L’Envers du décor #1 Les réseaux sociaux et le blog

Je participe pour la première fois au rendez-vous L’Envers du décor qui a été mis en place par Sur un petit nuage. J’aimais beaucoup l’idée de partager, une fois par mois, un ou plusieurs articles sur l’envers du blog, les coulisses de ce dernier. Il y a également un groupe Facebook où les articles sont partagés et les nouveaux thèmes sont votés.

Ayant déjà parlé de ma pratique de blogueuse dans une des catégories d’Autumn & Latte, Ma vie de blogueuse, qui n’a malheureusement aucun article, j’ai trouvé ça intéressant de réagir à une thématique commune tous les mois avec d’autres blogueuses. Un thème tous les mois me paraît être un bon rythme. Je vous invite à mettre vos réactions, la manière dont vous gérez votre blog en commentaire. Je vous laisse découvrir le premier thème avec lequel je me lance dans cette aventure.

Je ne savais pas vraiment comment démarrer ni sous quel angle attaquer cet article. Ma première idée fut de lister les différents réseaux sociaux et de dire si je les utilise ou non en complément du blog, quelle utilisation. Cependant, je n’utilise quasiment aucun d’entre eux pour Autumn & Latte. J’aurai pu en rester là, mais j’ai aussi envie de vous expliquer pourquoi.

Des raisons de ma relative non-utilisation des réseaux sociaux pour mon blog

Source : Pixabay

Je sais parfaitement que la gestion et l’animation des réseaux sociaux est nécessaire et une des étapes de la promotion du blog à ne pas négliger. Pourtant, c’est quelque chose que je ne fais pas. La première raison est que c’est une habitude que je n’ai jamais réussi à prendre. Je m’y suis essayée pendant quelques temps. Par exemple, j’ai tenté l’aventure Twitter, mais c’est une plateforme avec laquelle je me sentais trop limitée dans les possibilités de nouer des contacts avec mes lecteurs. Je ne cherche pas toujours la promotion de mes articles. Je ne me sentais pas à l’aise avec ce réseau par le côté relativement brouillon et très rapide du fil d’actualité.

Un deuxième point est que je me suis toujours demandée comment animer un quelconque réseau social dans le cadre spécifique de mon blog. Surtout si ce dernier n’a pas de vocation à être professionnel. Cela se fait parfaitement et j’ai des amies blogueuses qui tiennent en parallèle la page Facebook de leurs blogs et qui arrivent à la rendre vivante. Je les admire. Je m’y suis essayée pour d’autres blogs que je tenais, mais sans grand succès. Un de mes problèmes était le manque de motivation, qui rejoint aussi le point que je présentais avant que je n’ai pas spécialement intégré les réseaux sociaux dans mes habitudes. Je ne manque pourtant pas d’idées pour une page Facebook qui reste encore, à mes yeux, un des rares réseaux à garder des possibilités d’échanges entre le blogueur et ses lecteurs.

Instagram reste un cas un peu à part. Il est lié au blog, mais son contenu ne l’est pas forcément. Je vois surtout ce réseau comme un album de souvenirs de ma vie étudiante, de mes voyages où des événements auxquels je participe, des livres que je suis en train de lire… Certes, certaines photographies sont reprises sur le blog pour illustrer mes articles. Dans la mesure du possible, j’essaie toujours que les images soient les miennes. Aussi non, ce sont des photographies libres de droit dont je précise la source en légende. En aucune manière je ne fais la promotion de mon blog ou de mes articles sur Instagram.

Une petite utilisation des réseaux sociaux

Source : Pixabay

Pourtant, j’utilise quelques réseaux sociaux, même si aucun ne porte clairement le nom du blog. Je me limite à deux/trois pages Facebook qui me permettent de pouvoir y trouver facilement des conseils, des jours de partage d’articles ou de comptes Instagram… Certes, il y a aussi beaucoup de promotion des blogs et des derniers billets, et je joue également le jeu (quand je n’oublie pas de partager mes récentes actualités). Le premier endroit où je partage mes articles reste le forum littéraire Livraddict. Une partie d’entre eux atteindront la cible, d’autres auront moins d’effet.

