Le jour où j’ai croisé la route de l’oeuvre d’art qui m’a laissé sans voix

Le monde de la culture m’a toujours passionné et j’ai quitté le confort d’une filière qui pouvait m’offrir plus de débouchés pour aller étudier l’Histoire de l’art et la culture. Depuis des années, je lis énormément et je partage autour de cette passion sur différents blogs. J’ai commencé à aussi élargir mes horizons en publiant autour de la musique en parlant d’artistes, d’albums, mais également de cinéma et de séries. Pourtant, je n’ai jamais osé parler d’art, de musées et d’expositions, alors qu’il s’agit également d’une grande partie des mes centres d’intérêt et mes études. Or, j’ai envie d’explorer cette partie également.

J’avais donc envie de vous parler du jour où j’ai rencontré une oeuvre d’art qui m’a totalement laissé bouche bée, qui m’a profondément marqué. Pourtant, des peintures, des sculptures ou des installations, j’en ai vu un certain nombre. J’ai pu avoir pour moi toute seule pendant de longues minutes Les époux Arnolfini de Jan van Eyck au British Museum. C’est un de mes tableaux préférés. J’admire énormément les prouesses techniques du peintre : le détail du miroir, les textiles et les bijoux, la manière dont les surfaces se reflètent… Le voir m’a procuré énormément de plaisir, celui de ne plus seulement l’apprécier à travers des photographies. Cependant, je ne pourrais pas dire que j’ai été profondément chamboulée par ce portrait.

Pourquoi ? J’étais tout de même ravie de pouvoir le voir, enfin. Je n’ai, cependant, pas été laissé sans voix. Je me rend compte que l’oeuvre d’art qui m’a abasourdi a eu cet effet sur moi dans la mesure où l’effet de surprise a beaucoup joué. C’est une rencontre imprévue qui renforce peut-être le côté bouleversant. Il peut être esthétique, par le message qu’il véhicule… Les raisons sont vraiment personnelles.

Le Centre Pompidou de Metz propose une saison japonaise qui met en avant la création contemporaine du pays. Ce fut un cycle intéressant qui a proposé une introduction à l’architecture de l’après Seconde Guerre mondiale, une rétrospective absolument incroyable sur le collectif Dumb Types qui m’a fasciné, des artistes contemporains comme la créatrice de mode Comme des garçons, des artistes vidéastes… Ils ont proposé des choses vraiment très différentes. Cependant, l’objet de ce billet n’est pas de parler de cette exposition, mais de cette oeuvre d’art qui, pour le moment, m’a le plus marqué dans ma vie.

Un peu cachée dans l’exposition, il y avait une installation de l’artiste japonaise Yayoi Kusama, connue pour ses Infinity Mirror Room. Elle a fait plusieurs variations de cette idée. Celle qui a été prêtée par la ville de Nancy s’intitule Fireflies on the water. L’oeuvre joue avec les miroirs et l’eau pour créer une impression d’infini. Se rajoutent différentes petites lumières, avec des couleurs très chaleureuses. De la voir pour la première fois m’a coupé le souffle. Cette rencontre inattendue m’a énormément marqué dès les premières secondes où j’ai mis les pieds dans cette pièce.

Cette impression d’infini et toutes ces petites lumières m’ont donné l’impression d’évoluer au milieu des étoiles. Loin de m’effrayer, c’était un émerveillement enfantin. Je retrouvais mon âme d’enfant et plus rien d’autre que ce sentiment d’être au milieu de l’univers. Je me sentais apaisée. Les Infinty Mirror room peuvent être des endroits où nous réfléchissons à notre place dans l’univers, ce qui est aussi la volonté de l’artiste. Pour ma part, je me suis sentie à ma place.

J’entendais souvent des personnes qui racontait leurs expériences, leur rencontre avec une oeuvre qui les a profondément touché. Or, je ne les comprenais pas réellement, car je n’avais jamais rien vécu de tel. Pourtant, j’avais pu en voir des oeuvres et de différentes sortes. Je les regardais sûrement avec le regard d’une étudiante en histoire de l’art. Je regardais l’iconographie, les symboles et les messages de l’artiste, sa technique. Cependant, je laissais de côté les sentiments et c’est peut-être ce qui m’empêchait aussi d’apprécier une oeuvre dans son entièreté. Ne connaissant rien à l’art contemporain japonais, j’étais plus dans un esprit de surprise. Yayoi Kusama signe ici une de plus belles oeuvres d’art que j’ai pu voir.

