Mon expérience Erasmus #3 / Les cours au Trinity College de Dublin

La vie étudiante et les cours étaient un des aspects que j’étais impatiente de découvrir en allant en Irlande. J’avais envie de voir si c’était comme dans les films et les séries que j’ai pu voir. Comment sont les cours au Trinity College ? Est-ce si différent de la France ? Vous saurez tout !

Les cours et les travaux dirigés

Une des premières choses que j’ai dû faire en arrivant est d’établir mon contrat pédagogique définitif. En d’autres termes, de choisir les matières que je suivrai tout au long de l’année. Malheureusement, le choix fut quelque peu limité, car certains cours que j’avais prévu de suivre n’étaient pas ouverts aux étudiants Erasmus. J’en avais aussi suivi certains en France. Cependant, j’ai pu suivre quelques-uns qui étaient absolument passionnants : la Grande-Bretagne à l’époque romaine, l’art irlandais et l’art japonais. J’ai adoré ces cours qui changeaient de ce que j’avais l’habitude d’étudier. C’était aussi une des raisons de mon départ. Après, le format est le même qu’en France : des cours magistraux et des travaux dirigés.

Il y a aussi pas mal de différences par rapport à la France. La portée des lectures et des connaissances personnelles n’est pas la même. Les cours sont relativement généraux et pas assez développés pour le travail que les professeurs demandent (les essais autant que les partiels). J’ai passé de longues heures à la bibliothèque à éplucher des bouquins. Toutefois, ce fut très formateur pour mon mémoire. Ces petites dissertations d’une quinzaine de pages devaient être argumentées de manière scientifique, les sources devaient être citées selon les normes et de manière la plus pertinente possible. La bibliographie contenait au moins une dizaine d’ouvrages de référence. J’ai apprécié le fait d’être traitée comme une étudiante classique du Trinity College et pas comme une étudiante étrangère. C’était parfois un véritable défi à relever, mais très formateur.

Une de mes plus grosses appréhensions était la langue. Arriverai-je à m’exprimer correctement en anglais et être comprise de tous, à ne pas être ridicule ? À écrire mes devoirs en anglais ? À comprendre le cours et à le prendre en note ? Les deux premières semaines de cours étaient difficiles et éprouvantes. Je me suis rapidement adaptée. Depuis, j’ai l’impression que je peux faire face à toutes les situations ou presque. De plus, les professeurs sont très accessibles. Certains se faisaient même appeler par leurs prénoms. Ils étaient très patients avec les étudiants, étrangers ou non.

La vie étudiante irlandaise

Elle n’a strictement rien à voir avec la vie étudiante française qui se résume surtout aux fêtes du jeudi soir. L’Irlande a des sociétés, des espèces d’associations étudiantes. Toutefois, elles ne se rattachent pas à un cursus universitaire en particulier. Il peut y avoir un club de droit ouvert à toutes les personnes intéressées par le droit, et pas uniquement les étudiants de cette filière. Elles sont plus ouvertes, et il est surtout possible de s’investir dans des domaines très différents : autour de la mode, du sport, des langues, du journalisme… Pour ma part, j’étais inscrite au club des étudiants étrangers, la Fashion Society, la Phil Society et un club littéraire.

Toutes les semaines, la programmation change et vous avez de quoi la remplir avec des activités très différentes. Je participais tous les mois à un club de lecture qui m’obligeait à lire et à débattre en anglais. J’adorais ce rendez-vous qui me sortait quelque peu de ma zone de confort. Il y avait des soirées cinéma ou quizz, des conférences (j’ai ainsi pu participer à une conférence de David Yates qui était venu parler de son travail sur le premier Fantastic Beast). Il y a bien sûr des fêtes et soirées étudiantes, mais ce n’est pas tout ce que la vie étudiante irlandaise a à offrir. Cette diversité et ce dynamisme me manquent depuis mon retour en France.

La bibliothèque universitaire

Ce fut un peu le point noir de cette année d’étude. J’ai l’habitude des bibliothèques étudiantes relativement ouvertes. Au Trinity, il était impossible de rentrer sans carte étudiante. Il m’est souvent arrivé de vouloir travailler à la bibliothèque, mais sans carte… Impossible d’y accéder. Le nombre de livres qui peuvent être empruntés est ridiculement faible. Un livre sur dix est empruntante, les nouveautés ou les dernières éditions ne sont pas toujours en rayon et il faut les demander. C’était parfois un peu galère de demander les livres, de les consulter dans le temps imparti.

Publicités

Mon expérience Erasmus #2 / Préparer son départ

Un départ en Erasmus ne se décide pas ni ne se prépare du jour au lendemain. C’est un parcours administratif parfois semé d’embûches, mais l’expérience en vaut le coup. Elle nécessite juste un peu de préparation une fois que vous êtes sûr(e)s et certain(e)s de vouloir partir.

