Pierre Lapin (2018)

Le petit lapin préféré des jeunes lecteurs depuis des générations est désormais le héros d’un film plein d’aventures et d’espièglerie ! L’éternelle lutte de Pierre Lapin avec M. McGregor pour les légumes du potager va atteindre des sommets. Sans parler de leur rivalité pour plaire à cette charmante voisine qui adore les animaux… Bien au-delà du jardin, de nombreuses péripéties les entraîneront de la magnifique région des lacs en Angleterre jusqu’à Londres !

Durée : 1 heure 33 minutes

Un film de : Will Gluck

Avec : Domhnall Gleeson ; James Corden ; Margot Robbie ; Elizabeth Debicki ; Daisy Ridley ; Rose Byrne…

Je lisais les romans de Beatrix Potter quand j’étais plus jeune et je trouve les illustrations toujours aussi magnifiques, pleines de douceur. Cette adaptation cinématographique de l’oeuvre de mon enfance me donnait envie, sans pour autant réellement savoir à quoi m’attendre. Cependant, avec James Corden (Peter Rabbit) et Domhnall Gleeson (McGregor) dans les deux rôles principaux, je ne pouvais que passer un bon moment.

Et plus encore, car Pierre Lapin fut un coup de coeur inattendu. Il y avait bien longtemps qu’un film ne m’avait pas propulsé directement en enfance. J’avais l’impression d’être une gamine qui s’esclaffait joyeusement devant les bêtises et les aventures de ce lapin facétieux. C’était drôle à souhait et je suis toujours bonne cliente pour l’humour anglais. Je ne m’attendais pas à un florilège de gags, de situations rocambolesques. J’avais peur que les scénaristes choisissent d’en faire trop. Ce n’est clairement pas mon ressenti. J’ai apprécié aussi les petites références que les adultes peuvent comprendre.

L’histoire démarre fort et elle va crescendo, de catastrophes en catastrophes. Elle reste classique et sans véritable surprise. Elle se finit comme on l’attend. Pour autant, j’ai passé un pur moment de divertissement avec cette bande de lapins très attachants et intelligents. Petit point positif, je trouve la remise au goût du jour plutôt réussie. À vrai dire, je n’avais pas d’attentes particulières. C’est un film familial qui peut plaire à tous. Il réunit tous les ingrédients pour une adaptation réussie.

Du point de vue de l’animation, j’ai adoré le mélange de prises de vue réelle, des animaux en image de synthèse et les passages en animation 2D. Les CGI sont bien réalisées et réalistes selon les critères actuels. Cependant, elles gardent également une petite touche de magie en ne poussant pas le réalisme à outrance pour donner tout de même un côté enfantin et relativement doux qui peut rappeler les illustrations des ouvrages de Beatrix Potter. J’espérais en apercevoir durant le film et j’étais ravie de voir, par exemple, que Beaucoup peignait les animaux de la forêt. En réalité, il s’agissait des illustrations originales des livres. C’était encore plus merveilleux quand l’animation en deux dimensions vient au service d’un bel hommage. Le mélange des trois types d’images ne m’a jamais dérangé, car, au final, elles s’intègrent parfaitement les unes aux autres dans une même histoire. Des rôles différents leur sont dévolus, permettant également de créer une cohérence.

Cependant, ce que je retiens du film, c’est la bande originale. Un immense coup de coeur ! Le premier moment de grâce vient avec We no speak Americano de Yolanda Be Cool vs. DCUP. C’est ensuite un florilège avec Do your thing de Basement JaxxFeel it still de Portugal The Man ou Crash into me de Dave Matthews Band. Jusqu’à l’apothéose… Five Hundred Miles de The Proclaimers. Cette chanson fait partie de mes plaisirs coupables. Dès que je l’entends, je ne peux pas m’empêcher de chanter (et parfois même de danser). Je devais avoir sensiblement les mêmes goûts musicaux que l’équipe en charge de la bande sonore. En tout cas, ils ont réussi à totalement m’emporter dans l’aventure musicale de Pierre Lapin.

