Top 5 Wednesday • Recent purchases

Thème : Recent purchases

Voilà un autre thème qui m’inspire pour ce mois-ci. La question posée est quels sont les cinq livres que j’ai récemment acheté et que je suis excitée à l’idée de lire ou que j’ai aimé. Ça tombe bien, car j’ai refait mon stock le mois dernier en allant dans mes librairies strasbourgeoises préférées et en passant dans plusieurs Emmaüs. Certains ont déjà été lus, mais j’ai surtout envie de parler de ceux qui ne le sont pas encore, mais qui me tentent énormément.

La famille Karnovski – Israel Joshua Singer

La famille Karnovski retrace le destin de trois générations d’une famille juive qui décide de quitter la Pologne pour s’installer en Allemagne à l’aube de la Seconde Guerre mondiale. Comment Jegor, fils d’un père juif et d’une mère aryenne, trouvera-t-il sa place dans un monde où la montée du nazisme est imminente?

Publié en 1943 alors que les nazis massacrent les communautés juives en Europe, le roman d’Israël Joshua Singer est hanté par ces tragiques circonstances et par la volonté de démêler le destin complexe de son peuple.

En 2021, j’avais très envie de découvrir la littérature israélienne que je ne connais absolument pas. J’ouvre le bal avec cette saga familiale, adorant ce genre de récits en temps normal. Il me tarde de le lire et il ne restera pas très longtemps dans ma PAL.

Sistersong – Lucy Holland

535 AD. In the ancient kingdom of Dumnonia, King Cador’s children inherit a fragmented land abandoned by the Romans.

Riva, scarred in a terrible fire, fears she will never heal.
Keyne battles to be seen as the king’s son, when born a daughter.
And Sinne, the spoiled youngest girl, yearns for romance.

All three fear a life of confinement within the walls of the hold – a last bastion of strength against the invading Saxons. But change comes on the day ash falls from the sky, bringing Myrddhin, meddler and magician, and Tristan, a warrior whose secrets will tear the siblings apart. Riva, Keyne and Sinne must take fate into their own hands, or risk being tangled in a story they could never have imagined; one of treachery, love and ultimately, murder. It’s a story that will shape the destiny of Britain.

Je l’avais déjà remarqué et il était présent dans un de mes articles sur les sorties VO. Cette histoire m’intrigue énormément et je suis totalement fan de cette couverture, de cette Bretagne magique et mythique. Je triche un peu, mais je suis déjà plongée dedans et j’en ai lu la moitié. Intriguant et, pour le moment, j’aime beaucoup.

Sumerki – Dmitry Glukhovsky

Quand Dmitry Alexeïevitch, traducteur désargenté, insiste auprès de son agence pour obtenir un nouveau contrat, il ne se doute pas que sa vie en sera bouleversée. Le traducteur en charge du premier chapitre ne donnant plus de nouvelles, c’est un étrange texte qui lui échoit : le récit d’une expédition dans les forêts inexplorées du Yucatán au XVIe siècle, armée par le prêtre franciscain Diego de Landa. Et les chapitres lui en sont remis au compte-gouttes par un mystérieux commanditaire. 

Aussi, quand l’employé de l’agence est sauvagement assassiné et que les périls relatés dans le document s’immiscent dans son quotidien, Dmitry Alexeïevitch prend peur. Dans les ombres du passé, les dieux et les démons mayas se sont-ils acharnés à protéger un savoir interdit ? A moins, bien entendu, que le manuscrit espagnol ne lui ait fait perdre la raison. Alors que le monde autour de lui est ravagé par des ouragans, des séismes et des tsunamis, le temps est compté pour découvrir la vérité.

Un auteur qui m’a largement été recommandé, surtout pour sa série Métro. Cependant, n’ayant pas envie de me lancer dans une nouvelle série alors que j’essaie d’en terminer un maximum, j’ai préféré choisir ce titre qui semble plus être un thriller ésotérique, ma marotte du moment.

Richard Oppenheimer, La vengeance des cendres – Harald Gilbers

Berlin, hiver 1946, le plus froid que la capitale ait connu au XXe siècle. La guerre est certes finie mais l’Allemagne commence à peine à panser ses plaies, et les Berlinois manquent de tout, surtout de nourriture. Dans cette atmosphère très tendue, des corps mutilés font mystérieusement surface aux quatre coins de la ville. Chacun a la peau couverte de mots écrits à l’encre, et une liste de noms inconnus fourrée dans la bouche. Le commissaire Oppenheimer est alors mobilisé pour mener l’enquête et découvre vite un point commun entre ces morts : ils avaient tous collaboré avec le régime nazi. À Oppenheimer de parvenir à retracer le passé du tueur, et à anticiper ses prochains meurtres.

Déjà le quatrième tome de cette série que j’aime beaucoup. Il me tardait de connaître la suite des aventures de Richard Oppenheimer. Le cinquième est sorti récemment en grand format.

La Sorcière – Jules Michelet

Michelet sait prêter sa voix aux parias du passé, à ceux qui n’ont pas eu d’histoire. À travers les siècles la femme tient-elle donc toujours le même rôle, celui de la mal aimée ? En embrassant d’un seul regard toute l’étendue du Moyen Âge, de la Renaissance et du Grand Siècle, Michelet discerne pour la première fois la suite rigoureuse d’une tragédie dont l’héroïne serait une femme à la fois révérée et persécutée : la sorcière.

La figure de la sorcière me fascine. J’avais adoré l’essai de Mona Chollet, Sorcières ! La puissance invaincue des femmes, que je recommande chaudement. J’avais très envie de découvrir celui de Michelet, qui date certes un peu, car il est publié pour la première fois en 1862, mais qui a fait autorité pendant longtemps. La recherche a depuis évolué sur le sujet.

Sorties VO • Juin 2021

The Godmothers • Camille Aubray • William Morrow • 15 juin • 432 pages

Filomena is a clever and resourceful war refugee with a childhood secret, who comes to America to wed Mario, the family’s favored son. Amie, a beautiful and dreamy French girl from upstate New York, escapes an abusive husband after falling in love with Johnny, the oldest of the brothers. Lucy, a tough-as-nails Irish nurse, ran away from a strict girls’ home and marries Frankie, the sensuous middle son. And the glamorous Petrina, the family’s only daughter, graduates with honors from Barnard College despite a past trauma that nearly caused a family scandal.

All four women become godmothers to one another’s children, finding hope and shelter in this prosperous family and their sumptuous Greenwich Village home, and enjoying New York life with its fine dining, opulent department stores and sophisticated nightclubs.

But the women’s secret pasts lead to unforeseen consequences and betrayals that threaten to unravel all their carefully laid plans. And when their husbands are forced to leave them during the second World War, the Godmothers must unexpectedly contend with notorious gangsters like Frank Costello and Lucky Luciano who run the streets of New York City.

