East West Street (2016) > Philippe Sands

A uniquely personal exploration of the origins of international law, centring on the Nuremberg Trials, the city of Lviv and a secret family history. When he receives an invitation to deliver a lecture in the Ukrainian city of Lviv, international lawyer Philippe Sands begins a journey on the trail of his family’s secret history. In doing so, he uncovers an astonishing series of coincidences that lead him halfway across the world, to the origins of international law at the Nuremberg trial. Interweaving the stories of the two Nuremberg prosecutors (Hersch Lauterpacht and Rafael Lemkin) who invented the crimes or genocide and crimes against humanity, the Nazi governor responsible for the murder of thousands in and around Lviv (Hans Frank), and incredible acts of wartime bravery, East West Street is an unforgettable blend of memoir and historical detective story, and a powerful meditation on the way memory, crime and guilt leave scars across generations.

Largement récompensé à l’étranger comme en France avec le prix Médicis, East West Street a été l’essai de 2017. Philippe Sands y retrace sa quête des origines de sa famille à Lemberg. Il s’intéresse également à deux théoriciens du droit qui ont aussi vécu dans cette ville. Nous leur devons les notions de crimes contre l’humanité (contre des individus) et génocide (contre un groupe spécifiquement identifié).

De nombreux sujets sont évoqués avec pour lien la ville de Lemberg. De ce point de vue, j’ai pu me rendre compte du talent de l’auteur. Il parle autant de droit (tout en restant très accessibles pour les non-juristes, aucune base n’est requise pour comprendre et apprécier l’essai), d’histoires familiales que de la grande Histoire, de philosophie, de son expérience intime… Pourtant, il ne pars jamais dans tous les sens et reste très cohérent. Le lecteur saisit rapidement le cheminement de la pensée de Philippe Sands et la manière dont l’ouvrage est construit. Et puis, quand c’est aussi bien écrit, la lecture devient un vrai régal.

Je ne saurai dire quel aspect du livre j’ai apprécié le plus, car East West Street forme un tout où chaque aspect s’imbrique dans un autre. Il rend compte de sa quête de réponses du passé de sa famille avec beaucoup d’humilité, ne cachant rien des petits éléments qu’il a trouvé, des déceptions parfois de ne pas pouvoir aller plus loin, de ne pas avoir toutes les réponses. Il a partagé cette expérience avec ses enfants. Quant aux aspects plus juridiques ou théoriques de l’essai, j’ai trouvé que les questions qu’il s’est posé intéressantes et pertinentes. Quelle coïncidence extraordinaire que les deux hommes qui ont théorisé les deux notions les plus importantes du droit pénal international ont vécu dans la même ville, ont fait leurs études dans la même université. Pourtant, les deux notions présentent des différences, des conceptions opposées. Qu’est-ce qui peut expliquer cet état de fait ? Comment ont-elles émergé et font depuis foi ?

East West Street : On the origins of genocide and crimes against humanity, pour le titre complet est un essai qui m’a plus sous bien des aspects : les thèmes abordés et il est brillamment écrit avec un style très fluide et qui transmet très bien les émotions de l’auteur. C’est un ouvrage que je retiens et que j’envisage de relire et feuilleter sans souci. Rares sont les essais que je peux ressortir de ma bibliothèque et relire certains passages.

Publicités

A work in progress (2015) | Connor Franta

Here, Connor offers a look at his Midwestern upbringing as one of four children in the home and one of five in the classroom; his struggles with identity, body image, and sexuality in his teen years; and his decision to finally pursue his creative and artistic passions in his early twenties, setting up his thrilling career as a YouTube personality, philanthropist, entrepreneur, and tastemaker.

Exploring his past with insight and humor, his present with humility, and his future with hope, Connor reveals his private struggles while providing heartfelt words of wisdom for young adults. His words will resonate with anyone coming of age in the digital era, but at the core is a timeless message for people of all ages: don’t be afraid to be yourself and to go after what you truly want.

Connor Franta est un youtubeur américain qui parle d’un peu de tout sur sa chaîne. Pour être franche, j’avais vaguement entendu parler de lui et regardé rapidement quelques-unes de ses vidéos mais sans être une vraie admiratrice de son travail. Je me suis quand même lancée dans son autobiographie… Par curiosité, surtout. Cependant, je ne suis pas arrivée jusqu’au bout.

