La Culture avec un grand A et du latte #2

Ce mois de Mars est passé à une vitesse folle et je ne regrette pas qu’il se termine enfin. Il ne fut pas de tout repos entre l’avancement de mon mémoire et le rendu du projet pour les Journées des Arts et de la Culture dans l’Enseignement supérieur. Nous avons travaillé sur une salle des portraits en choisissant d’inverser les rôles : le visiteur n’est pas celui qui observe les tableaux, mais ces derniers viennent l’épier, en réactualisant les références. La vidéo est juste une merveille.

Du coup, cela a quelque peu influencé les films que j’ai vu en mars afin de chercher les meilleures séquences à ajouter à la vidéo. Le premier film fut l’adaptation de 1984 de George Orwell par Michael Radford… Qu’en dire ? J’ai eu énormément de mal à accrocher et je me suis quelques fois endormie. J’ai tout de fois commandé le livre pour découvrir ce classique que je n’ai pas encore lu. J’ai aussi revu Da Vinci Code (2006). Dans mes souvenirs, il y avait des scènes intéressantes sur l’impression d’être épié par les oeuvres du Louvre. C’est aussi un de mes petits plaisirs coupables. J’ai enchaîné sur un classique du cinéma français que je n’avais jamais vu jusqu’à maintenant, Harry, un ami qui vous veut du bien (2000). Il a plutôt mal vieilli, à mon avis, et je n’en garderai pas un souvenir impérissable.

Du coup, j’en ai un peu oublié ma résolution de tenter l’aventure des westerns. Objectif du mois d’avril… Essayer de voir un classique du genre et un qui soit plus récent. En attendant, j’ai aussi vu Justice League (2017) qui m’a laissé un sentiment quelque peu mitigé. Une très bonne surprise pour la musique, notamment Sigrid et son Everybody knows qui est une merveille. Comparés à Marvel, les DC Comics ont une bien meilleure soundtrack. Cependant, j’ai comme l’impression qu’ils ont du mal à trouver leur ton entre un humour proche de celui de Marvel et un autre plus sombre. Ils oscillent entre les deux. Je retiendrai également le placement de produits qui était un peu trop flagrant. Coucou Mercedes Benz !

J’ai aussi vu The Circle (2017) avec Tom Hanks et Emma Watson. L’idée de départ me semblait prometteuse en proposant une critique des réseaux sociaux et la volonté de toujours plus de transparence. Il est l’adaptation d’un thriller. Le film démontre bien les effets un peu pervers des réseaux sociaux. Cependant, la fin m’a quelque peu déçue. Ce n’était pas ce à quoi je m’attendais et, au final, j’ai pensé qu’elle avait moins d’impact sur le spectateur.

Un peu moins déçue par Zombillenium (2017) qui fut mon premier coup de coeur du mois. Je n’ai rien à redire sur l’histoire et les graphismes qui reprennent les codes de la bande dessinée. Frida (2002) fut aussi une belle découverte. J’admire beaucoup l’oeuvre de Kahlo et le film intègre tellement bien les oeuvres à la proposition esthétique du film, tout en montrant les liens entre son art et les événements de sa vie. L’interprétation de Salma Hayek est absolument irréprochable. Le dernier film vu était Ferdinand (2017) qui dénonce le monde de la corrida et la mise à mort des taureaux, sans tomber dans les clichés.

Du point de vue des séries, j’ai définitivement terminée Agent Carter et ce fut une très bonne deuxième saison. Je ne comprends toujours pas pourquoi elle a été arrêtée, mais Peggy et Jarvis vont me manquer. J’ai également succombé au phénomène Black Mirror en regardant les trois épisodes de la première saison. J’ai été totalement convaincue.

Du point de vue de mes lectures, j’ai continué ma découverte des auteurs français contemporains avec le deuxième tome de La Mort de Staline de Fabien Nury et Thierry Robin que j’ai adoré, mon premier Max Gallo avec La chute de l’Empire romainToday we live d’Emmanuelle Pirotte, Palmyre de Paul Veyne. Pas vraiment de coup de coeur, mais pas de grosses déceptions non plus. La seule va aux Animaux fantastique de J.K. Rowling.

