Parlons féminisme #1 | Suis-je féministe ?

Je me suis posée très récemment cette question. En fait, j’ai commencé à m’y intéresser alors que j’effectuais ma troisième année de licence en Erasmus, J’étais en Irlande… J’avais déjà entendu le mot « féminisme » mais je dois avouer que j’étais encore ignorante sur le sujet. Je ne savais pas du tout de quoi il en retournait, quelles idées étaient derrière ce mot, les combats…

Durant cette année, j’ai pris conscience que le féminisme n’était pas un combat d’un autre âge et qu’il y avait de vrais engagements derrière. En Irlande, lors de mon séjour, une partie de la population continuait à manifester, à se mobiliser pour l’abrogation du huitième amendement de leur Constitution qui interdisait l’avortement. La religion tient encore une place importante dans la société. Je vivais avec des colocataires qui se disaient féministes dont deux qui s’étaient réellement engagées pour faire changer les choses, qui étaient actives dans leurs revendications. Nous en discutions beaucoup ensemble. Petit à petit, le mot « féminisme » a pris des dimensions, des réalités concrètes pour moi mais il me fallait aussi une définition simple du féminisme. Qu’est-ce que le féminisme en 2017 ?

J’aime connaître tous les tenants et les aboutissants d’une chose avant de me réclamer de cette dernière. Je suis de nature curieuse, je veux toujours tout savoir. Ma première étape fut de trouver une définition du féminisme. Cependant, au fil de mes lectures, des documentaires, des articles que j’ai pu lire, je me suis rendue compte qu’il était difficile voire impossible d’en donner une seule. Il y a plusieurs conceptions du féminisme. J’ai, petit à petit, essayé de me forger ma propre opinion sur le sujet. Au final, ma conception reste la volonté d’une égalité entre les hommes et les femmes, sans pour autant aller dans des extrêmes. En ce sens, j’aime beaucoup la phrase de Kate Nash, « Feminism is not a dirty word. It does not mean you hate men, it does not mean you hate girls that have nice legs and a tan, and it does not mean you are a bitch or a dyke, it means that you believe in equality.« 

Après, il y a plusieurs combats selon nos affinités. Du moins, c’est ainsi que je conçois le féminisme. A travers mes lectures, je me suis surtout focalisée sur les femmes et leurs corps et, en particulier, à travers des questions aussi diverses que l’avortement, la sexualité et la beauté. Ce sont des thématiques qui ont plus facilement trouvé des résonnances en moi que l’égalité des salaires, par exemple, même si c’est un sujet tout aussi important. Cependant, je souffre plus quotidiennement des problématiques liées au corps : la dictature de la maigreur, les corps retouchés et glabres, la place grandissante de la pornographie… Les choses bougent, mais je pense qu’elles doivent profondément changer pour ne plus se sentir coupable de sortir sans maquillage, pas épilée… J’ai vraiment envie d’agir sur ce sujet.

Par ailleurs, dernièrement, avec toutes les affaires de harcèlement sexuel, au travail ou dans la rue mais aussi les violences domestiques, j’ai aussi commencé à rapprocher de ce genre de combats. Il y a eu un élément déclencheur : mon agression en septembre sur un parking par deux jeunes hommes pour me voler mon sac à main. Je connaissais déjà le harcèlement de rue : les mains aux fesses, les regards qui te déshabillent, les « hé mademoiselle« … Je ne me rendais pas compte de ce à quoi cela pouvait mener jusqu’à mon agression en plein jour, sans personne pour m’aider. Je ne me suis plus sentie en sécurité dans la rue. Je souhaite vraiment voir les rues plus sûres pour toutes les femmes. Il est épuisant de devoir rentrer seule le soir, de regarder à gauche, à droite, d’avoir le numéro de la police prêt à être décroché… Finalement, ça arrive bien plus souvent que nous pouvons le penser.

Par mon expérience personnelle, par mes lectures et visionnages, en discutant avec d’autres personnages, j’en suis devenue à me considérer de plus en plus comme une féministe, mais, depuis quelques mois, je l’affirme haut et fort, sans crainte. Je comprends mieux ce que cela veut dire et la nécessité de l’être, même à l’heure actuelle et surtout de nos jours. Il reste encore des choses à faire, des mentalités à changer. La prochaine étape que je souhaite mener à titre personnel est un engagement plus actif pour l’égalité entre les hommes et les femmes, pour limiter le harcèlement…

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