Kip Wilson • White Rose (2020)

White Rose • Kip Wilson • 2019 • Versify • 368 pages

Disillusioned by the propaganda of Nazi Germany, Sophie Scholl, her brother, and his fellow soldiers formed the White Rose, a group that wrote and distributed anonymous letters criticizing the Nazi regime and calling for action from their fellow German citizens. The following year, Sophie and her brother were arrested for treason and interrogated for information about their collaborators.

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En commençant ce livre, je m’attendais à lire un roman fantastique. Je ne sais même pas pourquoi, à vrai dire. White Rose est un roman jeunesse historique. Je n’avais pas fait le rapprochement avec la Rose Blanche, ce groupe d’étudiants munichois qui avait résisté au régime nazi. J’ai pourtant lu cette année le livre d’Inge Scholl, soeur de Sophie et Hans. Cela aurait dû me rappeler quelques souvenirs. La résistance des Allemands est un sujet qui est peu abordé en temps normal et encore plus dans la littérature jeunesse.

Hans Scholl et sa soeur Sophie ont été pendant de longues années le moteur d’un groupe de résistants, composé surtout d’étudiants et d’un professeur. Leur action a principalement consisté en la rédaction, impression et diffusion de tracts. Certains d’entre eux se sont malheureusement fait arrêter puis assassiner par la Gestapo. Kip Wilson se met dans la peau de Sophie Scholl, cette jeune femme d’un grand courage qui ose défier le régime, à son échelle et avec ses moyens. Je pense que l’auteur a réussi son pari, car elle donne véritablement l’impression que le livre aurait pu être écrit par la jeune femme ou extraits d’un quelconque journal. Il laisse une belle part aux sentiments de révolte de ces jeunes gens qui ne reconnaissent plus leur pays, mais également à l’espoir.

White Rose est un roman qui est écrit sous forme de poèmes. Ce n’est pas novateur en soi, car depuis quelques années, de nombreux livres sont rédigés ainsi. Je pense notamment à Elizabeth Acevedo (The Poet X et Clap when you land). Cela ne veut pas dire que je n’ai pas aimé cette manière de procéder. Au contraire, j’apprécie ce genre de romans dont l’écriture permet d’aller en profondeur des sentiments et des pensées d’un ou plusieurs personnages. La majorité des textes sont « écrits » par Sophie, mais quelques-uns sont des lettres de ses frères ou de son petit ami, de l’officier de la Gestapo chargé de l’interroger, du juge…

Le roman est court, mais plein d’émotions. Il nous raconte l’histoire de la Rose Blanche, mais avec un petit point qui m’a quelque peu chagriné. En effet, le livre est divisé en quelques parties qui elles-mêmes font l’objet d’une autre division en « Avant », « Après » et « La Fin ». Or, dans toutes ces divisions, j’ai eu du mal à dégager une thématique commune, un lien. J’aurais préféré que les divers poèmes s’enchaînent d’une manière chronologique, surtout si c’est un roman destiné avant tout à un public relativement jeune. Ici, il y a une certaine confusion qui s’installe et j’ai vraiment trouvé ça dommage et pas forcément pertinent.

Le coup de coeur n’était pas loin pour ce roman historique qui rend un bel hommage au groupe de la Rose Blanche. Pour évoquer une première fois le sujet du nazisme, de l’endoctrinement de la population qui commence, d’ailleurs, dès le plus jeune âge, de la police politique et de la résistance, je pense que c’est un très bon livre.

Rupi Kaur • The Sun and her flowers (2017)

The sun and her flowers • Rupi Kaur • 2017 • Andrews McMeel Publishing • 256 pages

this is the recipe of life
said my mother
as she held me in her arms as i wept
think of those flowers you plant
in the garden each year
they will teach you
that people too
must wilt
fall
root
rise
in order to bloom

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2017 fut l’année où j’ai découvert la plume du jeune poétesse canadienne qui avait affolé la blogosphère avec son premier recueil, Milk & Honey. Je ne lisais jamais de poésie jusqu’à maintenant ou pas de mon plein gré, et, pourtant, Rupi Kaur a non seulement su me réconcilier avec ce genre littéraire mais également me toucher et me bouleverser. Ses poèmes avaient une grande force et ils abordaient des thèmes universels. Autant dire que quand le deuxième recueil est sorti, il était clair qu’il me le fallait, ne serait-ce que pour retrouver toutes les émotions que j’avais pu ressentir à la lecture de Milk & Honey. 

Cette fois-ci, ce n’est pas le lait et le miel qui guide le lecteur à travers l’oeuvre de Rupi Kaur mais le soleil et les fleurs. Ce sont des fils conducteurs qui sont parfaits pour ce recueil où elle évoque son viol, la dépression, sa mère… Elle les a déjà explorés dans son précédent recueil. Cependant, il n’y a pas de redites par rapport à Milk and Honey. Je n’ai pas eu l’impression de lire deux fois la même chose. Elle les aborde d’une manière différente. Les poèmes m’ont paru plus sombres voire un peu plus matures également. Ils me parlent toujours autant, me touchent et parfois même me bouleversent. De ce point de vue, rien n’a changé et c’est tant mieux. Toutefois, Kaur développe également de nouveaux sujets. Elle se confie beaucoup plus sur sa famille, notamment sa mère, le fait d’être une fille d’immigrés, l’importance de l’éducation, comment associer la culture de ses parents avec celle de ce nouveau pays… J’ai adoré ce chapitre de The Sun and her flowers. Je pense que c’est celui qui m’a le plus marqué, avec sa dépression. Comme avec son premier ouvrage, elle part de son expérience personnelle pour livrer des poèmes qui ont une portée universelle.

