Top 5 Wednesday #1 • Favorite Tropes

J’inaugure un nouveau rendez-vous sur le blog avec le Top 5 Wednesday. Je ne pense pas forcément participer toutes les semaines, mais si le thème me plait et me parle, c’est avec plaisir que j’y réagirai. Les sujets sont annoncés chaque mois sur le groupe Goodreads.

Thème : Favorite Tropes

Avant de me lancer dans cet article, j’ai fait quelques recherches sur ce terme de tropes et sur ce qu’il pouvait signifiait en français. Le meilleur terme que j’ai trouvé est celui de lieux communs. À titre d’exemples, dans les romances, ce seraient les fausses relations amoureuses ou tout ce qui touche à la royauté, les mariages de convenance… Pour le fantastique, ce sont les thématiques d’un•e Élu•e, sauver le monde… Pour mes cinq « lieux communs » préférés, j’ai essayé de tirer un exemple parmi mes plus récentes lectures, ou, du moins, depuis le début d’année.

1. La quête

L’exemple le plus parlant est sans conteste la quête du Graal. Je pense aussi au Seigneur des Anneaux de J.R.R. Tolkien. C’est un lieu commun que j’apprécie beaucoup. Dans mon esprit, il y a toujours le côté partir à l’aventure, aller vers l’inconnu, sortir de sa zone de confort… Le personnage principal va tirer des connaissances, des expériences de son voyage.

Un des derniers livres que j’ai pu lire et qui représente parfaitement cette idée de quête est le troisième tome de la série La Passe-Miroir, La mémoire de Babel. De manière général, la série raconte la quête d’Ophélie et Thorn pour découvrir l’identité de Dieu et l’arrêter.

Thorn a disparu depuis deux ans et demi et Ophélie désespère. Les indices trouvés dans le livre de Farouk et les informations livrées par Dieu mènent toutes à l’arche de Babel, dépositaire des archives mémorielles du monde. Ophélie décide de s’y rendre sous une fausse identité.

2. Une relique ou un artefact puissant•e

S’il est doublé d’une quête, c’est encore mieux ! Je pense que mon amour pour ce genre de lieux communs vient d’Indiana Jones, qui est présenté comme un chasseur de reliques et de trésor (même si, en réalité, il est plus un pilleur de tombes). Certaines d’entre elles ont des propriétés magiques. En littérature, il y a, à nouveau, la quête du Graal, ou les thrillers ésotériques, genres dont je raffole.

Et c’est justement un thriller ésotérique que je vais prendre en exemple avec une des mes toutes dernières lectures. Elle date du début du mois. Il s’agit du troisième tome de la dernière série d’Éric Giacometti et Jacques Ravenne, Soleil noir, La relique du chaos. Les reliques (très particulières pour le coup) ont un caractère mystique et magique.

Juillet 1942. Jamais l’issue du conflit n’a semblé aussi incertaine. Si l’Angleterre a écarté tout risque d’invasion, la Russie de Staline plie sous les coups de boutoir des armées d’Hitler. L’Europe est sur le point de basculer. À travers la quête des Swastikas, la guerre occulte se déchaîne pour tenter de faire pencher la balance. Celui qui s’emparera de l’objet sacré remportera la victoire. Tristan Marcas, agent double au passé obscur, part à la recherche du trésor des Romanov, qui cache, selon le dernier des tsars, l’ultime relique. À Berlin, Moscou et Londres, la course contre la montre est lancée, entraînant dans une spirale vertigineuse Erika, l’archéologue allemande et Laure, la jeune résistante française…

3. Un amour impossible

La faute à Roméo et Juliette de Shakespeare, qui est une de mes pièces préférées au monde. Je prend ce thème ou lieux commun dans un sens très large, car des raisons pour lesquelles un amour peut être impossible sont variées.

Un des derniers livres que j’ai lu et qui peut illustrer ce sujet est Follow me to ground de Sue Rainsford. Il s’agit d’une histoire d’amour entre une sorcière et un mortel qui est vu d’un mauvais oeil par les familles des deux protagonistes.

