1922 (2017)

Une série de phénomènes persuadent un homme qu’il est hanté par son épouse dont il a commis le meurtre.

Durée : 1 heures 41 minutes

Un film de : Zak Hilditch

Avec : Thomas Jane ; Molly Parker ; Dylan Schmid ; Neal McDonough…

 

 

Même si le succès de Stephen King, dans les librairies ou par le biais des différentes adaptations cinématographiques et télévisées, est toujours au rendez-vous et ce, depuis près de quarante ans, 2017 semble être l’année de l’écrivain. Il y a eu pas moins de trois films tirés de son oeuvre dont le très attendu remake de Ca. Impossible d’échapper au phénomène Stephen King ! Pour ma part, c’est un auteur que je n’ai jamais lu, mais qui commence sérieusement à piquer ma curiosité.

L’histoire est relativement classique et n’est pas sans me rappeler les contes terrifiants d’Edgar Allan Poe. Cependant, 1922 reste une très bonne surprise pour plusieurs raisons. La première tient au fait que, visuellement, les plans sont très léchés. Ils permettent de mieux se plonger dans l’ambiance, tout en jouant sur l’idée d’absence et de présence des personnages, intérieur et extérieur. Ces couples renforcent ainsi le quasi huis-clos qui se déroule devant les yeux du spectateur ainsi que l’ambiance pesante.

De plus, après avoir vu le film, il devient plutôt clair que l’équipe du film a beaucoup misé sur le développement des personnages et sur l’ambiance globale. Tout au long, j’ai été plongée dans un intérieur oppressant et lourd, avec une violence parfois seulement silencieuse mais omniprésente. La musique joue aussi un rôle prépondérant dans cette adaptation. Elle est parfaitement calibrée pour le film avec des sons grinçants qui donnent la chair de poule et elle participe activement à l’attente psychologique, à la dégradation de l’esprit de Wilfred James, à la noirceur de ses pensées… Dans la première partie du film, j’avais ainsi le sentiment que quelque chose allait se passer et il faut attendre un peu avant que l’histoire ne bascule complètement, amenant quelques lenteurs à l’intrigue.

Dans la deuxième partie, les choses changent un peu. L’irréparable a été commis et 1922 devient intéressant à partir de ce moment. Le spectateur se demande si les événements peuvent aller encore plus dans l’horreur, dans l’insoutenable folie qui s’empare de cette maison. J’ai trouvé l’ambiance encore plus malsaine et les acteurs ont fait un travail fantastique. Je ne connaissais aucune des premiers rôles. Pourtant, le père et le fils étaient absolument parfaits et notamment Thomas Jane dans le rôle du fermier taciturne et proche de sa terre, Wilfred James. Il a beaucoup de charisme et cela rend d’autant plus plausible sa manipulation pernicieuse sur son fils. Ce dernier n’est pas en reste non plus. Ils forment tous les deux un très bon duo qui fonctionne très bien à l’écran, avec une réelle présence. Ils jouent énormément sur les regards, les tensions dans le langage corporel. Il y a peu de dialogues mais les acteurs les rendent superflus.

Au final, 1922 est un film avec une intrigue classique, presque un peu convenue. Cependant, il dispose d’arguments de choix en ce qui concernent l’atmosphère générale de l’adaptation et pour l’interprétation des personnages. Je m’attendais à un pur film d’horreur. En tout cas, la bande-annonce allait dans ce sens, mais il s’agit clairement d’un très bon thriller psychologique avec une maîtrise de la tension. Il y a quelques scènes qui peuvent heurter la sensibilité mais ce n’est pas l’objectif principal de l’adaptation qui est vraiment la psychologie des personnages, les relations familiales, la lente folie qui s’empare d’eux… Pour mon plus grand plaisir, d’ailleurs, car les films d’horreur ne sont pas ma tasse de thé. Par ailleurs, j’ai beaucoup aimé le rythme lent et contemplatif donné qui apporte une cohérence avec l’histoire, la musique…

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