LACOMBE, Benjamin & ECHEGOYEN, Paul • Léonard & Salaï, Il Salaïno (2014)

Ce roman graphique atypique nous entraîne dans l’intimité d’un homme devenu l’incarnation du génie créateur, un artiste au talent jamais égalé.
Qui pourraient être mieux placés que deux hommes, deux artistes, pour vous conter l’histoire d’amour qui lia, pendant près de trente ans, Léonard de Vinci à un jeune apprenti qu’il baptisa Salaï (« petit diable »).
Immergez-vous au cœur de cette évocation romanesque qui présente une autre vision de Léonard de Vinci, de son entourage et de sa vie. Au-delà du mythe, de ses incroyables inventions et de sa modernité (fervent écologiste, végétarien, humaniste…), il était détesté par ses pairs, autant pour son immense talent que pour son physique avantageux, ou encore pour la cour qui l’encerclait.
Comment a-t-il vécu, aimé, souffert ? L’histoire s’intéresse à son amour pour Salaï, personnage oublié, écorché vif, petit voyou fainéant au grand talent, et dont on attribua certaines œuvres au Maître, à son Maître.

Je connais les dessins et illustrations de Benjamin Lacombe, dont j’ai souvent admiré le travail sur différentes couvertures, mais je n’ai jamais dépassé ce stade. Léonard & Salaï est véritablement le premier ouvrage de cet artiste que je découvre et je ne pouvais pas mieux tomber pour commencer que d’être en compagnie de Léonard de Vinci, un des grands génies de la Renaissance dont nous fêtons les cinq cent ans de la mort cette année. En tant qu’ancienne étudiante en histoire de l’art, le livre avait de fortes chances de me plaire.

Léonard de Vinci, Étude pour la tête de Léda, 1504-1506.
Encre brune et pierre noire.
Windsor Castle, Royal Library.

J’avais toutefois quelques attentes et appréhensions en le commençant. Même si Léonard de Vinci n’est pas mon peintre préféré, je connais très bien ses oeuvres et dessins et je peux pas m’empêcher de les admirer. Ce sont des tableaux et des projets magnifiques dont un de deux que j’adore est le projet de tête pour Léda et le Cygne dont le tableau est perdu. J’espérais vraiment de voir son travail, ainsi que la manière dont il s’intègre dans la vie de l’artiste. Je ne suis pas déçue de ce point de vue. Le lecteur peut découvrir ce que cela implique réellement d’être un peintre durant la Renaissance italienne, de devoir souvent se mettre au service d’un protecteur ou d’un riche mécène pour pouvoir survivre et que même des grands peintres de renom comme Léonard de Vinci ont rencontré des difficultés financières, de réaliser des commandes en temps et en heure… Dans ce magnifique ouvrage, Benjamin Lacombe et Paul Echegoyen démystifient un peu la figure de ce peintre et c’est intéressant d’avoir cette vision, plus proche de la réalité historique et de ce qui a réellement été la carrière de Vinci, tout en gardant en tête qu’il était un homme peu commun. Je ne m’attendais pas à ce que les auteurs aillent aussi loin et la surprise a été des plus agréables. Juste grâce à cet aspect, je recommande les yeux fermés Léonard & Salaï.

Mais pas uniquement grâce à ce point, car Benjamin Lacombe et Paul Echegoyen m’ont également surprise par le style des illustrations. Avec un ouvrage abordant la carrière et la vie intime de Léonard de Vinci, je ne savais pas à quel type de styles j’allais avoir affaire : celui des deux illustrateurs ou quelques chose qui se rapproche plus de celui du peintre. Le choix opéré est surprenant et, pourtant, il fonctionne à merveille dans une émulation commune entre les trois artistes, et plus particulièrement entre Léonard de Vinci et Benjamin Lacombe. Il a d’abord choisi une palette chromatique proche de celle des tableaux et de l’Italien avec beaucoup d’ocres, de brun et des touches de cramoisi… L’impression qui s’en dégage est celle de plonger dans le monde, l’univers pictural de Léonard et notamment de ses carnets à dessin qui, aujourd’hui, ont cette couleur sépia, tout en lui rendant un bel hommage.

Léonard de Vinci, Saint Jean Baptiste, 1513-1515. Huile sur toile. Paris, Musée du Louvre Salaï aurait posé pour ce tableau. Nous pouvons voir les points communs avec la couverture.