Refusing to merely imitate the world of men, the four Godmothers learn to put aside their differences and grudges so that they can work together to protect their loved ones, and to find their own unique paths to success, love, forgiveness, and the futures they’ve always dreamed of.

Sisters of the Resistance • Christine Wells • William Morrow • 8 juin • 416 pages

France, 1944: The Nazis still occupy Paris, and twenty-five-year-old Gabby Foucher hates these enemies, though, as the concierge of ten rue Royale, she makes it a point to avoid trouble, unlike her sister Yvette. Until she, like her sister, is recruited into the Resistance by Catherine Dior—sister of the fashion designer, Christian Dior.

Gabby and Yvette are both swept into the world of spies, fugitives, and Resistance workers, and it doesn’t take long for the sisters to realize that their lives are in danger.

Gabby discovers an elderly tenant is hiding a wounded British fugitive, and Yvette becomes a messenger for the Resistance. But as Gabby begins to fall in love with her patient and Yvette’s impulsiveness lead her into intrigue at an ever-higher level, both women will discover that their hearts and even their souls hang in the balance as well.

The Wolf & the Woodsman • Ava Reid • Del Rey • 8 juin • 448 pages

In her forest-veiled pagan village, Évike is the only woman without power, making her an outcast clearly abandoned by the gods. The villagers blame her corrupted bloodline—her father was a Yehuli man, one of the much-loathed servants of the fanatical king. When soldiers arrive from the Holy Order of Woodsmen to claim a pagan girl for the king’s blood sacrifice, Évike is betrayed by her fellow villagers and surrendered.

But when monsters attack the Woodsmen and their captive en route, slaughtering everyone but Évike and the cold, one-eyed captain, they have no choice but to rely on each other. Except he’s no ordinary Woodsman—he’s the disgraced prince, Gáspár Bárány, whose father needs pagan magic to consolidate his power. Gáspár fears that his cruelly zealous brother plans to seize the throne and instigate a violent reign that would damn the pagans and the Yehuli alike. As the son of a reviled foreign queen, Gáspár understands what it’s like to be an outcast, and he and Évike make a tenuous pact to stop his brother.

As their mission takes them from the bitter northern tundra to the smog-choked capital, their mutual loathing slowly turns to affection, bound by a shared history of alienation and oppression. However, trust can easily turn to betrayal, and as Évike reconnects with her estranged father and discovers her own hidden magic, she and Gáspár need to decide whose side they’re on, and what they’re willing to give up for a nation that never cared for them at all.

Daughter of Sparta • Claire M. Andrews • Jimmy Paterson Book • 8 juin • 400 pages

Seventeen-year-old Daphne has spent her entire life honing her body and mind into that of a warrior, hoping to be accepted by the unyielding people of ancient Sparta. But an unexpected encounter with the goddess Artemis—who holds Daphne’s brother’s fate in her hands—upends the life she’s worked so hard to build. Nine mysterious items have been stolen from Mount Olympus and if Daphne cannot find them, the gods’ waning powers will fade away, the mortal world will descend into chaos, and her brother’s life will be forfeit.

Guided by Artemis’s twin-the handsome and entirely-too-self-assured god Apollo-Daphne’s journey will take her from the labyrinth of the Minotaur to the riddle-spinning Sphinx of Thebes, team her up with mythological legends such as Theseus and Hippolyta of the Amazons, and pit her against the gods themselves.

Nature of Witches • Rachel Griffin • Sourcebooks Fire • 1 juin • 362 pages

For centuries, witches have maintained the climate, their power from the sun peaking in the season of their birth. But now their control is faltering as the atmosphere becomes more erratic. All hope lies with Clara, an Everwitch whose rare magic is tied to every season.

In Autumn, Clara wants nothing to do with her power. It’s wild and volatile, and the price of her magic―losing the ones she loves―is too high, despite the need to control the increasingly dangerous weather.

In Winter, the world is on the precipice of disaster. Fires burn, storms rage, and Clara accepts that she’s the only one who can make a difference.

In Spring, she falls for Sang, the witch training her. As her magic grows, so do her feelings, until she’s terrified Sang will be the next one she loses.

In Summer, Clara must choose between her power and her happiness, her duty and the people she loves… before she loses Sang, her magic, and thrusts the world into chaos.

For the Wolf • Hannah F. Whitten • Orbit Books • 15 juin • 448 pages

As the only Second Daughter born in centuries, Red has one purpose-to be sacrificed to the Wolf in the Wood in the hope he’ll return the world’s captured gods.

Red is almost relieved to go. Plagued by a dangerous power she can’t control, at least she knows that in the Wilderwood, she can’t hurt those she loves. Again.

But the legends lie. The Wolf is a man, not a monster. Her magic is a calling, not a curse. And if she doesn’t learn how to use it, the monsters the gods have become will swallow the Wilderwood-and her world-whole.

The Maidens • Alex Michaelides • Celadon Books • 15 juin • 352 pages

Edward Fosca is a murderer. Of this Mariana is certain. But Fosca is untouchable. A handsome and charismatic Greek Tragedy professor at Cambridge University, Fosca is adored by staff and students alike—particularly by the members of a secret society of female students known as The Maidens. 

Mariana Andros is a brilliant but troubled group therapist who becomes fixated on The Maidens when one member, a friend of Mariana’s niece Zoe, is found murdered in Cambridge. 

Mariana, who was once herself a student at the university, quickly suspects that behind the idyllic beauty of the spires and turrets, and beneath the ancient traditions, lies something sinister. And she becomes convinced that, despite his alibi, Edward Fosca is guilty of the murder. But why would the professor target one of his students? And why does he keep returning to the rites of Persephone, the maiden, and her journey to the underworld?

When another body is found, Mariana’s obsession with proving Fosca’s guilt spirals out of control, threatening to destroy her credibility as well as her closest relationships. But Mariana is determined to stop this killer, even if it costs her everything—including her own life.

Top 5 Wednesday #1 • Favorite Tropes

J’inaugure un nouveau rendez-vous sur le blog avec le Top 5 Wednesday. Je ne pense pas forcément participer toutes les semaines, mais si le thème me plait et me parle, c’est avec plaisir que j’y réagirai. Les sujets sont annoncés chaque mois sur le groupe Goodreads.

Thème : Favorite Tropes

Avant de me lancer dans cet article, j’ai fait quelques recherches sur ce terme de tropes et sur ce qu’il pouvait signifiait en français. Le meilleur terme que j’ai trouvé est celui de lieux communs. À titre d’exemples, dans les romances, ce seraient les fausses relations amoureuses ou tout ce qui touche à la royauté, les mariages de convenance… Pour le fantastique, ce sont les thématiques d’un•e Élu•e, sauver le monde… Pour mes cinq « lieux communs » préférés, j’ai essayé de tirer un exemple parmi mes plus récentes lectures, ou, du moins, depuis le début d’année.

