Mes 10 livres de 2018

En 2018, j’ai lu 122 livres, soit une dizaine de moins que pour 2017, mais j’ai dévoré de nombreux pavés, notamment de la littérature russe. En un an, cela représente 38.181 pages (merci Goodreads de tenir le compte).

En cliquant sur les titres, vous pouvez lire la chronique que j’ai publié sur le livre et avoir mon avis complet.

Quels sont les dix livres qui m’ont marqué durant 2018 et que je recommande les yeux fermés ?

1 – The Miniaturist de Jesse Burton

On a brisk autumn day in 1686, eighteen-year-old Nella Oortman arrives in Amsterdam to begin a new life as the wife of illustrious merchant trader Johannes Brandt. But her new home, while splendorous, is not welcoming. Johannes is kind yet distant, always locked in his study or at his warehouse office, leaving Nella alone with his sister, the sharp-tongued and forbidding Marin.

L’intrigue prend place durant l’âge d’or hollandais à Amsterdam. Elle est remplie de mystères, de secrets de famille et de non-dits qui en font un parfait page-tourner dans une ambiance lugubre des plus réussies.

2 – Lumikko de Pasi Ilmari Jääskeläienen

Au sein d’un petit village finlandais prospère une étrange société littéraire secrète composée de neuf écrivains réunis autour de la figure tutélaire de Laura Lumikko, auteur à succès d’une série de livres fantastiques pour la jeunesse. En pénétrant peu à peu dans l’intimité de cette société – grâce à un Jeu aux règles complexes permettant d’arracher la vérité aux membres de la société – Ella, une jeune professeur de finlandais aux ovaires déficients, découvre le sombre secret de leur inspiration. Pendant ce temps, Laura Lumikko disparaît, tandis qu’une étrange peste semble s’être abattue sur les livres de la bibliothèque : certains livres voient leur fin subtilement altérer…

Ce roman est peut-être l’un des ouvrages les plus bizarres que j’ai pu lire cette année. Dès les premières pages, je ne savais pas où l’auteur m’emmenait ou quel était son but… Je me suis laissée porter et j’ai adoré le fait que Jääskeläienen flirtait parfois avec le fantastique, brouillant très souvent les frontières avec la réalité. Encore une très belle atmosphère.

3 – Little Monsters de Kara Thomas

« Vous est-il déjà arrivé de vouloir quelque chose au point d’en mourir ?  » Quand elle emménage à Broken Falls, une nouvelle vie commence pour Kacey. Tout le monde ici est tellement gentil. Et elle se fait même des amies, Bailey et Jade, qui l’accueillent à bras ouverts. Mais, soudaine, ces dernières se montrent étrangement distantes. Et elles omettent de l’inviter à la plus grosse soirée de l’année. Kacey, décidée à confronter ses amies, n’en aura pourtant jamais l’occasion : après la fête Bailey disparaît sans laisser de traces. Broken Falls ne semble plus si chaleureuse. Surtout pour elle, la nouvelle. Kacey est sur le point d’apprendre deux choses très importantes : parfois, les apparences peuvent se révéler trompeuses. Et parfois, quand on est la nouvelle, il ne faut faire confiance à personne.

Mon premier Kara Thomas est sûrement pas mon dernier. L’auteur nous livre un des meilleurs thrillers psychologiques que j’ai pu lire cette année. L’intrigue est incroyablement menée et il faut se méfier des apparences. Elles sont souvent bien trompeuses.

4 – the princess saves herself in this one d’amanda lovelace

« Ah, life – the thing that happens to us while we’re off somewhere else blowing on dandelions & wishing ourselves into the pages of our favorite fairytales. » A poetry collection divided into four different parts : the princess, the damsel, the queen, & you. The princess, the damsel, & the queen piece together the life of the author in three stages, while you serves as a note to the reader & all of humankind. Explores lives & all of its love, loss, grief, healing, empowerment, & inspirations. 

Depuis Rupi Kaur et son premier recueil de poésie, je m’essaie de plus en plus à la poésie contemporaine. Durant l’année, j’ai découvert r.h. sin et amanda lovelace et je garde surtout cette dernière en mémoire. J’adore sa poésie féministe, bienveillante avec des thèmes qui me parlent.