Mon coup de coeur littéraire va pour Lumikko de Pasi Ilmari Jääskeläinen. Je compte en parler plus longuement sur le blog. Globalement, c’est une bonne surprise. Ce n’était ce à quoi je m’attendais, mais c’était encore mieux. À côté de cela, j’ai lu un comics, Joker de Brian Azzarello et Lee Barmejo, Les enquêtes de Middleton & Grice, Petits meurtres à Mangle Street de M.R.C. Kasasian qui est sympathique mais qui ne révolutionne pas le genre des policiers historiques. Je désirai lire depuis un petit moment Mythologie nordique de Neil Gaiman. Il se laisse lire, mais il ne m’a pas fait une forte impression. Je cite également rapidement le dernier Dan Brown, Origine, dont l’article sera bientôt en ligne. Il y a aussi eu deux lectures en anglais : Velvet undercover de Teri Brown (je vous en reparlerai en novembre, car il fait partie d’un projet) et One dark throne de Kendare Blake qui fut un brin en-dessous du premier.

J’ai aussi profité de ma dernière journée sur Metz pour voir la nouvelle exposition du Centre Pompidou, L’aventure de la couleur. Une petite exposition que j’ai grandement appréciée et qui m’a permis de voir des Matisse, quelques monochromes d’Yves Klein dont l’International Klein Blue est une pure merveille que je peux admirer pendant des heures.

Publicités

The Handmaid’s Tale | Saison 1

Dans un monde dystopique où la femme est au centre du pouvoir car elle est en voie de disparition, chaque femme est séparée en trois classes : les Épouses qui ont le pouvoir, les Marthas qui s’occupent de la Maison et enfin les Servantes écarlates dont l’unique rôle est la reproduction.

Dans ce futur où la reproduction se fait rare à cause de la pollution, la religion prend le pas sur la politique dans une sorte de gouvernement totalitaire.

Defred va venir raconter son histoire de Servante écarlate… une vie pleine de souffrances.

Avec : Elisabeth Moss ; Joseph Fiennes ; Yvonne Strahovski ; Max Minghella…

A l’instar de Stephen King, 2017 fut aussi l’année de l’auteur canadienne Margaret Atwood dont l’oeuvre littéraire a été redécouverte non seulement en librairie, mais aussi par le biais d’adaptations avec The Handmaid’s Tale et Alias Grace. Je termine 2017 avec le premier et je commence 2018 avec le deuxième, mais, aujourd’hui, c’est bien de The Handmaid’s Tale que je vais parler. Le  livre, comme la série, furent deux gros coups de coeur, même si j’ai mis un peu plus de temps à me lancer dans la série et ce, malgré les échos positifs que j’ai pu avoir.

De quoi parle cette première saison ? Elle reprend entièrement le livre, en lui étant parfaitement fidèle. C’est la première chose qui m’a étonné, car, vraiment, tout y est. Margaret Atwood avait approuvé cette adaptation de son livre et je peux comprendre pourquoi. La série se rapproche de ce que je pouvais imaginer durant ma lecture. Elle respecte l’univers mis en place par l’auteur et il a si peu besoin de réactualisation. C’est déjà un aspect positif, mais ça ne s’arrête pas là.

