Des détails en peinture…

De ma licence d’histoire de l’art, j’ai appris l’iconographie, à reconnaître les thèmes et les personnages, quelques fois les symboles cachés. Si j’apprécie de connaître le sujet des oeuvres que je vois lorsque je visite un musée, ce n’est pas forcément cet aspect qui me fait m’arrêter pour contempler un tableau. Ce sont des détails qui vont retenir mon attention, une petite partie.

Il y a deux choses que j’apprécie énormément quand je regarde un tableau. Ce sont la manière dont les bijoux sont peints et plus particulièrement les perles et tout ce qui touche au textile, les différents types de tissus. Dans mon esprit, ce sont deux des points les plus difficiles à peindre et où l’artiste peut démontrer tout son talent. Je suis très impressionnée par la technique déployée pour les rendre les plus vraisemblables. Ces prouesses sont notamment possibles avec le développement de la peinture à l’huile.

Le premier artiste à avoir développé mon amour voire ma passion pour les bijoux en peinture est Jan Van Eyck avec son retable de l’Agneau mystique. Le Christ en majesté est une pure merveille de ce point de vue. Il faut regarder la couronne et la manière dont les différentes pierres précieuses sont peintes ainsi que son médaillon. Pour moi, il est le premier à avoir pleinement réussi à peindre. Il est impossible de ne pas citer La jeune fille à la perle de Johannes Vermeer. De ce tableau, cette boucle d’oreille est la première chose que je vois. Elle est parfaite avec cette lumière qui s’y reflète. Cependant, ce ne sont pas les seuls artistes à proposer des bijoux délicatement peints.

Concernant la peinture des vêtements, ce n’est que plus tardivement que j’y suis devenue sensible. C’est lors de ma dernière année d’histoire de l’art. Un de mes enseignants a attiré mon attention sur la manière dont Rembrandt peignait les différents types de tissus : la soie, la fourrure… Cela participe aussi aux charmes et à l’intérêt d’une peinture, portrait ou non. Cet aspect m’intéresse aussi du point de vue de la mode des différents siècles, connaître les tissus les plus prisés, la manière dont ils les ont associés… J’adore pouvoir devenir si c’est de la soie ou du velours, je m’extasie devant les dentelles. En temps normal, ce sont déjà des petits chefs d’oeuvre. En peinture, il y a des petits détails dans les manches, les garnitures dont la beauté est à couper le souffle, notamment par leur précision et le rendu de la texture.

Et vous, quels sont les détails qui vous accrochent quand vous regardez un tableau ?
Publicités

La Culture avec un grand A et du latte #4

Je n’ai pas publié ce type d’articles depuis quelques mois, mais l’été est l’occasion parfaite pour reprendre quelques bonnes habitudes. Le mois d’août est déjà bien entamé et c’est le moment de proposer mon bilan de juillet. Les vacances d’été sont définitivement propices à la lecture…

Je n’ai vu que très peu de films. Trois pour être précise. Je ne me suis déplacée qu’une seule fois dans les salles obscures, pour voir le nouveau Jurassic World, Fallen KingdomIl a d’ailleurs été mon seul coup de coeur du mois. Il avait tous les ingrédients pour faire un opus réussi, tout en ouvrant d’autres possibilités. Je suis une grande fan de la franchise. À côté de ça, j’ai regardé The Dictator de Sacha Baron Cohen dont je ne suis définitivement pas fan de l’humour et Braquage à l’ancienne avec Michael Caine et Morgane Freeman. Une comédie sans plus.

En revanche, je me suis fait deux expositions : Hélène de Beauvoir, la soeur de Simone au Musée Würth qui propose une rétrospective de l’artiste, de ses débuts et ses influences au fur et à mesure. Je la recommande. Hélène est moins connue que sa soeur, mais elle le mérite. Son oeuvre est vraiment intéressante : elle s’inscrit dans les mouvements de l’avant-garde de l’époque tout en explorant des thèmes comme le féminisme, les événements de mai 68. Un week-end à Paris et j’ai profité pour aller voir l’exposition Klimt à l’Atelier des Lumières dont j’ai déjà parlé sur le blog.

En revanche, j’ai lu une quinzaine de livres.