5 – Nord et Sud d’Elizabeth Gaskell

C’est le choc de deux Angleterre que le roman nous invite à découvrir : le Sud, paisible, rural et conservateur, et le Nord, industriel, énergique et âpre. Entre les deux, la figure de l’héroïne, la jeune et belle Margaret Hale. Après un long séjour à Londres chez sa tante, elle regagne le presbytère familial dans un village du sud de l’Angleterre. Peu après son retour, son père renonce à l’Eglise et déracine sa famille pour s’installer dans une ville du Nord. Margaret va devoir s’adapter à une nouvelle vie en découvrant le monde industriel avec ses grèves, sa brutalité et sa cruauté. Sa conscience sociale s’éveille à travers les liens qu’elle tisse avec certains ouvriers des filatures locales, et les rapports difficiles qui l’opposent à leur patron, John Thornton.

Cela faisait des années que je souhaitais me lancer dans ce classique de la littérature anglaise. Chose faite ! J’ai apprécié chacune des pages, les personnages et la relation amoureuse qui se tisse doucement ainsi que la période historique.

6 – Bernie Gunther, Les ombres de Katyn de Philip Kerr

Mars 1943. Le Reich vient de perdre Stalingrad. Pour Joseph Gobbels, il faut absolument redonner le moral à l’armée allemande et porter un coup aux Alliés. Or, sur le territoire soviétique, près de la frontière biélorusse, à Smolensk, ville occupée par les Allemands, depuis 1941, la rumeur enfle. Des milliers de soldats polonais auraient été assassinés et enterrés dans les fosses communes. L’Armée rouge serait responsable de ce massacre. Goebbels, qui voit là l’occasion de discréditer les Russes et d’affaiblir les Alliés, décide l’ouverture d’une enquête. Le capitaine Bernie Gunther du Bureau des crimes de guerres, organisme réputé antinazi, est la personne idéale pour accomplir cette délicate mission.

2018 a été marqué par la perte de mon auteur préféré, Philip Kerr. J’ai lu plusieurs de ses ouvrages autour de son détective allemand cette année. Tous étaient très bons, mais Les ombres de Katyn m’a époustouflé. C’est un de ses meilleurs.

7 – The Romanovs de Simon Sebag-Montefiore

The Romanovs were the most successful dynasty of modern times, ruling a sixth of the world’s surface for three centuries. How did one family turn a war-ruined principality into the world’s greatest empire? And how did they lose it all? This is the intimate story of twenty tsars and tsarinas, some touched by genius, some by madness, but all inspired by holy autocracy and imperial ambition. Simon Sebag-Montefiore’s gripping chronicle reveals their secret world of unlimited rivalries, sexual decadence and wild extravagance, with a global cast of adventurers, courtesans, revolutionaries and poets, from Ivan the Terrible to Tolstoy and Pushkin, to Bismarck, Lincoln, Queen Victoria and Lenin.

En 2018, la Russie a été à l’honneur sur le blog à travers la lecture de nombreux classiques et des auteurs plus contemporains, des essais, des films… Cet ouvrage de Simon Sebag-Montefiore est un des meilleurs et des plus complets que j’ai pu lire sur les Romanov.

8 – La saga moscovite de Vassili Axionov

À travers les destinées des Gradov, grands médecins, grands militaires, et celles de petites gens qui les entourent, c’est toute la Russie qui respire… Comme elle peut, en l’une des périodes les plus dramatiques qu’elle ait connues : 1924-1953, dates du « règne » de Staline. Les Gradov sont des personnages bien romanesques, pris dans une vie quotidienne faite d’ambition, de dévouement, de contradictions, de passions, de rires. Les véritables sagas modernes sont, dans la littératures universelle, rarissimes. Celle-ci mérite bien son nom tant l’horizon qu’elle embrasse est vaste, tant sa phrase est exubérante et précise, tant ses personnages et leur fortune sont attachants. Telle est la magie d’un grand écrivain.

Lu sur les sages recommandations de V., les deux tomes de cette saga familiale m’ont passionné. Une fois commencé, elle est impossible à mettre de côté. J’ai toujours voulu savoir quel allait être le destin des membres du clan Gradov. Une fois la dernière page tournée, j’ai eu un énorme pincement au coeur de savoir qu’il n’y avait pas de troisième tome.

