La Culture avec un grand A et du latte #3

Mon mois d’avril fut pris par mon stage, qui fut intense, mais qui m’a permis d’apprendre de nouvelles compétences professionnelles, comme la rédaction de communiqués de presse. J’ai pu vraiment m’investir dans la vie de la Fondation, faire des propositions. J’ai adoré chaque minute passé là-bas. Du coup, j’en ai un peu oublié certaines choses.

Honte à moi ! En tant qu’étudiante dans le domaine de la culture, je n’ai visité aucun musée ni exposition durant le mois. Je compte bien me rattraper durant le mois de mai. Je compte aller voir la nouvelle exposition du Centre Pompidou de Metz, Couples modernes. J’aimerais aussi voir un peu plus d’oeuvres de l’incroyable exposition se déroulant dans la ville de Strasbourg, Industrie magnifique. Je suis déjà allée voir le mammouth se situant à côté de la cathédrale. Le 19 mai, c’est également la Nuit européenne des musées. Je n’ai pas encore arrêté de programme, mais j’y réfléchis.

Du point de vue des lectures, j’ai enchaîné avec des livres moyens ou des grosses déceptions. Je n’ai eu littéralement aucun coup de coeur ce mois-ci où j’ai presque joué de malchance ! Parmi les romans que je qualifierai de sympathique, mais sans plus, j’ai pu lire le premier tome de la trilogie Wicked de Jennifer L. Armentrout, auteur que je découvrais par la même occasion. Je retiens l’univers qui se développe autour des faës et de la Nouvelle-Orléans. Malheureusement, j’ai trouvé que la romance prenait parfois toute la place, au détriment de l’intrigue. De plus, la fin fut sans surprise également. C’est le reproche que je fais également à Poppy de Mary Hooper. Je pense en reparler plus longuement sur le blog en novembre, car je développe un petit projet dans lequel ce roman s’intègre parfaitement. Toutefois, si je devais retenir un seul ouvrage, ce serait Le musée disparu d’Hector Feliciano. C’est une enquête menée par un journaliste sur les oeuvres disparues durant la Seconde Guerre mondiale, très bien écrit et accessible.

En revanche, grosse déception pour le premier tome de L’amie prodigieuse d’Elena Ferrante. J’en avais entendu tellement de bien sur la blogosphère et il était absolument partout. J’ai fini par craquer, après avoir longuement hésité. Le prologue m’avait quelque peu charmé, mais, très vite, je me suis ennuyée. J’ai trouvé le style de l’auteur mécanique et froid, voire impersonnel, des faits sans sentiments. Je ne me suis jamais attachée aux deux amies et j’ai fini par abandonner. Autre grosse déception pour The Muse de Jessie Burton. Il fera l’objet d’un prochain article, aussi, je ne vais pas m’étendre dessus.

Pour finir sur le récapitulatif de mes lectures du mois, je signale également Release de Patrick Ness (un article viendra dans quelques jours), Mrs Dalloway de Virginia Woolf que j’ai abandonné. Je n’ai jamais réussi à dépasser les cinq premières pages et j’ai essayé plusieurs fois, sans grand succès. Cela faisait presque un an que j’avais commencé The travels de Marco Polo. Même avec toute la bonne volonté du monde, je n’ai jamais réussi à dépasser les vingt pages lus…

En revanche, j’ai eu plus de chance avec les films et les séries que j’ai pu voir. Clairement, le mois d’avril fut placé sous le signe des zombies avec la sortie de la deuxième saison de Santa Clarita Diet, que j’ai dévoré en quelque jour. Encore un coup de coeur pour cette série qui change un peu de ce qui se fait autour des morts-vivants. C’est drôle, complètement loufoque et déjanté. Je ris franchement à chaque épisode. J’ai aussi regardé deux saisons de Z Nation, qui restera un de mes plaisirs coupables. Du côté des films, j’avoue ma passion pour les comédies horrifiques autour des zombies. Plus c’est nul, plus j’aime… Manuel de survie à l’apocalypse zombie était plutôt sympathique, avec des scènes bien comiques, frôlant parfois le grand n’importe quoi. J’ai également revu World War Z. Il se laisse voir.