1. La quête

L’exemple le plus parlant est sans conteste la quête du Graal. Je pense aussi au Seigneur des Anneaux de J.R.R. Tolkien. C’est un lieu commun que j’apprécie beaucoup. Dans mon esprit, il y a toujours le côté partir à l’aventure, aller vers l’inconnu, sortir de sa zone de confort… Le personnage principal va tirer des connaissances, des expériences de son voyage.

Un des derniers livres que j’ai pu lire et qui représente parfaitement cette idée de quête est le troisième tome de la série La Passe-Miroir, La mémoire de Babel. De manière général, la série raconte la quête d’Ophélie et Thorn pour découvrir l’identité de Dieu et l’arrêter.

Thorn a disparu depuis deux ans et demi et Ophélie désespère. Les indices trouvés dans le livre de Farouk et les informations livrées par Dieu mènent toutes à l’arche de Babel, dépositaire des archives mémorielles du monde. Ophélie décide de s’y rendre sous une fausse identité.

2. Une relique ou un artefact puissant•e

S’il est doublé d’une quête, c’est encore mieux ! Je pense que mon amour pour ce genre de lieux communs vient d’Indiana Jones, qui est présenté comme un chasseur de reliques et de trésor (même si, en réalité, il est plus un pilleur de tombes). Certaines d’entre elles ont des propriétés magiques. En littérature, il y a, à nouveau, la quête du Graal, ou les thrillers ésotériques, genres dont je raffole.

Et c’est justement un thriller ésotérique que je vais prendre en exemple avec une des mes toutes dernières lectures. Elle date du début du mois. Il s’agit du troisième tome de la dernière série d’Éric Giacometti et Jacques Ravenne, Soleil noir, La relique du chaos. Les reliques (très particulières pour le coup) ont un caractère mystique et magique.

Juillet 1942. Jamais l’issue du conflit n’a semblé aussi incertaine. Si l’Angleterre a écarté tout risque d’invasion, la Russie de Staline plie sous les coups de boutoir des armées d’Hitler. L’Europe est sur le point de basculer. À travers la quête des Swastikas, la guerre occulte se déchaîne pour tenter de faire pencher la balance. Celui qui s’emparera de l’objet sacré remportera la victoire. Tristan Marcas, agent double au passé obscur, part à la recherche du trésor des Romanov, qui cache, selon le dernier des tsars, l’ultime relique. À Berlin, Moscou et Londres, la course contre la montre est lancée, entraînant dans une spirale vertigineuse Erika, l’archéologue allemande et Laure, la jeune résistante française…

3. Un amour impossible

La faute à Roméo et Juliette de Shakespeare, qui est une de mes pièces préférées au monde. Je prend ce thème ou lieux commun dans un sens très large, car des raisons pour lesquelles un amour peut être impossible sont variées.

Un des derniers livres que j’ai lu et qui peut illustrer ce sujet est Follow me to ground de Sue Rainsford. Il s’agit d’une histoire d’amour entre une sorcière et un mortel qui est vu d’un mauvais oeil par les familles des deux protagonistes.

LIEN VERS L’ARTICLE

Ada and her father, touched by the power to heal illness, live on the edge of a village where they help sick locals—or “Cures”—by cracking open their damaged bodies or temporarily burying them in the reviving, dangerous Ground nearby. Ada, a being both more and less than human, is mostly uninterested in the Cures, until she meets a man named Samson. When they strike up an affair, to the displeasure of her father and Samson’s widowed, pregnant sister, Ada is torn between her old way of life and new possibilities with her lover—and eventually comes to a decision that will forever change Samson, the town, and the Ground itself.

4. Un conflit avec un dieu

C’est un lieu commun qui, pour le coup, brasse très large. Il me rappelle à la fois les récits bibliques, la mythologie grecque… Je pense aussi à des livres fantastiques ou de science-fiction, les réécritures autour des mythes et légendes.

Un livre que j’ai très récemment lu (et apprécié) et dans lequel l’intrigue a pour origine un conflit avec un dieu est Lore d’Alexandra Bracken. Le conflit est entre Zeus et les dieux, les anciens et les nouveaux dieux, les dieux avec les chasseurs… L’auteur s’inspire de la mythologie grecque.

Every seven years, the Agon begins. As punishment for a past rebellion, nine Greek gods are forced to walk the earth as mortals, hunted by the descendants of ancient bloodlines, all eager to kill a god and seize their divine power and immortality. Long ago, Lore Perseous fled that brutal world in the wake of her family’s sadistic murder by a rival line, turning her back on the hunt’s promises of eternal glory. For years she’s pushed away any thought of revenge against the man–now a god–responsible for their deaths.

Yet as the next hunt dawns over New York City, two participants seek out her help: Castor, a childhood friend of Lore believed long dead, and a gravely wounded Athena, among the last of the original gods.

The goddess offers an alliance against their mutual enemy and, at last, a way for Lore to leave the Agon behind forever. But Lore’s decision to bind her fate to Athena’s and rejoin the hunt will come at a deadly cost–and still may not be enough to stop the rise of a new god with the power to bring humanity to its knees.

5. Les sagas familiales

Je lis pas mal de sagas familiales, surtout par des auteurs russes. J’aime suivre le destin d’une famille sur une ou plusieurs générations. J’ai tellement d’exemples qui me viennent à l’esprit comme La saga moscovite de Vassily Axionov, Guerre & Paix de Léon Tolstoï (terminé en début d’année).

Cependant, si je dois prendre un exemple dans mes lectures très récentes, ce sont les Rougon-Macquart de Zola qui arrivent en premier. C’est aussi un des grands exemples de sagas familiales et celle-ci compte près de vingt tomes. Au début du mois, j’ai terminé le septième tome, L’Assommoir qui est un coup de coeur.

Qu’est-ce qui nous fascine dans la vie « simple et tranquille » de Gervaise Macquart ? Pourquoi le destin de cette petite blanchisseuse montée de Provence à Paris nous touche-t-il tant aujourd’hui encore ? Que nous disent les exclus du quartier de la Goutte-d’Or version Second Empire ? L’existence douloureuse de Gervaise est avant tout une passion où s’expriment une intense volonté de vivre, une générosité sans faille, un sens aigu de l’intimité comme de la fête. Et tant pis si, la fatalité aidant, divers «assommoirs» – un accident de travail, l’alcool, les «autres», la faim – ont finalement raison d’elle et des siens. Gervaise aura parcouru une glorieuse trajectoire dans sa déchéance même. Relisons L’Assommoir, cette «passion de Gervaise», cet étonnant chef-d’oeuvre, avec des yeux neufs.

