T. Kingfisher • The Hollow Places

The Hollow Places • T. Kingfisher • Gallery / Saga Press • Octobre 2020 • 352 pages

Pray they are hungry.

Kara finds these words in the mysterious bunker that she’s discovered behind a hole in the wall of her uncle’s house. Freshly divorced and living back at home, Kara now becomes obsessed with these cryptic words and starts exploring the peculiar bunker—only to discover that it holds portals to countless alternate realities. But these places are haunted by creatures that seem to hear thoughts…and the more you fear them, the stronger they become. 


Depuis 2017, j’ai eu beaucoup de mal à retrouver un roman d’horreur qui soit excellent. L’année 2020 a été celle qui m’a apporté deux beaux coups de coeur dans ce domaine avec des histoires différentes : The Year of the Witching d’Alexis Henderson, autour des sorcières et d’une société puritaine, et celui-ci de T. Kingfisher. Pour une première avec cette auteur, je ne suis pas déçue.

The Hollow Places est un roman d’horreur surtout tourné vers l’ambiance. Il y a quelques effusions de sang, quelques petites scènes un peu « gore » (après lecture, j’en ai que deux qui me reviennent réellement à l’esprit). Pourtant, la peur est omniprésente, mais elle s’installe insidieusement et progressivement tout au long de l’intrigue, sans vraiment s’en rendre compte. À mon avis, c’est encore pire qu’une peur sur le moment, qui ne durent pas dans le temps. Ce n’est clairement pas le livre à lire toute seule dans la nuit. J’avoue que je n’étais pas toujours très rassurée.

L’univers mis en place donne vraiment froid dans le dos. Déjà, j’ai adoré l’idée d’un bunker derrière le mur et menant à un autre monde : une île entourée d’autres îles qui se ressemblent et qui constituent autant de bunkers. C’est un univers brumeux. Au départ, il y a un côté excitant à l’exploration de ce nouveau monde, mais très vite, des éléments dérangent. Le lecteur sent quand même un danger, quelque chose qui est là, mais sans être visible, comme si, lui aussi, était épié, tels Simon et Kara. Les messages mettent la puce à l’oreille. Bizarrement, pour moi, le pire n’était pas tant quand ils étaient dans cet univers parallèle, qu’une fois rentrés. C’est là où la peur s’installe réellement. Il faut aussi dire que le musée de l’oncle de Kara est le genre d’endroits qui me met dans un état proche de la panique. J’appelle ça le cabinet des horreurs, personnellement. Cela a aussi joué dans ma peur avec l’apothéose de la fin. La tension est présente du début à la fin.

Malgré une atmosphère anxiogène et une peur insidieuse et omniprésente, The Hollow Places se dévore, même si j’ai eu plus d’une fois eu envie de le mettre de côté et de ne plus jamais le toucher. Tout simplement, j’ai été happée par l’histoire, le déroulé des événements, de savoir quand et comment ce cauchemar allait se terminer. Cela est aussi dû grâce aux deux personnages principaux. J’ai tout de suite adoré Kara et Simon, ils forment un duo dynamique. Je me suis attachée à eux et j’ai pris à coeur leurs destins. Ils ont parfois apporté une touche d’humour, avec leurs références à la pop culture, qui a été bienvenu dans toute cette noirceur.

The Hollow Places a été une très bonne surprise. Ce livre n’a pas du tout été ce à quoi je m’attendais. Il y a une belle intensité de peur qui continue bien après qu’il ait été refermé. Pendant quelques jours, je ne voyais plus du tout mes murs de la même manière. L’auteur a une imagination incroyable, servie par une très belle plume, très évocatrice. C’est un des meilleurs romans d’horreur que j’ai pu lire jusqu’à maintenant et j’ai très envie de découvrir d’autres ouvrages de l’auteur… Mais pas tout de suite, il faut encore que je digère cette lecture.

Pourquoi lire Christina Henry ?

Parmi les auteurs largement présents dans ma bibliothèque, il y a Christina Henry. Sa bibliographie se compose majoritairement d’une série bit-lit et d’autres ouvrages plus orientés vers l’horreur avec notamment des réécritures de contes comme base de départ. C’est sur cet aspect que je la connais le plus et que je l’adore, attendant avec impatience chacune de ses nouvelles publications. En 2020, elle m’a régalé avec pas moins de deux parutions : un recueil de nouvelles autour de l’univers d’Alice au pays des Merveilles et un roman d’horreur, The Ghost Tree. Voici quelques bonnes raisons de se pencher sur ses romans.

Des réécritures de contes

Personnellement, c’est un genre littéraire que j’adore, car il permet de revisiter des histoires connues sous des angles parfois très différents ou avec des univers multiples. Je pense aussi à Marissa Meyer qui a réécrit certains contes dans un univers futuristes. Christina Henry s’est inspiré d’un certain nombre d’entre eux. Elle a proposé un monde post-apocalyptique pour The Girl in Red qui reprend l’histoire du Petit Chaperon rouge. The Mermaids se passe dans notre monde, mais dans le passé. Elle fait revivre P.T. Barnum, les cirques de curiosités… Lost Boy se déroule au Pays Imaginaire. Dans sa bibliographie, il y a juste The Ghost Tree, son dernier roman, qui n’est pas une réécriture de contes, mais tout de même un très bon roman d’horreur.

Des atmosphères creepy

C’est un peu la spécialité de l’auteur. Elle excelle dans des ambiances très sombres et torturés. Parmi ses romans, certains sont vraiment très dérangeants et « malaisants ». Pour ma part, celui qui remporte le premier prix est Lost Boy. Elle adopte un point de vue sur cette histoire qui est vraiment gênant, mais qui colle parfaitement à l’univers aussi. L’histoire de base contient aussi des éléments déstabilisants que Christina Henry exploite. Elle y ajoute aussi des thèmes contemporains et pas faciles : le viol, la drogue, la prostitution, les abus affectifs…

Christina Henry crée en quelques phrases un univers complet et une intrigue prenante, impossible à mettre de côté. Ce sont des histoires avec beaucoup de rythme, de tension, avec de nombreuses révélations et rebondissements. Tout est maîtrisé, et je ne suis jamais déçue par l’une ou l’autre de mes lectures. Elle doit sortir un nouveau roman en 2021 chez Titan Books, Near the Bones. Il ne me rappelle aucun conte, mais ce sera un autre roman horreur.

Liste des romans de Christina Henry que j’ai lu

  • The Mermaid, inspiré de La Petite Sirène
  • The Girl in Red, inspiré du Petit Chaperon rouge
  • Lost Boy, inspiré de Peter Pan
  • Alice, Red Queen et Looking Glass, inspirés d’Alice au pays des Merveilles
  • The Ghost Tree

Quels sont les plus « creepy » ?

  • Alice
  • Lost Boy

Lequel est le plus soft ?

  • The Mermaid