LIEN VERS L’ARTICLE

Ada and her father, touched by the power to heal illness, live on the edge of a village where they help sick locals—or “Cures”—by cracking open their damaged bodies or temporarily burying them in the reviving, dangerous Ground nearby. Ada, a being both more and less than human, is mostly uninterested in the Cures, until she meets a man named Samson. When they strike up an affair, to the displeasure of her father and Samson’s widowed, pregnant sister, Ada is torn between her old way of life and new possibilities with her lover—and eventually comes to a decision that will forever change Samson, the town, and the Ground itself.

4. Un conflit avec un dieu

C’est un lieu commun qui, pour le coup, brasse très large. Il me rappelle à la fois les récits bibliques, la mythologie grecque… Je pense aussi à des livres fantastiques ou de science-fiction, les réécritures autour des mythes et légendes.

Un livre que j’ai très récemment lu (et apprécié) et dans lequel l’intrigue a pour origine un conflit avec un dieu est Lore d’Alexandra Bracken. Le conflit est entre Zeus et les dieux, les anciens et les nouveaux dieux, les dieux avec les chasseurs… L’auteur s’inspire de la mythologie grecque.

Every seven years, the Agon begins. As punishment for a past rebellion, nine Greek gods are forced to walk the earth as mortals, hunted by the descendants of ancient bloodlines, all eager to kill a god and seize their divine power and immortality. Long ago, Lore Perseous fled that brutal world in the wake of her family’s sadistic murder by a rival line, turning her back on the hunt’s promises of eternal glory. For years she’s pushed away any thought of revenge against the man–now a god–responsible for their deaths.

Yet as the next hunt dawns over New York City, two participants seek out her help: Castor, a childhood friend of Lore believed long dead, and a gravely wounded Athena, among the last of the original gods.

The goddess offers an alliance against their mutual enemy and, at last, a way for Lore to leave the Agon behind forever. But Lore’s decision to bind her fate to Athena’s and rejoin the hunt will come at a deadly cost–and still may not be enough to stop the rise of a new god with the power to bring humanity to its knees.

5. Les sagas familiales

Je lis pas mal de sagas familiales, surtout par des auteurs russes. J’aime suivre le destin d’une famille sur une ou plusieurs générations. J’ai tellement d’exemples qui me viennent à l’esprit comme La saga moscovite de Vassily Axionov, Guerre & Paix de Léon Tolstoï (terminé en début d’année).

Cependant, si je dois prendre un exemple dans mes lectures très récentes, ce sont les Rougon-Macquart de Zola qui arrivent en premier. C’est aussi un des grands exemples de sagas familiales et celle-ci compte près de vingt tomes. Au début du mois, j’ai terminé le septième tome, L’Assommoir qui est un coup de coeur.

Qu’est-ce qui nous fascine dans la vie « simple et tranquille » de Gervaise Macquart ? Pourquoi le destin de cette petite blanchisseuse montée de Provence à Paris nous touche-t-il tant aujourd’hui encore ? Que nous disent les exclus du quartier de la Goutte-d’Or version Second Empire ? L’existence douloureuse de Gervaise est avant tout une passion où s’expriment une intense volonté de vivre, une générosité sans faille, un sens aigu de l’intimité comme de la fête. Et tant pis si, la fatalité aidant, divers «assommoirs» – un accident de travail, l’alcool, les «autres», la faim – ont finalement raison d’elle et des siens. Gervaise aura parcouru une glorieuse trajectoire dans sa déchéance même. Relisons L’Assommoir, cette «passion de Gervaise», cet étonnant chef-d’oeuvre, avec des yeux neufs.

Quels sont vos « lieux communs » préférés en littérature ? Quels en sont les meilleurs exemples ?

Christelle Dabos • La Passe-Miroir, La Mémoire de Babel (3) (2017)

La Passe-Miroir, La Mémoire de Babel • Christelle Dabos • 2017 • Folio • 567 pages

Thorn a disparu depuis deux ans et demi et Ophélie désespère. Les indices trouvés dans le livre de Farouk et les informations livrées par Dieu mènent toutes à l’arche de Babel, dépositaire des archives mémorielles du monde. Ophélie décide de s’y rendre sous une fausse identité.

Je suis venue tardivement à cette série. La première fois que j’ai découvert le premier tome, j’ai eu énormément de mal à accrocher au tout. Je l’ai trouvé très long et j’avais du mal avec l’univers, même s’il y avait de la suite dans les idées. Le personnage d’Ophélie m’avait également déplu. Je l’ai repris un an après et mon avis a été complètement différent. J’ai adoré ma relecture, et j’ai continué sur ma lancée. J’attends désormais avec impatience la sortie poche du quatrième et dernier tome, La tempête des échos.