De plus, comme je l’ai dit un peu plus haut, j’ai beaucoup aimé la manière dont le soleil et les fleurs servent de fil conducteur. Ils rythment son passage de l’ombre à la lumière, les fleurs filant la métaphore de la renaissance, de la croissance qui sont au coeur de l’ouvrage. Sur un terrain fertile et propice, elle grandit doucement, réapprend à vivre. Il y a toujours les thèmes principaux qu’elle évoque dans les différents chapitres et d’autres sont plus à lire entre les lignes et ils expliquent aussi  la progression des poèmes et des chapitres. Il est vrai que je m’attendais aussi à ce qu’elle renouvelle quelque peu les différents sujets pour en aborder d’autres. Elle a certes introduit quelques nouveautés, que j’ai adorées, tout comme le reste d’ailleurs, mais je m’attendais à plus.

Cependant, je n’ai pas boudé mon plaisir d’avoir le nouveau Rupi Kaur entre les mains et il a été déjà lu et relu. Je suis de nouveau passée par toutes les émotions possibles et elle sait comment créer un lien d’empathie avec son lecteur, comment créer une intimité entre lui et elle, de faire en sorte qu’il ne se sente pas seul. Finalement, on sent qu’elle s’investit énormément dans ce qu’elle fait. Outre le fait qu’il y a une vraie charge émotionnelle, j’apprécie toujours autant les petites oeuvres d’art qui s’ajoutent à certains des poèmes. J’admire la simplicité du trait, ce simple trait donnant une petite oeuvre d’art d’une certaine finesse et dégageant aussi une certaine poésie. Clairement, l’image et le texte ne vont pas l’un sans l’autre. Ils fonctionnent ensemble pour former une oeuvre d’art totale.

J’apprécie le style particulier de l’auteur. Milk & Honey était écrit en faisant fi des règles de grammaire et de ponctuation. Elle récidive avec The Sun and her flowers, donnant au lecteur la possibilité de donner son propre rythme et son propre sens aux mots et aux phrases. Personnellement, je trouve que ça se lit tout seul et de manière relativement plaisante pour selon qu’elle brise les codes.

The Sun and her flowers reste un coup de coeur, au même titre que le premier recueil. Cependant, il est dans la même lignée. Il n’est pas meilleur ni pire, mais il a fait son effet et il reste efficace. J’en garderai un très bon souvenir et je suis déjà dans l’attente du prochain.

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Cinq livres à offrir à Noël

J’adore offrir des livres à Noël et j’essaie toujours d’en glisser un ou deux sous le sapin. Avec le choix qui s’offre dans les librairies, il n’est pas toujours de trouver le bon. Pour vous donner quelques idées, voici cinq ouvrages tirés de mes coups de coeur de l’année.

Milk & Honey – Rupi Kaur

Est-il encore nécessaire de le présenter ? Il a été récemment traduit en français. Rupi Kaur m’a fait découvrir la poésie contemporaine. Elle aborde dans ses textes de nombreux thèmes allant du fait d’être une femme aujourd’hui, son viol, sa relation avec son corps, les relations amoureuses… Ce n’est pas toujours une lecture facile, mais un grand nombre de textes peuvent nous toucher.

Hex – Thomas Olde Heuvelt

Encore un roman qui a été traduit il n’y a pas si longtemps et il serait vraiment dommage de passer à côté de ce livre. L’auteur néerlandais signe ici un des meilleurs romans d’horreur que j’ai pu lire depuis un moment. Impossible à lâcher et cauchemars assurés. C’est une histoire qui happe le lecteur dès les premières pages qui attend fébrilement que le drame explose.

The Handmaid’s Tale – Margaret Atwood

Le livre a été adapté cette année en série, remettant le livre, publié dans les années 1980 sur le devant de la scène. Une dystopie féministe… L’histoire n’a pas pris une ride depuis et reste d’actualité. Un classique à lire et relire sans modération.  La première saison est à recommander également.

S.P.Q.R. – Mary Beard

Mary Beard est une professeur d’histoire romaine à l’université de Cambridge. Elle a écrit plusieurs ouvrages sur l’Antiquité gréco-romaine, dont certains sont traduits en français, où elle démontre une volonté de vulgarisation historique, sans pour autant perdre en qualité. Elle ajoute sa touche personnelle avec de l’humour, des anecdotes, tout en donnant une belle part aux sources. Cette histoire de Rome, traduite en français, est très agréable à lire et est loin d’être ennuyante.

Sleeping Giants – Sylvain Neuvel

Des dieux auraient-ils foulé notre terre bien avant nous ? Ce premier tome reste une de mes plus belles surprises de l’année. Je ne lis quasiment jamais de science-fiction et je ne me suis jamais réellement intéressée à ce genre littéraire. Pourtant, Sleeping Giants m’a passionné d’un bout à l’autre avec une écriture très originale qui rend la lecture très dynamique. La mythologie est très bien développée, avec de vraies questions de fond.

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