Autumn & Latte est en revanche inscrit sur Hellocoton. J’ai une relation un peu d’amour/haine avec ce réseau. J’ai déjà eu la chance d’avoir un de mes articles mis à la Une. Je ne le trouvais pas forcément extraordinaire, pour autant. J’ai parfois du mal à comprendre leur manière de sélectionner les articles. La deuxième chose est que j’ai souvent l’impression de revoir les mêmes blogueuses et le même type d’articles quotidiennement. Cependant, Hellocoton reste une source formidable d’inspirations et de découvertes. Cela me permet de suivre de nombreux blogs et de voir rapidement leurs actualités. J’apprécie le fait qu’une fois le nom du blog renseigné, le partage sur leur site se fait automatiquement. C’est un passage un moins sur les réseaux sociaux pour la promotion d’un article et ce n’est pas négligeable.

Vers une plus grande utilisation des réseaux sociaux pour Autumn & Latte ?

Source : Pixabay

Je prends petit à petit mes marques sur ce nouveau blog avec lequel j’ai envie de faire les choses bien, étape par étape. J’ai enchaîné les blogs ces dernières années, car je n’arrivais pas à m’y retrouver ou parce que je voulais aller trop vite. Définitivement, les réseaux sociaux, du moins certains, font partie des mes projets pour Autumn & Latte, notamment une page Facebook. J’ai des projets d’événements autour du blog et il est vrai que ce genre de supports pourrait énormément m’aider à les faire connaître, mais également à les organiser dès lors qu’il s’agit de club de lecture et ou de cinéma… Cependant, je ne pense pas que ce sera pour prochainement. Actuellement, ma priorité est de faire ma présentation sur la colonne latérale du blog et, pourquoi pas, un nom de domaine.

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Mon expérience Erasmus #2 / Préparer son départ

Un départ en Erasmus ne se décide pas ni ne se prépare du jour au lendemain. C’est un parcours administratif parfois semé d’embûches, mais l’expérience en vaut le coup. Elle nécessite juste un peu de préparation une fois que vous êtes sûr(e)s et certain(e)s de vouloir partir.

Préparer le dossier

Vous pouvez commencer à vous renseigner dès la première année, notamment en faisant connaître vos intentions au professeur référent des relations internationales de votre UFR. Cela peut paraître incongru de vous dire de commencer à préparer votre Erasmus alors que vous venez tout juste d’arriver à la fac, mais pas tant que ça pour être franche. En effet, malheureusement pas tout le monde ne peut partir en Erasmus, il y a des conditions et des places limitées. Pour prendre l’exemple de l’Université qui m’a envoyé dans ce programme d’échange, elle ne prenait que les élèves ayant eu 14 de moyenne ou plus et d’une moyenne équivalente en langue. Ou un examen réussi de type TOEIC et TOELF, CLES. Comptent les notes de la première et la deuxième années.

Du coup, connaître les modalités de sélection dès la première année permet de mieux se préparer, de savoir quels sont vos objectifs à atteindre. Les modalités peuvent changer d’une université à l’autre et d’une filière à l’autre. Ce qui était vrai pour moi ne l’est pas forcément pour vous. Avoir ses informations dès le début peut éviter quelques surprises lorsque vous préparerez votre dossier durant le premier semestre de la deuxième année de licence. Il faut également se renseigner sur les partenariats Erasmus de votre fac. Vous avez peut-être une idée de villes ou de pays, mais s’il n’existe pas de possibilités d’échanges, vous ne partirez pas ou difficilement. Il me paraît important de connaître dès le départ ces éléments qui vous aideront dans votre choix et pour préparer votre inscription.

Le dossier comprend, outre vos notes et différents documents, une lettre de motivation qui revient autant sur votre parcours que sur votre projet professionnel, sur les raisons qui font que cette université peut vous aider à atteindre vos objectifs. Vous pouvez formuler plusieurs demandes, pour mettre toutes les chances de votre côté. Vous allez également passer de longues heures à fouiller de fond en comble les sites des universités pour regarder les matières qui pourraient vous intéresser. Ce dossier est le premier pas le plus important et il faut vraiment le peaufiner et prendre le temps.

Définir un budget

Il existe une bourse automatique pour un départ en Erasmus. Cependant, elle ne couvrira jamais la totalité de vos besoins durant la durée de votre séjour. Elle est aux alentours de 1.200 euros (elle peut très légèrement varier d’une université à l’autre) pour un an. Pour un semestre, elle est moindre. De plus, 80% du montant vous seront versés aux alentours de novembre/décembre et les 20% restant seront pour votre retour. Il peut être intéressant de voir pour d’autres bourses (sur critères sociaux, de la région…). Il ne faut pas hésiter à les demander… Et puis, qui ne tente rien n’a rien et une aide financière est toujours bonne à prendre.

