Emily Gray Tredrowe • The talented Miss Farwell (2020)

The talented Miss Farwell • Emily Gray Tedrowe • Custom House • Septembre 2020 • 352 pages

At the end of the 1990s, with the art market finally recovered from its disastrous collapse, Miss Rebecca Farwell has made a killing at Christie’s in New York City, selling a portion of her extraordinary art collection for a rumored 900 percent profit. Dressed in couture YSL, drinking the finest champagne at trendy Balthazar, Reba, as she’s known, is the picture of a wealthy art collector. To some, the elusive Miss Farwell is a shark with outstanding business acumen. To others, she’s a heartless capitalist whose only interest in art is how much she can make.

But a thousand miles from the Big Apple, in the small town of Pierson, Illinois, Miss Farwell is someone else entirely—a quiet single woman known as Becky who still lives in her family’s farmhouse, wears sensible shoes, and works tirelessly as the town’s treasurer and controller. 

No one understands the ins and outs of Pierson’s accounts better than Becky; she’s the last one in the office every night, crunching the numbers. Somehow, her neighbors marvel, she always finds a way to get the struggling town just a little more money. What Pierson doesn’t see—and can never discover—is that much of that money is shifted into a separate account that she controls, “borrowed” funds used to finance her art habit. Though she quietly repays Pierson when she can, the business of art is cutthroat and unpredictable. 

But as Reba Farwell’s deals get bigger and bigger, Becky Farwell’s debt to Pierson spirals out of control. How long can the talented Miss Farwell continue to pull off her double life? 


J’apprécie énormément quand un ouvrage évoque l’histoire ou le marché de l’art. Je suis plutôt demandeuse de ce type d’histoire, regardant avec attention les nouvelles parutions. The talented Miss Farwell avait retenu toute ma curiosité : une collectionneuse, une arnaque… Ça avait de quoi me plaire. Malheureusement, cela n’a pas été le cas.

Le roman commençait bien. Emily Gray Tedrowe nous présente Becca, une jeune fille intelligente qui aurait pu faire de grandes études si elle n’avait pas dû s’occuper de son père malade. Sa vie aurait pu être monotone, mais son chemin a croisé celui d’un tableau. Elle s’est mise en tête qu’elle avait un besoin viscéral de la posséder. J’aurais aimé que ce point soit développé, car cela aurait pu être intéressant, notamment pour moi, historienne de l’art, que de le retrouver dans un roman. Cependant, l’auteur botte bien souvent en touche, donnant aussi au personnage principal un manque de profondeur. Elle est timide et effacée, sauf quand elle se rend dans des galeries ou des foires d’art contemporain. C’est donc un aspect essentiel de sa personnalité, mais c’est trop superficiel pour moi.

Je m’attendais à plus d’actions, mais surtout à plus de suspens en commençant ce livre. Malheureusement, ils ne sont pas au rendez-vous. Que les premières pages peuvent paraître un peu lentes, je veux bien le pardonner. Il faut toujours un peu de temps pour mettre en place les principaux éléments de l’intrigue, présenter la double vie de Becca. Puis l’intrigue démarre réellement. J’ai abandonné ce livre alors que je n’étais pas si loin de la fin. Tout simplement, l’histoire ne semblait pas prendre une direction claire. Sans suspens ou élément de surprise qui viennent donner une impulsion à l’intrigue, un rythme qui s’accélère, The talented Miss Farwell en devient très ennuyeux.

Un autre point sur lequel j’ai envie de réagir est la description du monde de l’art. Le roman met l’accent sur le côté glamour et spectaculaire du marché de l’art avec des sommes folles dépensées dans des oeuvres, des fêtes où le champagne coule à flot, la présence du luxe… Cet aspect amène un fort contraste avec la vie de Becca dans sa petite ville et son double, Rebba, collectionneuse qui se crée progressivement une réputation. Je n’ai pas trop cherché à savoir si c’était réaliste ou non, tout simplement, cela amenait un peu de changement dans l’ennui absolu que sont la vie de Becca et les passages qui lui sont consacrés.