9 – Asking for it de Louise O’Neill

It’s the beginning of the summer in a small town in Ireland. Emma O’Donovan is eighteen years old, beautiful, happy, confident. One night, there’s a party. Everyone is there. All eyes are on Emma.

The next morning, she wakes on the front porch of her house. She can’t remember what happened, she doesn’t know how she got there. She doesn’t know why she’s in pain. But everyone else does.

Photographs taken at the party show, in explicit detail, what happened to Emma that night. But sometimes people don’t want to believe what is right in front of them, especially when the truth concerns the town’s heroes…

Le roman qui m’a le plus bouleversé et révolté cette année. Il est à mettre entre toutes les mains, car l’histoire est criante de vérité et encore et toujours d’actualité.

10 – Anna Karénine de Léon Tolstoï

La quête d’absolu s’accorde mal aux convenances hypocrites en vigueur dans la haute société pétersbourgeoise de cette fin du XIXe siècle. Anna Karénine en fera la douloureuse expérience. Elle qui ne sait ni mentir ni tricher – l’antithèse d’une Bovary – ne peut ressentir qu’un profond mépris pour ceux qui condamnent au nom de la morale sa passion adultère. Et en premier lieu son mari, l’incarnation parfaite du monde auquel il appartient, lui plus soucieux des apparences que véritablement peiné par la trahison d’Anna. Le drame de cette femme intelligente, sensible et séduisante n’est pas d’avoir succombé à la passion dévorante que lui inspire le comte Vronski, mais de lui avoir tout sacrifié, elle, sa vie de femme, sa vie de mère. Vronski, finalement lassé, retrouvera les plaisirs de la vie mondaine. Dans son insondable solitude, Anna, qui ne peut paraître à ses côtés, aura pour seule arme l’humiliante jalousie pour faire vivre les derniers souffles d’un amour en perdition. Mais sa quête est vaine, c’est une « femme perdue ».

Encore de la littérature russe pour terminer ce top 10 de mes meilleures lectures pour l’année 2018. Il n’est pas besoin de le présenter et j’ai enfin pris le temps de le relire. Il est toujours aussi exceptionnel et un régal à lire.

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Le Musée de la Romanité de Nîmes et ses dispositifs numériques

Depuis toute jeune, l’Antiquité romaine est une période historique qui me fascine et sur laquelle j’ai pu mettre l’accent durant mes années de licence d’Histoire de l’art. Au début de l’été 2018, la ville de Nîmes a inauguré un nouveau musée retraçant l’histoire et l’évolution de la ville durant cette période. Il est l’un des plus grands d’Europe dédié à ce sujet. J’aurai pu parler de l’architecture, de la scénographie… Mais les dispositifs numériques d’aide à la médiation sont omniprésents au sein de cette nouvelle institution. J’en ai jamais vu autant et, tout au long du parcours muséographique, il y en a 65.

Que trouvons-nous parmi ces dispositifs numériques ?

Des projections immersives avec notamment des reconstitutions en trois dimensions de monuments qui ne sont plus visibles en élévation comme le sanctuaire de la Fontaine, des cartes interactives, de nombreuses vidéos explicatives, des dispositifs de réalité augmentée pour se déguiser en romain(e)… Il y a des applications vraiment variées et le Musée de la Romanité est un parfait exemple de ce que le numérique peut apporter à un musée, notamment en terme de médiation et d’expérience immersive.

Ce type de dispositifs se développe très vite et devient quasiment une évidence, surtout pour des musées nouvellement crées. La question de la place du numérique dans les institutions est un des grands thèmes liés au monde de la culture qui me passionne avec la restitution d’oeuvres d’art.

Qu’ai-je pensé de ces dispositifs ? Qu’est-ce que j’en retiens ?

L’émerveillement avant la lassitude

Dès le début du parcours, les dispositifs de médiation numériques sont présents et ils s’enchainent rapidement. Dans chacune des salles, il peut y avoir jusqu’à deux ou trois dispositifs différents. Au début, je dois avouer que j’ai été émerveillée par leur diversité et l’envie de tout tester était présente. Je me suis prise au jeu, allant presque tout de suite vers les bornes en entrant dans la salle d’exposition et puis, au bout d’un moment, je les ai délaissées pour ne quasiment plus les regarder à partir du milieu du parcours.

