The Miniaturist (2014) | Jessie Burton

On a brisk autumn day in 1686, eighteen-year-old Nella Oortman arrives in Amsterdam to begin a new life as the wife of illustrious merchant trader Johannes Brandt. But her new home, while splendorous, is not welcoming. Johannes is kind yet distant, always locked in his study or at his warehouse office—leaving Nella alone with his sister, the sharp-tongued and forbidding Marin.

Les intérieurs de Vermeer, Pieter de Hooch, Samuel van Hoogstraten, les petites rues et ruelles, les places qui sont peintes nous ont toujours donné à voir la vie quotidienne des Hollandais des XVI et XVII siècle. Cependant, ils gardent tout de même une part de mystères sur la vie privée et intime, même s’il y a quelques tableaux dans ce sens. The Miniaturist de Jessie Burton imagine ce qu’il peut se passer derrière ces fenêtres et ces portes.

L’âge d’or hollandais fait partie de ces périodes historiques que j’adore que j’ai eu la chance de pouvoir étudier. En revanche, ce roman est véritablement un des premiers que je lis concernant cette période. Après avoir terminé celui-ci, je ne pense pas m’arrêter en si bon chemin, car il fut un coup de coeur sous bien des aspects dont l’un des premiers tient au talent de l’auteur pour faire revivre la société hollandaise de cette époque. Elle se rapproche d’une vérité historique, même si le livre a un petit côté fantastique, fantasmagorique. Les principaux éléments sont présents : l’importance de la ville (tout doit être fait pour sa gloire, et notamment par delà ses murs), l’importance également accordée à l’argent quoi doit être autant montré que caché, une société marchande avant tout, la religion et sa place parfois ambiguë… Je les ai trouvé bien développés dans la mesure où ils m’ont donné l’impression de vivre et d’évoluer aux côtés de Nella et de sa nouvelle vie à Amsterdam. Je n’ai pas eu l’impression d’un gros décalage historique ou d’énormes anachronismes.

L’aspect historique est un premier positif. Cependant, couplé à l’ambiance que Jessie Burton met doucement en place, il ne m’en fallait pas plus pour que le coup de coeur s’annonce. Je suis relativement friande de mystères qui se cachent derrière les portes, de secrets de famille bien cachés… J’ai vraiment été servie, car dans The Miniaturist, l’auteur propose révélations sur révélations. Elles peuvent paraître parfois un peu rocambolesques, mais elles ont sur aussi me charmaient, car elles me montraient différents aspects de la société d’Amsterdam en mettant en scène un personnage de couleur, un homosexuel, des femmes de toute conditions. La manière dont ils essaient de composer avec la société qui les observe et les juge constamment, prête à sauter sur leur moindre faux pas, renforce l’ambiance pesante du roman. Comme les personnages, le lecteur ne sait plus sur quel pied danser et à qui faire confiance. Cette oppression, ce sentiment lugubre qui habite la maison de Nella se retrouve aussi dans les descriptions de la ville et du temps. Du coup, le sentiment d’évoluer auprès des personnages s’en trouve renforcé. J’ai véritablement été immergée dans leurs vies quotidiennes et leurs drames. Impossible de lâcher le livre avant de savoir la fin.

De plus, j’ai trouvé toute l’intrigue autour du miniaturiste et de la maison de poupée absolument génial. Le fait qu’elle permettait au personnage principal d’en apprendre plus sur son entourage m’a énormément plu. J’ai adoré cette idée et la manière dont elle a été développée. Elle apporte aussi sa touche de mystère. Tout comme Nella, j’attendais avec impatience la prochaine livraison. Avec un peu d’anxiété également ! C’est un élément étonnant de l’intrigue qui apporte quelque chose en plus, sans pour autant prendre toute la place. Cette maison n’est parfois qu’une présence fantomatique.