Préparer le dossier

Vous pouvez commencer à vous renseigner dès la première année, notamment en faisant connaître vos intentions au professeur référent des relations internationales de votre UFR. Cela peut paraître incongru de vous dire de commencer à préparer votre Erasmus alors que vous venez tout juste d’arriver à la fac, mais pas tant que ça pour être franche. En effet, malheureusement pas tout le monde ne peut partir en Erasmus, il y a des conditions et des places limitées. Pour prendre l’exemple de l’Université qui m’a envoyé dans ce programme d’échange, elle ne prenait que les élèves ayant eu 14 de moyenne ou plus et d’une moyenne équivalente en langue. Ou un examen réussi de type TOEIC et TOELF, CLES. Comptent les notes de la première et la deuxième années.

Du coup, connaître les modalités de sélection dès la première année permet de mieux se préparer, de savoir quels sont vos objectifs à atteindre. Les modalités peuvent changer d’une université à l’autre et d’une filière à l’autre. Ce qui était vrai pour moi ne l’est pas forcément pour vous. Avoir ses informations dès le début peut éviter quelques surprises lorsque vous préparerez votre dossier durant le premier semestre de la deuxième année de licence. Il faut également se renseigner sur les partenariats Erasmus de votre fac. Vous avez peut-être une idée de villes ou de pays, mais s’il n’existe pas de possibilités d’échanges, vous ne partirez pas ou difficilement. Il me paraît important de connaître dès le départ ces éléments qui vous aideront dans votre choix et pour préparer votre inscription.

Le dossier comprend, outre vos notes et différents documents, une lettre de motivation qui revient autant sur votre parcours que sur votre projet professionnel, sur les raisons qui font que cette université peut vous aider à atteindre vos objectifs. Vous pouvez formuler plusieurs demandes, pour mettre toutes les chances de votre côté. Vous allez également passer de longues heures à fouiller de fond en comble les sites des universités pour regarder les matières qui pourraient vous intéresser. Ce dossier est le premier pas le plus important et il faut vraiment le peaufiner et prendre le temps.

Définir un budget

Il existe une bourse automatique pour un départ en Erasmus. Cependant, elle ne couvrira jamais la totalité de vos besoins durant la durée de votre séjour. Elle est aux alentours de 1.200 euros (elle peut très légèrement varier d’une université à l’autre) pour un an. Pour un semestre, elle est moindre. De plus, 80% du montant vous seront versés aux alentours de novembre/décembre et les 20% restant seront pour votre retour. Il peut être intéressant de voir pour d’autres bourses (sur critères sociaux, de la région…). Il ne faut pas hésiter à les demander… Et puis, qui ne tente rien n’a rien et une aide financière est toujours bonne à prendre.

Surtout en fonction du pays où vous allez. Une des premières à faire est de se renseigner sur le niveau de vie du pays qui vous accueillera. Partant à Dublin, je savais que les postes concernant le loyer et la nourriture allaient être parmi les plus élevés. Il ne faut pas hésiter à prendre contact avec d’anciens étudiants Erasmus de votre université, pourquoi pas également des blogueurs expatriés ou des groupes Facebook de Français à l’étranger qui pourront répondre à vos questions et vous donner des informations. Cela vous aidera à construire votre budget.

Il y a aussi d’autres aspects pas forcément très drôles, mais qui ne faut pas oublier et négliger.  Un passage par votre banquier ou banquière est indispensable, même si vous avez une peur bleue de ce dernier. Toutefois, elle peut faire une lettre d’introduction pour vous permettre d’ouvrir un compte à l’étranger, de vous renseigner sur les possibilités de votre carte… Il faut aussi voir si votre mutuelle prend en compte votre départ à l’étranger.

Se remettre doucement dans la langue du pays

Les premiers jours dans votre nouveau pays ne seront pas les plus faciles. Un peu du mal du pays, un peu trop d’administratif à mon goût… Mais il faut surtout d’ores et déjà parler la langue dès les premiers instants. Parler quotidiennement la langue demande de longs efforts. Il faudra oser. Avant de partir, j’avais un peu rafraîchi mon anglais en regardant quelques films ou séries en version anglaise. Je lisais des romans et la presse anglophone. Je faisais quelques exercices de grammaire via des sites. Cela rassure un peu plus.

Mon parcours universitaire un brin chaotique du bac à la fin de ma deuxième licence

S’il y avait bien une chose à laquelle je n’étais pas préparée alors que j’allais passer mon bac et que le mot « orientation » était dans toutes les bouches, c’est ce qui allait arriver après l’obtention de ce sésame pour les études supérieures, que mon avenir ne sera pas tout tracé et que rien, absolument rien ne sera un long fleuve tranquille. Je ne suis pas de celles et ceux qui on trouvé rapidement leurs voies ou leurs vocations.