Cependant, mon coup de coeur absolu du mois est dans un tout autre registre. J’ai plus qu’adoré… Roulements de tambour… Pierre Lapin. Oui, oui, Pierre Lapin. Je ne savais pas à quoi m’attendre en le voyant. Certainement pas à adorer chaque minute de ce dernier, à rire tout du long. Un article est déjà préparé pour vous expliquer le pourquoi du comment. J’ai commencé le mois avec un autre film sur les animaux, qui reste un classique du genre, sans vraiment de surprise. La fin est connue avant même d’avoir débuté le film. Benji reste toutefois un film adorable à voir, mais qui ne me laissera pas de souvenirs impérissable. Je dirai la même chose du troisième Pitch Perfect. Je ne regrette pas de ne pas l’avoir vu au cinéma. Il est mieux que le deuxième, mais moins bien que le premier.

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Origine (2017) / Dan Brown

Bilbao, Espagne. Robert Langdon, le célèbre professeur en symbologie et iconographie religieuse, arrive au musée Guggenheim pour assister à une cérémonie historique avec l’annonce d’une découverte scientifique révolutionnaire. L’organisateur de cette soirée n’est autre que le grand futurologue Edmond Kirsch, un milliardaire de quarante ans dont les inventions et les prédictions audacieuses ont fait de lui une célébrité mondiale. Kirsch, qui a été dans sa jeunesse l’étudiant de Langdon à Harvard, est sur le point d’annoncer le résultat de ses recherches… et d’apporter enfin une réponse aux deux questions fondamentales de l’humanité.

C’est toujours avec une impatience non dissimulée que j’attends chacune des parutions de cet auteur américain. Son personnage de Robert Langdon est un de mes préférés et j’ai du mal à me passer de ses aventures qui mélangent savamment histoire, art, technologie et, souvent, théories du complot. Il y a une véritable recette « Dan Brown », qui se retrouve dans tous les romans de la série et, pour être honnête, ça ne marche pas toujours à 100%.

Origine ne fera peut-être pas partie de mes coups de coeur de la série, gardant une préférence très nette pour Da Vinci Code et Anges et Démons, les premiers que j’ai lu et qui parlaient beaucoup d’art et d’histoire, avec des intrigues tournant également autour de la religion catholique et du Vatican. L’auteur revient un peu à cette thématique en mettant en avant des groupes religieux catholiques qui peuvent s’apparenter à des sectes. Il évoque encore une fois la relation entre religion et technologie. Encore un point qu’il a déjà abordé, notamment dans Anges et Démons.

Aux premiers abords, j’ai peut-être eu un petit mouvement de recul en me disant que ça sentait le déjà-vu. Je me rappelle l’intrigue d’Anges et Démons (je sens que je vais beaucoup le citer !), autour de la particule de Dieu. Elle répondait aussi à la question d’où venons-nous ? Question qui est au coeur d’Origine, avec où allons-nous ? Ce sont véritablement des problématiques dans l’air du temps, en témoignent les best-sellers de l’écrivain Yuval Noah Harari. Je n’en parlerai pas plus, car je suis encore dans la lecture du premier tome. Dan Brown convoque la science et la technologie pour construire tout l’argumentaire d’un de ses personnages centraux qui détiendrait enfin la réponse. Pour être franche, je n’ai su que penser de ce passage du livre. Il y avait un petit côté prophétique qui me dérangeait un peu, même si j’arrive aisément à savoir pourquoi il propose cette réponse à la question « où allons-nous ? ». Pour le reste, je ne pense pas avoir les connaissances pour juger de son côté plausible. C’est une possibilité et l’auteur sait se montrer convaincant, tout en ne le suivant pas totalement dans cette voie.

Je n’irai pas non plus jusqu’à dire que je n’ai pas apprécié ce nouvel opus des aventures de Robert, que j’ai peut-être trouvé un peu plus mou que dans les autres tomes, avec moins de grandes explications sur l’histoire et l’art. Elles sont présentes, dans la mesure où il est question du Guggenheim de Bilbao (il fallait bien mettre en avant un grand musée, comme chacun des livres le fait) et de l’oeuvre de Gaudi, notamment la Sagrada Familia. Commencer un roman de Dan Brown est, pour moi, la certitude de voyager. Après Paris, Rome, Florence et Istanbul, Washington, direction Bilbao et Barcelone. L’art et la littérature trouvent toujours leur place, pour guider la quête, apportant ainsi peu de changement chez un auteur qui ne se renouvelle pas toujours et qui utilise encore ce qui a déjà marché pour d’autres romans.