Surtout en fonction du pays où vous allez. Une des premières à faire est de se renseigner sur le niveau de vie du pays qui vous accueillera. Partant à Dublin, je savais que les postes concernant le loyer et la nourriture allaient être parmi les plus élevés. Il ne faut pas hésiter à prendre contact avec d’anciens étudiants Erasmus de votre université, pourquoi pas également des blogueurs expatriés ou des groupes Facebook de Français à l’étranger qui pourront répondre à vos questions et vous donner des informations. Cela vous aidera à construire votre budget.

Il y a aussi d’autres aspects pas forcément très drôles, mais qui ne faut pas oublier et négliger.  Un passage par votre banquier ou banquière est indispensable, même si vous avez une peur bleue de ce dernier. Toutefois, elle peut faire une lettre d’introduction pour vous permettre d’ouvrir un compte à l’étranger, de vous renseigner sur les possibilités de votre carte… Il faut aussi voir si votre mutuelle prend en compte votre départ à l’étranger.

Se remettre doucement dans la langue du pays

Les premiers jours dans votre nouveau pays ne seront pas les plus faciles. Un peu du mal du pays, un peu trop d’administratif à mon goût… Mais il faut surtout d’ores et déjà parler la langue dès les premiers instants. Parler quotidiennement la langue demande de longs efforts. Il faudra oser. Avant de partir, j’avais un peu rafraîchi mon anglais en regardant quelques films ou séries en version anglaise. Je lisais des romans et la presse anglophone. Je faisais quelques exercices de grammaire via des sites. Cela rassure un peu plus.

La Culture avec un grand A et du latte #2

Ce mois de Mars est passé à une vitesse folle et je ne regrette pas qu’il se termine enfin. Il ne fut pas de tout repos entre l’avancement de mon mémoire et le rendu du projet pour les Journées des Arts et de la Culture dans l’Enseignement supérieur. Nous avons travaillé sur une salle des portraits en choisissant d’inverser les rôles : le visiteur n’est pas celui qui observe les tableaux, mais ces derniers viennent l’épier, en réactualisant les références. La vidéo est juste une merveille.

Du coup, cela a quelque peu influencé les films que j’ai vu en mars afin de chercher les meilleures séquences à ajouter à la vidéo. Le premier film fut l’adaptation de 1984 de George Orwell par Michael Radford… Qu’en dire ? J’ai eu énormément de mal à accrocher et je me suis quelques fois endormie. J’ai tout de fois commandé le livre pour découvrir ce classique que je n’ai pas encore lu. J’ai aussi revu Da Vinci Code (2006). Dans mes souvenirs, il y avait des scènes intéressantes sur l’impression d’être épié par les oeuvres du Louvre. C’est aussi un de mes petits plaisirs coupables. J’ai enchaîné sur un classique du cinéma français que je n’avais jamais vu jusqu’à maintenant, Harry, un ami qui vous veut du bien (2000). Il a plutôt mal vieilli, à mon avis, et je n’en garderai pas un souvenir impérissable.

Du coup, j’en ai un peu oublié ma résolution de tenter l’aventure des westerns. Objectif du mois d’avril… Essayer de voir un classique du genre et un qui soit plus récent. En attendant, j’ai aussi vu Justice League (2017) qui m’a laissé un sentiment quelque peu mitigé. Une très bonne surprise pour la musique, notamment Sigrid et son Everybody knows qui est une merveille. Comparés à Marvel, les DC Comics ont une bien meilleure soundtrack. Cependant, j’ai comme l’impression qu’ils ont du mal à trouver leur ton entre un humour proche de celui de Marvel et un autre plus sombre. Ils oscillent entre les deux. Je retiendrai également le placement de produits qui était un peu trop flagrant. Coucou Mercedes Benz !

J’ai aussi vu The Circle (2017) avec Tom Hanks et Emma Watson. L’idée de départ me semblait prometteuse en proposant une critique des réseaux sociaux et la volonté de toujours plus de transparence. Il est l’adaptation d’un thriller. Le film démontre bien les effets un peu pervers des réseaux sociaux. Cependant, la fin m’a quelque peu déçue. Ce n’était pas ce à quoi je m’attendais et, au final, j’ai pensé qu’elle avait moins d’impact sur le spectateur.