La série est de mieux en mieux au fil des tomes. Le premier, Les fiancés de l’hiver, est clairement celui qui introduit à la fois les personnages principaux, l’univers et le début du fil rouge. Petit à petit, ce monde se développe. Après avoir largement découvert le Pôle, notamment avec Les disparus du Clairdelune, le lecteur part en direction d’une autre arche, celle de Babel. J’ai adoré cette référence à la Tour de Babel, épisode biblique donnant une explication mythologique aux différences de langues dans le monde. De manière générale, cette idée de lieu un dieu ou une déesse à une arche m’a toujours paru très bonne, même si j’ai parfois énormément de mal à trouver parfois des liens entre ces derniers et la spécialité de l’arche. Un peu comme Artemis avec Anima, l’arche qui anime des objets ou peut lire leur histoire.

Pour en revenir à Babel, c’est une arche qui m’a beaucoup plus par bien des aspects. Tout d’abord, elle est tournée vers la connaissance et la sauvegarde du savoir et de la mémoire des arches. C’est une arche qui peut paraître presque paradisiaque, surtout après le Pôle et les événements du deuxième tome. Pourtant, cette façade va vite se craquer pour découvrir un tout autre aspect de l’arche où les règles sont légions et étouffantes. Elle cache de bien sombres secrets et la compétition est également très présente afin de faire partie de l’élite. Cela apporte une touche de danger à l’intrigue. Babel a pour esprit de famille les jumeaux Hélène et Pollux. L’auteur prend quelques libertés avec le mythe, car Hélène, fille de Zeus et Léda, célèbre pour sa beauté, est celle qui déclenche la guerre de Troie. Or, ici, elle est difforme. Elle est aussi différente des autres esprits de famille que j’ai pu croiser jusqu’à maintenant. Elle semble plus rusée et intelligente, moins contrôlée par une entité mystérieuse. J’espère qu’elle aura un rôle à jouer par la suite, car, clairement, elle est l’esprit de famille le plus intéressant que j’ai pu découvrir jusqu’à maintenant.

J’ai eu moins de mal à accrocher avec le personnage de Thorn. En effet, il a certes cette petite aura mystérieuse. Il a aussi montré plus aisément et rapidement ses faiblesses, ses imperfections et ses sentiments envers Ophélie et donc, au lecteur. Il reste un personnage froid et distant la plupart du temps. Mais j’ai plus vu cela comme une volonté d’épargner sa femme et non un quelconque égoïsme. J’ai apprécié de voir que leur relation change et évolue. Après une certaine indifférence dans le premier, un respect qui se développe dans le deuxième, un autre aspect de leur relation apparaît dans La mémoire de Babel. Je suis impatiente de voir cette nouvelle dynamique dans le prochain livre.

L’intrigue est prenante et rythmée. Après avoir mis les pieds sur Babel, Ophélie doit déjà composer avec la disparition de ses affaires et un meurtre. L’histoire démarre peut-être plus rapidement que dans les deux premiers tomes et elle présente moins de longueur et plus de dynamisme, avec de nombreuses révélations et quelques rebondissements, surtout dans les dernières pages. L’enquête autour de Dieu progresse rapidement, des réponses commencent à être apportées. La mémoire de Babel est un vrai pas en avant dans la résolution du mystère et le temps manque… L’effondrement des arches a débuté.

Globalement, ce roman a été un régal à lire. Il y a eu des choses étonnantes qui présagent du bon pour la suite. En revanche, d’autres aspects m’ont un peu chagriné comme le rôle d’Ophélie sur deux points qui m’ont laissé un peu plus sceptiques. Je ne le développerai pas plus au risque de révéler deux aspects cruciaux de l’intrigue. J’espère avoir quelques éclairages dans La tempête des échos, d’où mon impatience aussi d’enfin me plonger dedans. Il y a aussi d’autres zones d’ombres, des questions en suspend et des réponses qui se devinent. Je place beaucoup d’espoir dans le dernier livre.

Je n’ai aucun regret d’avoir donné une deuxième chance à cette série et d’avoir persévéré. J’apprécie de plus en plus les personnages. L’univers est magique. Christelle Dabos a une imagination fertile.