Quels sont vos « lieux communs » préférés en littérature ? Quels en sont les meilleurs exemples ?

Rebecca McLaughlin • The Nameless Queen (2020)

The Nameless Queen • Rebecca McLaughlin • Crown Bookes • Janvier 2020 • 352 pages

Everyone expected the king’s daughter would inherit the throne. No one expected me. 

It shouldn’t even be possible. I’m Nameless, a class of citizens so disrespected, we don’t even get names. Heck, dozens of us have been going missing for months and no one seems to care.

But there’s no denying the tattoo emblazoned on my arm. I am queen. In a palace where the corridors are more dangerous the streets, though, how could I possibly rule? And what will become of the Nameless if I don’t?


The Nameless Queen est un roman fantastique de Rebecca McLaughlin, publié en 2020. Il s’agit (pour l’instant) d’un one-shot. La fin n’est pas assez ouverte pour espérer un deuxième tome, mais sait-on jamais. Il me tardait de le découvrir, la couverture et le résumé m’ayant tout de suite charmé. En refermant ce livre, je me rends compte qu’il y a plein d’aspects imparfaits, tout en ayant un certain charme. Il m’a été impossible de le mettre de côté.

Le premier grand reproche que je peux formuler concerne surtout l’héroïne, Coin. Elle souffre du syndrome de la Mary Sue, c’est-à-dire un personnage trop parfait. Selon la définition, la Mary Sue a, par exemple, un sens moral très développé, des compétences hors norme qu’elle maîtrise à la perfection en peu de temps, et/ou un destin magnifique et glorieux. Elle gagne l’admiration de tous. Ce sont autant d’éléments qui peuvent se retrouver dans Coin. En effet, à partir du moment où elle obtient les pouvoirs liés à sa fonction de reine, elle commence à les expérimenter et très vite (trop vite), et à les maîtriser sans aucun souci. Il y a une date butoir d’un mois avant de devoir affronter, dans un espère de combat à la fois physique et magique, une générale de l’armée royale, bien plus âgée et expérimentée qu’elle et qui utilise ses pouvoirs depuis bien plus longtemps. Pas besoin de parier sur l’issu de leur rencontre, le lecteur sait pertinemment comment ça va se terminer. Le problème avec de tels personnages principaux est qu’il n’y a pas réellement de mystères sur leur destin, et donc sur la fin.

Deuxièmement, l’univers m’a plu, même si je retrouve des éléments classiques de ce type d’ouvrages : une société basée sur des castes sociales, une héroïne issue de la classe la plus basse et qui va renverser l’ordre établi, le tout avec beaucoup d’actions. J’ai aimé la présence de la magie, réservée qu’à une petite élite au sein de la population. Il y avait de nombreuses idées qui étaient plutôt bonnes en apparence, mais qui auraient mérité plus d’explications. Sur bien des points, l’auteur ne fait que toucher du bout des doigts des sujets intéressants : comment la magie a été bridée, pourquoi seulement la caste des Royaux peuvent la manier, quels sont réellement les pouvoirs des différents membres du Conseil… Ce ne sont que des exemples parmi tant d’autres. Il y avait des passages un peu frustrant, car, en tant que lectrice, je voulais en savoir davantage. L’univers manque, malheureusement, de profondeur alors qu’il était prometteur. L’auteur effleure simplement toutes les possibilités du monde qu’elle met en place et je pense qu’il y avait du potentiel.

Malgré tout, The Nameless Queen est un roman fantastique qui se laisse lire. Il y a surtout de l’action et l’intrigue démarre très rapidement. J’ai été prise dans un tourbillon d’événements pour n’en sortir que dans les toutes dernières pages. Même si certaines révélations se devinent bien en amont, je n’ai pas boudé mon plaisir, car Rebecca McLaughlin offre ici un agréable moment de divertissement, certes imparfait, mais prenant.

Sorties VO • Mai 2021

The Radio Operator • Ulla Lenze • Harper Via • 4 mai • 304 pages

At the end of the 1930s, Europe is engulfed in war. Though America is far from the fighting, the streets of New York have become a battlefield. Anti-Semitic and racist groups spread hate, while German nationalists celebrate Hitler’s strength and power. Josef Klein, a German immigrant, remains immune to the troubles roiling his adopted city. The multicultural neighborhood of Harlem is his world, a lively place full of sidewalk tables where families enjoy their dinner and friends indulge in games of chess. 

Josef’s great passion is the radio. His skill and technical abilities attract the attention of influential men who offer him a job as a shortwave operator. But when Josef begins to understand what they’re doing, it’s too late; he’s already a little cog in the big wheel—part of a Nazi espionage network working in Manhattan. Discovered by American authorities, Josef is detained at Ellis Island, and eventually deported to Germany.

Back in his homeland, fate leads him to his brother Carl’s family, soap merchants in Neuss—where he witnesses the seductive power of the Nazis and the war’s terrible consequences—and finally to South America, where Josef hopes to start over again as José. Eventually, Josef realizes that no matter how far he runs or how hard he tries, there is one indelible truth he cannot escape: How long can you hide from your own past, before it catches up with you?

The woman with the blue star • Pam Jenoff • Park Row • 4 mai • 336 pages

1942. Sadie Gault is eighteen and living with her parents amid the horrors of the Kraków Ghetto during World War II. When the Nazis liquidate the ghetto, Sadie and her pregnant mother are forced to seek refuge in the perilous sewers beneath the city. One day Sadie looks up through a grate and sees a girl about her own age buying flowers.

Ella Stepanek is an affluent Polish girl living a life of relative ease with her stepmother, who has developed close alliances with the occupying Germans. Scorned by her friends and longing for her fiancé, who has gone off to war, Ella wanders Kraków restlessly. While on an errand in the market, she catches a glimpse of something moving beneath a grate in the street. Upon closer inspection, she realizes it’s a girl hiding.

Ella begins to aid Sadie and the two become close, but as the dangers of the war worsen, their lives are set on a collision course that will test them in the face of overwhelming odds. Inspired by harrowing true stories, The Woman with the Blue Star is an emotional testament to the power of friendship and the extraordinary strength of the human will to survive. 