Cependant, je retiens plus précisément la manière dont Benjamin Lacombe se réapproprie les différents tableaux de de Vinci. Il garde l’idée originale et l’adapte à sa propre vision et à sa manière propre de dessiner. C’est un mélange que j’ai trouvé amplement réussi et respectueux l’un de l’autre. Esthétiquement, chaque planche est une petite merveille. Tout au long de ma lecture, j’ai eu envie de voir quelle proposition les auteurs allaient montrer et je n’ai jamais été déçue. Ce sont des images de toute beauté à chaque fois et je ne me lasse pas de les admirer, notamment les pleines-pages.

Léonard & Salaï est un coup de foudre total. J’en oublierai presque le personnage de Salaï, qui donne le sous-titre à ce premier tome, m’a parfois légèrement porté sur les nerfs. Cependant, c’est presque anodin comparé au reste. La seule chose qui me chagrine est que la fin laisse présager un deuxième tome, mais je n’ai trouvé aucune information à ce sujet, mais je doute qu’il paraisse un jour. Dommage, mais j’ai encore tous les autres ouvrages de Benjamin Lacombe à découvrir.

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Cycle 2019 Vers une mode éthique • Changer mes habitudes de consommation

En mai dernier, j’ai évoqué, dans un article intitulé Faire le pari des pièces de seconde main, les raisons qui me poussent, à l’heure actuelle, à acheter de plus en plus mes vêtements dans des friperies, des dépôts-ventes ou des vide-dressing. Ce n’est pas l’objet de cet article que de revenir sur le pourquoi, mais plutôt, comment je vais essayer de m’y tenir pendant un an, d’aller vers de plus en plus vers un dressing plus responsable. La seule exception que je m’accorde concerne les chaussures.

Un défi un peu fou ?

En 2019, j’ai sincèrement envie et l’intention de changer mes habitudes de consommation à ce niveau, en ne privilégiant plus du tout les grandes chaînes de distribution. J’ai longtemps été une grande accro à la mode, renouvelant sans cesse ma garde-robe. Certaines pièces ont été portées une ou deux fois. Je me rends aussi compte de la qualité déplorable de ces grands magasins dont la durée de vie des pièces ne dépasse rarement l’année.

Ce dont j’ai de plus en plus envie, ce sont des jolies pièces de qualité qui tiendront plus longtemps et qui me plaisent. Je cherche de moins en moins à suivre les tendances et je fais confiance à mes goûts personnels. Je remarque aussi depuis quelques mois que je ne prends plus plaisir à rentrer dans un Zara, H&M ou autres et de me dire que je vais acheter le même vêtement qu’une bonne centaine de filles porteront.

Mon objectif serait, à la fin de l’année, d’avoir réalisé 90% de mes achats de seconde main ou, à la rigueur de productions françaises. Je veux des achats plus raisonnés et raisonnables, en favorisant ce dont j’ai réellement besoin, tout en ménageant de la place pour quelques coups de coeur.

Et sur le blog ?

Après avoir terminé ma série d’articles sur mon expérience en Erasmus, j’entame une nouvelle série pour 2019 autour de ce défi que je me lance de placer cette nouvelle année sous le signe d’une mode plus éthique. J’ai déjà quelques articles différents en tête. Je pense continuer à partager mes bonnes adresses shopping et plus souvent. J’ai aussi envie de mettre en avant les petites merveilles que j’ai pu dénicher soit par des hauts, soit en proposant de temps à autre des tenues (je ne suis pas sûre encore sûre, mais cela fait des années que j’ai envie de tenter cette aventure sur le blog). En tout cas, je vais essayer de mettre en place un suivi régulier.

Envers du décor • Blog & Curiosité

Pour la nouvelle année, l’Envers du décor revient avec une nouvelle formule. Deux sujets sont proposés tous les mois, le deuxième étant plus libre, autour d’une thématique plus vaste. Après avoir parlé des raisons pour lesquelles je participe à ce rendez-vous d’écriture sur les coulisses de mon blog, j’aborde la nouvelle thématique proposée, la curiosité. Comment aborder ce sujet ?

Une des définitions de la curiosité est la suivante :

Tendance qui porte à apprendre, à connaître des choses nouvelles.