En effet, les scénaristes ont rajouté des éléments en plus par rapport à l’histoire de départ. Ce sont ces derniers qui me retenaient de commencer la série, par peur qu’ils en viennent à dénaturer le texte que j’ai adoré et qui m’a marqué. Pourtant, ils apportent un plus à la série, mais également à l’intrigue. Ils gardent le même type de narration que le livre où Offred se remémore des souvenirs de sa vie d’avant. Ils y sont dans cette adaptation, mais ils sont élargis à un plus large panel de personnages : Nick, Serena Joy, Luke… A un moment donné ou un autre, ils auront tous ou presque un épisode où leurs vies d’avant sera évoquée. Qu’est-ce qu’ils faisaient ? Comment en sont-ils venus à cette position au sein de Gilead ? De ce point de vue, le personnage de Serena Joy fut presque une révélation. Je l’ai mieux comprise, tout en restant consciente qu’elle était monstrueuse. Elle doit avoir une des scènes qui m’a le plus pris aux tripes. C’était de la pure torture mentale envers Offred qui cherchait sa fille. Je suis passée par tous les sentiments : la colère, la rage, le désespoir… Il me semble que cette scène n’était pas dans le livre, et, pourtant, elle apporte un véritable plus à l’intrigue.

D’autres scènes s’ajoutent et elles ne sont pas superficielles ou inutiles. Elles viennent admirablement compléter l’univers, en apportant des compléments d’informations qui manquaient parfois au roman. Ainsi est un peu plus explorée, par exemple, la manière dont le régime de Gilead fut mis en place. Il y a aussi une plus grande immersion dans le monde des Tantes ou une petite idée de la politique internationale, de la manière dont la justice est rendue, à la fois par les Servantes et les Commandants. Finalement, j’ai été moins septique par rapport aux libertés prises par le scénario, car les changements apportés sont cohérents et rendent la série un brin au-dessus du roman qui était déjà très bien.

Esthétiquement, The Handmaid’s Tale est une réussite. Le rouge des robes des Servantes tranche sur tous les plans, marquant d’autant plus leur présence. Toutefois, ce n’est pas tant l’esthétique de la série que la manière dont elle a été filmé que je retiens. Certaines scènes explosent tout sur leurs passages. Il y a des plans, des séquences qui bouleversent et qui marquent comme, par exemple, quand les Servantes refusent de mettre à mort l’une d’entre elles. Ces quelques minutes sont pleines de tension, de possibles et montrent que les choses changent et, juste après, elles repartent et la musique se lance… Feeling Good de Nina Simone. Mindblowing ! Je n’ai pas encore trouvé une bonne traduction de ce mot en français. Je pourrai citer d’autres exemples où l’image et le son se complètent parfaitement, se renforçant mutuellement.

La musique d’un film ou d’une série et sa relation avec l’image ou la scène sont primordiales, pour moi. J’y suis très sensible, j’y accorde beaucoup d’attention. Dans cette adaptation, cette relation tend quasiment vers la perfection, que ce soit pour les musiques instrumentales que pour les autres. Chaque musique est placée au bon moment. Quel plaisir de retrouver You don’t own me de Lesley GoreCan’t get you out of my head de Kylie MinogueMorning keep the streets empty for me de Fever Ray… Elle a l’une des meilleurs bandes son de l’année 2017, clairement.

Cependant, ce ne sont pas uniquement ces aspects de la série que je retiens. Il faut aussi parler de la performance des acteurs, avec Elisabeth Moss en tête. Je l’ai découverte récemment et non pas dans The Handmaid’s Tale, mais dans The Square (une satire du monde de l’art contemporain à notre époque qui est loin d’être ennuyeuse). Elle avait certes un petit rôle. Néanmoins, elle avait déjà une certaine présence à l’écran. Dans cette adaptation, elle crève littéralement l’écran par son interprétation parfaite du personnage d’Offred. Elle l’incarne à merveille, rendant tous ses sentiments, sa détresse, sa solitude, sa colère, sa peur, le fait qu’elle ne sache pas où est sa fille, ce qui lui est arrivé… Mais, plus encore, Elisabeth Moss arrive à les faire ressentir aux spectateurs qui partagent ainsi toutes les émotions de son personnage et, souvent, sans aucun filtre. Ce sont des émotions brutes, et je n’ai jamais pensé que l’actrice en faisait trop dans la mesure où j’ai totalement vibré avec elle. Son jeu était franc et vrai. Elle réalise, pour moi, une véritable performance qui éclipse quasiment toutes les autres, qui sont également très bonnes, avec une mention toute particulière pour Madeline Brewer qui joue Janine-Ofwarren.