En même temps, au fond de moi, qu’est-ce que je savais à dix-huits ce que je désirais faire de ma vie ? Dans mon lycée, avec une filière littéraire, on nous parlait des grandes prépas (khâgnes, en premier), des études de droit ou de commerce. Les grandes voies pour les classes moyennes cultivées, en somme. Pour ma part, mon choix s’était porté (à défaut ?) sur le droit. Parce que c’était une filière prestigieuse. Que je me voyais déjà une grande avocate… Ou magistrate… Ou dans les institutions européennes… Ou dans les banques et places financières… Peu importait, j’avais trois ans, après tout, pour affiner mon fameux projet professionnel. Finalement, ce fut cinq années que j’allais passer en droit à tenter de décrocher une licence (que j’ai…).

Je n’étais pas préparée à l’échec qui allait se produire, je le confesse. Le problème était que j’avais choisi une filière qui me correspondait pas du tout. Sans que personne me le dise. J’ai encore et toujours l’impression que l’orientation des lycéens après l’obtention de leur bac n’est pas autant prise au sérieux qu’elle le devrait. Certes, il y a des journées portes ouvertes qui permettent de donner une idée de la filière, des rencontres avec des anciens élèvres… Les professeurs mentionnent brièvement le CIO. J’ai participé à un certain nombre de ces événements car ce que vanter un certain nombre de personnes n’était peut-être pas fait pour moi, au final, et je me suis trompée dans mon orientation. Un fait que je regrette encore aujourd’hui, d’ailleurs.

J’ai commencé à sérieusement m’intéresser à mon avenir lors de ma troisième année de droit. Après cinq années dans cette filière (ma mère m’a obligé à terminer ce cursus), et deux universités différentes (Strasbourg et Lyon), il était temps de voir la vérité en face : le droit et moi, c’était terminé. Définitivement. Il n’y aura pas de master en droit pour moi et sans regret !

Cette année fut décisive non seulement dans ma vie privée (savoir que j’allais enfin changer d’air me faisait doucement remonter la pente de ma dépression et de mes troubles du comportement alimentaire) que professionnel et estudiantine. J’ai aussi beaucoup réfléchi à mon orientation. A Lyon, j’ai eu la chance de participer à des ateliers d’orientation, où les groupes étaient souvent constitués d’étudiants en droit de différents niveaux qui envisageaint un changement de filières. Ces ateliers m’ont aidé d’une manière que je n’aurai jamais cru possible. La première chose était que je n’étais pas la seule à envisager de quitter le droit. C’était très rassurant et réconfortant. Le deuxième point était qu’à travers des tests de personnalités, l’énumération de nos centres d’intérêts et les discussions avec les intervenants, j’ai pu mieux comprendre et cerner mon profil, cibler mes attentes, ce que j’attendais d’un travail et à déterminer un nouveau parcours universitaire.

Du coup, j’ai osé sauter le pas alors que bon nombre de personnes de mon entourage me prenaient pour une folle de recommencer ainsi, de zéro au regard d’où j’étais arrivée. Mais, oui, j’ai tenu bon et j’ai commencé une nouvelle licence, dans une toute autre filière. Je me suis rendue compte tardivement, après mon Erasmus en Irlande où l’inscription la moins chère s’élevait tout de même à plus de 5.000 euros l’année, pour les étudiants non boursiers alors que je paie un peu moins de 500 euros pour mon année en France, que nous étions pas si mal lôtis, en fait. Je pestais contre notre système d’orientation mais je crois sincèrement qu’en France, nous avons une chance folle : nous avons le droit à l’erreur, de changer d’avis, de faire une autre première année dans un autre département. Pour ma part, je ne regrette pas ce changement et d’avoir tout repris du début, même si j’allongeais de quelques années mon parcours universitaire et mon entrée dans le monde professionnel.

Je me suis embarquée dans une licence d’Histoire de l’art. Un changement du tout au tout mais j’ai redécouvert le plaisir d’étudier, de ne jamais me contenter du cours en dévorant des ouvrages d’art. Je me suis placée dans les cinq premiers de ma promotion, inimaginable en droit ! Le sujet me passionnait et j’étais plus confiante sur mes chances de réussite. C’était une très bonne décision, qui m’a donné la possibilité de réaliser trois de mes rêves les plus fous en ayant la chance de partir en Erasmus : j’ai vécu en Irlande, j’ai pu faire la Saint Patrick à Dublin et j’ai fréquenté une des meilleures universités anglo-saxonnes et d’Europe, le Trinity College de Dublin. J’ai obtenu ma deuxième licence. Dorénavant, c’est un nouveau chapitre qui s’ouvre à moi… J’ai intégré un master !