En le commençant, je n’avais aucune attente particulière, mais il était clair que je ne m’attendais pas du tout à ce qu’il soit un coup de coeur. J’ai apprécié chaque minute de ce dernier qui est un petit bijou de divertissement. Je crois bien qu’il y a bien longtemps qu’un film ne m’avait fait autant rire.

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

Publicités

Livre et adaptation | Alias Grace

Alias Grace relate l’histoire de Grace Marks, jeune immigrée irlandaise au Canada devenue domestique. Accusée, avec James McDermott, du meurtre de ses employeurs, Thomas Kinnear et Nancy Montgomery en 1843, elle purge une peine de prison à vie quand le Dr Jordan se passionne pour son histoire et entreprend avec elle de retracer sa vie.

Alias Grace, le livre autant que son adaptation par Netflix, faisait partie de mes priorités pour 2018. L’année d’avant, je découvrais Margaret Atwood à travers sa dystopie féministe. The Handmaid’s Tale ou La servante écarlate était un énorme coup de coeur et la série est encore mieux, chose que je pensais impossible. C’est donc tout naturellement que je me suis dirigée vers ce nouveau titre et son adaptation.

Pas de dystopie féministe pour cette fois, Alias Grace nous plonge dans l’histoire vraie de Grace Marks qui aurait tué, avec l’aide de James McDermott, ses employeurs. Encore une fois, c’est un portrait de femmes de l’auteur que l’auteur nous propose et pas de n’importe quelle femme. A vrai dire, je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre en commençant le roman. Etait-ce une pure oeuvre de fiction retraçant cette histoire sordide, tout en profitant pour démontrer la condition de la femme à cette époque ? Ou une enquête romancée qui cherche à déterminer si elle était coupable ou innocente, un peu dans la lignée de ce que nous pouvons trouver pour Jack l’Eventreur, toute proportion gardée ?

Je penche personnellement pour la première solution, car, à aucun moment, je n’ai vu transparaître l’opinion de l’auteur à ce sujet. Coupable ou innocente, ce n’est pas le centre de son propos. C’est plutôt ce qu’essaie de déterminer le docteur Simon Jordan. J’y vois plutôt un moment pour Grace Marks de pouvoir s’exprimer, tout d’abord, librement, et, ensuite, en manipulant son auditeur, pas forcément en pensant mal, mais pour lui faire plaisir. Il est un des rares qui lui prêtait une oreille attentive, à être intéressée pour ce qu’elle a à dire et non pour le fait qu’elle était une meurtrière célèbre.

Le livre autant que la série le montrent parfaitement. Ils attendent tous les deux avec impatience ces moments où l’un parle enfin à quelqu’un qui l’écoute et respecte sa parole et l’autre écoute, pour satisfaire sa curiosité et avec un autre objectif en tête : le fait de prouver, dans un certain sens, l’innocence de la jeune fille. Toutefois, ce n’est pas ce que j’ai trouvé le plus intéressant dans cette relation entre Grace et Simon. Ce serait plutôt cette forme d’amour qui tient plus au fantasme et la subtile manipulation de la jeune fille envers le docteur qui lui donne ce qu’il attend. Il y a également beaucoup de sensualité qui se dégage, notamment dans la série avec des jeux de regards, des gestes qui semblent anodins et, parfois, lourds de sens. L’adaptation met aussi plus facilement en avant les fantasmes du docteur Jordan que le livre.

Cependant, ce que la série occulte un peu plus que le roman est tout ce qui touche à la sexualité, qui est beaucoup plus évoquée et qui est aussi une des raisons du départ du docteur Jordan. La question de la sexualité n’est pas centrale, mais elle tient une certaine place. Il y a une plus grande tension sexuelle avec le docteur et les différents personnages féminins. Dans la série, par exemple, la scène où Lydia, la fille du Gouverneur, prend la main de Simon Jordan lors d’une séance d’hypnose semble un peu incongrue dans la série dans la mesure où c’est un personnage qui a été peu vue dans l’adaptation. Elle est bien plus présente dans le roman et, en le lisant, le spectateur comprend mieux ce geste. Les relations entre toujours ce même docteur et sa logeuse ont aussi été raccourcies dans la série.

