lecture féministe d’Emma Watson

C’est le premier Book Club que j’ai suivi. Emma Watson est une actrice que j’apprécie et admire depuis de longues années. Quand elle a lancé Our shared Shelves, je ne m’y suis pas tout de suite intéressée. J’y suis venue tardivement, il y a presque deux ans, quand j’ai commencé à me renseigner sur le féminisme, à vouloir en savoir plus.

Le premier livre que j’ai lu a été The Handmaid’s Tale de Margaret Atwood qui a été un énorme coup de coeur. J’en ai lu bien d’autres depuis que l’actrice anglaise nous recommande, tous les deux mois. Sa dernière suggestion est Milk & Honey de Rupi Kaur, un recueil de poésie féministe que j’ai lu et adoré, début 2017. Je passe donc mon tour pour Juillet/Août et je suis impatiente de découvrir le prochain livre.

Pour aller plus loin : mon avis sur le dernier recueil de Rupi Kaur, The Sun and her flowers

Belletrist, par Emma Roberts 

Une découverte plus récente et je n’ai pas encore eu l’occasion de m’y investir, mais les tentations sont nombreuses. J’apprécie la diversité des propositions. Tous les mois, un nouvel ouvrage est sélectionné. J’espère pouvoir en lire quelques uns à l’avenir. Elle ne semble pas suivre un thème particulier.

Le livre du mois d’août est The Incendiaries de R.O. Kwon dont la quatrième de couverture est très tentante et je note cette recommandation. Je suivrai avec attention le prochain livre qui sera choisi en septembre, en croisant les doigts pour qu’il soit dans ma liseuse ou que je puisse l’emprunter.

Il en existe bien d’autres dont celui de Reese Witherspoon, qui se veut également féministe. J’en ai entendu parler et les sélections sont intéressantes. Je pense y jeter un coup d’oeil de temps en temps pour piquer quelques idées lecture. Cependant, je reste profondément attachée à celui d’Emma Watson. J’ai fait de belles découvertes avec ce club, avec des ouvrages qui m’ont beaucoup fait réfléchir.

Et vous, quels sont les clubs de lecture de célébrité que vous suivez ? Vos plus belles découvertes grâce à elles ?

Les ombres de Katyn (2013) } Philip Kerr

Mars 1943. Le Reich vient de perdre Stalingrad. Pour Joseph Goebbels, il faut absolument redonner le moral à l’armée allemande et porter un coup aux Alliés. Or sur le territoire soviétique, près de la frontière biélorusse, à Smolensk, ville occupée par les Allemands depuis 1941, la rumeur enfle. Des milliers de soldats polonais auraient été assassinés et enterrés dans des fosses communes. L’armée Rouge serait responsable de ce massacre. Goebbels, qui voit là l’occasion de discréditer les Russes et d’affaiblir les Alliés, décide l’ouverture d’une enquête. Le capitaine Bernie Gunther du Bureau des crimes de guerre, organisme réputé antinazi, est la personne idéale pour accomplir cette délicate mission.

Philip Kerr frappe fort avec ce neuvième tome des aventures de Bernie Gunther. Il s’inspire une nouvelle fois d’un fait historique avéré, le massacre de Katyn où plusieurs milliers de Polonais ont été abattus par les Russes. Malgré l’intérêt que je porte depuis de nombreuses années à la Seconde Guerre mondiale et aux régimes totalitaires, je n’ai jamais eu connaissance de ces charniers. En faisant quelques recherches, j’ai vite compris pourquoi. Il existe encore un certain tabou autour de ce qui s’est passé dans la Forêt de Katyn, près de Smolensk.

Je referme ce roman avec l’impression d’en avoir appris beaucoup sur l’Histoire. Philip Kerr a encore une fois pleinement documenté son livre et il y a beaucoup de choses vraies dans Les ombres de Katyn, notamment ce que Goebbels a voulu en tirer pour sa propagande. L’auteur a un vrai don pour connecter son intrigue policière, oeuvre de fiction, et la grande Histoire. Il nous fait croiser un certain nombre d’aristocrates prussiens qui complotent contre Hitler. À ce propos, ce livre m’a fait penser à un film que j’ai vu il y a quelques années et qui aurait été la suite logique de ce qui se déroule dans le fond, Walkyrie de Kenneth Branagh. Le petit mot de l’auteur à la fin m’a donné raison. J’adore la manière dont des petits détails ouvrent sur des événements plus grands. Le tout est parfaitement bien écrit et ficelé.