Même si je suis un peu plus critique avec tome, je ne boude pas totalement mon plaisir d’avoir eu ce roman entre mes ains et de l’avoir dévoré en deux jours, le lisant même en cours, alors que je ne le fais jamais. J’avais aussi quelques attentes concernant ce livre, sachant que j’attendais la prochaine publication de Dan Brown de pieds fermes. Je voulais un certain renouveau de la « recette », avec l’abandon de partenaires féminines, belles et douées… Raté. La trame varie peu, et c’est dommage. Il y a quelques révélations inattendues, sans pour autant me faire l’effet d’un choc.

Origine fait partie de ceux que j’ai le moins aimé avec Le symbole perdu. Même si j’ai relevé énormément d’aspects du livre qui m’ont quelque peu déçue, Dan Brown reste un des auteurs que je préfère. Malgré tout, il reste un auteur qui arrive toujours à me divertir, à m’emporter dans des histoires plus rocambolesques les unes que les autres, mais qui me tiennent en haleine du début à la fin. J’ai encore et toujours envie de vivre de telles aventures aux côtés de Langdon, de découvrir les villes qu’il cite et leurs musées. Au final, malgré quelques défauts, n’est-ce pas le principal ? Pour ma part, oui, et je continuerai à le lire aussi longtemps qu’il publiera.

La Culture avec un grand A et du latte #2

Ce mois de Mars est passé à une vitesse folle et je ne regrette pas qu’il se termine enfin. Il ne fut pas de tout repos entre l’avancement de mon mémoire et le rendu du projet pour les Journées des Arts et de la Culture dans l’Enseignement supérieur. Nous avons travaillé sur une salle des portraits en choisissant d’inverser les rôles : le visiteur n’est pas celui qui observe les tableaux, mais ces derniers viennent l’épier, en réactualisant les références. La vidéo est juste une merveille.

Du coup, cela a quelque peu influencé les films que j’ai vu en mars afin de chercher les meilleures séquences à ajouter à la vidéo. Le premier film fut l’adaptation de 1984 de George Orwell par Michael Radford… Qu’en dire ? J’ai eu énormément de mal à accrocher et je me suis quelques fois endormie. J’ai tout de fois commandé le livre pour découvrir ce classique que je n’ai pas encore lu. J’ai aussi revu Da Vinci Code (2006). Dans mes souvenirs, il y avait des scènes intéressantes sur l’impression d’être épié par les oeuvres du Louvre. C’est aussi un de mes petits plaisirs coupables. J’ai enchaîné sur un classique du cinéma français que je n’avais jamais vu jusqu’à maintenant, Harry, un ami qui vous veut du bien (2000). Il a plutôt mal vieilli, à mon avis, et je n’en garderai pas un souvenir impérissable.

Du coup, j’en ai un peu oublié ma résolution de tenter l’aventure des westerns. Objectif du mois d’avril… Essayer de voir un classique du genre et un qui soit plus récent. En attendant, j’ai aussi vu Justice League (2017) qui m’a laissé un sentiment quelque peu mitigé. Une très bonne surprise pour la musique, notamment Sigrid et son Everybody knows qui est une merveille. Comparés à Marvel, les DC Comics ont une bien meilleure soundtrack. Cependant, j’ai comme l’impression qu’ils ont du mal à trouver leur ton entre un humour proche de celui de Marvel et un autre plus sombre. Ils oscillent entre les deux. Je retiendrai également le placement de produits qui était un peu trop flagrant. Coucou Mercedes Benz !

J’ai aussi vu The Circle (2017) avec Tom Hanks et Emma Watson. L’idée de départ me semblait prometteuse en proposant une critique des réseaux sociaux et la volonté de toujours plus de transparence. Il est l’adaptation d’un thriller. Le film démontre bien les effets un peu pervers des réseaux sociaux. Cependant, la fin m’a quelque peu déçue. Ce n’était pas ce à quoi je m’attendais et, au final, j’ai pensé qu’elle avait moins d’impact sur le spectateur.