C’est aussi ce qui me fait voir cette dernière comme un résumé visuel et un peu détaillé du livre de Margaret Atwood. Peu d’autres éléments ont été apportés. Cette adaptation se concentre surtout sur les entretiens entre Grace et le docteur Jordan et les souvenirs de cette dernière. Il y a des éléments du livre qui sont parfois replacés, mais de manière incongrue. J’en ai quelques uns en tête et j’en ai déjà cité un peu plus haut. Le livre va plus loin. L’histoire du docteur a une importance quasiment égale et il y a des passages épistolaires entre sa mère et lui, avec un ami, des collègues. Il est aussi question de ses conquêtes, de ses propres souvenirs d’enfance avec les servantes de sa maison.

C’est ainsi qu’il réagit aux paroles de Grace et à ce qu’elle lui raconte. Cela démontre aussi qu’il est un homme de son temps, qui ne pense pas forcément aux femmes comme son égal, mais comme une servante, une épouse ou une prostituée. Nous avons vraiment ces trois figures dans la manière dont Simon Jordan perçoit les femmes. Elles ne peuvent pas être autres choses. Ce n’est clairement pas le personnage féministe de l’ouvrage, mais il met vraiment l’accent sur la condition et la vision de la femme durant le XIX siècle. Le pénitentiaire montre que la folie des femmes est surtout le fait des hommes. L’histoire de Grace démontre tout ce qu’elles peuvent endurer : le harcèlement des employeurs ainsi que le harcèlement sexuel, la condition de servante, la violence physique et verbale des hommes…

La série va ainsi à l’essentiel et ce n’est pas plus mal. Le livre m’a parfois donné du fil à retordre, non pas à cause du niveau de langue (c’est un anglais relativement facile), mais à cause de certaines longueurs. Comme dit plus haut, Margaret Atwood ne se concentre pas uniquement sur Grace, son histoire et les entretiens avec le docteur Jordan. Elle donne aussi un temps de parole à des personnages plus secondaires, notamment le fameux docteur. Cela casse parfois le rythme de l’histoire, car, même en tant que lectrice, j’étais suspendue aux lèvres de Grace, n’attendant que le moment où elle allait en arriver aux meurtres. Cependant, cela met trop de temps à arriver. Sur une petite brique de plus de cinq cent pages, il faut bien attendre de dépasser les trois cent pour que l’intrigue démarre réellement, à mon avis. Ces longueurs se font ressentir et, heureusement, l’adaptation faite par Netflix les occulte totalement… Et c’est tant mieux. Elle va à l’essentiel et se débarrasse du superflu. Pour autant, ce n’est pas une lecture qui m’a totalement déplu, ni même qui m’a donné envie d’explorer la bibliographie de Margaret Atwood. Son dernier roman me tente énormément. Je trouve qu’elle a tout de même un don pour raconter des histoires et pour mettre en scène des personnages féminins.

De la série, je retiens surtout l’incroyable interprétation de Sarah Gardon, qui tient le rôle principal. Ce n’est pas seulement parce qu’il s’agit du personnage central de la série, mais elle a une réelle présence à l’écran et elle écrase Edward Holcroft, qui joue Simon Jordan. Il est bon, mais l’actrice capte le regard. Elle joue parfaitement la candeur de Grace Marks, mais aussi la sensualité, la manipulation subtile que son personnage exerce et qui passe notamment par le regard et les gestes, les sourires ambigus. Dans le livre autant que dans son adaptation, nous ne savons pas toujours si elle est totalement honnête et innocente. J’ai parfois eu du mal à la croire. D’un autre côté, j’ai eu énormément de mal à la juger, car elle a des circonstances atténuantes. Indéniablement, c’est un personnage qui ne m’a pas laissé indifférente, que j’ai trouvé à la fois fascinante et dangereuse.