Le roman m’a enfin marqué par l’ensemble des personnages féminins, notamment les trois femmes de la famille Brandt : Petronella, la jeune mariée ; Marin, la soeur d’un riche marchand et célibataire, et Cornelia, la servante. Elles démontrent trois types de conditions, mais aussi la manière dont elles essaient de se faire une place dans la société avec les libertés qui leurs sont laissées. J’ai vraiment aimé le portrait que Jessie Burton fait d’elles. Je les ai toutes appréciées, chacune pour de raisons différentes. Cornelia, par exemple, m’a plu pour sa loyauté à toute épreuve. Nella m’a impressionné par son évolution au fil des pages. D’une jeune fille peu sûre d’elle, elle s’impose doucement mais sûrement au point d’avoir le destin de sa famille entre ses mains… Elles furent toutes les trois le genre de personnages que je retiens.

The Miniaturist fut ma première découverte de la plume de Jessie Burton et je ne pense pas m’arrêter là. Elle a publié un deuxième roman, The Muse, qui propose une histoire prenant place dans le monde de l’art qui ne pourrait que me plaire. Depuis, j’ai aussi appris que le livre a été adapté par une mini-série, par la BBC. Ils sont généralement très bons pour les period dramas. Je pense m’y plonger prochainement.

Publicités

Dark | 2017

Un enfant disparu lance quatre familles dans une quête éperdue pour trouver des réponses. La chasse au coupable fait émerger les péchés et les secrets d’une petite ville.

Avec : Louis Hofmann ; Oliver Masucci ; Jördis Triebel…

Netflix nous gâte en cette fin d’année en nous proposant une nouvelle série dont le trailer m’avait déjà happé dans cette petite ville de Winden, en Allemagne. Dark m’a passionné d’un bout à l’autre et il s’agit d’une des rares séries allemandes sur la plateforme, d’où ma curiosité. J’ai toujours apprécié ce qu’ils pouvaient proposer, dès lors que j’arrive à en trouver, car je suis friande de leurs comédies romantiques, notamment celles de Matthias Schweighöfer et Till Schweiger.

Malgré mon intérêt pour le cinéma allemand, le seul acteur que je connaissais était Oliver Masucci qui a joué Adolf Hitler dans le frappant et glaçant Il est de retour (David Wnendt, 2015). Il a un vrai potentiel dramatique dans Dark, devenant un des personnages que j’ai préféré alors que ce n’est pas celui qui a le plus de secrets, du moins dans cette première saison. Mais, je l’ai trouvé juste dans son jeu, dans sa douleur et dans sa quête… C’était un plaisir de le retrouver à chaque fois pour suivre sa progression.

Toutefois, il n’est pas le seul à retenir dans cette série. Quelques acteurs m’ont quelque peu laissé de marbre. Leurs interprétations n’étaient pas mauvaises mais ils sont peut-être moins intéressants ou marquants que d’autres. C’est le cas, par exemple, de Martha ou Katharina, la fille et la femme d’Ulrich Nielsen (Oliver Masucci). Elles sont un peu fades par rapport à d’autres. Louis Hofmann, jeune acteur allemand qui joue Jonas Kahnwald, le héros de Dark, efface relativement les autres acteurs de son âge. Il a un réel talent et j’ai pensé que son interprétation était parfaite d’un bout à l’autre. Il incarnait totalement son personnage. Il est, à mon humble avis, la révélation de cette nouvelle série signée Netflix.

Ce qui est intéressant dans Dark, outre l’histoire, c’est justement ces quatre familles que nous suivons à travers le temps et surtout trois époques : 1953, 1986 et 2019. Au départ, honnêtement, j’étais un peu perdue pour savoir qui était qui à travers le temps, leurs relations familiales, les amitiés… Cependant, une fois tous les liens et les personnages fixés dans mon esprit, ce fut un régal de voir leur évolution, que les secrets et les mystères sont là depuis le début… Et encore, je suis sûre que les scénaristes n’ont fait qu’effleurer la surface dans les dix épisodes qui constituent cette première saison. Hannah, par exemple, était un peu l’archétype de ce que je viens de dire. C’était un personnage que j’appréciais au début mais qui, petit à petit, révèle son vrai visage. J’ai adoré cette palette de personnages très différents avec de vrais caractères, très humains. J’ai envie de les retrouver au plus vite pour connaître davantage leurs secrets. Certains ont déjà été touchés du doigt.