Un peu moins déçue par Zombillenium (2017) qui fut mon premier coup de coeur du mois. Je n’ai rien à redire sur l’histoire et les graphismes qui reprennent les codes de la bande dessinée. Frida (2002) fut aussi une belle découverte. J’admire beaucoup l’oeuvre de Kahlo et le film intègre tellement bien les oeuvres à la proposition esthétique du film, tout en montrant les liens entre son art et les événements de sa vie. L’interprétation de Salma Hayek est absolument irréprochable. Le dernier film vu était Ferdinand (2017) qui dénonce le monde de la corrida et la mise à mort des taureaux, sans tomber dans les clichés.

Du point de vue des séries, j’ai définitivement terminée Agent Carter et ce fut une très bonne deuxième saison. Je ne comprends toujours pas pourquoi elle a été arrêtée, mais Peggy et Jarvis vont me manquer. J’ai également succombé au phénomène Black Mirror en regardant les trois épisodes de la première saison. J’ai été totalement convaincue.

Du point de vue de mes lectures, j’ai continué ma découverte des auteurs français contemporains avec le deuxième tome de La Mort de Staline de Fabien Nury et Thierry Robin que j’ai adoré, mon premier Max Gallo avec La chute de l’Empire romainToday we live d’Emmanuelle Pirotte, Palmyre de Paul Veyne. Pas vraiment de coup de coeur, mais pas de grosses déceptions non plus. La seule va aux Animaux fantastique de J.K. Rowling.

Mon coup de coeur littéraire va pour Lumikko de Pasi Ilmari Jääskeläinen. Je compte en parler plus longuement sur le blog. Globalement, c’est une bonne surprise. Ce n’était ce à quoi je m’attendais, mais c’était encore mieux. À côté de cela, j’ai lu un comics, Joker de Brian Azzarello et Lee Barmejo, Les enquêtes de Middleton & Grice, Petits meurtres à Mangle Street de M.R.C. Kasasian qui est sympathique mais qui ne révolutionne pas le genre des policiers historiques. Je désirai lire depuis un petit moment Mythologie nordique de Neil Gaiman. Il se laisse lire, mais il ne m’a pas fait une forte impression. Je cite également rapidement le dernier Dan Brown, Origine, dont l’article sera bientôt en ligne. Il y a aussi eu deux lectures en anglais : Velvet undercover de Teri Brown (je vous en reparlerai en novembre, car il fait partie d’un projet) et One dark throne de Kendare Blake qui fut un brin en-dessous du premier.

J’ai aussi profité de ma dernière journée sur Metz pour voir la nouvelle exposition du Centre Pompidou, L’aventure de la couleur. Une petite exposition que j’ai grandement appréciée et qui m’a permis de voir des Matisse, quelques monochromes d’Yves Klein dont l’International Klein Blue est une pure merveille que je peux admirer pendant des heures.

Coco (2017)

Miguel, un mexicain de 12 ans vivant avec sa famille dans une zone rurale du Mexique, résout un mystère générationnel lié à sa famille en déclenchant une série d’événements qui donnera lieu à une réunion de famille, entre défunts et vivants. L’action se déroule lors du traditionnel Jour des morts.

Durée : 1 heure 49 minutes

Un film de : Lee Unkrich & Adrian Molina

 

Cette nouvelle collaboration Disney/Pixar était très attendue et Coco figurait parmi les dernières sorties cinématographiques de l’année 2017 que je voulais absolument voir. J’apprécie les immersions dans différentes cultures qu’ils nous proposent depuis quelque temps : l’Ecosse avec Brave, les îles du Pacifique avec Moana. Coco nous emporte au Mexique durant la Fête des Morts.

J’ai adoré découvrir cette fête à travers un dessin animé. Je connaissais déjà cette tradition, mais uniquement dans les grandes lignes. Par exemple, j’ignorais tout de l’importance d’exposer les photographies sur l’autel familial. Les explications sont présentes : les raisons du passage des morts, cette culture de la mémoire et de la famille, ce qu’il advient de ceux qui sont oubliés… Même pour des choses plus orientées vers un public jeune, j’attends toujours un univers qui soit tout de même un brin étoffé. Du coup, le monde de Miguel me paraît déjà plus complet et l’histoire en devient plus plaisante et moins enfantine.