Luck of the Titanic • Stacey Lee • G.P. Putnam’s Sons Books for Young Readers • 4 mai • 304 pages

Southampton, 1912: Seventeen-year-old British-Chinese Valora Luck has quit her job and smuggled herself aboard the Titanic with two goals in mind: to reunite with her twin brother Jamie–her only family now that both their parents are dead–and to convince a part-owner of the Ringling Brothers Circus to take the twins on as acrobats. Quick-thinking Val talks her way into opulent firstclass accommodations and finds Jamie with a group of fellow Chinese laborers in third class. But in the rigidly stratified world of the luxury liner, Val’s ruse can only last so long, and after two long years apart, it’s unclear if Jamie even wants the life Val proposes. Then, one moonless night in the North Atlantic, the unthinkable happens–the supposedly unsinkable ship is dealt a fatal blow–and Val and her companions suddenly find themselves in a race to survive.

The shadow in the glass • J.J.A. Harwood • Harper Voyager • 4 mai • 416 pages

Once upon a time Ella had wished for more than her life as a lowly maid. 

Now forced to work hard under the unforgiving, lecherous gaze of the man she once called stepfather, Ella’s only refuge is in the books she reads by candlelight, secreted away in the library she isn’t permitted to enter. 

One night, among her beloved books of far-off lands, Ella’s wishes are answered. At the stroke of midnight, a fairy godmother makes her an offer that will change her life: seven wishes, hers to make as she pleases. But each wish comes at a price and Ella must to decide whether it’s one she’s willing to pay it. 

Madam • Phoebe Wynn • St Martin’s Press • 18 mai • 352 pages

For 150 years, high above rocky Scottish cliffs, Caldonbrae Hall has sat untouched, a beacon of excellence in an old ancestral castle. A boarding school for girls, it promises that the young women lucky enough to be admitted will emerge “resilient and ready to serve society.”

Into its illustrious midst steps Rose Christie: a 26-year-old Classics teacher, Caldonbrae’s new head of the department, and the first hire for the school in over a decade. At first, Rose is overwhelmed to be invited into this institution, whose prestige is unrivaled. But she quickly discovers that behind the school’s elitist veneer lies an impenetrable, starkly traditional culture that she struggles to reconcile with her modernist beliefs—not to mention her commitment to educating “girls for the future.”

It also doesn’t take long for Rose to suspect that there’s more to the secret circumstances surrounding the abrupt departure of her predecessor—a woman whose ghost lingers everywhere—than anyone is willing to let on. In her search for this mysterious former teacher, Rose instead uncovers the darkness that beats at the heart of Caldonbrae, forcing her to confront the true extent of the school’s nefarious purpose, and her own role in perpetuating it.

The Nine: The True Story of a Band of Women Who Survived the Worst of Nazi Germany • Gwen Strauss • St Martin’s Press • 4 mai • 336 pages

The Nine follows the true story of the author’s great aunt Hélène Podliasky, who led a band of nine female resistance fighters as they escaped a German forced labor camp and made a ten-day journey across the front lines of WWII from Germany back to Paris.

The nine women were all under thirty when they joined the resistance. They smuggled arms through Europe, harbored parachuting agents, coordinated communications between regional sectors, trekked escape routes to Spain and hid Jewish children in scattered apartments. They were arrested by French police, interrogated and tortured by the Gestapo. They were subjected to a series of French prisons and deported to Germany. The group formed along the way, meeting at different points, in prison, in transit, and at Ravensbrück. By the time they were enslaved at the labor camp in Leipzig, they were a close-knit group of friends. During the final days of the war, forced onto a death march, the nine chose their moment and made a daring escape.

The Cave Dwellers • Christina McDowell • Gallery Scout Press • 25 mai • 352 pages

They are the families considered worthy of a listing in the exclusive Green Book—a discriminative diary created by the niece of Edith Roosevelt’s social secretary. Their aristocratic bloodlines are woven into the very fabric of Washington—generation after generation. Their old money and manner lurk through the cobblestone streets of Georgetown, Kalorama, and Capitol Hill. They only socialize within their inner circle, turning a blind eye to those who come and go on the political merry-go-round. These parents and their children live in gilded existences of power and privilege.

But what they have failed to understand is that the world is changing. And when the family of one of their own is held hostage and brutally murdered, everything about their legacy is called into question.

They’re called The Cave Dwellers.

The lights of Prague • Nicole Jarvis • Titan Books • 18 mai • 416 pages

In the quiet streets of Prague all manner of otherworldly creatures lurk in the shadows. Unbeknownst to its citizens, their only hope against the tide of predators are the dauntless lamplighters – a secret elite of monster hunters whose light staves off the darkness each night. Domek Myska leads a life teeming with fraught encounters with the worst kind of evil: pijavice, bloodthirsty and soulless vampiric creatures. Despite this, Domek find solace in his moments spent in the company of his friend, the clever and beautiful Lady Ora Fischerová– a widow with secrets of her own.

When Domek finds himself stalked by the spirit of the White Lady – a ghost who haunts the baroque halls of Prague castle – he stumbles across the sentient essence of a will-o’-the-wisp, a mischievous spirit known to lead lost travellers to their death, but who, once captured, are bound to serve the desires of their owners.

After discovering a conspiracy amongst the pijavice that could see them unleash terror on the daylight world, Domek finds himself in a race against those who aim to twist alchemical science for their own dangerous gain.

The whispering dead • Darcy Coates • Poisoned Pen Press • 4 mai • 256 pages

Homeless, hunted, and desperate to escape a bitter storm, Keira takes refuge in an abandoned groundskeeper’s cottage. Her new home is tucked away at the edge of a cemetery, surrounded on all sides by gravestones: some recent, some hundreds of years old, all suffering from neglect.

And in the darkness, she can hear the unquiet dead whispering.

The cemetery is alive with faint, spectral shapes, led by a woman who died before her time… and Keira, the only person who can see her, has become her new target. Determined to help put the ghost to rest, Keira digs into the spirit’s past life with the help of unlikely new friends, and discovers a history of deception, ill-fated love, and murder.

But the past is not as simple as it seems, and Keira’s time is running out. Tangled in a dangerous web, she has to find a way to free the spirit… even if it means offering her own life in return.

Destin : La Saga Winx

Fate: The Winx Saga s’attache au parcours initiatique de cinq fées fréquentant Alfea, pensionnat féerique situé dans l’Autre Monde. C’est là qu’elles doivent apprendre à maîtriser leurs pouvoirs magiques, tout en découvrant l’amour, en surmontant leurs rivalités et en affrontant les monstres qui menacent de les détruire.

Avec : Abigail F. Cowen ; Hannah van der Westhuysen ; Elisha Applebaum ; Precious Mustapha…

Officiellement renouvelée pour une saison 2


Plus jeune, j’adorais le dessin animé et je ne ratais aucun épisode. J’étais aux anges quand Netflix a annoncé qu’ils allaient sortir une nouvelle série Winx. J’ai enfin pris le temps de découvrir cette première saison et mes impressions sont quelque peu mitigées. Il y a eu pas mal de changements par rapport à l’original, certains que j’ai plus apprécié que d’autres.