De quoi peut-on parler à seulement vingt-deux ans ? Il a plutôt réussi dans l’univers de Youtube, il parle de son coming-out… Ce sont des sujets qui sont intéressants, mais qui m’ont relativement peu touché par la manière dont il les a évoqué… Un peu comme tous ses souvenirs, globalement, et le livre. Tout est parfaitement calibré et A work in progress devient trop lisse, trop sage d’un certain côté. Je n’ai jamais senti sa colère, son envie de toujours aller de l’avant…  J’y reviendrai plus tard, après avoir un peu parlé du livre en tant qu’objet. Même de ce point de vue, il est conventionnel, sans petit grain de folie. Les photographies sont parfaitement instagrammables et en reprennent tous les codes : formes géométriques, quelques vues artistiques, parfois un peu de bruit ou de grain pour leur donner un petit vernis d’ancienneté, des filtres pour saturer légèrement les couleurs… L’esthétique d’ensemble du livre est très léchée, tout en étant à l’image de cette génération qui maîtrise efficacement les nouvelles technologies, la communication et leur image. Rien n’est laissé au hasard. Au final, mon impression est plutôt la suivante : les photographies sont certes personnelles mais il y a un côté froid, peu spontané. Je m’attendais à le retrouver dans cette autobiographie.

A work in progress m’est apparu comme creux, à l’exception de quelques passages trop rares où Connor Franta se dévoile un peu plus intimement. J’ai pu sentir une certaine facilité d’expression de la part de ce dernier. Les mots semblent tout de même lui venir aisément mais le contenu ne fut pas à la hauteur de mes espérances. Dans la manière dont le jeune homme présente les choses, elles semblent simples, faciles voire accessibles. Sa vie n’apparait jamais, ou presque, avec des difficultés. C’est plutôt flagrant lorsqu’il parle de son enfance. Il présente sa famille et sa vie parfaite avec eux. Ils ont tous des qualités et absolument aucun défaut. Certes, le propre de l’autobiographie est aussi de vouloir se mettre en avant, de montrer son plus beau portrait, mais quand ses parents prennent la plume pour le décrire, cela ressemble à un florilège d’éloges qui le rendent un peu trop parfait. Au final, je m’attendais à quelque chose d’un brin plus honnête. J’avais l’impression de rester encore dans le monde d’Internet où on ne choisit de montrer que le meilleur de nous et de nos vies.

Du coup, à la question que je me posais de savoir si un jeune homme de vingt-deux pouvait raconter des choses intéressantes sur sa vie, j’ai très envie de répondre un franc non. Etre un blogueur ou un youtubeur reconnu ne semble plus vraiment être une exception tant ils sont médiatisés, mis en avant actuellement. Ils deviennent quasiment des stars et nous pouvons les voir sur tous les fronts. Ce n’est pas une raison valable pour croire qu’ils ont des vies plus intéressantes.

En définitif, A work in progress m’a fait l’effet de surfer sur le phénomène des blogueurs et des youtubeurs qui passent de leur support de prédilection à la littérature en publiant leur autobiographie ou des oeuvres de fiction. Il y a une plèthore d’exemples. Zoe Sugg, connue sous le pseudonyme de Zoella, a publié toute une série, Girl Online, où son expérience personnelle transparaît. Récemment, pour parler un peu d’un cas français, la youtubeuse Nine Gorman a publié son premier roman, Le Pacte d’Emma. Parfois, ce passage d’un support à un autre peut être très bien maîtrisé comme les ouvrages d’Emily Schuman du blog Cupcakes and Cashmere. Elle reste dans ce qu’elle connaît le mieux : la mode, la décoration d’intérieur… Cependant, j’ai plus d’expériences chaotiques dans le domaine. Connor Franta n’est pas le premier à me laisser un sentiment plus que mitigé. Zoella est une des blogueuses dont je regarde relativement souvent les vidéos mais dont sa série n’a pas su me convaincre.

Ils sont parfois guère plus âgés que moi ou seulement plus jeunes de quelques années et, si au début je pouvais encore me reconnaître, m’identifier à eux, je n’ai plus du tout ce sentiment à l’heure actuelle. Connor Franta a un an de moins que mois et je n’ai pas l’impression qu’il s’adresse aux gens de mon âge mais à de jeunes adolescents ou des adolescents. Ils forment la majorité de son audience et ils constituent le meilleur public pour ce genre d’à-côté de leur blogueurs et youtubeurs préférés. Finalement, je me sens aussi en décalage et peu concernée. Je ne fais clairement pas partie du public visé par Connor Franta dans son autobiographie dont j’apprécie le titre.

Depuis, il a publié un autre livre, Note to self, toujours dans une veine autobiographique. J’avais aussi envie de découvrir ce nouvel ouvrage mais je suis plus réticente à cette idée et je crois que je vais m’arrêtais là. J’avoue être devenue de plus en plus sceptique à l’idée de lire des ouvrages écrits par des jeunes personnalités d’Internet car il est rare qu’ils soient des coups de coeur pour moi.

EnregistrerEnregistrer