Livre et adaptation | Alias Grace

Alias Grace relate l’histoire de Grace Marks, jeune immigrée irlandaise au Canada devenue domestique. Accusée, avec James McDermott, du meurtre de ses employeurs, Thomas Kinnear et Nancy Montgomery en 1843, elle purge une peine de prison à vie quand le Dr Jordan se passionne pour son histoire et entreprend avec elle de retracer sa vie.

Alias Grace, le livre autant que son adaptation par Netflix, faisait partie de mes priorités pour 2018. L’année d’avant, je découvrais Margaret Atwood à travers sa dystopie féministe. The Handmaid’s Tale ou La servante écarlate était un énorme coup de coeur et la série est encore mieux, chose que je pensais impossible. C’est donc tout naturellement que je me suis dirigée vers ce nouveau titre et son adaptation.

Pas de dystopie féministe pour cette fois, Alias Grace nous plonge dans l’histoire vraie de Grace Marks qui aurait tué, avec l’aide de James McDermott, ses employeurs. Encore une fois, c’est un portrait de femmes de l’auteur que l’auteur nous propose et pas de n’importe quelle femme. A vrai dire, je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre en commençant le roman. Etait-ce une pure oeuvre de fiction retraçant cette histoire sordide, tout en profitant pour démontrer la condition de la femme à cette époque ? Ou une enquête romancée qui cherche à déterminer si elle était coupable ou innocente, un peu dans la lignée de ce que nous pouvons trouver pour Jack l’Eventreur, toute proportion gardée ?

Je penche personnellement pour la première solution, car, à aucun moment, je n’ai vu transparaître l’opinion de l’auteur à ce sujet. Coupable ou innocente, ce n’est pas le centre de son propos. C’est plutôt ce qu’essaie de déterminer le docteur Simon Jordan. J’y vois plutôt un moment pour Grace Marks de pouvoir s’exprimer, tout d’abord, librement, et, ensuite, en manipulant son auditeur, pas forcément en pensant mal, mais pour lui faire plaisir. Il est un des rares qui lui prêtait une oreille attentive, à être intéressée pour ce qu’elle a à dire et non pour le fait qu’elle était une meurtrière célèbre.

Le livre autant que la série le montrent parfaitement. Ils attendent tous les deux avec impatience ces moments où l’un parle enfin à quelqu’un qui l’écoute et respecte sa parole et l’autre écoute, pour satisfaire sa curiosité et avec un autre objectif en tête : le fait de prouver, dans un certain sens, l’innocence de la jeune fille. Toutefois, ce n’est pas ce que j’ai trouvé le plus intéressant dans cette relation entre Grace et Simon. Ce serait plutôt cette forme d’amour qui tient plus au fantasme et la subtile manipulation de la jeune fille envers le docteur qui lui donne ce qu’il attend. Il y a également beaucoup de sensualité qui se dégage, notamment dans la série avec des jeux de regards, des gestes qui semblent anodins et, parfois, lourds de sens. L’adaptation met aussi plus facilement en avant les fantasmes du docteur Jordan que le livre.

Cependant, ce que la série occulte un peu plus que le roman est tout ce qui touche à la sexualité, qui est beaucoup plus évoquée et qui est aussi une des raisons du départ du docteur Jordan. La question de la sexualité n’est pas centrale, mais elle tient une certaine place. Il y a une plus grande tension sexuelle avec le docteur et les différents personnages féminins. Dans la série, par exemple, la scène où Lydia, la fille du Gouverneur, prend la main de Simon Jordan lors d’une séance d’hypnose semble un peu incongrue dans la série dans la mesure où c’est un personnage qui a été peu vue dans l’adaptation. Elle est bien plus présente dans le roman et, en le lisant, le spectateur comprend mieux ce geste. Les relations entre toujours ce même docteur et sa logeuse ont aussi été raccourcies dans la série.