Une petite overdose se fait ressentir à force. Par mes études, mais également mes préférences personnelles, j’aime l’objet, pouvoir l’admirer et voir ce qu’il peut m’apprendre en premier lieu, sans avoir besoin de recourir tout de suite à une médiation, sous quelques formes que ce soient. Avec cette démultiplication du numérique, j’ai presque oublié l’objet en lui-même. Or, c’est pour ça que je me déplace dans un musée ou toute autre institution culturelles, pour admirer des oeuvres et non des tablettes numériques et autres dispositifs. J’ai vraiment trouvé qu’il y en avait beaucoup trop, surtout devant la beauté et la richesse des collections, qui se trouvent occultées par ces derniers. Pour donner un exemple, je n’ai pas compris pourquoi ils ont doublé de très jolies maquettes des lieux et monuments de Nîmes, qui parlent clairement d’elles-mêmes, de vidéos ou petits programmes d’immersion sur tablette. Et ce d’autres plus que je ne les ai pas trouvé très intuitifs.

Des aspects intéressants de ces médiations numériques

Je ne regrette pas tous les dispositifs numériques mis en place par le Musée de la Romanité, bien au contraire. Je regrette juste que certains ne présentent au final qu’un intérêt limité. D’autres ont vraiment été passionnants, apportant une réelle plus-value durant la visite. Ce sont eux que je retiens, même quelques semaines après ma visite. Ils auraient presque tous dû être ainsi. J’en garde trois en mémoire.

Le premier concerne les cartes. J’ai vraiment adoré la manière dont elles bougent pour montrer les flux migratoires ou les échanges commerciaux, le mouvement des frontières de l’Empire romain, l’expansion de la ville de Nîmes sur un support en relief reprenant la topographie des lieux par une projection zénithale. Animer ces différents éléments est tout simplement une idée brillante, à mon avis. J’ai toujours eu quelques soucis avec la géographie, la topographie, de visualiser des changements dans le temps. Avec ces cartes, j’ai pu visualiser parfaitement et me rendre plus facilement compte de certains aspects. Je fonctionne beaucoup par le visuel et elles étaient faite pour moi, car j’ai tendance à fuir les cartes simples habituellement. Le tout est fait de manière très claire et chaque couche d’informations vient progressivement pour un outil numérique à la fois pédagogique et ludique.

Le monde roman nous a laissé un large corpus d’inscriptions épigraphiques. Ce ne sont pas forcément les objets les plus faciles à mettre en valeur pour le public. Or, la manière dont elle sont valorisées et expliquées est très intelligente et elle rend ce type d’objets beaucoup plus accessibles. Ils ont mis en lumière l’inscription latine pendant quelques minutes, puis, toujours en projetant sur le bloc, une petite animation donne les principaux éléments d’explication et de contexte. Je n’ai jamais vu cela alors que je fréquente beaucoup ce type de musées qui ont ma préférence. J’ai adoré cette idée de voir la pierre s’animer et raconter son histoire. Pour moi, un musée, ce sont des objets qui racontent une histoire, la leur ou la grande Histoire… Avec ce dispositif, nous sommes pleinement dans ce concept et c’était incroyable et vraiment très bien réalisé.

Le troisième et dernier point de l’utilisation du numérique dans le parcours est quand je suis arrivée à la partie consacrée à la vie quotidienne où les fresques et les mosaïques sont présentées. Personnellement, ce sont deux catégories d’art que j’adore et admire. Je peux rester des heures devant une mosaïque. Afin de donner une idée de ce à quoi pouvait ressembler un intérieur roman, ils ont utilisé le numérique et toutes les possibilités qu’il peut offrir en proposant des reconstitutions avec les mosaïques au sol et la projection sur les murs des décors qui ont été retrouvés lors de fouilles. Ou bien, à partir des fragments de peintures murales retrouvées, de recomposer via la projection, l’entièreté du décor…

Le Musée de la Romanité présente une véritable diversité des dispositifs numériques. Peut-être trop à mon goût et, au final, je ne garde en souvenir que trois en particulier qui m’ont réellement intéressant et qui augmentent l’expérience de visite en apportant des informations complémentaires ou de manière plus claire. Le reste ne m’a pas marqué, parfois même, il était en trop.

3 documentaires autour de la Russie sur Netflix

Ce mois russe touche quasiment à sa fin et, aujourd’hui, c’est un article sur les documentaires évoquant la Russie que nous publions. Netflix en propose trois… Petit tour d’horizon.