Elle correspond parfaitement à mon caractère de manière générale. Je ne peux pas m’empêcher d’explorer de nouveaux sujets, thèmes. De plus, quand une thématique me plaît, ma curiosité me pousse à vouloir tout savoir. Cependant, l’Envers du décor s’intéressant au blog, je me tourne plus vers la curiosité appliquée à mon petit site.

Faut-il être curieux/curieuse pour tenir un blog ?

À mon avis, c’est une des qualités principales pour tenir un blog et c’est une de celles que j’utilise le plus pour Autumn & Latte (avec ma tendance à vouloir que tout soit parfait). Ma curiosité est ce qui me permet de toujours avoir envie d’explorer de nouveaux thèmes et sujets, de me renseigner, de glaner le maximum d’informations. Il y a une certaine forme d’émulation, car toutes ces choses nouvelles que j’apprends ou découvre peuvent être autant de billets pour le blog. C’est un cercle vertueux.

Comment ma curiosité m’aide à rester inspirée et créative ?

Être curieuse me fait explorer des sujets parfois très différents les uns des autres et je peux passer de l’un à l’autre sans aucune difficulté. Un jour, c’est le féminisme et la culture du viol et le lendemain vouloir tout savoir sur la famille impériale russe… De ces sujets, j’arrive souvent à en faire des articles : des chroniques littéraires ou cinématographiques, des billets d’humeur…

Pour donner un exemple, depuis quelques mois, je dévore la littérature russe à la fois par ses auteurs contemporains et classiques. De proposer des articles rendant compte de mes lectures me donne aussi des idées de billets connexes autour de ma relation à la littérature russe, par où commencer… Je fonctionne très souvent ainsi. Ma curiosité me pousse vers un sujet et ce dernier peut potentiellement se retrouver sur le blog sous des formes très diverses, et c’est également une de mes principales sources d’inspiration.

Avoir la curiosité de voir ce que font les autres blogueurs/blogueuses : bonne ou mauvaise idée ?

Je pense qu’en tant que blogueurs ou blogueuses, il est bien d’avoir la curiosité de regarder ce que font les autres. Je ne parle pas de plagier, mais cela peut être intéressant de voir quels sont les sujets traités et la manière dont la personne l’aborde. Hellocoton est une bonne plateforme pour voir quels sont les thèmes un peu à la mode ou d’actualité. À ce titre, les articles à la Une sont un bon indicateur. Parfois, juste le titre d’un billet me donne des idées ou l’envie de répondre à la question posée, sans même avoir l’article.

La curiosité est la première qualité à mettre en oeuvre pour tenir un blog. De là, il est plutôt aisé de rester créative et inspirée, dans une émulation quasiment constante.

L’Envers du décor #10 • Pourquoi je participe à l’Envers du décor ?

Depuis quelques mois, je propose un article lié à un rendez-vous d’écriture, L’Envers du décor, qui me permet d’aborder des thématiques très diverses autour du blog. Je ne manque jamais un sujet depuis que je me suis lancée dans cette aventure et celui proposé pour janvier m’a tout de suite plu, car il me permet d’expliquer, de donner mes raisons sur ma participation à L’Envers du décor.

Pour en savoir plus, l’article de présentation de ce rendez-vous

Une véritable source d’inspiration

À la fois par les différents thèmes proposés. Ce sont autant de nouveaux articles à proposer sur le blog et qui viennent l’enrichir. Quand je dois parler de lui, je dois avouer que je peux parfois manquer d’idées ou j’ai l’impression que je n’ai pas toujours de légitimité à aborder de tels sujets, car il existe déjà des blogs dans cette niche. C’est d’autant plus vrai qu’Autumn & Latte a fêté sa première année d’existence. Participer à l’Envers du décor me rassure sur ce type d’articles, à la fois sur ma capacité à les écrire et sur les réactions qu’ils suscitent.

Les sujets me font parfois penser à d’autres et ils m’inspirent aussi dans ce sens. Il y a une certaine émulation qui m’oblige à toujours être inspirée et créative, de faire aussi confiance en mes idées et en mes capacités. Je note à chaque fois les points que je pense aborder dans un article pour ce rendez-vous et certains que je laisse de côté peuvent m’en inspirer d’autres. Je travaille tout le temps mes articles au brouillon. Une de mes premières étapes est de jeter toutes les idées qui me viennent sur papier.