Malgré plus de six cent pages, ce neuvième tome est un véritable page-turner, parfaitement maîtrisé d’un bout à l’autre. Philip Kerr sait doser son suspens. À chaque chapitre terminé, je devais en commencer un autre. Les ombres de Katyn a presque été trop vite lu et j’en redemande encore. Bernie Gunther reste un de mes personnages littéraires préférés. J’adore son humour, son cynisme. À Smolensk, il rencontre un aristocrate, von Gersdorff, qui lui a fait un peu de l’ombre de ce point. Certains de leurs échanges ont été plus que savoureux, des petits bijoux à lire. Je ne me lasse pas des romans de cet auteur anglais, parti trop tôt. Il a toujours su se renouveler.

En effet, cette série est une des rares que je suis jusqu’au bout. Même au neuvième tome, je n’ai jamais pensé que l’auteur cédait à la facilité  ou que chaque livre se ressemblait. Les ombres de Katyn est un coup de coeur absolu et sûrement un de mes préférés de la série. Il me reste encore quelques tomes à découvrir.

La Culture avec un grand A et du latte #4

Je n’ai pas publié ce type d’articles depuis quelques mois, mais l’été est l’occasion parfaite pour reprendre quelques bonnes habitudes. Le mois d’août est déjà bien entamé et c’est le moment de proposer mon bilan de juillet. Les vacances d’été sont définitivement propices à la lecture…

Je n’ai vu que très peu de films. Trois pour être précise. Je ne me suis déplacée qu’une seule fois dans les salles obscures, pour voir le nouveau Jurassic World, Fallen KingdomIl a d’ailleurs été mon seul coup de coeur du mois. Il avait tous les ingrédients pour faire un opus réussi, tout en ouvrant d’autres possibilités. Je suis une grande fan de la franchise. À côté de ça, j’ai regardé The Dictator de Sacha Baron Cohen dont je ne suis définitivement pas fan de l’humour et Braquage à l’ancienne avec Michael Caine et Morgane Freeman. Une comédie sans plus.

En revanche, je me suis fait deux expositions : Hélène de Beauvoir, la soeur de Simone au Musée Würth qui propose une rétrospective de l’artiste, de ses débuts et ses influences au fur et à mesure. Je la recommande. Hélène est moins connue que sa soeur, mais elle le mérite. Son oeuvre est vraiment intéressante : elle s’inscrit dans les mouvements de l’avant-garde de l’époque tout en explorant des thèmes comme le féminisme, les événements de mai 68. Un week-end à Paris et j’ai profité pour aller voir l’exposition Klimt à l’Atelier des Lumières dont j’ai déjà parlé sur le blog.

En revanche, j’ai lu une quinzaine de livres.

  • How to be a woman de Caitlin Moran : une déception tout de même. J’attendais beaucoup de cet ouvrage, mais, finalement, je n’ai pas été sensible aux sujets qu’elle aborde et la manière dont elle les aborde.
  • Eragon de Christopher Paolini : j’avais très envie de relire afin de continuer et terminer la série. Cependant, la lecture de ce premier tome s’est révélée houleuse. Je n’ai plus retrouvé la magie de ma première lecture.
  • La tétralogie des origines, Le château des millions d’années de Stéphane Pzbylyski : la science-fiction n’est pas un genre que j’ai l’habitude de lire mais auquel je m’essaie de temps à autre. Le plus souvent avec succès comme avec Sylvain Neuvel. Un gros coup de coeur pour ce premier tome.

  • Kamarades, La fin des Romanov, Tuez-les tous & Terre promise de Benoît Abtey, Jean-Baptise Dusséaux et Mayalen Goult : une série dont j’ai adoré l’histoire et le graphisme. Un de mes coups de coeur de ce mois-ci.
  • The Romanovs de Simon Sebag-Montefiore : je vous renvoie vers mon article pour connaître mon avis sur cet essai historique.
  • Le détail, Pour une histoire rapprochée en peinture de Daniel Arasse : les essais d’histoire de l’art de Daniel Arasse sont toujours très bien écrit et j’apprends toujours plein de choses.
  • Vladimir Vladimirovitch de Bernard Chambraz : une lecture en demi-teinte. Je m’attendais à quelque chose de différent. J’en parlerai plus en détail lors du mois russe, en décembre.
  • À l’ouest rien de nouveau d’Erich Maria Remarque : un des classiques autour de la Première Guerre mondiale. Une relecture qui m’a encore touché, chamboulé. Ce roman d’Erich Maria Remarque est celui qu’il faut lire à ce sujet.

  • Burn the fairytale d’Adeline Whitmore : je continue mon exploration de la poésie contemporaine avec Adeline Whitmore. Mais je suis réellement déçue. Je ne l’ai pas trouvé positif envers toutes les femmes.
  • La meilleure chose qui ne me soit (jamais) arrivée de Laura Tait et Jimmy Rice : finir le mois avec une petite romance. Elle est divertissante, mais pas transcendante. J’ai passé un bon moment, mais je n’en garderai pas un souvenir impérissable.