C’est une constante dans Dark. L’intrigue est construite de manière à ce que le spectateur soit toujours en demande de plus. Tout était bien dosé entre l’avancement de l’intrigue, les révélations sur les personnages, les sauts dans le temps, les explications sur ce qu’il se passe à Winden. Rares sont les séries qui m’ont autant tenu en haleine. J’ai enchaîné tous les épisodes à un rythme effréné. Il y avait tout le temps un élément qui faisait que je continuais. Dark a un effet absolument fascinant et, une fois commencé, il fut impossible d’arrêter.

Souvent, je bâtissais des théories, parfois un peu folles sur qui était qui, les relations et les secrets. Je pensais quelques fois que c’était un peu fou et, à d’autres, j’avais raison… De manière assez improbable car je suis généralement pas très douée pour les devinettes et énigmes en tout genre. Les hypothèses peuvent être loufoques mais certaines se révèlent vraies. Cependant, elles gardent tout de même une cohérence d’un point de vue narratif. Je garde aussi à l’esprit qu’à la fin de cette première saison, une petite partie des choses ont été révélées. J’en sais un peu plus sur les comment du voyage dans le temps mais pas encore réellement pourquoi. Je veux des réponses à bien des interrogations qui sont encore en suspend : pourquoi Jonas ? Qu’est-ce qui va arriver à Ulrich ? Qui a encore des secrets ? Qu’est-ce que cache Noah et quel est son rôle ? La toute dernière scène ouvre également de nouvelles possibilités pour la suite. Ces dernières minutes m’ont totalement abasourdie, c’était inattendu mais ce fut totalement à l’image de la série.

J’espère vraiment une deuxième saison. Netflix arrête parfois des séries. Ils en proposent trop et font le tri en fonction des réactions du public. Dark est une série prometteuse, tant du point de vue de l’intrigue que des personnages et de l’esthétique. J’ai beaucoup l’ambiance avec un étalonnage de couleurs froides. J’ai vraiment vu un effort pour donner un visuel plutôt bien travaillé, qui est en accord avec l’histoire, les mystères et les secrets des habitants… Il y a une véritable corrélation entre le fond et la forme. Que dire de la musique ! Elle était incroyable, chaque épisode était une pépite pour les oreilles. J’ai pu retrouver du Fever Ray, par exemple.

Pour autant, la série n’est pas totalement parfaite et elle présente quelques incohérences. Une m’a particulièrement sauté aux yeux… Pourquoi les personnages du passé qui croisent des personnages du futur ne se souviennent absolument pas d’eux ? Je m’explique ! Jonas, pour citer un exemple, a effectué un retour en arrière où il a croisé sa mère quand elle n’était encore qu’une enfant. Quand il revient, cette dernière n’en a gardé aucun souvenir. Je trouvais cela bizarre et un peu perturbant dans la mesure où aucune explication n’est donné. C’est vraiment cet aspect qui m’a le plus dérangé en regardant la série, tout en ne m’empêchant pas d’adorer chaque seconde et d’avoir dévoré la série d’un bout à l’autre en deux-trois jours !

Cette série allemande fut, pour ma part, une des révélations de 2017. Il y avait bien longtemps qu’une série ne m’avait pas autant rendu accro. J’étais dans un état proche de la fascination. Il m’en fallait toujours plus et, même des jours après l’avoir terminé, je ne cessais de me torturer l’esprit pour trouver des solutions, des explications plus ou moins logiques à certains problèmes. J’attends la deuxième saison de pieds fermes, même si je sens que je vais devoir prendre mon mal en patience, car Netflix n’est pas toujours pressé de sortir les saisons de nos séries préférées, en témoigne la troisième saison de Daredevil que j’espère depuis un petit moment maintenant.