  • How to be a woman de Caitlin Moran : une déception tout de même. J’attendais beaucoup de cet ouvrage, mais, finalement, je n’ai pas été sensible aux sujets qu’elle aborde et la manière dont elle les aborde.
  • Eragon de Christopher Paolini : j’avais très envie de relire afin de continuer et terminer la série. Cependant, la lecture de ce premier tome s’est révélée houleuse. Je n’ai plus retrouvé la magie de ma première lecture.
  • La tétralogie des origines, Le château des millions d’années de Stéphane Pzbylyski : la science-fiction n’est pas un genre que j’ai l’habitude de lire mais auquel je m’essaie de temps à autre. Le plus souvent avec succès comme avec Sylvain Neuvel. Un gros coup de coeur pour ce premier tome.

  • Kamarades, La fin des Romanov, Tuez-les tous & Terre promise de Benoît Abtey, Jean-Baptise Dusséaux et Mayalen Goult : une série dont j’ai adoré l’histoire et le graphisme. Un de mes coups de coeur de ce mois-ci.
  • The Romanovs de Simon Sebag-Montefiore : je vous renvoie vers mon article pour connaître mon avis sur cet essai historique.
  • Le détail, Pour une histoire rapprochée en peinture de Daniel Arasse : les essais d’histoire de l’art de Daniel Arasse sont toujours très bien écrit et j’apprends toujours plein de choses.
  • Vladimir Vladimirovitch de Bernard Chambraz : une lecture en demi-teinte. Je m’attendais à quelque chose de différent. J’en parlerai plus en détail lors du mois russe, en décembre.
  • À l’ouest rien de nouveau d’Erich Maria Remarque : un des classiques autour de la Première Guerre mondiale. Une relecture qui m’a encore touché, chamboulé. Ce roman d’Erich Maria Remarque est celui qu’il faut lire à ce sujet.

  • Burn the fairytale d’Adeline Whitmore : je continue mon exploration de la poésie contemporaine avec Adeline Whitmore. Mais je suis réellement déçue. Je ne l’ai pas trouvé positif envers toutes les femmes.
  • La meilleure chose qui ne me soit (jamais) arrivée de Laura Tait et Jimmy Rice : finir le mois avec une petite romance. Elle est divertissante, mais pas transcendante. J’ai passé un bon moment, mais je n’en garderai pas un souvenir impérissable.

L’exposition Klimt à l’Atelier des Lumières

La place du numérique dans le domaine de l’exposition est une question qui me passionne. Il ouvre des possibilités intéressantes. L’exposition sur Van Gogh a beaucoup fait parler d’elle. Je n’ai jamais eu la chance de pouvoir la visiter, quand bien même j’admire cet artiste-peintre. Un autre artiste pour lequel j’ai un enthousiasme sans limite est Gustav Klimt dont j’adore l’oeuvre. Je ne pouvais donc pas manquer cette nouvelle exposition… Une expérience totalement inédite pour moi.

L’Atelier des Lumières est un espace d’exposition totalement dédié à l’art numérique. L’espace disponible est relativement impressionnant et très bien exploité durant les projections, permettant à la fois de s’asseoir, déambuler et varier les points de vue. Le maître-mot est immersion. Dans quoi ? Dans les peintures et les oeuvres de l’artiste qui

 

sont mises en scène pour proposer quelque chose de totalement nouveau autour du travail de Klimt, produisant presque une autre oeuvre d’art. Il y a des réinterprétations, des rapprochements faits, des choix esthétiques…

Pour ma part, je n’ai pas vu de dénaturation de ce peintre de la Sécession viennoise. Au contraire, j’ai redécouvert son oeuvre et son caractère parfois poétique, ses sublimes portraits qui magnifient les femmes. C’est un spectacle absolument magique et magnifique auquel l’Atelier des Lumières nous convie. L’effet est des plus réussi et j’ai réellement eu l’impression d’évoluer dans les tableaux, de me perdre dans l’univers de Klimt. La vidéo est projetée non seulement sur les murs, mais elle anime également le sol, plaçant le visiteur dans une bulle hors du temps. L’immersion est totale et ce fut une expérience absolument fantastique. J’ai été émerveillée d’un bout à l’autre de la projection. C’est à la fois étonnant et merveilleux, montrant que le numérique peut avoir un côté fantastique et renouveler la scénographie d’exposition. Je regrette d’autant plus d’avoir manqué Imagine Van Gogh. Je ne doute pas que ce type d’événements se représentera.