Concernant les personnages, Flora a toujours été ma préférée et j’ai été déçue de ne pas la voir dans ce reboot telle qu’elle était dans le dessin animé. J’ai eu beaucoup plus de difficultés à apprécier Terra et il m’a fallu pas mal de temps pour pleinement l’estimer à sa juste valeur. Elle ne se révèle pas aussi inintéressante qu’aux premiers abords. Elle évolue au fil des épisodes. En revanche, contrairement au dessin animé, Musa est celle que j’ai préféré. Elle n’est plus la fée de la musique, mais une fée de l’esprit. J’étais sceptique au début de ce changement, mais, au final, j’ai vraiment aimé cette idée qui colle beaucoup mieux à ce nouvel univers.

Les seules qui n’ont véritablement pas changé sont Stella et Bloom. Elles sont un peu plus sombres et torturées que la série originelle. Stella reste la princesse de Solaria et un personnage hautain et un brin antipathique, manipulatrice. Très vite, son histoire personnelle se développe et le spectateur comprend pourquoi elle agit ainsi. J’ai adoré le décalage entre la première scène où la mère de Stella apparaît et les suivantes. Tout devient plus clair au niveau de son comportement et j’ai vraiment appris et commencé à l’apprécier. J’ai eu un peu plus de mal avec Bloom. Elle reste une fée du feu puissante et qui ne connait pas ses parents biologiques. J’ai trouvé trop parfaite, peut-être même moins nuancée que les autres. Elle arrive à maîtriser et contrôler ses pouvoirs un peu trop rapidement à mon goût, tout comme sa transformation. Je ne l’ai pas trouvé réellement attachante et touchante. À mon avis, l’actrice en faisait souvent trop.

En revanche, j’ai beaucoup apprécié le trio d’adultes, qui est une version moins édulcorée des originaux, contrairement aux fées. On sent qu’ils ont un passé commun, un lien qui les unit et qui dépasse simplement une relation professionnelle. Ça était un des moteurs de l’intrigue à mon avis : savoir quel secret ils cachaient. Petit à petit, les réponses sont données. C’est une trame que j’ai aimé et qui m’a permis de dépasser les premiers épisodes, qui sont, avouons-le, pas terribles.

En effet, le fil rouge concernant Bloom n’a réellement commencé à me plaire que dans les deux derniers épisodes. J’ai eu du mal au démarrage à pleinement entrer dans l’intrigue. Cette dernière est plus sombre et plus « adulte », ce qui est loin de m’avoir déplu. J’ai adoré l’idée des Brûlés, et j’aurais aimé en connaître davantage sur leur genèse, la guerre entre Solaria et ses derniers, le rôle d’Alfea. Ce sont de bonnes pistes pour la deuxième saison. L’absence des Trix, le trio de sorcières qui mettaient des bâtons dans les roues des Winx, ne m’a pas dérangé, alors que j’étais un brin déçue en voyant les premiers visuels. Beatrix semble les incarner et son pouvoir rappelle celui de Stormi.

Je termine ses six épisodes un peu mitigée, mais la balance penche quand même pour la déception. Les deux derniers épisodes ont accéléré le rythme et ont fait des ouvertures pour la suite. J’ai été en revanche dépitée devant la transformation de Bloom. Elle manque cruellement de magie, comparée à la série originelle.

Christelle Dabos • La Passe-Miroir, La Mémoire de Babel (3) (2017)

La Passe-Miroir, La Mémoire de Babel • Christelle Dabos • 2017 • Folio • 567 pages

Thorn a disparu depuis deux ans et demi et Ophélie désespère. Les indices trouvés dans le livre de Farouk et les informations livrées par Dieu mènent toutes à l’arche de Babel, dépositaire des archives mémorielles du monde. Ophélie décide de s’y rendre sous une fausse identité.

Je suis venue tardivement à cette série. La première fois que j’ai découvert le premier tome, j’ai eu énormément de mal à accrocher au tout. Je l’ai trouvé très long et j’avais du mal avec l’univers, même s’il y avait de la suite dans les idées. Le personnage d’Ophélie m’avait également déplu. Je l’ai repris un an après et mon avis a été complètement différent. J’ai adoré ma relecture, et j’ai continué sur ma lancée. J’attends désormais avec impatience la sortie poche du quatrième et dernier tome, La tempête des échos.

La série est de mieux en mieux au fil des tomes. Le premier, Les fiancés de l’hiver, est clairement celui qui introduit à la fois les personnages principaux, l’univers et le début du fil rouge. Petit à petit, ce monde se développe. Après avoir largement découvert le Pôle, notamment avec Les disparus du Clairdelune, le lecteur part en direction d’une autre arche, celle de Babel. J’ai adoré cette référence à la Tour de Babel, épisode biblique donnant une explication mythologique aux différences de langues dans le monde. De manière générale, cette idée de lieu un dieu ou une déesse à une arche m’a toujours paru très bonne, même si j’ai parfois énormément de mal à trouver parfois des liens entre ces derniers et la spécialité de l’arche. Un peu comme Artemis avec Anima, l’arche qui anime des objets ou peut lire leur histoire.

Pour en revenir à Babel, c’est une arche qui m’a beaucoup plus par bien des aspects. Tout d’abord, elle est tournée vers la connaissance et la sauvegarde du savoir et de la mémoire des arches. C’est une arche qui peut paraître presque paradisiaque, surtout après le Pôle et les événements du deuxième tome. Pourtant, cette façade va vite se craquer pour découvrir un tout autre aspect de l’arche où les règles sont légions et étouffantes. Elle cache de bien sombres secrets et la compétition est également très présente afin de faire partie de l’élite. Cela apporte une touche de danger à l’intrigue. Babel a pour esprit de famille les jumeaux Hélène et Pollux. L’auteur prend quelques libertés avec le mythe, car Hélène, fille de Zeus et Léda, célèbre pour sa beauté, est celle qui déclenche la guerre de Troie. Or, ici, elle est difforme. Elle est aussi différente des autres esprits de famille que j’ai pu croiser jusqu’à maintenant. Elle semble plus rusée et intelligente, moins contrôlée par une entité mystérieuse. J’espère qu’elle aura un rôle à jouer par la suite, car, clairement, elle est l’esprit de famille le plus intéressant que j’ai pu découvrir jusqu’à maintenant.

J’ai eu moins de mal à accrocher avec le personnage de Thorn. En effet, il a certes cette petite aura mystérieuse. Il a aussi montré plus aisément et rapidement ses faiblesses, ses imperfections et ses sentiments envers Ophélie et donc, au lecteur. Il reste un personnage froid et distant la plupart du temps. Mais j’ai plus vu cela comme une volonté d’épargner sa femme et non un quelconque égoïsme. J’ai apprécié de voir que leur relation change et évolue. Après une certaine indifférence dans le premier, un respect qui se développe dans le deuxième, un autre aspect de leur relation apparaît dans La mémoire de Babel. Je suis impatiente de voir cette nouvelle dynamique dans le prochain livre.