Un peu moins déçue par Zombillenium (2017) qui fut mon premier coup de coeur du mois. Je n’ai rien à redire sur l’histoire et les graphismes qui reprennent les codes de la bande dessinée. Frida (2002) fut aussi une belle découverte. J’admire beaucoup l’oeuvre de Kahlo et le film intègre tellement bien les oeuvres à la proposition esthétique du film, tout en montrant les liens entre son art et les événements de sa vie. L’interprétation de Salma Hayek est absolument irréprochable. Le dernier film vu était Ferdinand (2017) qui dénonce le monde de la corrida et la mise à mort des taureaux, sans tomber dans les clichés.

Du point de vue des séries, j’ai définitivement terminée Agent Carter et ce fut une très bonne deuxième saison. Je ne comprends toujours pas pourquoi elle a été arrêtée, mais Peggy et Jarvis vont me manquer. J’ai également succombé au phénomène Black Mirror en regardant les trois épisodes de la première saison. J’ai été totalement convaincue.

Du point de vue de mes lectures, j’ai continué ma découverte des auteurs français contemporains avec le deuxième tome de La Mort de Staline de Fabien Nury et Thierry Robin que j’ai adoré, mon premier Max Gallo avec La chute de l’Empire romainToday we live d’Emmanuelle Pirotte, Palmyre de Paul Veyne. Pas vraiment de coup de coeur, mais pas de grosses déceptions non plus. La seule va aux Animaux fantastique de J.K. Rowling.

Mon coup de coeur littéraire va pour Lumikko de Pasi Ilmari Jääskeläinen. Je compte en parler plus longuement sur le blog. Globalement, c’est une bonne surprise. Ce n’était ce à quoi je m’attendais, mais c’était encore mieux. À côté de cela, j’ai lu un comics, Joker de Brian Azzarello et Lee Barmejo, Les enquêtes de Middleton & Grice, Petits meurtres à Mangle Street de M.R.C. Kasasian qui est sympathique mais qui ne révolutionne pas le genre des policiers historiques. Je désirai lire depuis un petit moment Mythologie nordique de Neil Gaiman. Il se laisse lire, mais il ne m’a pas fait une forte impression. Je cite également rapidement le dernier Dan Brown, Origine, dont l’article sera bientôt en ligne. Il y a aussi eu deux lectures en anglais : Velvet undercover de Teri Brown (je vous en reparlerai en novembre, car il fait partie d’un projet) et One dark throne de Kendare Blake qui fut un brin en-dessous du premier.

J’ai aussi profité de ma dernière journée sur Metz pour voir la nouvelle exposition du Centre Pompidou, L’aventure de la couleur. Une petite exposition que j’ai grandement appréciée et qui m’a permis de voir des Matisse, quelques monochromes d’Yves Klein dont l’International Klein Blue est une pure merveille que je peux admirer pendant des heures.

Les Animaux fantastiques, Vie et Habitat (2001) • J.K. Rowling

Il est rare qu’une maison de sorciers ne compte pas dans sa bibliothèque un exemplaire des Animaux fantastiques. Désormais, et pour une période limitée dans le temps, les Moldus vont avoir à leur tour la possibilité d’apprendre où vit le Quintaped, ce que mange le Puffskein et pourquoi il vaut mieux ne pas laisser dans le jardin une soucoupe de lait destinée à un Knarl…

Je me considère comme une fan de la première heure d’Harry Potter. Cette série m’a suivi de mes onze ans jusqu’à plus de mes vingt ans. Je les ai souvent relu et j’attendais leurs sorties avec impatience. Pareil pour les adaptations cinématographiques. Pourtant, je suis loin d’avoir tout lu concernant cet univers. À vrai dire, il me manquait surtout deux ouvrages : Le Quidditch à travers les âges et Les Animaux fantastiques. Pour être honnête, je ne comprenais pas l’intérêt de ces deux livres. Si je vous parle aujourd’hui des Animaux fantastiques, c’est tout simplement que ma petite soeur me l’a mis entre les mains. Je ne suis pas sûre que je l’aurai lu sans ça.

Qu’est-ce que j’en ai pensé ? La majeure partie du livre est un bestiaire des différents animaux que nous pouvons trouver dans le monde des sorciers en explorant leur habitat, en apprenant s’ils sont dangereux ou non, ce que, parfois, peuvent penser les Moldus qui ont la chance ou la malchance de les croiser… Ce n’est pas l’aspect qui m’a véritablement le plus charmé du livre. Même si j’adore l’univers de Rowling qui m’a fasciné pendant de longues années, je suis un peu plus mitigée sur l’utilité d’un bestiaire magique. Je n’ai pas eu le sentiment que la lecture m’a apporté quelque chose en plus par rapport à la série. Il y a des bêtes que nous avons jamais croisé, certes. Cependant, celles qui sont présentes à la fois dans les livres, dans les films -et j’inclue Les Animaux fantastiques– sont relativement bien expliquées au moment où nous les croisons. Du coup, j’ai lu certains passages en diagonal, m’arrêtant sur l’une ou l’autre des entrées.

