Helen Simonson • L’Été avant la guerre (2016)

L’Été avant la guerre • Helen Simonson • 10/18 • 2017 • 664 pages

Été 1914, dans la campagne anglaise. La gentry de Rye reçoit pour un pique-nique sur le gazon fraîchement tondu. Les ombrelles et les chapeaux sont de sortie et c’est l’occasion pour Beatrice Nash, 23 ans, récemment débarquée dans la petite ville pour y prendre le poste de professeur de latin, de faire plus ample connaissance avec toutes les personnalités locales. Béatrice est orpheline de mère, et a grandi auprès de son père, un universitaire qu’elle a accompagné dans ses voyages et secondé dans ses travaux. Décédé un an plus tôt, il l’a laissée sous la tutelle de sa famille bien-pensante dont elle tente de s’émanciper en gagnant sa vie Elle est chaperonnée à Rye par Agatha Kent, une Anglaise excentrique comme on les aime, avec une bonne dose d’humour, quelques idées progressistes et une grande habileté diplomatique. Agatha a deux neveux : Daniel, qui rêve de lancer un journal de poésie à Paris, et son cousin Hugh, timide étudiant en médecine, qui courtise la fille un peu écervelée de son patron. Tous deux adoptent d’emblée la nouvelle venue. Et bientôt Hugh rougit un peu trop souvent en compagnie de Beatrice. Mais elle veut rester célibataire et devenir écrivain : deux choix difficiles pour une jeune fille instruite et sans le sou dans la société misogyne et conservatrice de ce début du siècle. L’entrée en guerre de la Grande-Bretagne va bouleverser ses projets et ceux de l’ensemble de la petite communauté, à tous les niveaux de l’échelle sociale. Des réfugiés belges sont recueillis et les hommes s’engagent : Daniel, le colonel Wheaton et son fils, Snout, le petit-fils des tsiganes qui vivent en marge de la ville, et Hugh, que Béatrice voit partir avec un sentiment qu’elle peine encore à nommer…

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Je ne suis pas certaine que j’aurai lu de moi-même ce roman, s’il ne m’avait pas été donné. Helen Simonson est une auteur anglaise qui écrit essentiellement des romans historiques. L’été avant la guerre a été une lecture en demi-teinte.

L’ambiance qui se dégage de ce livre est délicieusement anglaise avec des garden parties, du thé, une certaine douceur de vivre qui donne envie de s’installer sur les côtes anglaises (même si j’ai une préférence pour les Cotswolds). J’ai adoré les touches d’humour so British présentes dans le livre. Cet art de la petite pique… J’en suis très sensible et certaines sont particulièrement savoureuses. Pour moi, l’atmosphère générale est un point éminemment positif.

L’autre point positif est ce portrait de la société anglaise au début de la Première Guerre mondiale. Dans la ville de Rue, toutes les classes sociales se mêlent et côtoient, pour le meilleur et pour le pire. Elles peuvent très bien organiser des parades ensemble, mais un certain conservatisme est également présent. L’apparence et la réputation sont encore présentes dans les moeurs et jouent un rôle déterminant. Pourtant, à la lecture du roman, le lecteur peut sentir que c’est la fin d’une époque et que le conflit mondial va quelque peu redistribuer les cartes. En effet, les conséquences ont été de voir certaines familles aristocratiques éteintes par la mort de leurs jeunes hommes et héritiers.

Pour continuer sur la société anglaise, Helen Simonson s’intéresse aussi à la condition de la femme à travers le personnage principal, Beatrice Nash. La jeune femme est une orpheline qui espère pouvoir gagner sa vie seule. Elle va rencontrer de nombreux obstacles : l’absence d’une figure masculine (père, frère ou mari) pour gérer son argent, par exemple, les convenances qui m’empêchent d’être indépendante…Tout cet aspect historique et social du roman m’a énormément plu. L’Histoire fait partie de mes plus grandes passions. De ce point de vue, je me suis régalée, d’autant plus que les personnages sont terriblement attachants : Beatrice, Hugh, Daniel, Agatha… Leur destin, leurs peines m’ont touchée et bouleversée.

Cependant, par d’autres points, L’été avant la guerre n’est pas un coup de coeur. Il y a quelques longueurs, mais surtout un rythme très inégal tout au long. L’auteur prend son temps pour mettre en place les principaux éléments de l’intrigue : présenter les personnages, leurs relations… C’est très lent, presque un récit jour après jour. Puis, par moments, les événements se précipitent. Elle passe parfois trop vite sur des aspects qui sont intéressants. Je m’attendais à savoir ce que Beatrice Nash allait devenir ou faire durant le conflit, par exemple, ou la fille du colonel Wheaton, qui a épousé un aristocrate allemand. Elle va plutôt suivre Hugh à ce moment-là et vraiment survoler les années de guerre.

Helen Simonson est également l’auteur de La dernière conquête du Major Pettigrew qui a longtemps été dans ma wish list. Je ne le lirai sûrement pas après celui-ci.

4 réflexions sur “Helen Simonson • L’Été avant la guerre (2016)

  1. Je voulais lire Un été avant la guerre parce que j’avais adoré La dernière conquête du Major Pettigrew, mais je me suis tellement ennuyée que j’ai abandonné après 200 pages environ. A part le côté très anglais, les 2 ne se ressemblent pas du tout;)

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      • A toi de voir si le sujet t’intéresse assez, moi je ne me suis pas ennuyée une minute avec le Major Pettigrew (même si je reconnais qu’il y avait quelques longueurs), je l’ai dévoré en 3-4 jours, soit plus vite que les interminables 200 pages que j’ai peiné à lire d’Un été avant la guerre ^^ Pourtant je n’avais aucune attente, je l’avais acheté un peu par hasard dans un supermarché un jour où j’avais beaucoup d’attente pour un rdv. ç’avait été une excellente surprise.

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  2. Ce roman est dans ma wish depuis un moment, je suis contente d’en voir un avis un peu mitigé… cela diminue mes attentes mais je pense que je le lirai quand même : j’adore ce genre de sujet.
    J’avais aussi noté le major Pettigrew et pas fait le rapprochement entre les deux romans, du coup je vais regarder ça de plus près.

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