C’est aussi ce qui me fait voir cette dernière comme un résumé visuel et un peu détaillé du livre de Margaret Atwood. Peu d’autres éléments ont été apportés. Cette adaptation se concentre surtout sur les entretiens entre Grace et le docteur Jordan et les souvenirs de cette dernière. Il y a des éléments du livre qui sont parfois replacés, mais de manière incongrue. J’en ai quelques uns en tête et j’en ai déjà cité un peu plus haut. Le livre va plus loin. L’histoire du docteur a une importance quasiment égale et il y a des passages épistolaires entre sa mère et lui, avec un ami, des collègues. Il est aussi question de ses conquêtes, de ses propres souvenirs d’enfance avec les servantes de sa maison.

C’est ainsi qu’il réagit aux paroles de Grace et à ce qu’elle lui raconte. Cela démontre aussi qu’il est un homme de son temps, qui ne pense pas forcément aux femmes comme son égal, mais comme une servante, une épouse ou une prostituée. Nous avons vraiment ces trois figures dans la manière dont Simon Jordan perçoit les femmes. Elles ne peuvent pas être autres choses. Ce n’est clairement pas le personnage féministe de l’ouvrage, mais il met vraiment l’accent sur la condition et la vision de la femme durant le XIX siècle. Le pénitentiaire montre que la folie des femmes est surtout le fait des hommes. L’histoire de Grace démontre tout ce qu’elles peuvent endurer : le harcèlement des employeurs ainsi que le harcèlement sexuel, la condition de servante, la violence physique et verbale des hommes…

La série va ainsi à l’essentiel et ce n’est pas plus mal. Le livre m’a parfois donné du fil à retordre, non pas à cause du niveau de langue (c’est un anglais relativement facile), mais à cause de certaines longueurs. Comme dit plus haut, Margaret Atwood ne se concentre pas uniquement sur Grace, son histoire et les entretiens avec le docteur Jordan. Elle donne aussi un temps de parole à des personnages plus secondaires, notamment le fameux docteur. Cela casse parfois le rythme de l’histoire, car, même en tant que lectrice, j’étais suspendue aux lèvres de Grace, n’attendant que le moment où elle allait en arriver aux meurtres. Cependant, cela met trop de temps à arriver. Sur une petite brique de plus de cinq cent pages, il faut bien attendre de dépasser les trois cent pour que l’intrigue démarre réellement, à mon avis. Ces longueurs se font ressentir et, heureusement, l’adaptation faite par Netflix les occulte totalement… Et c’est tant mieux. Elle va à l’essentiel et se débarrasse du superflu. Pour autant, ce n’est pas une lecture qui m’a totalement déplu, ni même qui m’a donné envie d’explorer la bibliographie de Margaret Atwood. Son dernier roman me tente énormément. Je trouve qu’elle a tout de même un don pour raconter des histoires et pour mettre en scène des personnages féminins.

De la série, je retiens surtout l’incroyable interprétation de Sarah Gardon, qui tient le rôle principal. Ce n’est pas seulement parce qu’il s’agit du personnage central de la série, mais elle a une réelle présence à l’écran et elle écrase Edward Holcroft, qui joue Simon Jordan. Il est bon, mais l’actrice capte le regard. Elle joue parfaitement la candeur de Grace Marks, mais aussi la sensualité, la manipulation subtile que son personnage exerce et qui passe notamment par le regard et les gestes, les sourires ambigus. Dans le livre autant que dans son adaptation, nous ne savons pas toujours si elle est totalement honnête et innocente. J’ai parfois eu du mal à la croire. D’un autre côté, j’ai eu énormément de mal à la juger, car elle a des circonstances atténuantes. Indéniablement, c’est un personnage qui ne m’a pas laissé indifférente, que j’ai trouvé à la fois fascinante et dangereuse.

Alias Grace ne fut pas le coup de coeur que j’espérais pour ce début d’année, que ce soit pour le livre ou son adaptation, même si la balance penche plus pour la série. Cependant, je ne regrette pas cette découverte d’une histoire vraie dont j’ignorais tout. Je garde, pour l’instant, une petite préférence pour The Handmaid’s Tale. 

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Parlons féminisme #1 | Suis-je féministe ?