L’intrigue est prenante et rythmée. Après avoir mis les pieds sur Babel, Ophélie doit déjà composer avec la disparition de ses affaires et un meurtre. L’histoire démarre peut-être plus rapidement que dans les deux premiers tomes et elle présente moins de longueur et plus de dynamisme, avec de nombreuses révélations et quelques rebondissements, surtout dans les dernières pages. L’enquête autour de Dieu progresse rapidement, des réponses commencent à être apportées. La mémoire de Babel est un vrai pas en avant dans la résolution du mystère et le temps manque… L’effondrement des arches a débuté.

Globalement, ce roman a été un régal à lire. Il y a eu des choses étonnantes qui présagent du bon pour la suite. En revanche, d’autres aspects m’ont un peu chagriné comme le rôle d’Ophélie sur deux points qui m’ont laissé un peu plus sceptiques. Je ne le développerai pas plus au risque de révéler deux aspects cruciaux de l’intrigue. J’espère avoir quelques éclairages dans La tempête des échos, d’où mon impatience aussi d’enfin me plonger dedans. Il y a aussi d’autres zones d’ombres, des questions en suspend et des réponses qui se devinent. Je place beaucoup d’espoir dans le dernier livre.

Je n’ai aucun regret d’avoir donné une deuxième chance à cette série et d’avoir persévéré. J’apprécie de plus en plus les personnages. L’univers est magique. Christelle Dabos a une imagination fertile.

Naomi Novik • The Scholomance, A deadly education (1) (2020)

The Scholomance, A deadly education (1) • Naomi Novik • Del Rey Books • Septembre 2020 • 336 pages

There are no teachers, no holidays, and no friendships, save strategic ones. Survival is more important than any letter grade, for the school won’t allow its students to leave until they graduate… or die! The rules are deceptively simple: Don’t walk the halls alone. And beware of the monsters who lurk everywhere.

El is uniquely prepared for the school’s dangers. She may be without allies, but she possesses a dark power strong enough to level mountains and wipe out millions. It would be easy enough for El to defeat the monsters that prowl the school. The problem? Her powerful dark magic might also kill all the other students. 


Il y a deux ans, j’ai découvert la plume de Naomi Novik avec Déracinée. Elle a beaucoup d’imagination et elle fourmille de très bonnes idées. Cependant, il y a eu quelques mais.Je reviens vers cette autrice avec son nouveau roman. Le résumé m’a tout de suite charmé : une école de magie dangereuse et potentiellement mortelle a de quoi me plaire, ayant grandi avec Harry Potter.

L’idée de départ est géniale et Naomi Novik montre une nouvelle fois une imagination débordante. Tout est pensé dans les moindres détails dans cet univers, avec des monstres tapis dans l’ombre, des sortilèges et des maléfices, différents types de sorcières et sorciers qui se réunissent stratégiquement pour survivre. J’ai vraiment adoré tout cet aspect, mais pas la manière dont il est abordé. L’autrice lâche son lecteur dans ce monde, dans cette école sans préalable ou que les événements soient progressivement présentés. J’ai été totalement perdue dès les premières pages et j’ai vraiment eu beaucoup de difficultés à m’accrocher pour continuer. Je me suis habituée très, très lentement à cet univers, tout en restant en orbite. Et cela a énormément joué sur mon appréciation de lecture.

L’histoire m’a aussi laissé une impression mitigée. Alors certes, il y a très souvent de l’action. Chaque chapitre apporte son lot de rebondissements. Cependant, il y a un côté parfois excessif à ce déferlement de « on se bat contre des supers monstres » ou « je te sauve la vie après que tu aies sauvé la mienne« . J’ai vraiment trouvé ce point lassant à la longue, car il donne un aspect très répétitif à l’intrigue. En effet, la construction semble être la même à chaque chapitre : Orion et Galadriel se disputent, des monstres de plus en plus puissants, comme dans des niveaux à passer, apparaissent et ils se battent entre eux. Elle gagne en réputation et en influence… Ce qui lui sera pleinement utile pour le dernier jour de cours avec ses alliés. Je me suis quand même un brin ennuyée, malgré l’omniprésence de l’action. Il n’y a pas pour autant beaucoup de suspens, même après plus d’une centaine de pages lus…

J’ai aussi eu énormément de mal avec les deux personnages principaux, Galadriel et Orion, qui n’ont pas du tout trouvé grâce à mes yeux. Le jeune homme est l’archétype du chevalier servant qui veut sauver et protéger tout le monde. Il est parfait, en un mot… Galadriel est pédante, présentée comme une des sorcières les plus puissantes avec un destin hors du commun d’après une prophétie… Elle est énervante, toujours à se plaindre… Aucun atome crochu entre nous deux. Au final, il y a un beau duo de personnages qui m’a tapé sur les nerfs dès le début et ce n’est pas allé en s’améliorant, loin s’en faut.

J’étais impatiente de découvrir la nouvelle publication de Naomi Novik et je ressors extrêmement déçue par cette lecture. À part l’idée de départ, le reste ne m’a pas charmé. Le deuxième tome, The Last Graduate, devrait sortir courant 2021, mais ça sera sans moi. Je ne compte pas continuer cette série.

Matt Haig • The Midnight Library (2020)

The Midnight Library • Matt Haig • Viking • 13 août 2020 • 288 pages

Somewhere out beyond the edge of the universe there is a library that contains an infinite number of books, each one the story of another reality. One tells the story of your life as it is, along with another book for the other life you could have lived if you had made a different choice at any point in your life. While we all wonder how our lives might have been, what if you had the chance to go to the library and see for yourself? Would any of these other lives truly be better?

•••

Matt Haig est un auteur que je souhaitais découvrir depuis un moment. The Midnight Library est son dernier roman et il a d’ailleurs reçu le prix Goodreads dans la catégorie Fiction. Pour ma part, il a été un coup de coeur. Je l’ai lu au moment parfait, avec les difficultés du deuxième confinement. C’était véritablement le livre dont j’avais besoin, sortant aussi un peu de ma zone de confort.