Ce rendez-vous m’aide aussi à trouver l’inspiration sur un sujet qui ne me parle pas toujours, à le retourner dans tous les sens pour savoir quoi en dire. Depuis le début de cette aventure, quelques thématiques comme les réseaux sociaux et le blog, par exemple, ne m’ont pas inspiré outre mesure sur le moment, mais, au final, j’ai publié à chaque fois un article dont je suis fière. Malgré tout, le rendez-vous laisse la possibilité de ne pas y participer si l’envie et/ou l’inspiration n’est pas là. Mais j’aime les défis et j’essaie toujours de proposer quelque chose.

Organisation & Écriture

Ce n’est pas tant le fait de devoir le rédiger et le publier qui doit relever d’une organisation pointilleuse dans mon cas. J’écris souvent ces articles en une soirée et je n’ai aucune difficulté à m’y mettre et à le publier dans le mois, n’ayant pas de calendrier de publication serré et peu voire aucun article planifié. Ce rendez-vous s’intègre parfaitement dans ma routine pour le blog.

C’est surtout l’organisation de l’article et de son contenu. J’essaie le plus souvent de structurer mes billets, mais je m’y oblige encore plus avec l’Envers du décor, pour ne pas perdre en clarté et mettre les idées principales en avant. C’est aussi un sacré travail et j’aime m’y astreindre pour ce rendez-vous, car cela m’aide aussi plus généralement pour blog. Il s’agit d’un exercice d’écriture parfait pour trouver des idées, les argumenter et les exprimer sur des sujets sur lesquels je n’ai pas (encore) l’habitude d’écrire.

Découvrir les coulisses des blogs

J’ai toujours aimé lire les articles dédiés au blogging (avec quelques exceptions pour ceux écrits à destination des professionnels qui me font culpabiliser sur ma propre pratique). Je trouve ça très intéressant de pouvoir voir comment la personne qui tient le blog s’organise, ce qu’elle pense de tel ou tel sujet, ses conseils… Avec l’Envers du décor, je suis amplement satisfaite et surtout, je peux apporter ma pierre à l’édifice en montrant ce que je fais, comment… Ce rendez-vous permet à différentes personnes, tenant des blogs tout aussi divers, d’aborder un sujet commun. Chaque article est passionnant à lire par la diversité des angles d’approche, mais également des pratiques. Je trouve aussi ce qui parfois me manque dans ce genre d’article, la bienveillance, l’absence de jugement de la part des autres participants. Cela donne lieu souvent à des discussions passionnantes. C’est une des raisons pour lesquelles je continuer de participer avec plaisir à l’Envers du décor et, en 2019, il y aura encore des articles autour du blog.

Mes 3 découvertes musicales de 2018

En 2018, je me suis ouverte aux découvertes musicales en quittant de temps à autre mes artistes et genres favoris. J’ai fait plusieurs nouvelles rencontres musicales comme Charlotte Cardin (Main Girl), Moriarty (Jimmy) ou Barns Courtney (Glitter and Gold)… Cependant, mes trois gros coups de coeur vont pour trois artistes féminines aux univers musicaux très éloignés de ce que je peux écouter habituellement. Je suis très folk et pop. Je ne peux désormais plus m’en passer.

K.Flay

Ma première découverte de l’année a été pour cette artiste américaine au style indéfinissable. Il y a des influences hip-hop, rock et électronique. Le mélange est étonnant et détonnant. La rencontre s’est faite grâce au film Lara Croft dont elle signe la chanson phare, Run for your Life, titre absolument parfait. Par curiosité, je suis allée voir plus loin et là… Révélation pour son deuxième album Every where is some where. Il est dynamique, efficace et décoiffant avec des titres incroyables comme The Giver, Black Wave, Blood in the cut À écouter sans modération, surtout pour cette ambiance un peu dark.

Billie Eilish

Je ne sais plus vraiment comment ou pourquoi elle a atterri dans ma playlist, mais j’ai commencé par You should see me in a crown (une des répliques les plus géniales de la série Sherlock, mais rien à voir). Le coup de foudre a été immédiat. Comment peut-on avoir à peine seize ans et déjà un talent fou ? C’est une pop mélancolique et un peu dark, avec des sons électroniques qui donnent des morceaux très léchés. Les textes sont très matures. Écouter Billie Eilish, c’est un moment à part, hors du temps. Il faut écouter Bellyache, Lovelyou When the party’s over… 

Bishop Briggs

Depuis 2017 et la sortie de son EP, River tourne en boucle dans mes playlists. Encore un mélange d’influences avec des passages un peu plus folk comme avec Dream, de la pop et des sonorités électroniques comme avec Dark side. Ses textes sont authentiques et parfois un peu sombres, mais ils arrivent toujours à me toucher. Elle a aussi une voix rauque incroyable et puissante, facilement reconnaissable. Son album Church of scars est sorti cette année et chaque titre est parfait. Aucun ne m’a déçu… C’est une artiste à suivre.