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La Culture avec un grand A et du latte #1

Parmi mes résolutions de 2018, j’avais envie d’explorer de nouveaux genres littéraires et cinématographiques. En 2017, j’avais lu et adoré de la poésie et de la science-fiction, sortant ainsi de mes habitudes. Je voulais continuer durant la nouvelle année, mais sans avoir d’idées précises. Le mois de Janvier fut relativement classique. Je ne suis pas vraiment partie à la découverte, mais je me suis rattrapée en Février.

Une conférence sur l’image de la femme dans les westerns américains m’a fait prendre conscience que je n’y connaissais absolument rien en la matière. Je pense en avoir vu deux dans toute ma vie : Django Unchained (2013) et Le bon, la brute et le cinglé (2008). Le conférencier a donné un grand nombre de références et de classiques dont même le nom ne me disait rien. Du coup, il faut que je répare cela. Cependant, j’ai expliqué l’univers des westerns par une pièce de théâtre qui s’interrogeait aussi sur les femmes et leurs conditions à cette époque qui sont limitées à trois rôles : l’épouse, la prostituée et l’esclave. Wild West Women était joué par trois femmes de talent : deux actrices et une bruiteuse qui était à couper le souffle et qui rendait la pièce encore plus vivante. Les deux actrices étaient tout aussi incroyables. Elles jouaient plusieurs personnages en même temps et arrivaient toujours à leur donner parfaitement vie les uns après les autres. Je n’ai pas vu les trois heures quarante-cinq minutes que durait la pièce. C’est un énorme coup de coeur pour des performances à vous couper le souffle… Et quel bonheur de retourner au théâtre.

En revanche, je n’ai pas vu encore de westerns, mais pourquoi pas en mars. Du point de vue des films vus durant Février, le bilan est plutôt mitigé. Ma seule véritable surprise tenait à Wonder (2017). Il ne me disait rien et pourtant… C’est une très belle histoire d’amitié, d’acceptation de soi et de l’autre, des différences. Ce film fut un mélange incroyable de moments d’émotion, de bonheur et de joie de vivre. Pour ma déception du mois, le grand gagnant est sûrement The Shape of water (2018), le nouveau film de Guillermo del Toro. Ce film a beaucoup fait parler de lui et j’avais encore en tête l’incroyable Labyrinthe de Pan (2006). J’ai pu retrouver la touche esthétique de Del Toro avec des plans travaillés, des couleurs sombres et bleutées. Je n’ai rien à redire des performances des principaux acteurs, Sally Hawkins et Michael Shannon. Là où je suis déçue, c’est concernant l’intrigue. L’histoire est sans surprise et la fin se devine bien avant qu’elle arrive. Elle n’apporte rien de plus au thème de la différence.

Parmi les autres films vus, il y a eu The Snowman (2017), Invincible (2014) qui est un bon film historique, La Tour sombre (2017). Elle fait partie des nombreuses adaptations de l’oeuvre de Stephen King de 2017. Malheureusement, je n’ai pas été conquise par cet univers (ou ce qu’ils en ont fait). Rien n’est abouti, l’univers et les personnages sont à peine effleurés. Je pense qu’il y avait matière à faire quelque chose de bien mieux. A futile and stupid gesture (2017) ainsi que Jupiter, Le destin de l’univers (2015) ne me laisseront pas un souvenir impérissable. Ils m’ont même un peu ennuyée… J’ai aussi vu (enfin) Dunkerque (2017) et ce fut une bonne surprise. Les plans aériens étaient époustouflants. Ce n’est pas non plus un coup de coeur, mais un film intéressant, plein de tension. J’avais un peu peu d’un Harry Styles acteur, mais ça passait. Le Crime de l’Orient Express (2017) fut le dernier film vue pour Février et il se finit sur une bonne note. Visuellement irréprochable, il réunit un très bon casting. Je ne me suis pas ennuyée et je me suis facilement prise au jeu, devinant un peu avant le dénouement le coupable. Une victoire pour moi ! De plus, il m’a vraiment donné envie de me plonger dans l’oeuvre d’Agatha Christie que je connais très mal, ayant seulement lu Dix petits nègres.