Inside Russia’s toughest prisons

For the first time, three prisons across Russia unlock their doors to an international film crew. Go inside a top security facility where cannibals, terrorists and killers live out the rest of their days, to Russia’s oldest prison, to a Siberian prison camp where temperatures linger at 50 below. Inside Black Dolphin prison, a cannibal reveals his crime, divulging how he boiled, fried and ate his victim. In infamous Vladimir Central, a convict opens up about killing his brother-in-law for disturbing his daughter’s peaceful night’s sleep. Inside Siberian Prison Camp 17, two friends are about to go their separate ways.

De l’univers carcéral russe, je connais surtout les tatouages et quelques-unes de leurs significations. Je me doutais également que les prisons dans ce pays ne sont pas une partie de plaisir. Ce documentaire confirme mes soupçons. De ce point de vue, je dois dire que ce dernier ne m’a pas réellement apporté de connaissances supplémentaires. J’ai même pensé que, parfois, celui qui a réalisé ce reportage a cherché le sensationnel, notamment dans la première partie.

Au final, j’ai préféré la présentation de la dernière prison sur les trois évoquées. Elle donne certes une meilleure image de ce milieu où la discipline est toujours de mise et l’isolement est le maître mot. Cependant, ce passage me semble plus nuancé, plus à visage humain. J’ai largement apprécié cette dernière partie qui semble un peu plus éloignée des clichés habituels.

La fortune cachée de Poutine

Ce film soutient que Vladimir Poutine a utilisé des manoeuvres politiques et des hommes de main impitoyables pour assurer son pouvoir et augmenter son immense fortune.

Un deuxième documentaire porte sur la manière dont l’actuel président de la Russie s’est enrichi au fil des années et sur le système de corruption étatique. Ce dernier point est ce qui m’a le plus passionné que de savoir à quoi ont servi les fonds détournés dans la mesure où nous pouvons nous en douter. Cependant, sur quelques aspects, c’est un reportage intéressant. Il permet de mieux comprendre l’économie de la Russie et la raison pour laquelle, par exemple, les Jeux Olympiques d’hiver de Sotchi ont coûté plus cher en terme d’infrastructure que les devis initiaux.

De ce point de vue, le documentaire est bien fait, car il montre les divergences entre le discours officiel et la réalité. Il est intéressant de voir les deux points de vue et cela renforce le propos du réalisateur qui est de montrer la corruption au sein du gouvernement. Il est juste dommage que certains passages viennent se glisser et qui n’apportent pas grand chose.

Empire of the tsars

British historian Lucy Worsley travels to Russia to investigate the 300-year reign of the Romanov dynasty.

Des trois documentaires, Empire of the stars est celui que je retiens. Il se rapproche le plus de mes centres d’intérêts. Il évoque la famille des Romanovs à travers certaines de ses grandes figures : Pierre le Grand, Catherine de Russie… Il y a quelques mois, j’ai lu The Romanovs de Simon Sebag-Montefiore et ce documentaire apporte des visuels qui ont pu parfois me manquer. J’ai voyagé avec ce dernier, car il montre les palais, ce à quoi ressemblait un bateau de l’époque, la mode…

Il est vraiment bien fait, malgré quelques partis pris. Il est impossible d’évoquer la totalité des monarques que compte cette dynastie. Je comprends les choix effectués et ce documentaire semble être une bonne introduction à celles et ceux qui veulent en apprendre sur cette famille.

À lire également : The Romanovs de Simon Sebag-Montefiore

Playlist • Place rouge

Place Rouge • Le Concert Soundtrack

Concerto pour violon en ré majeur • Pyotr Iliytch Tchaikovsky

A rumor in Saint Petersburg • Anastasia Cast

The Neva flows • Anastasia Cast

Stay, I pray you • Anastasia Cast

Journey to the past • Anastasia Cast

Swan Lake, Op. 20, Acte II, n°10 • Pyotr Ilyitch Tchaikovsky

Nutcraker Suite • Pyotr Ilyitch Tchaikovsky

In the dark of the night • Anastasia

Kalinka • Les choeurs de l’Armée rouge

Valse n°2 • Dmitri Shostakovitch

Once upon a December (piano version) • Anastasia

Waltz of Flowers (The Nutcracker) • Pyotr Ilyitch Tchaikovsky

Pas de deux (The Nutcracker) • Pyotr Ilyitch Tchaikovsky

I am a Man, la dernière exposition photo du Pavillon Populaire de Montpellier

Durant la saison 2018, le Pavillon Populaire de Montpellier, lieu dédié aux expositions photographiques, a choisi d’explorer les liens existants entre la photographie documentaire et l’histoire, la recherche ethnographique. Elle se clôture par une exposition qui présente trois cent photos autour des luttes pour les droits civiques de la communauté afro-américaine dans les années 1960-1970 dans le sud des États-Unis. Le commissariat a été confié à William Ferris, spécialiste de la culture sudiste américaine.