Mes 10 livres de 2018

En 2018, j’ai lu 122 livres, soit une dizaine de moins que pour 2017, mais j’ai dévoré de nombreux pavés, notamment de la littérature russe. En un an, cela représente 38.181 pages (merci Goodreads de tenir le compte).

En cliquant sur les titres, vous pouvez lire la chronique que j’ai publié sur le livre et avoir mon avis complet.

Quels sont les dix livres qui m’ont marqué durant 2018 et que je recommande les yeux fermés ?

1 – The Miniaturist de Jesse Burton

On a brisk autumn day in 1686, eighteen-year-old Nella Oortman arrives in Amsterdam to begin a new life as the wife of illustrious merchant trader Johannes Brandt. But her new home, while splendorous, is not welcoming. Johannes is kind yet distant, always locked in his study or at his warehouse office, leaving Nella alone with his sister, the sharp-tongued and forbidding Marin.

L’intrigue prend place durant l’âge d’or hollandais à Amsterdam. Elle est remplie de mystères, de secrets de famille et de non-dits qui en font un parfait page-tourner dans une ambiance lugubre des plus réussies.

2 – Lumikko de Pasi Ilmari Jääskeläienen

Au sein d’un petit village finlandais prospère une étrange société littéraire secrète composée de neuf écrivains réunis autour de la figure tutélaire de Laura Lumikko, auteur à succès d’une série de livres fantastiques pour la jeunesse. En pénétrant peu à peu dans l’intimité de cette société – grâce à un Jeu aux règles complexes permettant d’arracher la vérité aux membres de la société – Ella, une jeune professeur de finlandais aux ovaires déficients, découvre le sombre secret de leur inspiration. Pendant ce temps, Laura Lumikko disparaît, tandis qu’une étrange peste semble s’être abattue sur les livres de la bibliothèque : certains livres voient leur fin subtilement altérer…

Ce roman est peut-être l’un des ouvrages les plus bizarres que j’ai pu lire cette année. Dès les premières pages, je ne savais pas où l’auteur m’emmenait ou quel était son but… Je me suis laissée porter et j’ai adoré le fait que Jääskeläienen flirtait parfois avec le fantastique, brouillant très souvent les frontières avec la réalité. Encore une très belle atmosphère.

3 – Little Monsters de Kara Thomas

« Vous est-il déjà arrivé de vouloir quelque chose au point d’en mourir ?  » Quand elle emménage à Broken Falls, une nouvelle vie commence pour Kacey. Tout le monde ici est tellement gentil. Et elle se fait même des amies, Bailey et Jade, qui l’accueillent à bras ouverts. Mais, soudaine, ces dernières se montrent étrangement distantes. Et elles omettent de l’inviter à la plus grosse soirée de l’année. Kacey, décidée à confronter ses amies, n’en aura pourtant jamais l’occasion : après la fête Bailey disparaît sans laisser de traces. Broken Falls ne semble plus si chaleureuse. Surtout pour elle, la nouvelle. Kacey est sur le point d’apprendre deux choses très importantes : parfois, les apparences peuvent se révéler trompeuses. Et parfois, quand on est la nouvelle, il ne faut faire confiance à personne.

Mon premier Kara Thomas est sûrement pas mon dernier. L’auteur nous livre un des meilleurs thrillers psychologiques que j’ai pu lire cette année. L’intrigue est incroyablement menée et il faut se méfier des apparences. Elles sont souvent bien trompeuses.

4 – the princess saves herself in this one d’amanda lovelace

« Ah, life – the thing that happens to us while we’re off somewhere else blowing on dandelions & wishing ourselves into the pages of our favorite fairytales. » A poetry collection divided into four different parts : the princess, the damsel, the queen, & you. The princess, the damsel, & the queen piece together the life of the author in three stages, while you serves as a note to the reader & all of humankind. Explores lives & all of its love, loss, grief, healing, empowerment, & inspirations. 