La projection se fait aussi au son d’une musique d’opéra ou de musique classique. L’expérience est vraiment totale pour le visiteur. Je vais même plus loin en disant que l’Atelier des Lumières, qui a ouvert très récemment (en avril 2018), propose une oeuvre d’art totale qui mélange peinture, sculpture, musique, numérique…

L’exposition Klimt sera présentée jusqu’en novembre avec le programme court sur un autre artiste autrichien, Hundertwasser. Quand à la création contemporaine, Poetic_AI du collectif Ouchhh, elle est visible jusqu’à fin août. Elle est renversante également et vous propulse directement dans le futur. Pour pouvoir avoir une idée de ce que le lieu peut donner, je vous invite à faire un petit tour sur le site internet de l’Atelier des Lumières.

The Muse (2016) » Jessie Burton

On a hot July day in 1967, Odelle Bastien climbs the stone steps of the Skelton gallery in London, knowing that her life is about to change forever. Having struggled to find her place in the city since she arrived from Trinidad five years ago, she has been offered a job as a typist under the tutelage of the glamorous and enigmatic Marjorie Quick. But though Quick takes Odelle into her confidence, and unlocks a potential she didn’t know she had, she remains a mystery – no more so than when a lost masterpiece with a secret history is delivered to the gallery.

Au début de l’année, j’ai découvert cette auteur anglaise avec son premier roman, The Miniaturist dont je n’ai toujours pas vu l’adaptation. J’ai donc voulu enchaîner avec The Muse qui avait de quoi me plaire : un tableau retrouvé, le monde l’art et notamment des galeries, deux époques historiques qui se mélangent dans une même narration, des secrets de famille… J’étais persuadée qu’il serait également un coup de coeur. Malheureusement, je suis passée totalement à côté. Pourquoi ?

Je m’attendais à retrouver tout le travail d’ambiance de son premier roman où elle a fait revivre à merveille l’âge d’or hollandais avec une ambiance un peu sombre, froide et humide qui colle à merveille à l’intrigue et à la ville d’Amsterdam telle que je l’imagine. De ce point de vue, The Muse m’a laissé sur ma faim. J’espérais mieux. Pourtant, il y a également une atmosphère faite de secrets et de non-dits qui pèse sur les différents personnages. Jessie Burton échoue là où elle avait pourtant brillé. Sans ce climat particulier, le roman peine à devenir intéressant et il rate quelque peu son effet. En tout cas, il ne sauve pas l’intrigue.

C’est un autre aspect du roman sur lequel je suis déçue. J’y avais placé quelques espoirs, je l’avoue. Je me passionne depuis de longues années pour le monde de l’art, surtout en ce qui concerne les oeuvres volées, disparues, retrouvés, leurs histoires et leurs aventures. Couplés cela à des secrets de famille, des périodes sombres de l’histoire espagnole, j’accours. Je suis plutôt demandeuse de ce type d’ouvrages, peu important qu’il s’agisse de romans ou d’essais. Je commençais cette lecture les yeux fermés. Cependant, l’intrigue avait du mal à démarrer et j’ai trouvé que les moments où l’auteur passe d’une époque historique mal amené. En effet, elle coupait bien souvent une action qui était bien partie, cassant ainsi le rythme, mais également mon intérêt. Dès que ça commençait à devenir vraiment intéressant, elle passait tout de suite à l’autre intrigue et j’étais parfois un peu frustrée de devoir quitter l’un ou l’autre des personnages. À ce titre, je n’ai jamais eu de préférence pour l’un ou l’autre, montrant aussi le peu d’intérêt que j’ai réussi à avoir pour ce roman.

J’ai abandonné le livre alors que j’étais quasiment arrivée à la moitié. En fait, l’histoire aurait pu s’arrêter là, car je venais d’apprendre la véritable identité de l’artiste du tableau. Pour moi, c’était ce qui devait constituer le coeur du roman. Je n’arrivais pas à projeter la suite, ce qu’elle pouvait être, notamment quand l’auteur n’arrivait pas à créer un quelconque suspens, une attente. Il manque un petit truc pour que les pages se tournent toutes seules. Au final, je suis totalement déçue par ce livre. Les personnages m’ont moins marqué que la famille Brandt. Je plaçais beaucoup d’espoir dans The Muse qui se révèle être une grosse déception. Je peux difficilement trouver un aspect du livre qui m’aurait plu. Jessie Burton a réussi à me faire lire un coup de coeur et une déception. Du coup, je ne sais plus si je dois continuer ou non à la lire.