La qualité exceptionnelle de cette exposition se doit d’être soulignée. Elle tient au nombre de clichés qui ont pu être rassemblés. Près de trois cent clichés rendent compte de ce combat. La plupart d’entre eux ont été pris par des photo-journalistes locaux ou des amateurs proches de ces mouvements. Ils nous rappellent leurs luttes à la fois au quotidien et par les grands événements tels que la marche sur Washington, menée par Martin Luther King.

Le parcours commence par les conditions de vie sociales et économiques de cette communauté en montrant également la ségrégation raciale dans es formes les plus visibles comme la distinction entre les toilettes pour « colored people » et ceux pour les autres. Ensuite, c’est la conquête des droits civiques. La violence est présente, sans pour autant montrer une seule goutte de sang. Elle se dévoile par les actes, comme avec la série de photographies autour de James Meredith, le premier étudiant de couleur admis au sein d’une université du sud, ou par les mots à travers certaines pancartes de manifestants. Elle se développe également au sein de l’avant-dernière section de l’exposition qui présente le Ku Klux Klan et la violence psychologique que certains klans utilisaient.

Cette (re)découverte des luttes pour les droits civiques se clôture par l’assassinat et les funérailles de Martin Luther King. Une des dernières photographies présentées est celle de Bob Alderman, Manifestant brandissant une pancarte pendant la cérémonie commémorative du Dr. King, pancarte qui a donné son titre à l’exposition, I am a man. C’est cette dernière qui reste en tête une fois la visite de l’exposition terminée par la force de son message qui conclue parfaitement toute cette lutte, cette conquête des droits civiques pour les Afro-américains durant ces deux décennies charnières que sont les années 1960-1970. Pourtant, cette photographie a un goût doux-amer. Elle fait écho à l’actualité du moment et à l’émergence du mouvement Black Lives Matter qui s’est développé en réaction aux violences policières envers les Noirs aux États-Unis. Ces échos se retrouvent également dans la littérature ou dans la protection cinématographique .

Avec cette dernière exposition, le Pavillon Populaire réussit son pari de dévoiler les liens entre la photographie documentaire et la manière dont un discours historique peut se construire, chacun n’excluant pas l’autre. Elle reste toujours d’actualité, malgré les cinquante ans qui nous sépare de ces photographies.

L’Envers du décor #9 • Le bilan 2018 pour le blog

Début octobre, le blog a fêté sa première année d’existence et, à ce moment, j’ai eu l’idée et l’envie de faire un petit état des lieux de ce dernier ainsi que de mes envies le concernant. L’année universitaire m’a rattrapé et je n’ai pas eu le temps d’y réfléchir. Heureusement, l’Envers du décor propose pour le mois de décembre de dresser le bilan de cette année écoulée. Je vous présente aussi mes objectifs pour 2019.

L’article de présentation de l’Envers du décor

Dans l’article bilan de l’année dernière, je m’étais fixée deux objectifs en rapport avec mon blog.

  • Continuer à faire des découvertes littéraires

J’ai lu un peu de littérature française durant les six premiers mois, mais 2018 a clairement été une année dédiée à la littérature russe. Je l’ai redécouverte cette année, pour mon plus grand plaisir. Depuis cet été, je ne peux plus m’en passer.

  • Améliorer la qualité de mes articles

À ce titre, je voulais varier mes articles en proposant certains dans des catégories où je n’avais pas l’habitude d’écrire. Le bilan est plutôt mitigé de ce point de vue. Je me suis inscrite à l’Envers du décor qui me permet d’aborder des questions autour de mon blog. J’ai aussi parlé un peu d’art. Par ailleurs, la qualité de mes articles est un point sur lequel je ne cesse de travailler.

