Little Monsters (2018) » Kara Thomas

« Vous est-il déjà arrivé de vouloir quelque chose au point d’en mourir ?  » Quand elle emménage à Broken Falls, une nouvelle vie commence pour Kacey. Tout le monde ici est tellement gentil. Et elle se fait même des amies, Bailey et Jade, qui l’accueillent à bras ouverts. Mais, soudaine, ces dernières se montrent étrangement distantes. Et elles omettent de l’inviter à la plus grosse soirée de l’année. Kacey, décidée à confronter ses amies, n’en aura pourtant jamais l’occasion : après la fête Bailey disparaît sans laisser de traces. Broken Falls ne semble plus si chaleureuse. Surtout pour elle, la nouvelle. Kacey est sur le point d’apprendre deux choses très importantes : parfois, les apparences peuvent se révéler trompeuses. Et parfois, quand on est la nouvelle, il ne faut faire confiance à personne.

Aveline m’en a parlé des jours durant, en me promettant que je ne pouvais qu’adorer ce roman. Nous partageons le même goût pour les romans aux ambiances un peu particulière. En gros, plus c’est creepy, plus on aime. Depuis ma lecture d’Hex de Thomas Olde Heuvelt, je n’avais plus trouvé de livres qui m’ont autant happé et/ou fait faire des cauchemars. Heureusement, Livraddict le proposait en partenariat avec Castlemore ! L’occasion rêvée pour le lire. Je les remercie chaleureusement pour cette opportunité.

Par où commencer ? Globalement, ce Little monsters est un coup de coeur, le seul du mois de mai, à vrai dire. Cependant, je pense que la classification en Young adult pourrait desservir ce roman. Je n’y aurai peut-être pas prêté plus attention, sans les conseils d’Aveline. Alors, certes, les personnages principaux sont des adolescents, mais leur noirceur, leurs actions n’ont rien à envier à ceux des adultes. Ils ont autant de secrets sombres et de violences qu’ils contiennent parfois difficilement. Je les ai trouvé intéressants, notamment le trio d’amies et leur évolution : Kacey, Bailey et Jade. L’histoire débute et elles semblent être les meilleures amies du monde. Pourtant, au fur et à mesure, le lecteur apprend que toute cette belle amitié n’est qu’une façade. J’ai adoré l’alternance des points de vue entre Kacey, la narratrice principale et qui vit l’enquête, et les extraits du journal intime de Bailey qui permet aussi de voir les jalousies présentes dans le groupe d’amies. Finalement, le titre est très bien trouvé et ces jeunes filles en deviennent effrayantes. Elles sont une bonne raison de découvrir ce thriller. Elles m’ont parfois laissé sans voix, et c’est un des points que je retiens.

Le deuxième tient à l’ambiance que Kara Thomas met en place. Je suis très sensible aux atmosphères dans les romans, et plus particulièrement dans les ouvrages d’horreur/épouvante et les thrillers psychologiques. Si l’effet est raté, j’ai tendance à abandonner ma lecture. Heureusement, ce ne fut pas le cas avec ce Little Monsters. J’ai savouré chacune des pages. Le climat de tension s’installe doucement et progressivement. Au début, tout semblait parfait. Puis, quand Bailey disparaît, tout s’effondre et les personnages ne cessent de s’accuser les uns et les autres, se renvoyant chacun la responsabilité. L’auteur réalise un sans-faute, car, en tant que lectrice, j’ai aussi pu ressentir l’étau se resserrer, en me sentant presque oppressée également. Ce que j’ai trouvé brillant de la part de l’auteur est de lier l’intrigue avec un massacre local qui est devenu une légende urbaine dans la ville, une histoire de fantôme. Il vient renforcer le climat sombre et torturé qui s’empare de la petite ville de Broken Falls. Je me suis souvent demandée quand l’intrigue allait balancer vers le fantastique, mais je n’en dis pas plus.

L’histoire m’a également bluffé. Je suis plutôt bon public pour ce genre de romans, car je ne suis pas toujours la plus douée pour échafauder des théories qui soient un temps soit peu proche de la réalité. Du coup, je suis souvent étonnée par les dénouements et les rebondissements. J’ai été servie avec cette lecture. Pourtant, tous les indices étaient présents tout au long du roman, bien avant que l’enquête ne commence réellement. En y repensant, certaines paroles, certains gestes ou comportements prennent un tout autre sens une fois la fin connue, alors qu’ils semblaient anodins aux premiers abords. C’est un des aspects du livre qui m’a le plus plu : comment des petits points revêtent, au final, une importance indéniable et la clé de la résolution du mystère. Les dernières pages m’ont laissé sans voix, car elles étaient loin de ce que j’avais pu imaginer, tout en tenant la route. Le coupable n’était pas du tout celui auquel je pensais tout au long de l’enquête. L’auteur brouille admirablement bien les pistes. À chaque fois qu’un élément nouveau apparaissait, j’accusais une autre personne. Kara Thomas a su mener son intrigue d’une main de maître. Impossible de lâcher ce roman à partir du moment où je l’ai commencé.