Depuis Rupi Kaur et son premier recueil de poésie, je m’essaie de plus en plus à la poésie contemporaine. Durant l’année, j’ai découvert r.h. sin et amanda lovelace et je garde surtout cette dernière en mémoire. J’adore sa poésie féministe, bienveillante avec des thèmes qui me parlent.

5 – Nord et Sud d’Elizabeth Gaskell

C’est le choc de deux Angleterre que le roman nous invite à découvrir : le Sud, paisible, rural et conservateur, et le Nord, industriel, énergique et âpre. Entre les deux, la figure de l’héroïne, la jeune et belle Margaret Hale. Après un long séjour à Londres chez sa tante, elle regagne le presbytère familial dans un village du sud de l’Angleterre. Peu après son retour, son père renonce à l’Eglise et déracine sa famille pour s’installer dans une ville du Nord. Margaret va devoir s’adapter à une nouvelle vie en découvrant le monde industriel avec ses grèves, sa brutalité et sa cruauté. Sa conscience sociale s’éveille à travers les liens qu’elle tisse avec certains ouvriers des filatures locales, et les rapports difficiles qui l’opposent à leur patron, John Thornton.

Cela faisait des années que je souhaitais me lancer dans ce classique de la littérature anglaise. Chose faite ! J’ai apprécié chacune des pages, les personnages et la relation amoureuse qui se tisse doucement ainsi que la période historique.

6 – Bernie Gunther, Les ombres de Katyn de Philip Kerr

Mars 1943. Le Reich vient de perdre Stalingrad. Pour Joseph Gobbels, il faut absolument redonner le moral à l’armée allemande et porter un coup aux Alliés. Or, sur le territoire soviétique, près de la frontière biélorusse, à Smolensk, ville occupée par les Allemands, depuis 1941, la rumeur enfle. Des milliers de soldats polonais auraient été assassinés et enterrés dans les fosses communes. L’Armée rouge serait responsable de ce massacre. Goebbels, qui voit là l’occasion de discréditer les Russes et d’affaiblir les Alliés, décide l’ouverture d’une enquête. Le capitaine Bernie Gunther du Bureau des crimes de guerres, organisme réputé antinazi, est la personne idéale pour accomplir cette délicate mission.

2018 a été marqué par la perte de mon auteur préféré, Philip Kerr. J’ai lu plusieurs de ses ouvrages autour de son détective allemand cette année. Tous étaient très bons, mais Les ombres de Katyn m’a époustouflé. C’est un de ses meilleurs.

7 – The Romanovs de Simon Sebag-Montefiore

The Romanovs were the most successful dynasty of modern times, ruling a sixth of the world’s surface for three centuries. How did one family turn a war-ruined principality into the world’s greatest empire? And how did they lose it all? This is the intimate story of twenty tsars and tsarinas, some touched by genius, some by madness, but all inspired by holy autocracy and imperial ambition. Simon Sebag-Montefiore’s gripping chronicle reveals their secret world of unlimited rivalries, sexual decadence and wild extravagance, with a global cast of adventurers, courtesans, revolutionaries and poets, from Ivan the Terrible to Tolstoy and Pushkin, to Bismarck, Lincoln, Queen Victoria and Lenin.

En 2018, la Russie a été à l’honneur sur le blog à travers la lecture de nombreux classiques et des auteurs plus contemporains, des essais, des films… Cet ouvrage de Simon Sebag-Montefiore est un des meilleurs et des plus complets que j’ai pu lire sur les Romanov.

8 – La saga moscovite de Vassili Axionov

À travers les destinées des Gradov, grands médecins, grands militaires, et celles de petites gens qui les entourent, c’est toute la Russie qui respire… Comme elle peut, en l’une des périodes les plus dramatiques qu’elle ait connues : 1924-1953, dates du « règne » de Staline. Les Gradov sont des personnages bien romanesques, pris dans une vie quotidienne faite d’ambition, de dévouement, de contradictions, de passions, de rires. Les véritables sagas modernes sont, dans la littératures universelle, rarissimes. Celle-ci mérite bien son nom tant l’horizon qu’elle embrasse est vaste, tant sa phrase est exubérante et précise, tant ses personnages et leur fortune sont attachants. Telle est la magie d’un grand écrivain.