Quels sont mes envies pour 2019 ?

  • Continuer les articles culturels

La culture dans toutes ses dimensions continue toujours de m’intéresser et de me passionner. Je ne me suis plus limitée à uniquement la littérature, le cinéma et aux série. Je suis allé explorer d’autres thèmes durant l’année avec les musées et les expositions, l’histoire de l’art. Je compte continuer dans cette lancée l’année prochaine et j’avoue avoir déjà quelques idées.

  • Explorer d’autres thèmes

J’ai commencé à publier tous les mois un articles pour l’Envers du décor et vous pourrez le retrouver en 2019. Je compte publier quelques billets sur cette année charnière que sera 2019, car je termine officiellement mes études. J’ai aussi de publier autour d’une mode plus éthique et responsable, vers laquelle je m’investis de plus en plus.  Pourquoi pas présenter quelques articles haul ou des tenues… J’y réfléchis encore.

Et vous, quels sont vos envies ou vos projets pour 2019 ?

CHAMBRAZ, Bernard • Vladimir Vladimirovitch (2015)

Pendant une année, Vladimir Vladimirovitch Poutine, homonyme du président russe, consigne la vie de son double dans trois cahiers. Le cahier rouge raconte son enfance puis son entrée au KGB. Le gris retrace ses cinq années comme agent secret en Allemagne puis sa lente métamorphose en homme de l’ombre dans les années 1990. Le noir décrit sa vie depuis son accession à la présidence.

Pour cette journée consacrée à un personnage emblématique de la Russie, comment ne pas parler de l’actuel tsar, pardon, président ? Omniprésent, il est difficile de ne pas connaître Vladimir Vladimirovitch Poutine, qu’il soit admiré ou condamné. Si je me situe dans cette deuxième catégorie, je dois avouer qu’il m’intrigue tout de même. Pourtant, je n’avais pas envie de me lancer dans une biographie, même s’il en existe un certain nombre. Mon choix s’est tourné vers ce roman de Bernard Chambaz qui me semblait relativement original.

Publié pour la première fois lors de la rentrée littéraire 2015, l’auteur propose un roman à deux avec deux Vladimir Vladimirovitch Poutine. Le premier est un simple citoyen russe, homonyme du président et le deuxième est ce même président russe. L’intrigue commence juste après la défaite de l’équipe de Russie au hockey lors des Jeux Olympiques d’hiver de Sotchi. Notre simple Vladimir, qui, pour plus de facilité, sera appelé V1 à partir de maintenant, est marqué par la tristesse de V2, le président donc. C’est un peu l’excuse, le point de départ pour démarrer une biographie de Poutine, romancée et à travers les yeux d’un autre homme.

Malheureusement, je reste dubitative sur ce roman. La partie de V1 ouvre le roman et elle est loin d’être intéressante. J’ai espéré une critique ou au moins un instantané de la société russe à travers ce personnage. Cependant, il se révèle mou et plus intéressé par sa relation avec sa voisine et ses carnets où il compile la vie de V2 que par toutes autres choses. Peut-être les Jeux Olympiques… J’ai rapidement commencé à sauter ces chapitres pour lire les carnets qui sont la partie biographique du roman… Là où j’ai encore placé quelques espoirs…

Ils commencent par l’enfance du président et je suppose qu’ils se terminent au mois jusqu’à cette fameuse scène des Jeux Olympiques. Pour être honnête, je n’ai même pas réussi à terminer ce roman et ce deuxième aspect du livre. Ce n’est pas tant le style de l’auteur qui m’a dérangé que le contenu. Le parti pris de romancer la biographie, d’essayer de ne pas s’arrêter aux seuls faits bruts en montrant les sentiments, les caractères des différents intervenants ne me dérangent pas. Cela humanise quelque peu le président russe, pouvant parfois mettre mal à l’aise le lecteur. Quant au contenu, rapidement, je me suis lassée, parfois ennuyée de lire les carnets. Je me suis rendu compte que je n’avais pas vraiment d’intérêt pour cette biographie et pour certains aspects de la vie de Vladimir Poutine. Je m’intéresse plus à la manière dont il est arrivé et resté au pouvoir tout ce temps, par exemple.

Vladimir Vladimirovitch est une déception. Je n’ai pas réussi à finir ce roman et je ne le recommande pas.