J’y ai vu beaucoup de respect pour la culture mexicaine et une véritable volonté de la faire découvrir à travers une de ses fêtes les plus emblématiques que quasiment tout le monde connaît, réutilise parfois sans vraiment la comprendre. Le film met aussi l’accent sur sa musique, ses danses et son art avec la présence d’une Frida Kahlo que j’ai adoré. Coco respecte cet univers très coloré qui est très cohérent d’un point de vue esthétique et avec la Fête des Morts. C’est une explosion de couleurs et un regal pour les yeux. Le monde des morts était incroyable. L’équipe artistique a dû se faire plaisir pour l’imaginer. Visuellement, esthétiquement, Coco est une réussite et c’est un des aspects que je retiens du film. En effet, par beaucoup d’autres, je suis déçue. Je m’attendais à quelque chose de différent.

Notamment en ce qui concerne les parties musicales. L’idée de départ est un jeune garçon qui adore la musique et qui rêve de devenir musicien dans une famille où la musique est totalement bannie. Elle est au coeur même de l’intrigue et elle justifie toutes les aventures du jeune Miguel. Elle est certes présente, bien plus que dans n’importe quel film de Pixar, mais l’impression qu’il m’en reste est qu’elle était peut-être trop effacée. Quelques jours après avoir vu le film, à part Remember me, aucune ne m’a particulièrement marqué. Je n’en ai écouté aucune depuis alors que c’est quelque chose que je fais énormément. Je suis sensible aux musiques dans les films et j’ai souvent pour habitude de courir les réécouter quasiment tout de suite en sortant de la séance comme ce fut le cas pour Moana, par exemple. Pour un dessin animé où la musique est au coeur de tout, c’est un peu léger à mon avis. Elles sont entraînantes sur le moment, mais elles s’oublient vite.

Remember me fut une chanson très touchante et qui allaient parfaitement avec le film. J’ai vraiment apprécié que le titre de ce dernier ne soit pas le nom du jeune héros. Cela renforce encore plus le message du film : de l’importance de la famille, de se souvenir de nos ancêtres et de nos racines… L’histoire est terriblement émouvante et je mentirai si je disais que je n’avais pas versé ma petite larme. Il a parfois été bouleversant, me rappelant ma propre grand-mère espagnole et j’ai adoré la relation de Miguel avec sa grand-mère et son arrière-grand-mère.

Ce sont des thèmes universels qui sont abordés mais qui fonctionnent toujours. Ils restent exploitables et d’actualité. En tout cas, ils m’ont parlé. Je regrette seulement que l’intrigue fut si prévisible. Le traitement du sujet est classique, sans prise de risque et le tout n’offre aucune surprise en conséquent. Disney et Pixar n’osent pas encore casser les codes et c’est vraiment dommage. Cependant, je garde aussi à l’esprit que Coco est en premier lieu à destination d’un public plutôt jeune. En tant qu’adulte, mes espérances étaient sur d’autres terrains.

Si mon billet peut donner l’impression que je n’ai pas apprécié ce dessin animé, ce n’est pas totalement le cas. Certes, il y a des petits défauts, des horizons d’attente qui n’ont pas été rencontrés. Néanmoins, je ne suis pas complètement déçue de la séance, bien au contraire. J’ai passé un bon moment avec une histoire touchante et rythmée qui m’a plongé au coeur de la culture mexicaine, me faisant oublier la grisaille ambiante en apportant un petit rayon de soleil d’ailleurs.

Douce Nuit, Maudite Nuit (2012) | Seth Grahame-Smith

Le Spectre d’Antioche, le cauchemar de Judée, l’épine dans le pied d’Hérode. Balthazar s’est vu attribuer bien des surnoms, alors qu’en vérité, il n’est qu’un voleur un peu plus ambitieux et un peu plus chanceux que les autres. Cette fois, pourtant, trop d’ambition et trop peu de chance l’ont mené directement dans les cachots de Jérusalem, où il rencontre Gaspard et Melchior, deux bandits de grand chemin qui doivent eux aussi être exécutés au matin.

Mais Balthazar a un plan. Un plan qui finira par les conduire à Bethléem dans une certaine étable, où se cache une certaine famille, alors que brille dans le ciel une certaine étoile. Oubliez tout ce que vous croyiez connaître sur la Nativité et laissez-vous embarquer pour une grande aventure pleine de bruit et de fureur à travers la Judée de l’an 1 !