En revanche, j’admire toujours la capacité de l’auteur à construire en quelques lignes un monde complet. J’ai adoré le fait, par exemple, que le livre se présente comme un véritable ouvrage sorcier, que le lecteur pourrait trouver sur les étagères de Fleury & Bott au Chemin de Traverse. Pourtant, quand je regarde de près, les procédés sont plutôt simples : une introduction par Newt Scamander, une introduction par Dumbledore, des notes de bas de pages renvoyant à d’autres ouvrages du monde des sorciers… Ce sont des petits trucs qui fonctionnent toujours et qui, finalement, donnent aussi de l’épaisseur à un roman. Rowling est une conteuse talentueuse et elle arrive à m’émerveiller à chaque fois.

Les dix premières pages du début, quand Newt prend la plume pour présenter sa vie et son ouvrage, m’ont marqué. La première chose est que j’ai enfin compris d’où sortait toute l’intrigue du premier film des Animaux fantastiques et l’intrigue du deuxième -quelle bande annonce ! C’est aussi un des nombreux talents de l’auteur : comment en deux ou trois pages, en lisant parfois entre les lignes, ou juste par une simple phrase, tout une autre partie de son monde prend vie. J’ai donc trouvé cette partie de l’ouvrage bien plus intéressante que le bestiaire en soi, qui m’a laissé un peu plus sceptique et dont j’ai surtout lu les animaux fantastiques que je connaissais déjà ou dont l’illustration m’a plu.

L’édition que j’ai eu entre les mains était largement illustrée par de magnifiques dessins. Je n’ai malheureusement pas retenu le nom de l’illustrateur, mais je pense sincèrement qu’il/elle a fait un travail fantastique. Il ou elle ne s’est pas limité(e) à ceux dont la physionomie a déjà été imaginée dans les films. D’autres reprennent vie également. Les illustrations rendaient l’ouvrage encore plus beau, même si un bestiaire sans image, c’est un peu triste. C’était un petit plus que de les découvrir au fur et à mesure, de voir simplement la manière dont elles donnent vie aux descriptions.

Cependant, je peux difficilement dire que ce petit livre est un coup de coeur. Avoir simplement apprécié l’introduction ne suffit pas, notamment quand je compare le nombre de pages que j’ai apprécié par rapport à celles que j’ai lu en diagonal ou que j’ai sauté. Je partais avec des a priori qui se sont révélés exacts. Je pense, et c’est une position très personnelle, que les Animaux fantastiques n’apporte pas forcément une énorme plus-value à l’histoire en général. Cela me conforte également dans l’idée que je ne lirai probablement jamais Le Quidditch à travers les âges.

Hommage à Philip Kerr – Trois bonnes raisons de lire sa Trilogie berlinoise

J’ai appris hier la mort d’un de mes auteurs préférés, Philip Kerr. Je l’ai découvert avec sa Trilogie berlinoise, qui s’est finalement étoffée au fil des ans. C’était typiquement la série que j’aimais retrouver dès que mon moral était au plus bas, quand j’avais une petite panne de lecture… Je savais d’instinct que j’allais passer un bon moment de lecture en compagne de Bernie Gunther, que j’allais pendant quelques pages m’évader. Les romans de Philip Kerr ont une place privilégiée dans ma bibliothèque et j’ai du mal à me dire que l’aventure s’arrête si brusquement. Voici quelques (très) bonnes raisons de commencer à lire La Trilogie berlinoise.

Explorer la Seconde Guerre mondiale et le nazisme en étant au coeur du système

Le premier tome parle de la montée du nazisme et des Jeux Olympiques de Munich. D’autres prennent place bien après la fin de la guerre, lors de la traque des criminels nazis. C’est un très long tableau du nazisme que l’auteur dépeint, sondant les heures les plus sombres de l’Histoire, mettant parfois en avant des faits peu connus. Personnellement, j’apprécie qu’il ne se limite pas uniquement aux années de guerre, mais également à ce qui a pu avoir avant et après. J’ai toujours eu l’impression d’apprendre quelque chose en lisant un livre de Philip Kerr. Il se documente énormément. En tant que lecteur, vous allez avoir l’impression d’être totalement immergé dans l’intrigue. Rares sont les ouvrages qui m’ont donné ce sentiment.