Je me suis posée très récemment cette question. En fait, j’ai commencé à m’y intéresser alors que j’effectuais ma troisième année de licence en Erasmus, J’étais en Irlande… J’avais déjà entendu le mot « féminisme » mais je dois avouer que j’étais encore ignorante sur le sujet. Je ne savais pas du tout de quoi il en retournait, quelles idées étaient derrière ce mot, les combats…

Durant cette année, j’ai pris conscience que le féminisme n’était pas un combat d’un autre âge et qu’il y avait de vrais engagements derrière. En Irlande, lors de mon séjour, une partie de la population continuait à manifester, à se mobiliser pour l’abrogation du huitième amendement de leur Constitution qui interdisait l’avortement. La religion tient encore une place importante dans la société. Je vivais avec des colocataires qui se disaient féministes dont deux qui s’étaient réellement engagées pour faire changer les choses, qui étaient actives dans leurs revendications. Nous en discutions beaucoup ensemble. Petit à petit, le mot « féminisme » a pris des dimensions, des réalités concrètes pour moi mais il me fallait aussi une définition simple du féminisme. Qu’est-ce que le féminisme en 2017 ?

J’aime connaître tous les tenants et les aboutissants d’une chose avant de me réclamer de cette dernière. Je suis de nature curieuse, je veux toujours tout savoir. Ma première étape fut de trouver une définition du féminisme. Cependant, au fil de mes lectures, des documentaires, des articles que j’ai pu lire, je me suis rendue compte qu’il était difficile voire impossible d’en donner une seule. Il y a plusieurs conceptions du féminisme. J’ai, petit à petit, essayé de me forger ma propre opinion sur le sujet. Au final, ma conception reste la volonté d’une égalité entre les hommes et les femmes, sans pour autant aller dans des extrêmes. En ce sens, j’aime beaucoup la phrase de Kate Nash, « Feminism is not a dirty word. It does not mean you hate men, it does not mean you hate girls that have nice legs and a tan, and it does not mean you are a bitch or a dyke, it means that you believe in equality.« 

Après, il y a plusieurs combats selon nos affinités. Du moins, c’est ainsi que je conçois le féminisme. A travers mes lectures, je me suis surtout focalisée sur les femmes et leurs corps et, en particulier, à travers des questions aussi diverses que l’avortement, la sexualité et la beauté. Ce sont des thématiques qui ont plus facilement trouvé des résonnances en moi que l’égalité des salaires, par exemple, même si c’est un sujet tout aussi important. Cependant, je souffre plus quotidiennement des problématiques liées au corps : la dictature de la maigreur, les corps retouchés et glabres, la place grandissante de la pornographie… Les choses bougent, mais je pense qu’elles doivent profondément changer pour ne plus se sentir coupable de sortir sans maquillage, pas épilée… J’ai vraiment envie d’agir sur ce sujet.

Par ailleurs, dernièrement, avec toutes les affaires de harcèlement sexuel, au travail ou dans la rue mais aussi les violences domestiques, j’ai aussi commencé à rapprocher de ce genre de combats. Il y a eu un élément déclencheur : mon agression en septembre sur un parking par deux jeunes hommes pour me voler mon sac à main. Je connaissais déjà le harcèlement de rue : les mains aux fesses, les regards qui te déshabillent, les « hé mademoiselle« … Je ne me rendais pas compte de ce à quoi cela pouvait mener jusqu’à mon agression en plein jour, sans personne pour m’aider. Je ne me suis plus sentie en sécurité dans la rue. Je souhaite vraiment voir les rues plus sûres pour toutes les femmes. Il est épuisant de devoir rentrer seule le soir, de regarder à gauche, à droite, d’avoir le numéro de la police prêt à être décroché… Finalement, ça arrive bien plus souvent que nous pouvons le penser.