En parlant de romans, je dois avouer que c’est plutôt de ce côté que je suis sortie des sentiers battus en lisant deux romans de la rentrée littéraire de septembre 2017. Cela faisait un moment que je fuis non seulement les auteurs français mais également la rentrée littéraire. Je n’en ai plus lu depuis au moins quatre ans. J’y suis revenue avec deux ouvrages traitant de la Seconde Guerre mondial et qui furent récompensés par le prix Goncourt et le prix Renaudot. J’ai nommé L’ordre du jour d’Eric Vuillard et La disparition de Josef Mengele d’Olivier Guez. Si je suis un peu mitigée sur le livre de Vuillard, j’ai trouvé celui de Guez passionnant. Ils m’ont réconcilié avec les auteurs français. Au point d’en lire un autre qui sort également de mes lectures habituelles, une bande dessinée. Aveline m’a recommandé La Mort de Staline de Fabien Nury et Thierry Robin en prévision du film qui va bientôt sortir. Il a l’air franchement bien, quoique plus drôle que la BD. Bref, quasiment un sans faute pour les auteurs français et j’ai continué mon exploration en ce début du mois de Mars.

Pour les auteurs étrangers, j’ai adoré The Miniaturist de Jessie Burton qui propose une immersion dans les Pays-Bas de l’âge d’or. Il a d’ailleurs fait l’objet d’une adaptation sous la forme d’une mini-série par la BBC. Je compte également m’y intéresser car j’ai vraiment été conquise par cette histoire et les personnages. Je pense d’ailleurs lire son autre roman, The Muse dont l’intrigue se déroule dans le monde de l’art. Il ne peut que me plaire. Ma plus grande déception du mois va pour So near the horizon de Jessica Koch. Il m’a été chaudement recommandé et je parlerai plus en détail de ce livre dans un billet prochainement.

Du coup, dans mes envies de Mars, il y a encore des auteurs français. Je les découvre à nouveau et avec moins d’a priori qu’avant. 2018 commence sous leur signe, quand bien même ce n’était pas du tout ce que j’avais en tête pour de nouvelles découvertes. Je varie les plaisirs. J’aimerais aussi terminer Sapiens, A brief history of humankind de Yuval Noah Harari qui est un essai brillant et très bien écrit. Je ne fais aucune autre prévision que ce livre. Je ne suis pas habituée au pile à lire du mois, changeant souvent d’avis.

Pour finir, le mois de Février fut également riche culturellement, mais d’une autre manière. Je me suis enfin décidé à réellement me promener dans Metz. Je suis allé voir la Porte des Allemands, les vitraux de Jean Cocteau qui sont une merveille de beauté et de poésie. J’ai visité les deux expositions du Centre Pompidou. Dumb Types a un côté un peu dérangeant avec une scénographie plongée dans le noir, des bruits et des lumières qui clignotent. Et pourtant, certaines oeuvres avait un côté absolument fascinant. Elle est sincèrement à recommander, surtout que c’est la première fois que le collectif expose en France. Cependant, c’est avec la deuxième partie de Japanorama que j’ai été séduite. Je ne connaissais aucun des artistes présents, mais il y avait un certain nombre d’oeuvres sur lesquelles je me suis longuement attardée. Néanmoins, rien à comparer de l’Infinity Mirror Room de Yayoi Kusama. Ce fut un choc de la voir. Je pense qu’il s’agit de la plus belles oeuvres que j’ai pu voir de ma vie et je compte prochainement y retourner pour de nouveau m’y perdre. Je prépare un article dessus, il sera un peu différent de ce que je peux proposer sur le blog, mais j’ai envie d’un peu de changements.

Je vous retrouve le mois prochain pour un nouveau bilan culturel, de mes envies en la matière. Si vous avez des recommandations, des suggestions de westerns, de romans ou d’auteurs français, n’hésitez pas à me les laisser en commentaire.