Encore mieux, si je puis dire, vous serez au coeur du nazisme, car le personnage principal, Bernie Gunther, fréquente les hautes sphères du pouvoir. Il est possible de croiser Reinhard Heydrich ou Josef Mengele au fil de ses enquêtes. Ils sont parmi les meilleurs tomes de la série du point de vue de l’ambiance. Ce sont ceux où nous pouvons le mieux imaginer ce que ça devait être de vivre sous le nazisme. Les ambiances glaçantes sont parfaitement maîtrisées et je comprends la difficulté de l’inspecteur à savoir à qui se fier, à mener à bien ses enquêtes. D’un point de vue historique, c’est une des meilleures séries que j’ai pu lire.

Le talent de conteur de Philip Kerr

Je l’ai déjà un peu évoqué en parlant de son génie à créer des ambiances sombres, dangereuses et qui peuvent parfois mettre mal à l’aise le lecteur. C’est aussi sa capacité à faire revivre toute une période historique en ayant le sentiment de partager le quotidien de Bernie. Vous allez en redemander encore, pourtant. Chaque tome est brillamment écrit avec de nombreux petits détails qui rendent les intrigues tellement crédibles. Il arrive à brouiller les frontières entre la réalité et la fiction. Souvent, je faisais aussi ma petite enquête pour savoir si tel ou tel personnage a réellement existé ou non. Vous serez étonné de voir combien sont réels et combien sont fictifs.

Un autre aspect de l’oeuvre de Kerr que j’apprécie énormément est la manière dont il dirige les enquêtes de Bernie Gunther. Nous sommes aussi dans une vision très réaliste : les coupables ne sont pas toujours mis derrière les barreaux. Parfois, les responsables d’un crime sont aussi ceux qui ont demandé l’enquête. Vous n’aurez aucun mal à croire que les choses pouvaient se passer ainsi sous le régime nazi. De temps en temps, plusieurs enquêtes s’entremêlent, mais le livre garde toute sa cohérence. Ce sont des petits bijoux qui se dévorent.

Bernie Gunther, son personnage phare

Il fait définitivement partie de mon palmarès de mes personnages littéraires préférés, au même titre que Sherlock Holmes, par exemple. Dès le premier tome, je suis tombée sous le charme de ce détective berlinois atypique. Un anti-nazi qui doit travailler pour eux est déjà tout un programme. Quand ce dernier n’a pas sa langue dans sa poche et qu’il a un solide sens de l’humour noir et de l’ironie… Ça devient parfois explosif. C’est aussi ce décalage que j’adore dans ce personnage. Il évolue dans un monde où le moindre faux pas peut signifier la mort et il s’amuse avec les hauts dignitaires. Bernie est comme un vieil ami pour lequel je m’inquiète toujours. C’est un personnage complexe dont j’adore suivre les aventures et dont je pardonne très facilement les petits clichés. Il aime les femmes autant que l’alcool. Je le trouve profondément humain et imparfait.

Il me reste encore quelques tomes à découvrir des enquêtes de Bernie. Je vais les savourer encore plus, sachant qu’ils figurent parmi les derniers. Cependant, La Trilogie berlinoise et ses différentes suites font partie de ma vie de lectrice. Ils m’ont profondément marqué et que j’ai très largement recommandé à mon entourage. Je pourrai en parler pendant des heures. Mon préféré restera Prague fatale et vient juste ensuite La mort entre autre. Vous n’êtes pas obligés de les lire dans l’ordre de publication, ce que je fais, personnellement. Il peut aussi être intéressant dans un ordre chronologique, en fonction de la vie de Bernie. En tout cas, je ne sera jamais assez reconnaissante à l’auteur pour ces nuits d’insomnie à dévorer ses romans. J’espère vous avoir donner envie de le lire.

The Miniaturist (2014) | Jessie Burton

On a brisk autumn day in 1686, eighteen-year-old Nella Oortman arrives in Amsterdam to begin a new life as the wife of illustrious merchant trader Johannes Brandt. But her new home, while splendorous, is not welcoming. Johannes is kind yet distant, always locked in his study or at his warehouse office—leaving Nella alone with his sister, the sharp-tongued and forbidding Marin.