Kara Thomas signe ici un très bon thriller psychologique. Bien meilleur que ce à quoi je m’attendais au départ, je l’avoue. Je referme ce roman avec l’envie de découvrir d’autres titres de l’auteur. Elle devrait prochainement publier The Cheerleaders qui a l’air dans la même veine et que je me ferai un plaisir de lire.

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Origine (2017) / Dan Brown

Bilbao, Espagne. Robert Langdon, le célèbre professeur en symbologie et iconographie religieuse, arrive au musée Guggenheim pour assister à une cérémonie historique avec l’annonce d’une découverte scientifique révolutionnaire. L’organisateur de cette soirée n’est autre que le grand futurologue Edmond Kirsch, un milliardaire de quarante ans dont les inventions et les prédictions audacieuses ont fait de lui une célébrité mondiale. Kirsch, qui a été dans sa jeunesse l’étudiant de Langdon à Harvard, est sur le point d’annoncer le résultat de ses recherches… et d’apporter enfin une réponse aux deux questions fondamentales de l’humanité.

C’est toujours avec une impatience non dissimulée que j’attends chacune des parutions de cet auteur américain. Son personnage de Robert Langdon est un de mes préférés et j’ai du mal à me passer de ses aventures qui mélangent savamment histoire, art, technologie et, souvent, théories du complot. Il y a une véritable recette « Dan Brown », qui se retrouve dans tous les romans de la série et, pour être honnête, ça ne marche pas toujours à 100%.

Origine ne fera peut-être pas partie de mes coups de coeur de la série, gardant une préférence très nette pour Da Vinci Code et Anges et Démons, les premiers que j’ai lu et qui parlaient beaucoup d’art et d’histoire, avec des intrigues tournant également autour de la religion catholique et du Vatican. L’auteur revient un peu à cette thématique en mettant en avant des groupes religieux catholiques qui peuvent s’apparenter à des sectes. Il évoque encore une fois la relation entre religion et technologie. Encore un point qu’il a déjà abordé, notamment dans Anges et Démons.

Aux premiers abords, j’ai peut-être eu un petit mouvement de recul en me disant que ça sentait le déjà-vu. Je me rappelle l’intrigue d’Anges et Démons (je sens que je vais beaucoup le citer !), autour de la particule de Dieu. Elle répondait aussi à la question d’où venons-nous ? Question qui est au coeur d’Origine, avec où allons-nous ? Ce sont véritablement des problématiques dans l’air du temps, en témoignent les best-sellers de l’écrivain Yuval Noah Harari. Je n’en parlerai pas plus, car je suis encore dans la lecture du premier tome. Dan Brown convoque la science et la technologie pour construire tout l’argumentaire d’un de ses personnages centraux qui détiendrait enfin la réponse. Pour être franche, je n’ai su que penser de ce passage du livre. Il y avait un petit côté prophétique qui me dérangeait un peu, même si j’arrive aisément à savoir pourquoi il propose cette réponse à la question « où allons-nous ? ». Pour le reste, je ne pense pas avoir les connaissances pour juger de son côté plausible. C’est une possibilité et l’auteur sait se montrer convaincant, tout en ne le suivant pas totalement dans cette voie.

Je n’irai pas non plus jusqu’à dire que je n’ai pas apprécié ce nouvel opus des aventures de Robert, que j’ai peut-être trouvé un peu plus mou que dans les autres tomes, avec moins de grandes explications sur l’histoire et l’art. Elles sont présentes, dans la mesure où il est question du Guggenheim de Bilbao (il fallait bien mettre en avant un grand musée, comme chacun des livres le fait) et de l’oeuvre de Gaudi, notamment la Sagrada Familia. Commencer un roman de Dan Brown est, pour moi, la certitude de voyager. Après Paris, Rome, Florence et Istanbul, Washington, direction Bilbao et Barcelone. L’art et la littérature trouvent toujours leur place, pour guider la quête, apportant ainsi peu de changement chez un auteur qui ne se renouvelle pas toujours et qui utilise encore ce qui a déjà marché pour d’autres romans.

Même si je suis un peu plus critique avec tome, je ne boude pas totalement mon plaisir d’avoir eu ce roman entre mes ains et de l’avoir dévoré en deux jours, le lisant même en cours, alors que je ne le fais jamais. J’avais aussi quelques attentes concernant ce livre, sachant que j’attendais la prochaine publication de Dan Brown de pieds fermes. Je voulais un certain renouveau de la « recette », avec l’abandon de partenaires féminines, belles et douées… Raté. La trame varie peu, et c’est dommage. Il y a quelques révélations inattendues, sans pour autant me faire l’effet d’un choc.

Origine fait partie de ceux que j’ai le moins aimé avec Le symbole perdu. Même si j’ai relevé énormément d’aspects du livre qui m’ont quelque peu déçue, Dan Brown reste un des auteurs que je préfère. Malgré tout, il reste un auteur qui arrive toujours à me divertir, à m’emporter dans des histoires plus rocambolesques les unes que les autres, mais qui me tiennent en haleine du début à la fin. J’ai encore et toujours envie de vivre de telles aventures aux côtés de Langdon, de découvrir les villes qu’il cite et leurs musées. Au final, malgré quelques défauts, n’est-ce pas le principal ? Pour ma part, oui, et je continuerai à le lire aussi longtemps qu’il publiera.

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