Lu sur les sages recommandations de V., les deux tomes de cette saga familiale m’ont passionné. Une fois commencé, elle est impossible à mettre de côté. J’ai toujours voulu savoir quel allait être le destin des membres du clan Gradov. Une fois la dernière page tournée, j’ai eu un énorme pincement au coeur de savoir qu’il n’y avait pas de troisième tome.

9 – Asking for it de Louise O’Neill

It’s the beginning of the summer in a small town in Ireland. Emma O’Donovan is eighteen years old, beautiful, happy, confident. One night, there’s a party. Everyone is there. All eyes are on Emma.

The next morning, she wakes on the front porch of her house. She can’t remember what happened, she doesn’t know how she got there. She doesn’t know why she’s in pain. But everyone else does.

Photographs taken at the party show, in explicit detail, what happened to Emma that night. But sometimes people don’t want to believe what is right in front of them, especially when the truth concerns the town’s heroes…

Le roman qui m’a le plus bouleversé et révolté cette année. Il est à mettre entre toutes les mains, car l’histoire est criante de vérité et encore et toujours d’actualité.

10 – Anna Karénine de Léon Tolstoï

La quête d’absolu s’accorde mal aux convenances hypocrites en vigueur dans la haute société pétersbourgeoise de cette fin du XIXe siècle. Anna Karénine en fera la douloureuse expérience. Elle qui ne sait ni mentir ni tricher – l’antithèse d’une Bovary – ne peut ressentir qu’un profond mépris pour ceux qui condamnent au nom de la morale sa passion adultère. Et en premier lieu son mari, l’incarnation parfaite du monde auquel il appartient, lui plus soucieux des apparences que véritablement peiné par la trahison d’Anna. Le drame de cette femme intelligente, sensible et séduisante n’est pas d’avoir succombé à la passion dévorante que lui inspire le comte Vronski, mais de lui avoir tout sacrifié, elle, sa vie de femme, sa vie de mère. Vronski, finalement lassé, retrouvera les plaisirs de la vie mondaine. Dans son insondable solitude, Anna, qui ne peut paraître à ses côtés, aura pour seule arme l’humiliante jalousie pour faire vivre les derniers souffles d’un amour en perdition. Mais sa quête est vaine, c’est une « femme perdue ».

Encore de la littérature russe pour terminer ce top 10 de mes meilleures lectures pour l’année 2018. Il n’est pas besoin de le présenter et j’ai enfin pris le temps de le relire. Il est toujours aussi exceptionnel et un régal à lire.

Le Musée de la Romanité de Nîmes et ses dispositifs numériques

Depuis toute jeune, l’Antiquité romaine est une période historique qui me fascine et sur laquelle j’ai pu mettre l’accent durant mes années de licence d’Histoire de l’art. Au début de l’été 2018, la ville de Nîmes a inauguré un nouveau musée retraçant l’histoire et l’évolution de la ville durant cette période. Il est l’un des plus grands d’Europe dédié à ce sujet. J’aurai pu parler de l’architecture, de la scénographie… Mais les dispositifs numériques d’aide à la médiation sont omniprésents au sein de cette nouvelle institution. J’en ai jamais vu autant et, tout au long du parcours muséographique, il y en a 65.

Que trouvons-nous parmi ces dispositifs numériques ?

Des projections immersives avec notamment des reconstitutions en trois dimensions de monuments qui ne sont plus visibles en élévation comme le sanctuaire de la Fontaine, des cartes interactives, de nombreuses vidéos explicatives, des dispositifs de réalité augmentée pour se déguiser en romain(e)… Il y a des applications vraiment variées et le Musée de la Romanité est un parfait exemple de ce que le numérique peut apporter à un musée, notamment en terme de médiation et d’expérience immersive.

Ce type de dispositifs se développe très vite et devient quasiment une évidence, surtout pour des musées nouvellement crées. La question de la place du numérique dans les institutions est un des grands thèmes liés au monde de la culture qui me passionne avec la restitution d’oeuvres d’art.

Qu’ai-je pensé de ces dispositifs ? Qu’est-ce que j’en retiens ?

L’émerveillement avant la lassitude

Dès le début du parcours, les dispositifs de médiation numériques sont présents et ils s’enchainent rapidement. Dans chacune des salles, il peut y avoir jusqu’à deux ou trois dispositifs différents. Au début, je dois avouer que j’ai été émerveillée par leur diversité et l’envie de tout tester était présente. Je me suis prise au jeu, allant presque tout de suite vers les bornes en entrant dans la salle d’exposition et puis, au bout d’un moment, je les ai délaissées pour ne quasiment plus les regarder à partir du milieu du parcours.