Par mon expérience personnelle, par mes lectures et visionnages, en discutant avec d’autres personnages, j’en suis devenue à me considérer de plus en plus comme une féministe, mais, depuis quelques mois, je l’affirme haut et fort, sans crainte. Je comprends mieux ce que cela veut dire et la nécessité de l’être, même à l’heure actuelle et surtout de nos jours. Il reste encore des choses à faire, des mentalités à changer. La prochaine étape que je souhaite mener à titre personnel est un engagement plus actif pour l’égalité entre les hommes et les femmes, pour limiter le harcèlement…

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Une chambre à soi (1929) | Virginia Woolf

« Je sais vous m’avez demandé de parler des femmes et du roman. Quel rapport, allez-vous me dire, existe-t-il entre ce sujet et une « chambre à soi ? », interroge Virginia Woolf en ouverture d’une conférence sur le féminisme qu’elle dispensa aux étudiantes de l’université de Cambridge. Avec une irritation voilée d’ironie, Virginia Woolf rappelle dans ce délicieux pamphlet comment, jusqu’à une époque toute récente, les femmes ont été savamment placées sous la dépendance spirituelle et économique des hommes et, par voie de conséquence, réduites au silence. Il manquait à celles qui étaient douées pour affirmer leur génie de quoi vivre, du temps et une chambre à soi. »

Ecrit en 1929, Une chambre à soi est le résultat des réflexions de Virginia Wool sur les femmes et le roman. Considérée comme une des grandes écrivaines féministes de la première moitié du XX siècle, il serait réducteur de la voir uniquement sous ce prisme. Ce serait courir le risque de passer à côté de ses qualités littéraires indéniables.

Cet essai se déroule comme une promenade. Tout d’abord, elle commence par une douce balade poétique au bord de l’eau lors d’une belle journée d’automne, puis dans les rues de Londres où l’auteur imagine les vies, les espoirs de ces femmes inconnues qu’elle croise et dont peu d’hommes s’intéressent dans leurs écrits ou leurs opinions. C’est avec cette première marche à Oxbridge, une université imaginaire inspirée d’Oxford et Cambridge, que Virginia Woolf ouvre son ouvrage. Ce premier chapitre m’a rendu un peu confuse sur ce qu’allait être la suite.

Je n’ai pas l’habitude de lire des essais dont le style se rapproche bien plus de celui de l’oeuvre littéraire romanesque que de l’ouvrage scientifique qui expose de manière peut-être un peu plus brute les idées. Pourtant, cela n’atténue en rien les propos de l’auteur et leur force dès lors qu’on choisit de se laisser porter par ses réflexions et ses choix stylistiques. Je pense qu’il ne faut pas tout de suite se heurter au fait qu’elle n’entre pas tout de suite dans le vif du sujet de cette chambre à soi, des femmes écrivains et pas seulement celle du XX siècle. Elle montre aussi le processus créatif, de la réflexion et ce n’est pas inintéressant d’avoir ainsi un aperçu de la manière dont une auteur de sa renommée travaille.

Man Ray, Virginia Woolf, 1935

Elle nous propose une autre balade, celle-ci littéraire et qui se déroule dans une bibliothèque et au fil des ouvrages qui retiennent son attention. A partir de là, elle va commencer à véritablement entrer dans le coeur de son sujet, tout en rendant hommage aux femmes de lettres, certaines qui ont été oubliées comme d’autres plus connues. Elle analyse les oeuvres de Charlotte Brontë, Jane Austen, par exemple. Elle se concentre sur leur manière d’écrire, leur rapport aux hommes tout autant que sur les conditions dans lesquelles elles ont peu écrire leurs ouvrages, proclamant que les femmes écrivent moins bien que les hommes car elles n’ont pas cette chambre à soi « dont la porte est pourvue d’une serrure« .

J’ai été convaincue par son argumentation, même quasiment cent ans plus tard. Une chambre à soi, pour reprendre les termes de l’auteur, me semble quelque chose de fondamental, d’essentiel en 2017. Pour autant, une des forces de cet essai est la capacité de Virginia Woolf à nous faire prendre conscience de cette pièce à nous, de la chance que nous pouvons avoir d’avoir ce lieu où nous pouvons nous adonner, en tout tranquilité, à nos activités intellectuelles, culturelles sans être dérangé, un endroit où nous pouvons avoir un moment de tranquilité et d’intimité. Finalement, au fur et à mesure de la lecture, le titre du livre prend toute son ampleur. Ce fut à mon tour de me poser des questions. Et si Jane Austen avait eu son lieu à elle, au lieu d’écrire dans un salon commun où elle devait s’interrompre dès lors que des visiteurs entraient et cacher son manuscrit, à quel point Orgueil & Préjugés serait-il différent de celui que nous connaissons aujourd’hui et qui est pourtant considéré comme un chef d’oeuvre de la littérature classique anglaise ?