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

Au banc des essais #2

Je vous propose une petite sélection de trois essais que j’ai lus dernièrement. Deux sont relativement proches et un autre change de sujet du tout ou tout. J’essaie, dans la mesure du possible, de présenter des ouvrages qui soient accessibles à tous, qui n’ont pas besoin de connaissances poussées dans le domaine pour les apprécier. Ma volonté est vraiment de mettre plus en avant ce genre littéraire, parfois boudé des blogs.

La voiture du peuple et le sac Vuitton de Éve Charrin

Glisser dans un sac à main le désarroi de nos classes moyennes. Caser dans une petite voiture low-cost la croissance rapide et inégalitaire des grands pays émergents, ou montrer qu’un climatiseur peut souffler, à l’occasion, l’air frais de la démocratie… Dire le monde en une quinzaine d’objets, c’est le pari de ce livre. Porteurs de désirs et d’espoirs, nés du travail et de l’argent, les objets reflètent notre imaginaire et trahissent les rapports de force qui façonnent une époque. Luxueux ou modestes, ils sont les héros de ces fables contemporaines qui mènent de Paris à Bombay en passant par Londres et Dubaï. Dans le prolongement des Mythologies de Roland Barthes, Ève Charrin combine la lucidité de l’enquête et la subjectivité du récit pour explorer ce que nous révèlent les choses.

L’idée de départ est d’établir des liens avec des objets iconiques avec un fait de société. Elle aborde, par exemple, le sac Pliage Longchamp qui parle à toutes les générations et à toutes les classes sociales. C’est un texte qui m’a, du coup, énormément plu, car j’en possède moi-même pas moins de cinq ou six différents. J’ai ainsi pu m’identifier à ses propos, voir dans quelle catégorie elle allait me mettre… Dans un autre texte, elle se pose la question suivante : comment la pomme, un des fruits les plus accessibles, peut également devenir un objet de luxe ou qui véhicule un message politique ?

Ce sont des courts textes qui ne sont pas sans rappeler les Mythologies de Roland Barthes, mais en plus accessibles, et passionnants, car elle se situe réellement dans notre époque. Nous connaissons les objets dont elle parle, ce qui n’est pas toujours le cas avec Barthes. Cet essai fut vraiment une bonne surprise, malgré des textes d’une qualité très variable, dont un qui m’a semblé quelque peu hors sujet. Certains m’ont paru très justes dans l’analyse de notre société, notamment celui sur le sac Vuitton. Je n’ai pas spécialement de notions de sociologie, ce qui ne m’a pas empêché de comprendre ce qu’elle voulait dire.

Mythologies de Roland Barthes

Notre vie quotidienne se nourrit de mythes : le catch, le striptease, l’auto, la publicité, le tourisme… qui bientôt nous débordent. Isolés de l’actualité qui les fait naître, l’abus idéologique qu’ils recèlent apparaît soudain. Roland Barthes en rend compte ici avec le souci – formulé dans l’essai sur le mythe aujourd’hui qui clôt l’ouvrage – de réconcilier le réel et les hommes, la description et l’explication, l’objet et le savoir. « Nous voguons sans cesse entre l’objet et sa démystification, impuissants à rendre sa totalité : car si nous pénétrons l’objet, nous le libérons mais nous le détruisons ; et si nous lui laissons son poids, nous le respectons, mais nous le restituons encore mystifié ».

Un des classiques du genre et qui a inspiré de nombreuses générations de sociologues après lui, dont l’essai que j’ai évoqué plus haut. Ce sont des textes plus ou moins longs sur différentes thématiques, comme la nouvelle Citroën, le plastique qui venait d’apparaître et d’être très largement produit, les pages horoscope du magazine Elle (qui semble un bon sujet d’étude, car il revient souvent)… Il réagit à l’actualité de son temps.

Du coup, certains textes peuvent nous sembler légèrement dépassés, et nous ne savons plus vraiment de quoi il parle. Cependant, juste pour la méthodologie, la manière de penser, de construire le propos, je pense qu’il reste passionnant à lire voire essentiel. D’autres peuvent encore avoir des échos à l’heure actuelle. J’avoue avoir eu parfois du mal avec quelques textes et j’ai mis plusieurs mois à le terminer. Ce n’est pas un ouvrage que j’ai réussi à lire d’un bout à l’autre, mais par petits essais. J’en avais pourtant déjà lu et étudié. Toutefois, ce n’est pas un ouvrage qui se laisse facilement appréhendé, par moment.