Les intérieurs de Vermeer, Pieter de Hooch, Samuel van Hoogstraten, les petites rues et ruelles, les places qui sont peintes nous ont toujours donné à voir la vie quotidienne des Hollandais des XVI et XVII siècle. Cependant, ils gardent tout de même une part de mystères sur la vie privée et intime, même s’il y a quelques tableaux dans ce sens. The Miniaturist de Jessie Burton imagine ce qu’il peut se passer derrière ces fenêtres et ces portes.

L’âge d’or hollandais fait partie de ces périodes historiques que j’adore que j’ai eu la chance de pouvoir étudier. En revanche, ce roman est véritablement un des premiers que je lis concernant cette période. Après avoir terminé celui-ci, je ne pense pas m’arrêter en si bon chemin, car il fut un coup de coeur sous bien des aspects dont l’un des premiers tient au talent de l’auteur pour faire revivre la société hollandaise de cette époque. Elle se rapproche d’une vérité historique, même si le livre a un petit côté fantastique, fantasmagorique. Les principaux éléments sont présents : l’importance de la ville (tout doit être fait pour sa gloire, et notamment par delà ses murs), l’importance également accordée à l’argent quoi doit être autant montré que caché, une société marchande avant tout, la religion et sa place parfois ambiguë… Je les ai trouvé bien développés dans la mesure où ils m’ont donné l’impression de vivre et d’évoluer aux côtés de Nella et de sa nouvelle vie à Amsterdam. Je n’ai pas eu l’impression d’un gros décalage historique ou d’énormes anachronismes.

L’aspect historique est un premier positif. Cependant, couplé à l’ambiance que Jessie Burton met doucement en place, il ne m’en fallait pas plus pour que le coup de coeur s’annonce. Je suis relativement friande de mystères qui se cachent derrière les portes, de secrets de famille bien cachés… J’ai vraiment été servie, car dans The Miniaturist, l’auteur propose révélations sur révélations. Elles peuvent paraître parfois un peu rocambolesques, mais elles ont sur aussi me charmaient, car elles me montraient différents aspects de la société d’Amsterdam en mettant en scène un personnage de couleur, un homosexuel, des femmes de toute conditions. La manière dont ils essaient de composer avec la société qui les observe et les juge constamment, prête à sauter sur leur moindre faux pas, renforce l’ambiance pesante du roman. Comme les personnages, le lecteur ne sait plus sur quel pied danser et à qui faire confiance. Cette oppression, ce sentiment lugubre qui habite la maison de Nella se retrouve aussi dans les descriptions de la ville et du temps. Du coup, le sentiment d’évoluer auprès des personnages s’en trouve renforcé. J’ai véritablement été immergée dans leurs vies quotidiennes et leurs drames. Impossible de lâcher le livre avant de savoir la fin.

De plus, j’ai trouvé toute l’intrigue autour du miniaturiste et de la maison de poupée absolument génial. Le fait qu’elle permettait au personnage principal d’en apprendre plus sur son entourage m’a énormément plu. J’ai adoré cette idée et la manière dont elle a été développée. Elle apporte aussi sa touche de mystère. Tout comme Nella, j’attendais avec impatience la prochaine livraison. Avec un peu d’anxiété également ! C’est un élément étonnant de l’intrigue qui apporte quelque chose en plus, sans pour autant prendre toute la place. Cette maison n’est parfois qu’une présence fantomatique.

Le roman m’a enfin marqué par l’ensemble des personnages féminins, notamment les trois femmes de la famille Brandt : Petronella, la jeune mariée ; Marin, la soeur d’un riche marchand et célibataire, et Cornelia, la servante. Elles démontrent trois types de conditions, mais aussi la manière dont elles essaient de se faire une place dans la société avec les libertés qui leurs sont laissées. J’ai vraiment aimé le portrait que Jessie Burton fait d’elles. Je les ai toutes appréciées, chacune pour de raisons différentes. Cornelia, par exemple, m’a plu pour sa loyauté à toute épreuve. Nella m’a impressionné par son évolution au fil des pages. D’une jeune fille peu sûre d’elle, elle s’impose doucement mais sûrement au point d’avoir le destin de sa famille entre ses mains… Elles furent toutes les trois le genre de personnages que je retiens.

The Miniaturist fut ma première découverte de la plume de Jessie Burton et je ne pense pas m’arrêter là. Elle a publié un deuxième roman, The Muse, qui propose une histoire prenant place dans le monde de l’art qui ne pourrait que me plaire. Depuis, j’ai aussi appris que le livre a été adapté par une mini-série, par la BBC. Ils sont généralement très bons pour les period dramas. Je pense m’y plonger prochainement.