Alias Grace ne fut pas le coup de coeur que j’espérais pour ce début d’année, que ce soit pour le livre ou son adaptation, même si la balance penche plus pour la série. Cependant, je ne regrette pas cette découverte d’une histoire vraie dont j’ignorais tout. Je garde, pour l’instant, une petite préférence pour The Handmaid’s Tale. 

The Handmaid’s Tale | Saison 1

Dans un monde dystopique où la femme est au centre du pouvoir car elle est en voie de disparition, chaque femme est séparée en trois classes : les Épouses qui ont le pouvoir, les Marthas qui s’occupent de la Maison et enfin les Servantes écarlates dont l’unique rôle est la reproduction.

Dans ce futur où la reproduction se fait rare à cause de la pollution, la religion prend le pas sur la politique dans une sorte de gouvernement totalitaire.

Defred va venir raconter son histoire de Servante écarlate… une vie pleine de souffrances.

Avec : Elisabeth Moss ; Joseph Fiennes ; Yvonne Strahovski ; Max Minghella…

A l’instar de Stephen King, 2017 fut aussi l’année de l’auteur canadienne Margaret Atwood dont l’oeuvre littéraire a été redécouverte non seulement en librairie, mais aussi par le biais d’adaptations avec The Handmaid’s Tale et Alias Grace. Je termine 2017 avec le premier et je commence 2018 avec le deuxième, mais, aujourd’hui, c’est bien de The Handmaid’s Tale que je vais parler. Le  livre, comme la série, furent deux gros coups de coeur, même si j’ai mis un peu plus de temps à me lancer dans la série et ce, malgré les échos positifs que j’ai pu avoir.

De quoi parle cette première saison ? Elle reprend entièrement le livre, en lui étant parfaitement fidèle. C’est la première chose qui m’a étonné, car, vraiment, tout y est. Margaret Atwood avait approuvé cette adaptation de son livre et je peux comprendre pourquoi. La série se rapproche de ce que je pouvais imaginer durant ma lecture. Elle respecte l’univers mis en place par l’auteur et il a si peu besoin de réactualisation. C’est déjà un aspect positif, mais ça ne s’arrête pas là.

En effet, les scénaristes ont rajouté des éléments en plus par rapport à l’histoire de départ. Ce sont ces derniers qui me retenaient de commencer la série, par peur qu’ils en viennent à dénaturer le texte que j’ai adoré et qui m’a marqué. Pourtant, ils apportent un plus à la série, mais également à l’intrigue. Ils gardent le même type de narration que le livre où Offred se remémore des souvenirs de sa vie d’avant. Ils y sont dans cette adaptation, mais ils sont élargis à un plus large panel de personnages : Nick, Serena Joy, Luke… A un moment donné ou un autre, ils auront tous ou presque un épisode où leurs vies d’avant sera évoquée. Qu’est-ce qu’ils faisaient ? Comment en sont-ils venus à cette position au sein de Gilead ? De ce point de vue, le personnage de Serena Joy fut presque une révélation. Je l’ai mieux comprise, tout en restant consciente qu’elle était monstrueuse. Elle doit avoir une des scènes qui m’a le plus pris aux tripes. C’était de la pure torture mentale envers Offred qui cherchait sa fille. Je suis passée par tous les sentiments : la colère, la rage, le désespoir… Il me semble que cette scène n’était pas dans le livre, et, pourtant, elle apporte un véritable plus à l’intrigue.

D’autres scènes s’ajoutent et elles ne sont pas superficielles ou inutiles. Elles viennent admirablement compléter l’univers, en apportant des compléments d’informations qui manquaient parfois au roman. Ainsi est un peu plus explorée, par exemple, la manière dont le régime de Gilead fut mis en place. Il y a aussi une plus grande immersion dans le monde des Tantes ou une petite idée de la politique internationale, de la manière dont la justice est rendue, à la fois par les Servantes et les Commandants. Finalement, j’ai été moins septique par rapport aux libertés prises par le scénario, car les changements apportés sont cohérents et rendent la série un brin au-dessus du roman qui était déjà très bien.