Seth Grahame-Smith est un peu le spécialiste des réécritures parfois particulières de l’Histoire avec Abraham Lincoln, Chasseurs de vampires ou de classiques de la littérature avec Orgueil et Préjugés et Zombies qui a même fait l’objet d’une adaptation cinématographique. Il récidive avec Douce Nuit, Maudite Nuit qui s’inspire du mythe de la Nativité. Une lecture de saison qui change des éternelles romances de Noël mais il pourrait ne pas plaire à tout le monde.

J’avais quelques appréhensions en commençant ce livre. Comme traiter, proposer une réécriture d’un mythe fortement connoté religieusement ? Surtout en gardant une certaine forme de respect. Seth Grahame-Smith est connu pour ses détournements littéraires avec plus ou moins de bonheur. Cependant, Douce Nuit, Maudite Nuit est un roman réussi même s’il a quelques défauts qu’il faut souligner, malgré son originalité. Globalement, il m’a diverti et c’est une des premières choses que je demande et attends d’un roman…

L’histoire est racontée du point de vue d’un des trois Rois Mages, qui est aussi un voleur… Il va faire la rencontre d’un couple qui vient d’avoir un bébé. Les principaux éléments de la Nativité sont présents et les décalages qui apportent l’originalité apparaissent rapidement comme dans les professions des Rois Mages, la personnalité de Marie et de Joseph, par exemple. Cependant, Seth Grahame-Smith lui donne un contexte historique plus développé. Il parle de la place particulière de la Judée, de son roi totalement soumis à Rome, des légions romaines postées dans cette province, les soulèvements de la population juive et les répressions. Tout y est pour donner un peu plus d’épaisseur à l’histoire originelle et la détacher de son côté légendaire, mythique.

Il lui donne aussi plus de réalisme avec des scènes violentes et sanglantes. Quand Hérode ordonne de tuer tous les enfants de moins de deux ans, cela donne une des scènes les plus terribles du livre et qui sonnent vraie. Il faut parfois avoir le coeur accroché, car toutes les scènes de batailles, de confrontations, de fuites ne vont pas sans leur lot de morts, de mares de sang et de détails sordides. L’auteur n’y va pas par le dos de la cuillère dans ses descriptions. Si la plupart du temps, elles s’intègrent bien au moment, à d’autres, je les ai trouvées de trop. Ils n’apportaient rien à l’intrigue ou aux événements. Cela sonnait un peu comme du « trash » un peu gratuit. L’auteur ne fait pas toujours la part des choses, à mon avis, et c’est dommage car le livre est déjà bien assez violent.

Pour une histoire de Noël, je voulais aussi retrouver une touche de magie. Elle n’était pas vraiment celle que j’attendais, mais j’ai été agréablement surprise. Elle était en cohérence avec l’ambiance du livre qui est tout de même sombre et violence, loin de ce que l’on peut imaginer pour cette période de l’année. C’est aussi ce qui fait l’originalité de cet ouvrage. L’auteur reprend les principaux codes et la trame narrative, tout en les cassant un par un, en les réarrageant. C’est particulier et j’avais peur d’y voir de temps à autre de l’irrespect pour ce mythe fondateur, en tout cas essentiel, central du christianisme. Je n’ai jamais ressenti que l’auteur pouvait être injurieux envers les croyances de certains lecteurs, même si un des personnages centraux, Balthazar, remets souvent en cause les propos de Marie concernant la conception de son fils. Je l’ai plutôt vu comme l’archétype de l’homme qui doute, de l’athée. C’était moins pire que ce à a quoi je m’attendais, donc c’est plutôt positif.

Ce n’est pas un coup de coeur, mais un roman de saison divertissant qui change des éternelles romances de Noël, que j’apprécie également. Douce Nuit, Maudite Nuit a rempli son office, mais il ne me laissera pas un souvenir impérissable. Il ne remplacera pas mon classique de Noël qui est l’éblouissant A Christmas Carol de Charles Dickens. Je le relis année après année mais j’ai beaucoup aimé ce petit changement de programme ou dans mes habitudes. C’est aussi ce qui a marqué cette année 2017 du point de vue de mes lectures. Je suis allée vers des genres littéraires que je lisais peu ou pas, pour faire des belles découvertes. J’espère continuer ainsi en 2018.