Le musée disparu d’Hector Feliciano

Printemps 1940 : au fur et à mesure de la progression de la Wehrmacht sur le territoire français, des services nazis de confiscation, spécialement institués, entreprennent, à partir de listes établies bien avant le déclenchement de la guerre, le pillage et la confiscation, qui dureront tout le temps de l’Occupation, de milliers d’œuvres d’art. Des collections publiques et privées, des tableaux mais aussi des millions de livres, manuscrits, meubles et objets de valeur partent vers l’Allemagne. Volés systématiquement et méthodiquement, ou plus fortuitement par les officiers et les soldats, nombre n’ont aujourd’hui encore pas été retrouvés. En 1995, Hector Feliciano publiait en France le fruit de huit années d’enquête, au terme desquelles il avait retrouvé la trace de certaines œuvres. Les traductions de cet ouvrage à l’étranger l’enrichirent chaque fois de découvertes nouvelles, puisqu’elles s’inscrivaient dans le mouvement international de restitution aux héritiers des biens confisqués et presque toujours récupérés après la guerre par les États nationaux, mais pas par les familles, faute le plus souvent d’informations. 

Fruit de huit années de recherches et d’enquêtes, Hector Feliciano aborde le pillage des musées, mais surtout des collections privées de marchands d’art, de banquiers, d’industriels juifs… Son ouvrage est très amplement documenté et absolument passionnant. Il se lit presque comme un roman, une saga historique dramatique où l’Histoire se fait implacable. À la lecture, j’ai pu croiser les Rotschild, Paul Rosenberg, mais également Braque, Picasso… Ce sont des noms de collectionneurs et marchands d’art que je connaissais. Ils ont joué un rôle primordial en faisant connaître et en supportant des artistes de l’avant-garde. En revanche, j’ignorais tout du sort de leurs collections.

C’est un sujet qui était relativement peu abordé. Malgré quelques années à dévorer tout ce que je pouvais (ou presque) autour de la Seconde Guerre mondiale, l’art, les collections privées et publiques et le patrimoine n’ont quasiment jamais été abordés. J’en ai seulement pris conscience avec la sortie du film Monument Men, inspiré d’une autre enquêté, réalisée par Robert M. Edsel, puis d’un autre film, La femme au tableau qui aborde la question de la restitution des oeuvres. Le musée disparu s’intéresse surtout au cas de la France, une raison de plus de le lire. J’ai aussi appris que certaines oeuvres n’ont jamais été retrouvées. Parfois, des visuels existent permettant de se faire une idée. Mais, au final, combien d’oeuvres ne pourrons-nous jamais voir ? Où sont les oeuvres qui ont disparu ?

Sincèrement, je recommande cette lecture enrichissante qui m’a appris plein de choses que j’ignorais… Le tout dans un style très accessible qui peut faire penser aux romans d’enquête. Si ces questions vous intéressent, c’est le premier à lire, je pense.

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

La Culture avec un grand A et du latte #3

Mon mois d’avril fut pris par mon stage, qui fut intense, mais qui m’a permis d’apprendre de nouvelles compétences professionnelles, comme la rédaction de communiqués de presse. J’ai pu vraiment m’investir dans la vie de la Fondation, faire des propositions. J’ai adoré chaque minute passé là-bas. Du coup, j’en ai un peu oublié certaines choses.

Honte à moi ! En tant qu’étudiante dans le domaine de la culture, je n’ai visité aucun musée ni exposition durant le mois. Je compte bien me rattraper durant le mois de mai. Je compte aller voir la nouvelle exposition du Centre Pompidou de Metz, Couples modernes. J’aimerais aussi voir un peu plus d’oeuvres de l’incroyable exposition se déroulant dans la ville de Strasbourg, Industrie magnifique. Je suis déjà allée voir le mammouth se situant à côté de la cathédrale. Le 19 mai, c’est également la Nuit européenne des musées. Je n’ai pas encore arrêté de programme, mais j’y réfléchis.