Une petite overdose se fait ressentir à force. Par mes études, mais également mes préférences personnelles, j’aime l’objet, pouvoir l’admirer et voir ce qu’il peut m’apprendre en premier lieu, sans avoir besoin de recourir tout de suite à une médiation, sous quelques formes que ce soient. Avec cette démultiplication du numérique, j’ai presque oublié l’objet en lui-même. Or, c’est pour ça que je me déplace dans un musée ou toute autre institution culturelles, pour admirer des oeuvres et non des tablettes numériques et autres dispositifs. J’ai vraiment trouvé qu’il y en avait beaucoup trop, surtout devant la beauté et la richesse des collections, qui se trouvent occultées par ces derniers. Pour donner un exemple, je n’ai pas compris pourquoi ils ont doublé de très jolies maquettes des lieux et monuments de Nîmes, qui parlent clairement d’elles-mêmes, de vidéos ou petits programmes d’immersion sur tablette. Et ce d’autres plus que je ne les ai pas trouvé très intuitifs.

Des aspects intéressants de ces médiations numériques

Je ne regrette pas tous les dispositifs numériques mis en place par le Musée de la Romanité, bien au contraire. Je regrette juste que certains ne présentent au final qu’un intérêt limité. D’autres ont vraiment été passionnants, apportant une réelle plus-value durant la visite. Ce sont eux que je retiens, même quelques semaines après ma visite. Ils auraient presque tous dû être ainsi. J’en garde trois en mémoire.

Le premier concerne les cartes. J’ai vraiment adoré la manière dont elles bougent pour montrer les flux migratoires ou les échanges commerciaux, le mouvement des frontières de l’Empire romain, l’expansion de la ville de Nîmes sur un support en relief reprenant la topographie des lieux par une projection zénithale. Animer ces différents éléments est tout simplement une idée brillante, à mon avis. J’ai toujours eu quelques soucis avec la géographie, la topographie, de visualiser des changements dans le temps. Avec ces cartes, j’ai pu visualiser parfaitement et me rendre plus facilement compte de certains aspects. Je fonctionne beaucoup par le visuel et elles étaient faite pour moi, car j’ai tendance à fuir les cartes simples habituellement. Le tout est fait de manière très claire et chaque couche d’informations vient progressivement pour un outil numérique à la fois pédagogique et ludique.

Le monde roman nous a laissé un large corpus d’inscriptions épigraphiques. Ce ne sont pas forcément les objets les plus faciles à mettre en valeur pour le public. Or, la manière dont elle sont valorisées et expliquées est très intelligente et elle rend ce type d’objets beaucoup plus accessibles. Ils ont mis en lumière l’inscription latine pendant quelques minutes, puis, toujours en projetant sur le bloc, une petite animation donne les principaux éléments d’explication et de contexte. Je n’ai jamais vu cela alors que je fréquente beaucoup ce type de musées qui ont ma préférence. J’ai adoré cette idée de voir la pierre s’animer et raconter son histoire. Pour moi, un musée, ce sont des objets qui racontent une histoire, la leur ou la grande Histoire… Avec ce dispositif, nous sommes pleinement dans ce concept et c’était incroyable et vraiment très bien réalisé.

Le troisième et dernier point de l’utilisation du numérique dans le parcours est quand je suis arrivée à la partie consacrée à la vie quotidienne où les fresques et les mosaïques sont présentées. Personnellement, ce sont deux catégories d’art que j’adore et admire. Je peux rester des heures devant une mosaïque. Afin de donner une idée de ce à quoi pouvait ressembler un intérieur roman, ils ont utilisé le numérique et toutes les possibilités qu’il peut offrir en proposant des reconstitutions avec les mosaïques au sol et la projection sur les murs des décors qui ont été retrouvés lors de fouilles. Ou bien, à partir des fragments de peintures murales retrouvées, de recomposer via la projection, l’entièreté du décor…

Le Musée de la Romanité présente une véritable diversité des dispositifs numériques. Peut-être trop à mon goût et, au final, je ne garde en souvenir que trois en particulier qui m’ont réellement intéressant et qui augmentent l’expérience de visite en apportant des informations complémentaires ou de manière plus claire. Le reste ne m’a pas marqué, parfois même, il était en trop.