Esthétiquement, The Handmaid’s Tale est une réussite. Le rouge des robes des Servantes tranche sur tous les plans, marquant d’autant plus leur présence. Toutefois, ce n’est pas tant l’esthétique de la série que la manière dont elle a été filmé que je retiens. Certaines scènes explosent tout sur leurs passages. Il y a des plans, des séquences qui bouleversent et qui marquent comme, par exemple, quand les Servantes refusent de mettre à mort l’une d’entre elles. Ces quelques minutes sont pleines de tension, de possibles et montrent que les choses changent et, juste après, elles repartent et la musique se lance… Feeling Good de Nina Simone. Mindblowing ! Je n’ai pas encore trouvé une bonne traduction de ce mot en français. Je pourrai citer d’autres exemples où l’image et le son se complètent parfaitement, se renforçant mutuellement.

La musique d’un film ou d’une série et sa relation avec l’image ou la scène sont primordiales, pour moi. J’y suis très sensible, j’y accorde beaucoup d’attention. Dans cette adaptation, cette relation tend quasiment vers la perfection, que ce soit pour les musiques instrumentales que pour les autres. Chaque musique est placée au bon moment. Quel plaisir de retrouver You don’t own me de Lesley GoreCan’t get you out of my head de Kylie MinogueMorning keep the streets empty for me de Fever Ray… Elle a l’une des meilleurs bandes son de l’année 2017, clairement.

Cependant, ce ne sont pas uniquement ces aspects de la série que je retiens. Il faut aussi parler de la performance des acteurs, avec Elisabeth Moss en tête. Je l’ai découverte récemment et non pas dans The Handmaid’s Tale, mais dans The Square (une satire du monde de l’art contemporain à notre époque qui est loin d’être ennuyeuse). Elle avait certes un petit rôle. Néanmoins, elle avait déjà une certaine présence à l’écran. Dans cette adaptation, elle crève littéralement l’écran par son interprétation parfaite du personnage d’Offred. Elle l’incarne à merveille, rendant tous ses sentiments, sa détresse, sa solitude, sa colère, sa peur, le fait qu’elle ne sache pas où est sa fille, ce qui lui est arrivé… Mais, plus encore, Elisabeth Moss arrive à les faire ressentir aux spectateurs qui partagent ainsi toutes les émotions de son personnage et, souvent, sans aucun filtre. Ce sont des émotions brutes, et je n’ai jamais pensé que l’actrice en faisait trop dans la mesure où j’ai totalement vibré avec elle. Son jeu était franc et vrai. Elle réalise, pour moi, une véritable performance qui éclipse quasiment toutes les autres, qui sont également très bonnes, avec une mention toute particulière pour Madeline Brewer qui joue Janine-Ofwarren.

Ce n’était pas le personnage que je préférais dans le livre, mais l’actrice a su me réconcilier avec Janine qui a été fortement traumatisée par son passage chez les Tantes. Elle démontre toute la fragilité physique et psychologique de son personnage, ses blessures intérieures et extérieures. Elle est également une des rares qui m’a profondément bouleversé par certaines scènes, presque bousculé.

La première saison se finit comme le livre, de manière abrupte et avec beaucoup de surprise. Dans les deux cas, je ne pouvais pas croire que ça finissait ainsi, qu’il devait manquer plusieurs chapitres. Toutefois, cela reste aussi cohérent avec l’histoire et ce type de régime politique que les gens disparaissent soudainement, sans laisser de traces. La deuxième saison devrait apporter des réponses et, pour le coup, la question de la fidélité ne va pas se poser car ça sera de la pure invention. J’ignore encore la date de diffusion, mais j’attends toujours que tous les épisodes sortent pour les regarder les uns à la suite des autres.