Pour continuer sur la place des femmes dans la vie littéraire et culturelle des sociétés, Virginia Woolf imagine une soeur à William Shakespeare et elle lui invente une vie avec le même don que son illustre frère. Cependant, c’est une femme. Je n’arrive pas tellement à m’expliquer pourquoi son exemple m’a autant marqué. Sûrement parce que ça sonne terriblement juste, que quelque part, elle nous raconte une histoire d’injustice que nous avons toutes pu vivre à un moment donné. A titre personnelle, cette anecdote inventée me rappelle une question que j’ai très souvent croisé dans les différentes lectures féministes que j’ai pu faire ou dans les documentaires vus : en tant que femme, ai-je les mêmes chances que les hommes dans la vie ? J’ose imaginer que oui. Virginia Woolf termine d’ailleurs son ouvrage/intervention en reprenant cette histoire, dans un très beau passage qui nous enjoint de reprendre le flambeau de cette soeur de Shakespeare.

Cette soeur de Shakespeare mourut jeune… Hélas, elle n’écrit jamais le moindre mot. (…) Or, j’ai la conviction que cette poétesse, qui n’a jamais écrit un mot (…) vit encore. Elle vit en vous et moi, et en nombre d’autres femmes qui ne sont pas présentes ici ce soir, car elles sont en train de laver la vaisselle et de coucher leurs enfants. Mais elle vit ; car les grands poètes ne meurent pas ; ils ont des présences éternelles ; ils attendent seulement l’occasion pour apparaître parmi nous en chair et en os. Cette occasion, je le crois, il est à présent en votre pouvoir de la donner à la soeur de Shakespeare. Car voici ma conviction : si nous vivons encore un siècle environ (…) et que nous ayons toutes cinq cent livres de rente et des chambres qui soient à nous seules ; si nous acquérons l’habitude de la liberté et le courage d’écrire exactement ce que nous pensons (…) alors l’occasion se présentera pour la poétesse qui était la soeur de Shakespeare de prendre cette forme humaine à laquelle il lui a si souvent fallu renoncer.

Une des premières questions qu’elle se pose également et qui sera un deuxième fil rouge est la suivante : « Pourquoi un sexe est-il si prospère et l’autre si pauvre ? » La relation femme/homme l’intéresse beaucoup et elle en a une vision très égalitaire. Toutefois, ce n’est pas tant ce qui m’a marqué dans ce livre. C’est plutôt la manière dont elle appréhende les hommes. Il y a un passage étonnant où elle lit des ouvrages écrits par des hommes sur les femmes où ils invoquent notre sensibilité trop débordante, nos capacités intellectuelles plus limitées… Elle est en colère contre leurs écrits et leurs opinions, contre le fait qu’elle ne peut accéder à la bibliothèque sans une lettre d’introduction ou de recommandation car ce n’est pas un lieu pour les femmes… Cependant, elle n’a absolument rien contre eux. Elle ne formule aucune attaque virulente ou violente à leur encontre ou à clamer que les femmes seraient mieux sans eux. Je m’attendais à plus de véhémence mais Virginia Woolf fait preuve d’une certaine élégance, parfois teintée d’ironie que j’ai beaucoup apprécié.

Pour une première découverte de l’oeuvre de Virginia Woolf, je n’aurai pas pu mieux tomber. Une chambre à soi est un court ouvrage passionnant et qui porte à réflexion, extrêmement bien écrit, avec beaucoup de poésie. Il faut prendre le temps de découvrir le texte, de le faire sien doucement. Je ne compte pas m’arrêter là pour l’oeuvre de Virginia Woolf. Elle a plutôt été productive, écrivant romans et nouvelles. Son mari a également publié ses lettres et son journal à titre posthume et je m’y attarderai aussi.

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