Nora a trente-cinq ans et vit avec beaucoup de regrets. Que se serait-il passé si elle avait continué la natation ? Ou la musique ? Si elle s’était mariée avec son fiancée ? Si elle s’était mieux occupée de son chat Voltaire ? Jusqu’au jour où elle décide de se suicider. Elle se retrouve alors dans une bibliothèque particulière, puisqu’elle permet d’explorer différentes versions de sa vie en fonction des choix qui ont été faits ou non. J’ai énormément aimé cette idée de départ, que je trouve universelle. Qui n’a jamais rêvé de voir ce que pouvait être sa vie s’il ou elle avait pris cette voie plutôt qu’une autre ? Au moment où je lisais ce roman, c’était clairement le genre de questions que je me posais et j’aurai adoré avoir une telle bibliothèque à disposition.

J’ai pu en profiter à travers le personnage de Nora, qui est profondément humaine, imparfaite mais terriblement attachante. Je me suis réellement sentie proche d’elle tout au long de ce roman entre sa déception, son parcours une fois dans la bibliothèque et sa prise de conscience que la vie qu’elle a vaut vraiment la peine d’être vécue, qu’elle n’a pas à regretter ses choix. Même si nous n’avons pas du tout les mêmes vies, j’ai quand même pu me projeter et, tout comme elle, me dire que ce sont mes choix et la vie que j’ai décidé de mener. Malgré des thèmes pas toujours évidents, entre la dépression, le suicide, l’omniprésence des regrets, au fur et mesure, l’espoir arrive et le livre devient beaucoup plus positif. Entre temps, je suis passée par toutes les émotions.

La fin ne m’a pas réellement surprise. Le livre ne pouvait que se finir ainsi, dans une suite logique. J’ai cru à une autre fin à un moment donné, mais je suis heureuse que l’auteur n’a pas fait ce choix. Par ailleurs, l’intrigue aurait pu être redondante : choisir un livre, une nouvelle vie qui est une variante de celle que Nora vit, mais en mieux… Cependant, cela n’a pas été le cas et Matt Haig a su me tenir en haleine autour du destin de son personnage principal. Chaque nouvelle vie qu’elle expérimente lui rappelle celle issue de ses choix, et qu’un élément important et positif y manque. Elle en tire des leçons. Un autre point positif que j’aborde rapidement est la description de la dépression qui est juste. L’auteur montre bien le côté insidieux et parfois invisible de cette maladie. Ce dernier en souffre lui-même et je pense que c’est pour ça que Nora sonne aussi juste.

The Midnight Library est mon premier roman de l’auteur, mais peut-être pas le dernier. Ce n’est pas forcément le genre d’ouvrages vers lesquels je me dirige habituellement et, pourtant, j’ai été plus qu’agréablement surprise par ce roman mêlant feel-good et science-fiction. Il a été un coup de coeur, que je recommande. J’ai How to stop time dans ma liste d’envie lecture.

Adrienne Young • Fable, Fable (1) (2020)

Fable, Fable (1) • Adrienne Young • Wednesday Books • Septembre 2020 • 357 pages

For seventeen-year-old Fable, the daughter of the most powerful trader in the Narrows, the sea is the only home she has ever known. It’s been four years since the night she watched her mother drown during an unforgiving storm. The next day her father abandoned her on a legendary island filled with thieves and little food. To survive she must keep to herself, learn to trust no one, and rely on the unique skills her mother taught her. The only thing that keeps her going is the goal of getting off the island, finding her father, and demanding her rightful place beside him and his crew. To do so Fable enlists the help of a young trader named West to get her off the island and across the Narrows to her father.

But her father’s rivalries and the dangers of his trading enterprise have only multiplied since she last saw him, and Fable soon finds that West isn’t who he seems. Together, they will have to survive more than the treacherous storms that haunt the Narrows if they’re going to stay alive.

•••

Après les Vikings avec son premier roman, Sky in the deep, Adrienne Young propose à ses lectures une plongée dans le monde de la piraterie. Je ne me souviens guère du dernier livre que j’ai pu lire autour de ce thème, que j’aime beaucoup pourtant. Fable a été une belle surprise, et est un premier tome prometteur.

Il y a véritablement tous les éléments que j’espérais retrouver dans un tel livre. Cependant, il a largement dépassé mes espérances. Fable est un roman d’aventure autour du commerce, de la piraterie pour le contrôle des mers. L’intrigue a du rythme. Je me souvenais que c’était un des points sur lequel j’avais été déçue pour son premier roman : un rythme très inégal avec un début prometteur, un milieu bien trop lent et ennuyeux pour une fin explosive. Dans celui-ci, il est parfaitement maîtrisé. Chaque chapitre apporte son lot d’actions, de trahisons, de complots, tempêtes… Le tout sous fond de chasse aux trésors. Une fois commencé, il a été impossible de lâcher ce roman. J’ai toujours voulu savoir quelle sera la prochaine étape, la prochaine difficulté que Fable devra relever.

Par ailleurs, j’ai adoré l’univers et ce premier tome en est une parfaite introduction. Il y a déjà quelques villes qui sont bien développées avec leurs particularités propres, leurs règles, leurs guildes. Dans les prochains tomes, j’aimerai bien en voir un peu plus de Bastian, ville spécialisée dans les gemmes et souvent évoquée dans ce livre. Il y a tout un aspect du roman autour des pierres précieuses et du personnage principal qui peut les « sentir » qui apporte une touche de mystère et de fantastique que j’ai beaucoup aimé. En tant que lecture, j’ai senti que cela va mettre en danger Fable et l’équipage, car son don est très recherché. C’est un autre point qui me semble plein de promesses pour la suite. J’ai très envie de voir comment l’auteur développera cet aspect intriguant de l’histoire.

J’ai apprécié les différents personnages. Malgré beaucoup de manichéisme, surtout dans le rapport « méchants/gentils », les principaux protagonistes (Fable et son équipage) sont attachants. Ils ne manquent pas de profondeur, même si l’auteur ne fait qu’effleurer leurs personnalités dans ce premier tome, laissant des possibilités pour la suite. Ils ont chacun un passé qui a commencé à être creusé, mais très rapidement. Fable tombe parfois dans les clichés de l’héroïne bad ass. Elle sait comment survivre, tout en ayant un côté gaffeuse et un don très rare et recherché. Je m’y attendais aussi en commençant le livre. Après, je l’avoue, leurs aventures étaient prenantes à suivre et je me suis facilement et rapidement attachée à eux, oubliant certains aspects plus négatifs. En revanche, j’ai trouvé que le père de Fable était presque le plus subtil des personnages, le plus complexe, dans son caractère, ses prises de décisions…

Adrienne Young propose un premier tome prometteur, plein d’aventures et de rebondissements. Je me plongerai avec délice dans le deuxième tome, Namesake, qui sort en mars. En tout cas, le coup de coeur est là. Il ne me reste plus qu’à découvrir The girl the sea gave back, deuxième tome de l’univers développé dans Sky in the deep pour être à jour dans la bibliographie de l’auteur.