1922 (2017)

Une série de phénomènes persuadent un homme qu’il est hanté par son épouse dont il a commis le meurtre.

Durée : 1 heures 41 minutes

Un film de : Zak Hilditch

Avec : Thomas Jane ; Molly Parker ; Dylan Schmid ; Neal McDonough…

 

 

Même si le succès de Stephen King, dans les librairies ou par le biais des différentes adaptations cinématographiques et télévisées, est toujours au rendez-vous et ce, depuis près de quarante ans, 2017 semble être l’année de l’écrivain. Il y a eu pas moins de trois films tirés de son oeuvre dont le très attendu remake de Ca. Impossible d’échapper au phénomène Stephen King ! Pour ma part, c’est un auteur que je n’ai jamais lu, mais qui commence sérieusement à piquer ma curiosité.

L’histoire est relativement classique et n’est pas sans me rappeler les contes terrifiants d’Edgar Allan Poe. Cependant, 1922 reste une très bonne surprise pour plusieurs raisons. La première tient au fait que, visuellement, les plans sont très léchés. Ils permettent de mieux se plonger dans l’ambiance, tout en jouant sur l’idée d’absence et de présence des personnages, intérieur et extérieur. Ces couples renforcent ainsi le quasi huis-clos qui se déroule devant les yeux du spectateur ainsi que l’ambiance pesante.

De plus, après avoir vu le film, il devient plutôt clair que l’équipe du film a beaucoup misé sur le développement des personnages et sur l’ambiance globale. Tout au long, j’ai été plongée dans un intérieur oppressant et lourd, avec une violence parfois seulement silencieuse mais omniprésente. La musique joue aussi un rôle prépondérant dans cette adaptation. Elle est parfaitement calibrée pour le film avec des sons grinçants qui donnent la chair de poule et elle participe activement à l’attente psychologique, à la dégradation de l’esprit de Wilfred James, à la noirceur de ses pensées… Dans la première partie du film, j’avais ainsi le sentiment que quelque chose allait se passer et il faut attendre un peu avant que l’histoire ne bascule complètement, amenant quelques lenteurs à l’intrigue.

Dans la deuxième partie, les choses changent un peu. L’irréparable a été commis et 1922 devient intéressant à partir de ce moment. Le spectateur se demande si les événements peuvent aller encore plus dans l’horreur, dans l’insoutenable folie qui s’empare de cette maison. J’ai trouvé l’ambiance encore plus malsaine et les acteurs ont fait un travail fantastique. Je ne connaissais aucune des premiers rôles. Pourtant, le père et le fils étaient absolument parfaits et notamment Thomas Jane dans le rôle du fermier taciturne et proche de sa terre, Wilfred James. Il a beaucoup de charisme et cela rend d’autant plus plausible sa manipulation pernicieuse sur son fils. Ce dernier n’est pas en reste non plus. Ils forment tous les deux un très bon duo qui fonctionne très bien à l’écran, avec une réelle présence. Ils jouent énormément sur les regards, les tensions dans le langage corporel. Il y a peu de dialogues mais les acteurs les rendent superflus.

Au final, 1922 est un film avec une intrigue classique, presque un peu convenue. Cependant, il dispose d’arguments de choix en ce qui concernent l’atmosphère générale de l’adaptation et pour l’interprétation des personnages. Je m’attendais à un pur film d’horreur. En tout cas, la bande-annonce allait dans ce sens, mais il s’agit clairement d’un très bon thriller psychologique avec une maîtrise de la tension. Il y a quelques scènes qui peuvent heurter la sensibilité mais ce n’est pas l’objectif principal de l’adaptation qui est vraiment la psychologie des personnages, les relations familiales, la lente folie qui s’empare d’eux… Pour mon plus grand plaisir, d’ailleurs, car les films d’horreur ne sont pas ma tasse de thé. Par ailleurs, j’ai beaucoup aimé le rythme lent et contemplatif donné qui apporte une cohérence avec l’histoire, la musique…

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer