Top 5 Wednesday #2 • Family Dynamics

Le thème de cette semaine m’inspire énormément. Le 15 mai a eu lieu la journée mondiale de la famille, d’où ce sujet pour ce mercredi. Il est pris dans un sens très large, car il est autant question des liens du sang que de la famille que l’on se crée. J’ai essayé, dans la mesure du possible, de piocher dans mes récentes lectures. La semaine dernière, sur le thème des « lieux communs », j’écrivais que j’aimais beaucoup les sagas familiales… Cet article est un peu la continuité de ce dernier.

Thème : Family dynamics

Among the leaving and the dead d’Inara Verzemnieks

Inara Verzemnieks was raised by her Latvian grandparents in Washington State, among expatriates who scattered smuggled Latvian sand over coffins, the children singing folk songs about a land none of them had visited. Her grandmother Livija’s stories vividly recreated the home she fled during the Second World War, when she was separated from her sister, Ausma, whom she wouldn’t see again for more than fifty years.

Journeying back to their remote village, Inara comes to know Ausma and her trauma as an exile to Siberia under Stalin, while reconstructing Livija’s survival through her years as a refugee. In uniting their stories, Inara honors both sisters in a haunting and luminous account of loss, survival, resilience, and love.

Cet ouvrage est un plus un essai autour de la famille, l’importance de cette dernière dans la construction d’un individu et de son histoire. L’auteur écrit à propos de sa grand-mère et de la soeur de cette dernière, de sa volonté de comprendre ses racines, leurs histoires. Il est dommage que parfois l’écriture poétique et lyrique de l’auteur prend trop le pas sur le sujet abordé, apportant des longueurs.

L’Assommoir d’Émile Zola

Qu’est-ce qui nous fascine dans la vie « simple et tranquille » de Gervaise Macquart ? Pourquoi le destin de cette petite blanchisseuse montée de Provence à Paris nous touche-t-il tant aujourd’hui encore? Que nous disent les exclus du quartier de la Goutte-d’Or version Second Empire? L’existence douloureuse de Gervaise est avant tout une passion où s’expriment une intense volonté de vivre, une générosité sans faille, un sens aigu de l’intimité comme de la fête. Et tant pis si, la fatalité aidant, divers « assommoirs » – un accident de travail, l’alcool, les « autres », la faim – ont finalement raison d’elle et des siens. Gervaise aura parcouru une glorieuse trajectoire dans sa déchéance même. Relisons L’Assommoir, cette « passion de Gervaise », cet étonnant chef-d’oeuvre, avec des yeux neufs.

Comment ne pas parler de dynamiques familiales sans évoquer Zola ? Sa série Les Rougon-Macquart rentre pleinement dans cette catégorique. Elle est en l’exemple même, car Zola étudie à travers une famille les prédispositions à l’alcoolisme, par exemple, ou à la folie… J’en suis au septième tome, L’Assommoir et jusqu’à présent, rares sont les tomes qui m’ont déçue.

After Alice fell de Kim Taylor Blackemore

New Hampshire, 1865. Marion Abbott is summoned to Brawders House asylum to collect the body of her sister, Alice. She’d been found dead after falling four stories from a steep-pitched roof. Officially: an accident. Confidentially: suicide. But Marion believes a third option: murder.

Returning to her family home to stay with her brother and his second wife, the recently widowed Marion is expected to quiet her feelings of guilt and grief—to let go of the dead and embrace the living. But that’s not easy in this house full of haunting memories.

Just when the search for the truth seems hopeless, a stranger approaches Marion with chilling words: I saw her fall.

Now Marion is more determined than ever to find out what happened that night at Brawders, and why. With no one she can trust, Marion may risk her own life to uncover the secrets buried with Alice in the family plot.

Sorti cette année, ce roman serait presque un huis clos au sein d’une famille. En effet, la mort de la plus jeune soeur, Alice, rend les relations tendues entre Marion et son frère et sa belle-soeur. Il n’y a pas que la mort de la plus jeune des soeurs qui empoisonne l’atmosphère, mais bien d’autres sombres secrets. C’est un roman que j’ai beaucoup aimé.

Quand Hitler s’empara du lapin rose de Judith Kerr

Imaginez que le climat se détériore dans votre pays, au point que certains citoyens soient menacés dans leur existence. Imaginez surtout que votre père se trouve être l’un de ces citoyens et qu’il soit obligé d’abandonner tout et de partir sur-le-champ, pour éviter la prison et même la mort. C’est l’histoire d’Anna dans l’Allemagne nazie d’Adolf Hitler. Elle a neuf ans et ne s’occupe guère que de crayons de couleur, de visites au zoo avec son « oncle » Julius et de glissades dans la neige. Brutalement les choses changent. Son père disparaît sans prévenir. Puis, elle-même et le reste de sa famille s’expatrient pour le rejoindre à l’étranger. Départ de Berlin qui ressemble à une fuite. Alors commence la vie dure – mais non sans surprises – de réfugiés. D’abord la Suisse, près de Zurich. Puis Paris. Enfin Londres. Odyssée pleine de fatigues et d’angoisses mais aussi de pittoresque et d’imprévu – et toujours drôles – d’Anna et de son frère Max affrontant l’inconnu et contraints de vaincre toutes sortes de difficultés – dont la première et non la moindre: celle des langues étrangères! Ce récit autobiographique de Judith Kerr nous enchante par l’humour qui s’en dégage, et nous touche par cette particulière vibration de ton propre aux souvenirs de famille, quand il apparaît que la famille fut une de celles où l’on s’aime…

J’ai déjà eu l’occasion d’évoquer ce roman et son adaptation cinématographique sur le blog. [lien] C’est une très belle histoire d’une famille qui reste unie malgré les épreuves et qui fait preuve d’une grande résilience. Il y a un beau message dans ce roman, où la famille, le fait de rester ensemble malgré les difficultés sont les choses les plus importantes.

Guerre & Paix de Léon Tolstoï

1805 à Moscou, en ces temps de paix fragile, les Bolkonsky, les Rostov et les Bézoukhov constituent les personnages principaux d’une chronique familiale. Une fresque sociale où l’aristocratie, de Moscou à Saint-Pétersbourg, entre grandeur et misérabilisme, se prend au jeu de l’ambition sociale, des mesquineries, des premiers émois.

1812, la guerre éclate et peu à peu les personnages imaginaires évoluent au sein même des événements historiques. Le conte social, dépassant les ressorts de l’intrigue psychologique, prend une dimension d’épopée historique et se change en récit d’une époque. La “Guerre” selon Tolstoï, c’est celle menée contre Napoléon par l’armée d’Alexandre, c’est la bataille d’Austerlitz, l’invasion de la Russie, l’incendie de Moscou, puis la retraite des armées napoléoniennes.

Entre les deux romans de sa fresque, le portrait d’une classe sociale et le récit historique, Tolstoï tend une passerelle, livrant une réflexion philosophique sur le décalage de la volonté humaine aliénée à l’inéluctable marche de l’Histoire ou lorsque le destin façonne les hommes malgré eux.

Un autre auteur spécialisé dans les chroniques familiales, Léon Tolstoï. Dans ce récit, il s’intéresse à plusieurs familles de l’aristocratie russe. Il montre les relations au sein d’une même famille et celles qu’elles entretiennent entre elles. C’est une très bonne lecture que je recommande. Mon avis est disponible sur le blog. [lien]

Léon Tolstoï • Guerre & Paix (1863)

Guerre & Paix • Léon Tolstoï • 1863

1805 à Moscou, en ces temps de paix fragile, les Bolkonsky, les Rostov et les Bézoukhov constituent les personnages principaux d’une chronique familiale. Une fresque sociale où l’aristocratie, de Moscou à Saint-Pétersbourg, entre grandeur et misérabilisme, se prend au jeu de l’ambition sociale, des mesquineries, des premiers émois.

1812, la guerre éclate et peu à peu les personnages imaginaires évoluent au sein même des événements historiques. Le conte social, dépassant les ressorts de l’intrigue psychologique, prend une dimension d’épopée historique et se change en récit d’une époque. La “Guerre” selon Tolstoï, c’est celle menée contre Napoléon par l’armée d’Alexandre, c’est la bataille d’Austerlitz, l’invasion de la Russie, l’incendie de Moscou, puis la retraite des armées napoléoniennes.

Entre les deux romans de sa fresque, le portrait d’une classe sociale et le récit historique, Tolstoï tend une passerelle, livrant une réflexion philosophique sur le décalage de la volonté humaine aliénée à l’inéluctable marche de l’Histoire ou lorsque le destin façonne les hommes malgré eux.


Je continue mon exploration de la littérature russe avec Guerre & Paix de Tolstoï, un de ses romans qui m’effrayait le plus de commencer au regard du nombre de pages il y a encore quelques années. Depuis, les auteurs russes ont trouvé leur place dans ma bibliothèque et Tolstoï tout particulièrement. Il signe ici un témoignage, certes romancé, des campagnes napoléoniennes et le portrait de l’aristocratie russe.

Cette dernière est souvent le « personnage principal » des oeuvres de cet auteur. Et c’est ce que j’aime énormément chez Tolstoï. Il ne cache rien de ces hautes sphères de la société russe. Il dévoile leurs faiblesses, leurs vanités et frivolités, leur inconscience, parfois. Cela est d’autant plus vrai que la guerre fait rage, et se rapproche dangereusement de Moscou, avant que la ville ne soit abandonnée aux mains des Français. Certains des personnages semblent totalement déconnectés de la réalité, tant que le conflit n’est pas à leur porte et que leurs possessions matérielles ne sont pas en danger. L’auteur n’est vraiment pas très tendre avec cette aristocratie désoeuvrée et qu’il connait bien, puisqu’il est lui-même un comte. Le paraître est au coeur des préoccupations.

Elles se retrouvent même sur le champ de bataille, notamment au sein du haut commandement où la réputation compte plus que les compétences, où il faut se faire bien voir de ses supérieurs ou de l’empereur pour avoir de l’avancement. À lire le récit de cette campagne, nous pouvons nous demander comment les Russes ont pu gagner ce conflit au regard des défaites, des alliances de pouvoir, la volonté de contrecarrer certains ordres que l’on pense inefficace, ou parce qu’on ne trouve pas l’officier qui doit le donner à ses troupes, ou parce que la personne qui a pris la décision n’est pas appréciée… Il y a aussi les initiatives personnelles, par sens du devoir et de l’honneur, ou pour être bien vu. L’auteur fait ressentir au lecteur cette confusion et, finalement, j’ai appris à apprécier ces passages évoquant la guerre contre les troupes de Napoléon III. Au début, ils me semblaient arides à lire et peu passionnant. Cependant, petit à petit, j’y ai vu de l’intérêt. L’armée est aussi un lieu de parade. Ils sont beaucoup plus présents dans le deuxième tome (de la version Folio).

Ce deuxième tome possède quelques chapitres captivants. Tolstoï livre ses réflexions autour de l’Histoire, sur la manière de l’écrire, comment elle peut être interprétée différemment d’un pays à l’autre. Je comprends parfaitement que cet aspect de l’ouvrage peut paraître un peu fastidieux à la lecture. C’est très philosophique, mais ça s’intègre parfaitement dans cette fresque historique et sociale. En effet, ses observations touchent également à ceux qui font l’Histoire, les grandes gens comme les petites. J’ai aimé cette fin (plus que celle d’Anna Karénine d’ailleurs), car il écrit sur un sujet passionnant.

Pour en revenir aux différents personnages, Tolstoï nous en dévoile un certain nombre. Caractéristique de la littérature russe, on m’avait donné une fois comme conseil de commencer la lecture avec une petite fiche personnage, qui peut facilement se trouver sur Internet. Cela aide vraiment au début et je ne peux que recommander cette technique. Après, une fois dans l’intrigue, il est aisé de s’en passer.

Guerre & Paix est l’histoire de trois familles : les Rostov, avec notamment la charmante Natacha, les Bolkony et les Bézoukhov. Je me suis rendue compte, en relisant plusieurs fois Anna Karénine, qu’à chaque fois, un autre aspect et un autre personnage du roman avaient mon attention et ma préférence. Les oeuvres de Tolstoï sont foisonnantes, les personnages sont variés, tout comme leur motivation, leurs destins. Ils représentent parfois une qualité, une valeur ou un défaut. Si Pierre Bézhoukov représente la paresse et l’indolence, la princesse Marie serait l’abnégation, quitte à s’oublier. Cette dernière a été un des personnages que j’ai préféré et que je retiens de cette première lecture. Elle m’a touchée par l’austérité de sa vie, le peu de reconnaissance qu’elle a de son père alors qu’elle sacrifie sa vie pour lui. Elle est l’antagonisme de Natacha Rostov, frivole et insouciante. Elle a toutefois une évolution intéressante, tout au long des quasiment deux mille pages de cette fresque. Je me suis moins penchée sur les personnages masculins, je l’avoue. À part Pierre Bézhoukov qui m’a marqué, mais dans un sens très positif, les autres ne m’ont pas laissé un souvenir impérissable.

Guerre & Paix faisait partie des classiques de la littérature russe qui m’effrayait les lus, mais que j’ai adoré et dévoré au final. C’est un roman passionnant, qui se lit aisément. Tolstoï est définitivement un de mes auteurs fétiches et il me reste encore de ses écrits à découvrir, et ce pour mon plus grand bonheur. C’est une lecture que je ne peux que recommander. Il y a tellement de choses à évoquer autour de cette oeuvre sur des aspects très différents. Le tout est servi par une plume incroyable.

30 chansons pour mes 30 ans

Aujourd’hui, je franchis une nouvelle dizaine. Ne pouvant me passez de musique, j’ai envie de partager trente titres qui m’ont marqué, m’évoquent des souvenirs ou que j’écoute encore et toujours en boucle. Il n’y a pas d’ordre de préférence pour cette liste.

T. Kingfisher • The Hollow Places

The Hollow Places • T. Kingfisher • Gallery / Saga Press • Octobre 2020 • 352 pages

Pray they are hungry.

Kara finds these words in the mysterious bunker that she’s discovered behind a hole in the wall of her uncle’s house. Freshly divorced and living back at home, Kara now becomes obsessed with these cryptic words and starts exploring the peculiar bunker—only to discover that it holds portals to countless alternate realities. But these places are haunted by creatures that seem to hear thoughts…and the more you fear them, the stronger they become. 


Depuis 2017, j’ai eu beaucoup de mal à retrouver un roman d’horreur qui soit excellent. L’année 2020 a été celle qui m’a apporté deux beaux coups de coeur dans ce domaine avec des histoires différentes : The Year of the Witching d’Alexis Henderson, autour des sorcières et d’une société puritaine, et celui-ci de T. Kingfisher. Pour une première avec cette auteur, je ne suis pas déçue.

The Hollow Places est un roman d’horreur surtout tourné vers l’ambiance. Il y a quelques effusions de sang, quelques petites scènes un peu « gore » (après lecture, j’en ai que deux qui me reviennent réellement à l’esprit). Pourtant, la peur est omniprésente, mais elle s’installe insidieusement et progressivement tout au long de l’intrigue, sans vraiment s’en rendre compte. À mon avis, c’est encore pire qu’une peur sur le moment, qui ne durent pas dans le temps. Ce n’est clairement pas le livre à lire toute seule dans la nuit. J’avoue que je n’étais pas toujours très rassurée.

L’univers mis en place donne vraiment froid dans le dos. Déjà, j’ai adoré l’idée d’un bunker derrière le mur et menant à un autre monde : une île entourée d’autres îles qui se ressemblent et qui constituent autant de bunkers. C’est un univers brumeux. Au départ, il y a un côté excitant à l’exploration de ce nouveau monde, mais très vite, des éléments dérangent. Le lecteur sent quand même un danger, quelque chose qui est là, mais sans être visible, comme si, lui aussi, était épié, tels Simon et Kara. Les messages mettent la puce à l’oreille. Bizarrement, pour moi, le pire n’était pas tant quand ils étaient dans cet univers parallèle, qu’une fois rentrés. C’est là où la peur s’installe réellement. Il faut aussi dire que le musée de l’oncle de Kara est le genre d’endroits qui me met dans un état proche de la panique. J’appelle ça le cabinet des horreurs, personnellement. Cela a aussi joué dans ma peur avec l’apothéose de la fin. La tension est présente du début à la fin.

Malgré une atmosphère anxiogène et une peur insidieuse et omniprésente, The Hollow Places se dévore, même si j’ai eu plus d’une fois eu envie de le mettre de côté et de ne plus jamais le toucher. Tout simplement, j’ai été happée par l’histoire, le déroulé des événements, de savoir quand et comment ce cauchemar allait se terminer. Cela est aussi dû grâce aux deux personnages principaux. J’ai tout de suite adoré Kara et Simon, ils forment un duo dynamique. Je me suis attachée à eux et j’ai pris à coeur leurs destins. Ils ont parfois apporté une touche d’humour, avec leurs références à la pop culture, qui a été bienvenu dans toute cette noirceur.

The Hollow Places a été une très bonne surprise. Ce livre n’a pas du tout été ce à quoi je m’attendais. Il y a une belle intensité de peur qui continue bien après qu’il ait été refermé. Pendant quelques jours, je ne voyais plus du tout mes murs de la même manière. L’auteur a une imagination incroyable, servie par une très belle plume, très évocatrice. C’est un des meilleurs romans d’horreur que j’ai pu lire jusqu’à maintenant et j’ai très envie de découvrir d’autres ouvrages de l’auteur… Mais pas tout de suite, il faut encore que je digère cette lecture.

Matt Haig • The Midnight Library (2020)

The Midnight Library • Matt Haig • Viking • 13 août 2020 • 288 pages

Somewhere out beyond the edge of the universe there is a library that contains an infinite number of books, each one the story of another reality. One tells the story of your life as it is, along with another book for the other life you could have lived if you had made a different choice at any point in your life. While we all wonder how our lives might have been, what if you had the chance to go to the library and see for yourself? Would any of these other lives truly be better?

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Matt Haig est un auteur que je souhaitais découvrir depuis un moment. The Midnight Library est son dernier roman et il a d’ailleurs reçu le prix Goodreads dans la catégorie Fiction. Pour ma part, il a été un coup de coeur. Je l’ai lu au moment parfait, avec les difficultés du deuxième confinement. C’était véritablement le livre dont j’avais besoin, sortant aussi un peu de ma zone de confort.

Nora a trente-cinq ans et vit avec beaucoup de regrets. Que se serait-il passé si elle avait continué la natation ? Ou la musique ? Si elle s’était mariée avec son fiancée ? Si elle s’était mieux occupée de son chat Voltaire ? Jusqu’au jour où elle décide de se suicider. Elle se retrouve alors dans une bibliothèque particulière, puisqu’elle permet d’explorer différentes versions de sa vie en fonction des choix qui ont été faits ou non. J’ai énormément aimé cette idée de départ, que je trouve universelle. Qui n’a jamais rêvé de voir ce que pouvait être sa vie s’il ou elle avait pris cette voie plutôt qu’une autre ? Au moment où je lisais ce roman, c’était clairement le genre de questions que je me posais et j’aurai adoré avoir une telle bibliothèque à disposition.

J’ai pu en profiter à travers le personnage de Nora, qui est profondément humaine, imparfaite mais terriblement attachante. Je me suis réellement sentie proche d’elle tout au long de ce roman entre sa déception, son parcours une fois dans la bibliothèque et sa prise de conscience que la vie qu’elle a vaut vraiment la peine d’être vécue, qu’elle n’a pas à regretter ses choix. Même si nous n’avons pas du tout les mêmes vies, j’ai quand même pu me projeter et, tout comme elle, me dire que ce sont mes choix et la vie que j’ai décidé de mener. Malgré des thèmes pas toujours évidents, entre la dépression, le suicide, l’omniprésence des regrets, au fur et mesure, l’espoir arrive et le livre devient beaucoup plus positif. Entre temps, je suis passée par toutes les émotions.

La fin ne m’a pas réellement surprise. Le livre ne pouvait que se finir ainsi, dans une suite logique. J’ai cru à une autre fin à un moment donné, mais je suis heureuse que l’auteur n’a pas fait ce choix. Par ailleurs, l’intrigue aurait pu être redondante : choisir un livre, une nouvelle vie qui est une variante de celle que Nora vit, mais en mieux… Cependant, cela n’a pas été le cas et Matt Haig a su me tenir en haleine autour du destin de son personnage principal. Chaque nouvelle vie qu’elle expérimente lui rappelle celle issue de ses choix, et qu’un élément important et positif y manque. Elle en tire des leçons. Un autre point positif que j’aborde rapidement est la description de la dépression qui est juste. L’auteur montre bien le côté insidieux et parfois invisible de cette maladie. Ce dernier en souffre lui-même et je pense que c’est pour ça que Nora sonne aussi juste.

The Midnight Library est mon premier roman de l’auteur, mais peut-être pas le dernier. Ce n’est pas forcément le genre d’ouvrages vers lesquels je me dirige habituellement et, pourtant, j’ai été plus qu’agréablement surprise par ce roman mêlant feel-good et science-fiction. Il a été un coup de coeur, que je recommande. J’ai How to stop time dans ma liste d’envie lecture.

Lucy Foley • The Guest List

The Guest List • Lucy Fowley • Février 2020 • William Morrow • 330 pages

On an island off the coast of Ireland, guests gather to celebrate two people joining their lives together as one. The groom: handsome and charming, a rising television star. The bride: smart and ambitious, a magazine publisher. It’s a wedding for a magazine, or for a celebrity: the designer dress, the remote location, the luxe party favors, the boutique whiskey. The cell phone service may be spotty and the waves may be rough, but every detail has been expertly planned and will be expertly executed.

But perfection is for plans, and people are all too human. As the champagne is popped and the festivities begin, resentments and petty jealousies begin to mingle with the reminiscences and well wishes. The groomsmen begin the drinking game from their school days. The bridesmaid not-so-accidentally ruins her dress. The bride’s oldest (male) friend gives an uncomfortably caring toast.

And then someone turns up dead. Who didn’t wish the happy couple well? And perhaps more important, why? 

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Comment résister à un livre qui me propose un mariage qui ne va pas se passer comme prévu sur une île isolée d’Irlande ? Je n’ai pas pu et je me suis délectée de chacune des pages de ce roman policier, qui a d’ailleurs gagné le prix Goodreads 2020 dans cette catégorie. Il y a de l’ADN d’Agatha Christie dans cette intrigue, et je pense notamment à Dix Petits Nègres. The Guest List est un coup de coeur qui m’a tenu en haleine alors qu’il y avait quelques aspects qui auraient pu me déplaire.

J’ai pris un peu peur quand j’ai vu le nombre de points de vue qui s’alternaient entre Jules, la mariée, sa soeur et demoiselle d’honneur, Olivia, et la femme du plus ancien ami de la future mariée, Helen. À elles, s’ajoutent Johnno, le témoigne du marié, et Aoife, la wedding planter. Heureusement, ils ont des rôles bien différents au sein du mariage et leurs caractères diffèrent grandement aussi. Après un ou deux chapitres de chacun, je n’ai plus eu de difficultés à les départager. Donc, c’est plutôt positif pour moi. La deuxième question que je me suis posée en voyant cette liste de personnages qui semblait ne plus en finir était de savoir si c’était bien nécessaire d’alterner autant de points de vue. La réponse est donnée au fur et à mesure que l’intrigue avance. Qu’est-ce qui lie toutes ces personnes entre elles ? Pourquoi Johnno et pas un autre homme de la fraternité étudiante ? Pourquoi avoir choisi Helen comme point de vue alors qu’elle semble très extérieure au couple ? J’ai adoré essayer de formuler des hypothèses concernant un possible lien entre eux. Une partie du suspens réside aussi dans ces questions.

Concernant les personnages, encore, Helen et Olivia sont clairement celles que j’ai préféré. Elles avaient toutes les deux leurs faiblesses, leurs traumatismes. J’ai aimé leurs confidences, d’apprendre à les connaître par ce biais. Jules m’a plutôt énervé de toujours accaparer le centre de l’attention. Johnno a été celui que j’ai le moins apprécié… Au début. Mes sentiments envers ce dernier ont beaucoup évolué au fur et à mesure que l’histoire avançait. L’alternance des points de vue permet de connaître leurs histoires, leurs points communs et leurs motivations pour commettre un meurtre.

L’intrigue démarre sur les chapeaux de roue, car elle s’ouvre sur une petite scène de panique lors de la soirée du mariage. Lucy Fowley a décidé de faire alterner aussi des temporalités différentes, entre la soirée après la cérémonie et l’arrivée des premiers invités la veille. C’est très bien fait de la part de l’auteur qui ne m’a pas perdu en route. Par ailleurs, dans ce genre de romans, je m’attends à un rythme frénétique. Or, dans The Guest List, l’histoire se construit progressivement et le rythme a été plus lent que ce à quoi je m’attendais. Pourtant, il a été difficile de le mettre de côté, car le suspens est bien mené et installé du début à la fin. L’identité de la victime n’est révélée que dans les dernières pages et celle de l’assassin n’est pas directement cité. Les indices sont donnés dans les chapitres et il faut être attentif tout au long de la lecture pour ne pas les manquer. J’ai apprécié cette manière de procéder, de construire l’histoire et le mystère.

The Guest List est un roman qui m’a happé du début à la fin également par son ambiance. Le mariage a lieu sur une île isolée, en Irlande. Une tempête se déclare le jour de la cérémonie. Le huis-clos est pesant et chacun des personnages a quelque chose à cacher. En même temps, Lucy Fowley m’a donné envie de pouvoir y aller, car un vieux manoir irlandais sur une île est l’endroit rêvé pour placer une telle revanche.

Ce roman n’est pas le premier qui semble dans la veine des Agatha Christie. The Hunting Party est aussi un de ses ouvrages autour d’un crime ou whodunit (roman à énigmes ou roman-jeu). Cette fois-ci, l’auteur nous embarque pour les régions reculées de l’Écosse, avec également un meurtre dans un cercle d’amis. Je me laisserai bien tenter, je l’avoue. En attendant, je recommande The Guest List. Je n’ai pas vu d’informations passées concernant une possible traduction en français, malheureusement.

Babylon Berlin, Saison 1

En 1929, Gereon Rath, jeune commissaire de Cologne très affecté par son expérience au front, est muté à Berlin pour retrouver des documents compromettants.

Avec : Volker Bruch ; Liv Lisa Fries ; Peter Kurth…

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J’aime beaucoup de ce que font les Allemands au niveau des films et séries. Ils sont de qualité, avec de très bons acteurs et des bandes-sons qui m’ont souvent fait découvrir de nouveaux artistes, comme Dark ou Oktoberfest, pour n’en citer que deux, pris du catalogue Netflix. Babylon Berlin était la prochaine que je souhaitais découvrir. Tout simplement, je raffole des enquêtes policières dans le Berlin des années 1920. La série est l’adaptation des romans de Volker Kutscher. Les trois saisons sont disponibles sur Canal+.

Pour le moment, je n’ai vu que la première saison. J’ai été étonnée par la qualité de la reconstruction historique. Elle nous fait véritablement revivre le Berlin des années folles… Et folles, elles les étaient. Les réalisateurs montrent bien que l’alcool coule à flots. C’est un aussi une période marquée par la prostitution et le développement de la pornographie (qui est d’ailleurs au coeur de l’intrigue de cette première saison). Est aussi évoqué le traumatisme de la Première Guerre mondiale, ainsi que celui de la défaite, à la fois sur les hommes qui en sont revenus, comme Gereon Rath, ou sur la société dans son ensemble. L’agitation politique de la République de Weimar est également présente avec les protestations communistes. La reconstitution des costumes est parfaite. C’est pour moi un véritable point positif.

Concernant cet aspect historique, j’ai adoré les petites références à d’autres événements historiques, à des personnages importants pour l’époque. Par exemple, Gereon Rath, le personnage principal, est envoyé à Berlin pour retrouver un film qui peut nuire à la réputation du maire de Cologne. Son nom n’est jamais donné et, pourtant, il s’agit d’un homme politique de premier plan, surtout après la Seconde Guerre mondiale, car il oeuvra pour la construction européenne. Il s’agit tout simplement de Conrad Adenauer. Je me suis vraiment régalée avec cette première saison.

Babylon Berlin propose une intrigue principale qui est de retrouver un film compromettant et qui se termine à la fin de la saison. À cette dernière s’ajoutent d’autres complots, des événements qui peuvent devenir une nouvelle enquête pour les deux commissaires des moeurs. Et il y a de quoi faire entre la machination des Russes avec l’or, Trosky, la comtesse ou ce qui se trame avec l’industriel allemand et les militaires, le collège de Gereon Rath… Beaucoup de questions restent en suspend. En tout cas, elles me donnent envie de continuer la série avec les deux prochaines saisons pour vérifier mes théories (souvent fausses, d’ailleurs). Babylon Berlin est une série prenante, mais qui n’est pas à recommander à tous. Elle s’ouvre, par exemple, sur le tournage d’un film pornographique. Il y a beaucoup de nudité, parfois du sexe, le tout avec beaucoup de réalisme.

L’intérêt de la série ne réside pas seulement dans la reconstitution historique, aux différentes intrigues, mais également aux personnages et aux jeux des acteurs. Ils fonctionnent beaucoup par duo : Rath et son collègue, le mystérieux commissaire ; Rath et Charlotte… Ils ont des bonnes dynamiques. Volker Bruch, qui interprète le rôle principal, est un excellent acteur, que j’ai déjà pu voir dans d’autres productions. Il est parfait, montrant un côté très abîmé par la vie et la guerre. Liv Lisa Fries est une actrice que je ne connaissais pas, mais elle crève l’écran alors qu’elle n’a pas un rôle facile.

Cette première saison m’a énormément plu sur bien des aspects et m’a totalement convaincue. C’est une série historique de qualité. Il est rare de trouver des séries se déroulant dans le Berlin des années 1920, mais il y aurait vraiment de quoi faire. Il y a un peu plus de romans sur le sujet. En tout cas, un des livres de Kutscher m’attend bien sagement et j’ai hâte de poursuivre la série.

Adrienne Young • Fable, Fable (1) (2020)

Fable, Fable (1) • Adrienne Young • Wednesday Books • Septembre 2020 • 357 pages

For seventeen-year-old Fable, the daughter of the most powerful trader in the Narrows, the sea is the only home she has ever known. It’s been four years since the night she watched her mother drown during an unforgiving storm. The next day her father abandoned her on a legendary island filled with thieves and little food. To survive she must keep to herself, learn to trust no one, and rely on the unique skills her mother taught her. The only thing that keeps her going is the goal of getting off the island, finding her father, and demanding her rightful place beside him and his crew. To do so Fable enlists the help of a young trader named West to get her off the island and across the Narrows to her father.

But her father’s rivalries and the dangers of his trading enterprise have only multiplied since she last saw him, and Fable soon finds that West isn’t who he seems. Together, they will have to survive more than the treacherous storms that haunt the Narrows if they’re going to stay alive.

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Après les Vikings avec son premier roman, Sky in the deep, Adrienne Young propose à ses lectures une plongée dans le monde de la piraterie. Je ne me souviens guère du dernier livre que j’ai pu lire autour de ce thème, que j’aime beaucoup pourtant. Fable a été une belle surprise, et est un premier tome prometteur.

Il y a véritablement tous les éléments que j’espérais retrouver dans un tel livre. Cependant, il a largement dépassé mes espérances. Fable est un roman d’aventure autour du commerce, de la piraterie pour le contrôle des mers. L’intrigue a du rythme. Je me souvenais que c’était un des points sur lequel j’avais été déçue pour son premier roman : un rythme très inégal avec un début prometteur, un milieu bien trop lent et ennuyeux pour une fin explosive. Dans celui-ci, il est parfaitement maîtrisé. Chaque chapitre apporte son lot d’actions, de trahisons, de complots, tempêtes… Le tout sous fond de chasse aux trésors. Une fois commencé, il a été impossible de lâcher ce roman. J’ai toujours voulu savoir quelle sera la prochaine étape, la prochaine difficulté que Fable devra relever.

Par ailleurs, j’ai adoré l’univers et ce premier tome en est une parfaite introduction. Il y a déjà quelques villes qui sont bien développées avec leurs particularités propres, leurs règles, leurs guildes. Dans les prochains tomes, j’aimerai bien en voir un peu plus de Bastian, ville spécialisée dans les gemmes et souvent évoquée dans ce livre. Il y a tout un aspect du roman autour des pierres précieuses et du personnage principal qui peut les « sentir » qui apporte une touche de mystère et de fantastique que j’ai beaucoup aimé. En tant que lecture, j’ai senti que cela va mettre en danger Fable et l’équipage, car son don est très recherché. C’est un autre point qui me semble plein de promesses pour la suite. J’ai très envie de voir comment l’auteur développera cet aspect intriguant de l’histoire.

J’ai apprécié les différents personnages. Malgré beaucoup de manichéisme, surtout dans le rapport « méchants/gentils », les principaux protagonistes (Fable et son équipage) sont attachants. Ils ne manquent pas de profondeur, même si l’auteur ne fait qu’effleurer leurs personnalités dans ce premier tome, laissant des possibilités pour la suite. Ils ont chacun un passé qui a commencé à être creusé, mais très rapidement. Fable tombe parfois dans les clichés de l’héroïne bad ass. Elle sait comment survivre, tout en ayant un côté gaffeuse et un don très rare et recherché. Je m’y attendais aussi en commençant le livre. Après, je l’avoue, leurs aventures étaient prenantes à suivre et je me suis facilement et rapidement attachée à eux, oubliant certains aspects plus négatifs. En revanche, j’ai trouvé que le père de Fable était presque le plus subtil des personnages, le plus complexe, dans son caractère, ses prises de décisions…

Adrienne Young propose un premier tome prometteur, plein d’aventures et de rebondissements. Je me plongerai avec délice dans le deuxième tome, Namesake, qui sort en mars. En tout cas, le coup de coeur est là. Il ne me reste plus qu’à découvrir The girl the sea gave back, deuxième tome de l’univers développé dans Sky in the deep pour être à jour dans la bibliographie de l’auteur.

Bilan 2020

C’est avec aucun regret que je laisse 2020 se terminer. Comme pour beaucoup, cette année a été éprouvante à tout point de vue avec son lot de mauvaises nouvelles et de coups durs professionnels (je travaille dans la culture). Durant cette année, je me suis énormément réfugiée dans la lecture, à la fois pour faire passer le temps et supporter ces confinements qui m’ont pesé, je l’avoue. J’ai aussi repris en main de blog, abandonné pendant une bonne partie de 2019.

En janvier 2020, j’avais émis le souhait totalement fou et irréaliste de lire au moins 200 livres, soit le double de ce que je lis habituellement. Le pari n’a pas été si fou puisque j’ai lu très exactement 223 livres durant l’année, soit 72.205 pages. Merci les confinements !

2020 a été une année placée sous le signe des essais en histoire et en histoire de l’art. Ils représentent 28% de mes lectures. J’ai aussi redécouvert les classiques de la littérature française des XVIIIe et XIXe siècles avec Émile Zola, Voltaire et Rousseau et tête. Les classiques représentent 13,6% de ce que j’ai lu, soit 34 livres, dont une dizaine de classiques russes, allemands (dont le premier tome Guerre & Paix). Découverte de la littérature classique allemande avec un coup de coeur pour Les souffrances du jeune Werther.

Mon trois meilleures lectures de 2020

The Hollow Places de T. Kingfisher est un des meilleurs romans d’horreur que j’ai pu lire depuis bien longtemps. Je suis un petit en retard dans la publication de mes avis littéraires et celui-ci devrait arriver très prochainement. Je n’en dis donc pas plus. Mais c’est un de mes gros coups de coeur de l’année.

All the bad apples de Moïra Rowley-Doyle est un des livres qui m’a le plus marqué cette année : l’Irlande, la place de la femme, le réalisme magique qui se dégage de ce roman, une histoire de famille… J’ai adoré et je le relirai avec plaisir. Pour lire mon avis sur ce dernier, c’est par ici. [lien]

Enfin, The Year of the Witching d’Alexis Henderson… Un autre livre d’horreur, mais totalement différent du Kingfisher avec une société puritaine, des sorcières, des bains de sang… Gros coup de coeur pour ce premier roman d’horreur par une auteur à suivre. J’avais publié une chronique. [lien]

Mes trois plus grosses déceptions de 2020

Eoin Colfer signait son grand retour avec un roman pour les jeunes adultes, Highfire. J’ai adoré plus jeune les Artemis Fowl qui est une série avec laquelle j’ai grandi. Je n’ai pas du tout aimé ce nouveau livre. Pour savoir pourquoi je n’ai pas aimé cet ouvrage, voici mon billet. [lien]

Alors que je préparais cet article, je savais que Three Hours in Paris de Cara Black finirait dans mes déceptions de l’année. Je l’avais pourtant mis dans les sorties VO qui me tentaient, mais encore aujourd’hui, je ne sais pas si je dois rire ou pleurer devant ce livre… En tout cas, j’y ai lu la phrase la plus improbable de l’année. Ma chronique est à lire sur le blog. [lien]

Dernier livre dans mes déceptions, Cursed de Frank Miller et Thomas Wheeler. La série m’avait quelque peu laissé sur ma faim. J’avais envie d’avoir plus de développements et je me suis tournée vers le livre qui reste fidèle à la série… Et je n’y ai donc pas trouvé ce que j’espérais. J’avais publié un article sur le sujet. [lien]

J’en ai fini de mes coups de coeur et déceptions de l’année et j’avais envie de faire un tour d’horizons de mes résolutions prises début 2020 et si elles ont été tenues.

En premier lieu, je souhaitais lire une dizaine de pièces de théâtre. Même si j’en ai lu quelques unes, elles se comptent sur les doigts d’une seule main… Et encore. J’ai redécouvert quelques classiques comme Le mariage de Figaro de Beaumarchais ou Cyrano de Bergerac d’Edmond de Rostand. En revanche, j’ai réussi à lire les dix recueils de poésie avec autant des classiques que de la poésie contemporaines. J’ai relu Les Contemplations de Victor Hugo, Les fleurs du mal de Charles Baudelaire. J’ai dévoré le dernier recueil de Rupi Kaur, Home Body.

Je voulais également terminer quatre séries en cours. J’en ai fini trois, donc je suis plutôt contente.

J’espérai avoir une pile à lire à zéro à la fin du mois de décembre. Je termine l’année avec 21 livres qui attendent d’être lus. J’ai pas mal craqué la dernière semaine et j’ai fait quelques achats.

Le plus gros objectif de lecture que je m’étais fixée pour 2020 était de commencer et finir les Rougon-Macquart d’Émile Zola. J’en ai lu que cinq cette année, de La fortune des Rougon à La faute de l’abbé Mouret. La suite sera pour 2021, ayant déjà commandé le prochain, Son Excellence Eugène Rougon.

Une autre résolution, la dernière, était de lire une cinquantaine de romans ou essais en anglais. Record battu ! J’ai lu 86 romans en anglais. Je ne suis pas encore à 50/50, mais c’est tout de même un beau score. Je ne m’y attendais pas.

2020 n’a pas été une année aussi riche culturellement que je l’espérais, mais j’ai pu commencer l’année en allant aux ballets russes voir Casse-Noisette, qui est un de mes préférés (je vénère Tchaikovsky). Un merveilleux moment partagé avec l’une de mes petites soeurs. J’ai aussi visité quelques coins de la France que je ne connaissais pas, et notamment la Haute-Savoie. J’ai pu visiter le château de Montrottier, les Jardins Secrets de Vaulx, un endroit totalement hors du temps, le musée de la Résistance haut-savoyarde à Morette ainsi que la ville d’Annecy. En août, j’ai pris la direction d’Albi pour découvrir cette magnifique cité médiéval ainsi que les petites villes d’Ambialet et de Cordes-sur-Ciel. [article sur ces quelques jours dans le Tarn]

J’ai pu visiter le musée Toulouse-Lautrec ainsi que la rétrospective Christo et Jeanne-Claude au musée Würth d’Erstein. [compte-rendu de l’exposition]

Pourquoi lire Christina Henry ?

Parmi les auteurs largement présents dans ma bibliothèque, il y a Christina Henry. Sa bibliographie se compose majoritairement d’une série bit-lit et d’autres ouvrages plus orientés vers l’horreur avec notamment des réécritures de contes comme base de départ. C’est sur cet aspect que je la connais le plus et que je l’adore, attendant avec impatience chacune de ses nouvelles publications. En 2020, elle m’a régalé avec pas moins de deux parutions : un recueil de nouvelles autour de l’univers d’Alice au pays des Merveilles et un roman d’horreur, The Ghost Tree. Voici quelques bonnes raisons de se pencher sur ses romans.

Des réécritures de contes

Personnellement, c’est un genre littéraire que j’adore, car il permet de revisiter des histoires connues sous des angles parfois très différents ou avec des univers multiples. Je pense aussi à Marissa Meyer qui a réécrit certains contes dans un univers futuristes. Christina Henry s’est inspiré d’un certain nombre d’entre eux. Elle a proposé un monde post-apocalyptique pour The Girl in Red qui reprend l’histoire du Petit Chaperon rouge. The Mermaids se passe dans notre monde, mais dans le passé. Elle fait revivre P.T. Barnum, les cirques de curiosités… Lost Boy se déroule au Pays Imaginaire. Dans sa bibliographie, il y a juste The Ghost Tree, son dernier roman, qui n’est pas une réécriture de contes, mais tout de même un très bon roman d’horreur.

Des atmosphères creepy

C’est un peu la spécialité de l’auteur. Elle excelle dans des ambiances très sombres et torturés. Parmi ses romans, certains sont vraiment très dérangeants et « malaisants ». Pour ma part, celui qui remporte le premier prix est Lost Boy. Elle adopte un point de vue sur cette histoire qui est vraiment gênant, mais qui colle parfaitement à l’univers aussi. L’histoire de base contient aussi des éléments déstabilisants que Christina Henry exploite. Elle y ajoute aussi des thèmes contemporains et pas faciles : le viol, la drogue, la prostitution, les abus affectifs…

Christina Henry crée en quelques phrases un univers complet et une intrigue prenante, impossible à mettre de côté. Ce sont des histoires avec beaucoup de rythme, de tension, avec de nombreuses révélations et rebondissements. Tout est maîtrisé, et je ne suis jamais déçue par l’une ou l’autre de mes lectures. Elle doit sortir un nouveau roman en 2021 chez Titan Books, Near the Bones. Il ne me rappelle aucun conte, mais ce sera un autre roman horreur.

Liste des romans de Christina Henry que j’ai lu

  • The Mermaid, inspiré de La Petite Sirène
  • The Girl in Red, inspiré du Petit Chaperon rouge
  • Lost Boy, inspiré de Peter Pan
  • Alice, Red Queen et Looking Glass, inspirés d’Alice au pays des Merveilles
  • The Ghost Tree

Quels sont les plus « creepy » ?

  • Alice
  • Lost Boy

Lequel est le plus soft ?

  • The Mermaid