Ce n’était pas le personnage que je préférais dans le livre, mais l’actrice a su me réconcilier avec Janine qui a été fortement traumatisée par son passage chez les Tantes. Elle démontre toute la fragilité physique et psychologique de son personnage, ses blessures intérieures et extérieures. Elle est également une des rares qui m’a profondément bouleversé par certaines scènes, presque bousculé.

La première saison se finit comme le livre, de manière abrupte et avec beaucoup de surprise. Dans les deux cas, je ne pouvais pas croire que ça finissait ainsi, qu’il devait manquer plusieurs chapitres. Toutefois, cela reste aussi cohérent avec l’histoire et ce type de régime politique que les gens disparaissent soudainement, sans laisser de traces. La deuxième saison devrait apporter des réponses et, pour le coup, la question de la fidélité ne va pas se poser car ça sera de la pure invention. J’ignore encore la date de diffusion, mais j’attends toujours que tous les épisodes sortent pour les regarder les uns à la suite des autres.

Cinq livres à offrir à Noël

Offrir un livre reste toujours une bonne idée. Pour mes proches, il y aura deux livres sous le sapin. Il n’est pas toujours facile de trouver le bon avec l’énorme éventail de choix qui s’offrent à nous. Pour remédier à cela, je vous propose une sélection de cinq ouvrages qui ont marqué mon année 2017.

Milk & Honey – Rupi Kaur

Faut-il encore le présenter ? Il a été récemment traduit en français et un plus large public peut ainsi le découvrir. L’auteur aborde de nombreux thèmes comme le fait d’être une femme, son viol, sa relation avec son corps, les relations amoureuses… Je me suis beaucoup retrouvée dans ses poèmes, tout en y voyant également mes soeurs, mes amies…

Hex – Thomas Olde Heuvelt

Encore un livre qui a été traduit et publié récemment en français. Je l’ai lu en anglais et il était impossible à lâcher une fois commencer. L’auteur néerlandais signe ici l’un des meilleurs romans d’horreur que j’ai pu lire. Depuis, je n’ai pas réussi à mettre la main sur un livre d’une qualité équivalente, qui me fasse autant frissoner. J’espère sincèrement que Thomas Olde Heuvelt en écrira d’autres dans la même lignée car, avec celui-ci, cauchemars garantis.

The Handmaid’s Tale – Margaret Atwood

A moins de vivre dans une grotte, il fut presque impossible de passer à côté de l’auteur canadienne cette année. The Handmaid’s Tale ou La servante écarlate était dans toutes les librairies, car il a été adapté en série. Et ce ne fut pas le seul de l’auteur, Captive a aussi fait l’objet d’une telle consécration. Ecrit dans les années 80, La servante écarlate reste toujours d’actualité et un classique à lire.

S.P.Q.R. – Mary Beard

Mary Beard écrit beaucoup sur l’Antiquité romaine, l’un de ses plus connus est consacré à la ville de Pompéi. Professeur d’histoire à l’université de Cambridge, elle s’inscrit dans un effet de vulgarisation de l’histoire, tout en y ajoutant une touche personnelle d’humour, des anecdotes et en donnant une belle part aussi aux sources classiques. C’est très simple à lire et le lecteur referme le livre avec l’impression d’avoir appris plein de choses.

Sleeping Giants – Sylvain Neuvel

Des dieux auraient-ils fouillé notre terre bien avant nous ? Ce premier tome reste l’une de mes plus grandes surprises de cette année. Je ne lis jamais de science-fiction voire pas du tout. Je n’ai jamais été très sensible à ce genre d’ouvrages et pourtant, Sleeping Giants m’a passionné d’un bout à l’autre avec une écriture originale qui rend la lecture très dynamique. De plus, la mythologie est très bien développée avec des vraies questions de fond…