Le jour où j’ai croisé la route de l’oeuvre d’art qui m’a laissé sans voix

Le monde de la culture m’a toujours passionné et j’ai quitté le confort d’une filière qui pouvait m’offrir plus de débouchés pour aller étudier l’Histoire de l’art et la culture. Depuis des années, je lis énormément et je partage autour de cette passion sur différents blogs. J’ai commencé à aussi élargir mes horizons en publiant autour de la musique en parlant d’artistes, d’albums, mais également de cinéma et de séries. Pourtant, je n’ai jamais osé parler d’art, de musées et d’expositions, alors qu’il s’agit également d’une grande partie des mes centres d’intérêt et mes études. Or, j’ai envie d’explorer cette partie également.

J’avais donc envie de vous parler du jour où j’ai rencontré une oeuvre d’art qui m’a totalement laissé bouche bée, qui m’a profondément marqué. Pourtant, des peintures, des sculptures ou des installations, j’en ai vu un certain nombre. J’ai pu avoir pour moi toute seule pendant de longues minutes Les époux Arnolfini de Jan van Eyck au British Museum. C’est un de mes tableaux préférés. J’admire énormément les prouesses techniques du peintre : le détail du miroir, les textiles et les bijoux, la manière dont les surfaces se reflètent… Le voir m’a procuré énormément de plaisir, celui de ne plus seulement l’apprécier à travers des photographies. Cependant, je ne pourrais pas dire que j’ai été profondément chamboulée par ce portrait.

Pourquoi ? J’étais tout de même ravie de pouvoir le voir, enfin. Je n’ai, cependant, pas été laissé sans voix. Je me rend compte que l’oeuvre d’art qui m’a abasourdi a eu cet effet sur moi dans la mesure où l’effet de surprise a beaucoup joué. C’est une rencontre imprévue qui renforce peut-être le côté bouleversant. Il peut être esthétique, par le message qu’il véhicule… Les raisons sont vraiment personnelles.

Le Centre Pompidou de Metz propose une saison japonaise qui met en avant la création contemporaine du pays. Ce fut un cycle intéressant qui a proposé une introduction à l’architecture de l’après Seconde Guerre mondiale, une rétrospective absolument incroyable sur le collectif Dumb Types qui m’a fasciné, des artistes contemporains comme la créatrice de mode Comme des garçons, des artistes vidéastes… Ils ont proposé des choses vraiment très différentes. Cependant, l’objet de ce billet n’est pas de parler de cette exposition, mais de cette oeuvre d’art qui, pour le moment, m’a le plus marqué dans ma vie.

Un peu cachée dans l’exposition, il y avait une installation de l’artiste japonaise Yayoi Kusama, connue pour ses Infinity Mirror Room. Elle a fait plusieurs variations de cette idée. Celle qui a été prêtée par la ville de Nancy s’intitule Fireflies on the water. L’oeuvre joue avec les miroirs et l’eau pour créer une impression d’infini. Se rajoutent différentes petites lumières, avec des couleurs très chaleureuses. De la voir pour la première fois m’a coupé le souffle. Cette rencontre inattendue m’a énormément marqué dès les premières secondes où j’ai mis les pieds dans cette pièce.

Cette impression d’infini et toutes ces petites lumières m’ont donné l’impression d’évoluer au milieu des étoiles. Loin de m’effrayer, c’était un émerveillement enfantin. Je retrouvais mon âme d’enfant et plus rien d’autre que ce sentiment d’être au milieu de l’univers. Je me sentais apaisée. Les Infinty Mirror room peuvent être des endroits où nous réfléchissons à notre place dans l’univers, ce qui est aussi la volonté de l’artiste. Pour ma part, je me suis sentie à ma place.

J’entendais souvent des personnes qui racontait leurs expériences, leur rencontre avec une oeuvre qui les a profondément touché. Or, je ne les comprenais pas réellement, car je n’avais jamais rien vécu de tel. Pourtant, j’avais pu en voir des oeuvres et de différentes sortes. Je les regardais sûrement avec le regard d’une étudiante en histoire de l’art. Je regardais l’iconographie, les symboles et les messages de l’artiste, sa technique. Cependant, je laissais de côté les sentiments et c’est peut-être ce qui m’empêchait aussi d’apprécier une oeuvre dans son entièreté. Ne connaissant rien à l’art contemporain japonais, j’étais plus dans un esprit de surprise. Yayoi Kusama signe ici une de plus belles oeuvres d’art que j’ai pu voir.