Du point de vue des lectures, j’ai enchaîné avec des livres moyens ou des grosses déceptions. Je n’ai eu littéralement aucun coup de coeur ce mois-ci où j’ai presque joué de malchance ! Parmi les romans que je qualifierai de sympathique, mais sans plus, j’ai pu lire le premier tome de la trilogie Wicked de Jennifer L. Armentrout, auteur que je découvrais par la même occasion. Je retiens l’univers qui se développe autour des faës et de la Nouvelle-Orléans. Malheureusement, j’ai trouvé que la romance prenait parfois toute la place, au détriment de l’intrigue. De plus, la fin fut sans surprise également. C’est le reproche que je fais également à Poppy de Mary Hooper. Je pense en reparler plus longuement sur le blog en novembre, car je développe un petit projet dans lequel ce roman s’intègre parfaitement. Toutefois, si je devais retenir un seul ouvrage, ce serait Le musée disparu d’Hector Feliciano. C’est une enquête menée par un journaliste sur les oeuvres disparues durant la Seconde Guerre mondiale, très bien écrit et accessible.

En revanche, grosse déception pour le premier tome de L’amie prodigieuse d’Elena Ferrante. J’en avais entendu tellement de bien sur la blogosphère et il était absolument partout. J’ai fini par craquer, après avoir longuement hésité. Le prologue m’avait quelque peu charmé, mais, très vite, je me suis ennuyée. J’ai trouvé le style de l’auteur mécanique et froid, voire impersonnel, des faits sans sentiments. Je ne me suis jamais attachée aux deux amies et j’ai fini par abandonner. Autre grosse déception pour The Muse de Jessie Burton. Il fera l’objet d’un prochain article, aussi, je ne vais pas m’étendre dessus.

Pour finir sur le récapitulatif de mes lectures du mois, je signale également Release de Patrick Ness (un article viendra dans quelques jours), Mrs Dalloway de Virginia Woolf que j’ai abandonné. Je n’ai jamais réussi à dépasser les cinq premières pages et j’ai essayé plusieurs fois, sans grand succès. Cela faisait presque un an que j’avais commencé The travels de Marco Polo. Même avec toute la bonne volonté du monde, je n’ai jamais réussi à dépasser les vingt pages lus…

En revanche, j’ai eu plus de chance avec les films et les séries que j’ai pu voir. Clairement, le mois d’avril fut placé sous le signe des zombies avec la sortie de la deuxième saison de Santa Clarita Diet, que j’ai dévoré en quelque jour. Encore un coup de coeur pour cette série qui change un peu de ce qui se fait autour des morts-vivants. C’est drôle, complètement loufoque et déjanté. Je ris franchement à chaque épisode. J’ai aussi regardé deux saisons de Z Nation, qui restera un de mes plaisirs coupables. Du côté des films, j’avoue ma passion pour les comédies horrifiques autour des zombies. Plus c’est nul, plus j’aime… Manuel de survie à l’apocalypse zombie était plutôt sympathique, avec des scènes bien comiques, frôlant parfois le grand n’importe quoi. J’ai également revu World War Z. Il se laisse voir.

Cependant, mon coup de coeur absolu du mois est dans un tout autre registre. J’ai plus qu’adoré… Roulements de tambour… Pierre Lapin. Oui, oui, Pierre Lapin. Je ne savais pas à quoi m’attendre en le voyant. Certainement pas à adorer chaque minute de ce dernier, à rire tout du long. Un article est déjà préparé pour vous expliquer le pourquoi du comment. J’ai commencé le mois avec un autre film sur les animaux, qui reste un classique du genre, sans vraiment de surprise. La fin est connue avant même d’avoir débuté le film. Benji reste toutefois un film adorable à voir, mais qui ne me laissera pas de souvenirs impérissable. Je dirai la même chose du troisième Pitch Perfect. Je ne regrette pas de ne pas l’avoir vu au cinéma. Il est mieux que le deuxième, mais moins bien que le premier.

EnregistrerEnregistrerEnregistrerEnregistrer

Origine (2017) / Dan Brown

Bilbao, Espagne. Robert Langdon, le célèbre professeur en symbologie et iconographie religieuse, arrive au musée Guggenheim pour assister à une cérémonie historique avec l’annonce d’une découverte scientifique révolutionnaire. L’organisateur de cette soirée n’est autre que le grand futurologue Edmond Kirsch, un milliardaire de quarante ans dont les inventions et les prédictions audacieuses ont fait de lui une célébrité mondiale. Kirsch, qui a été dans sa jeunesse l’étudiant de Langdon à Harvard, est sur le point d’annoncer le résultat de ses recherches… et d’apporter enfin une réponse aux deux questions fondamentales de l’humanité.

C’est toujours avec une impatience non dissimulée que j’attends chacune des parutions de cet auteur américain. Son personnage de Robert Langdon est un de mes préférés et j’ai du mal à me passer de ses aventures qui mélangent savamment histoire, art, technologie et, souvent, théories du complot. Il y a une véritable recette « Dan Brown », qui se retrouve dans tous les romans de la série et, pour être honnête, ça ne marche pas toujours à 100%.

Origine ne fera peut-être pas partie de mes coups de coeur de la série, gardant une préférence très nette pour Da Vinci Code et Anges et Démons, les premiers que j’ai lu et qui parlaient beaucoup d’art et d’histoire, avec des intrigues tournant également autour de la religion catholique et du Vatican. L’auteur revient un peu à cette thématique en mettant en avant des groupes religieux catholiques qui peuvent s’apparenter à des sectes. Il évoque encore une fois la relation entre religion et technologie. Encore un point qu’il a déjà abordé, notamment dans Anges et Démons.

Aux premiers abords, j’ai peut-être eu un petit mouvement de recul en me disant que ça sentait le déjà-vu. Je me rappelle l’intrigue d’Anges et Démons (je sens que je vais beaucoup le citer !), autour de la particule de Dieu. Elle répondait aussi à la question d’où venons-nous ? Question qui est au coeur d’Origine, avec où allons-nous ? Ce sont véritablement des problématiques dans l’air du temps, en témoignent les best-sellers de l’écrivain Yuval Noah Harari. Je n’en parlerai pas plus, car je suis encore dans la lecture du premier tome. Dan Brown convoque la science et la technologie pour construire tout l’argumentaire d’un de ses personnages centraux qui détiendrait enfin la réponse. Pour être franche, je n’ai su que penser de ce passage du livre. Il y avait un petit côté prophétique qui me dérangeait un peu, même si j’arrive aisément à savoir pourquoi il propose cette réponse à la question « où allons-nous ? ». Pour le reste, je ne pense pas avoir les connaissances pour juger de son côté plausible. C’est une possibilité et l’auteur sait se montrer convaincant, tout en ne le suivant pas totalement dans cette voie.

Je n’irai pas non plus jusqu’à dire que je n’ai pas apprécié ce nouvel opus des aventures de Robert, que j’ai peut-être trouvé un peu plus mou que dans les autres tomes, avec moins de grandes explications sur l’histoire et l’art. Elles sont présentes, dans la mesure où il est question du Guggenheim de Bilbao (il fallait bien mettre en avant un grand musée, comme chacun des livres le fait) et de l’oeuvre de Gaudi, notamment la Sagrada Familia. Commencer un roman de Dan Brown est, pour moi, la certitude de voyager. Après Paris, Rome, Florence et Istanbul, Washington, direction Bilbao et Barcelone. L’art et la littérature trouvent toujours leur place, pour guider la quête, apportant ainsi peu de changement chez un auteur qui ne se renouvelle pas toujours et qui utilise encore ce qui a déjà marché pour d’autres romans.

Même si je suis un peu plus critique avec tome, je ne boude pas totalement mon plaisir d’avoir eu ce roman entre mes ains et de l’avoir dévoré en deux jours, le lisant même en cours, alors que je ne le fais jamais. J’avais aussi quelques attentes concernant ce livre, sachant que j’attendais la prochaine publication de Dan Brown de pieds fermes. Je voulais un certain renouveau de la « recette », avec l’abandon de partenaires féminines, belles et douées… Raté. La trame varie peu, et c’est dommage. Il y a quelques révélations inattendues, sans pour autant me faire l’effet d’un choc.

Origine fait partie de ceux que j’ai le moins aimé avec Le symbole perdu. Même si j’ai relevé énormément d’aspects du livre qui m’ont quelque peu déçue, Dan Brown reste un des auteurs que je préfère. Malgré tout, il reste un auteur qui arrive toujours à me divertir, à m’emporter dans des histoires plus rocambolesques les unes que les autres, mais qui me tiennent en haleine du début à la fin. J’ai encore et toujours envie de vivre de telles aventures aux côtés de Langdon, de découvrir les villes qu’il cite et leurs musées. Au final, malgré quelques défauts, n’est-ce pas le principal ? Pour ma part, oui, et je continuerai à le lire aussi longtemps qu’il publiera.

EnregistrerEnregistrer