Ennui renforcé par le fait que l’auteur m’a totalement perdu dans ses explications sur la manière dont Becca trouvait l’argent, comment elle en remboursait une partie… Elle va très loin dans ce domaine et avec les petites bases en comptabilité que j’ai, ce n’était pas suffisant pour pouvoir suivre tous les mouvements. Si ce n’était qu’un passage où elle expose toutes les ficelles de la combine une bonne fois pour toutes, ça aurait pu passer. Cependant, ce sont des paragraphes assez récurrents. Cet aspect du roman participe à sa lourdeur et à son côté assommant.

The talented Miss Farwell est un roman qui semblait prometteur aux premiers abords, avec un thème central qui me passionne depuis des années. Malheureusement, j’ai vraiment été déçue, et je m’attendais à une histoire plus rythmée et pleine de suspens et rebondissements. Aucun des personnages ne m’a réellement marqué, durant et après ma lecture. Becca est à l’image du livre, plate et inintéressante. J’ai quelque peu le sentiment d’avoir perdu mon temps avec ce livre.

Bilan 2020

C’est avec aucun regret que je laisse 2020 se terminer. Comme pour beaucoup, cette année a été éprouvante à tout point de vue avec son lot de mauvaises nouvelles et de coups durs professionnels (je travaille dans la culture). Durant cette année, je me suis énormément réfugiée dans la lecture, à la fois pour faire passer le temps et supporter ces confinements qui m’ont pesé, je l’avoue. J’ai aussi repris en main de blog, abandonné pendant une bonne partie de 2019.

En janvier 2020, j’avais émis le souhait totalement fou et irréaliste de lire au moins 200 livres, soit le double de ce que je lis habituellement. Le pari n’a pas été si fou puisque j’ai lu très exactement 223 livres durant l’année, soit 72.205 pages. Merci les confinements !

2020 a été une année placée sous le signe des essais en histoire et en histoire de l’art. Ils représentent 28% de mes lectures. J’ai aussi redécouvert les classiques de la littérature française des XVIIIe et XIXe siècles avec Émile Zola, Voltaire et Rousseau et tête. Les classiques représentent 13,6% de ce que j’ai lu, soit 34 livres, dont une dizaine de classiques russes, allemands (dont le premier tome Guerre & Paix). Découverte de la littérature classique allemande avec un coup de coeur pour Les souffrances du jeune Werther.

Mon trois meilleures lectures de 2020

The Hollow Places de T. Kingfisher est un des meilleurs romans d’horreur que j’ai pu lire depuis bien longtemps. Je suis un petit en retard dans la publication de mes avis littéraires et celui-ci devrait arriver très prochainement. Je n’en dis donc pas plus. Mais c’est un de mes gros coups de coeur de l’année.

All the bad apples de Moïra Rowley-Doyle est un des livres qui m’a le plus marqué cette année : l’Irlande, la place de la femme, le réalisme magique qui se dégage de ce roman, une histoire de famille… J’ai adoré et je le relirai avec plaisir. Pour lire mon avis sur ce dernier, c’est par ici. [lien]

Enfin, The Year of the Witching d’Alexis Henderson… Un autre livre d’horreur, mais totalement différent du Kingfisher avec une société puritaine, des sorcières, des bains de sang… Gros coup de coeur pour ce premier roman d’horreur par une auteur à suivre. J’avais publié une chronique. [lien]

Mes trois plus grosses déceptions de 2020

Eoin Colfer signait son grand retour avec un roman pour les jeunes adultes, Highfire. J’ai adoré plus jeune les Artemis Fowl qui est une série avec laquelle j’ai grandi. Je n’ai pas du tout aimé ce nouveau livre. Pour savoir pourquoi je n’ai pas aimé cet ouvrage, voici mon billet. [lien]

Alors que je préparais cet article, je savais que Three Hours in Paris de Cara Black finirait dans mes déceptions de l’année. Je l’avais pourtant mis dans les sorties VO qui me tentaient, mais encore aujourd’hui, je ne sais pas si je dois rire ou pleurer devant ce livre… En tout cas, j’y ai lu la phrase la plus improbable de l’année. Ma chronique est à lire sur le blog. [lien]

Dernier livre dans mes déceptions, Cursed de Frank Miller et Thomas Wheeler. La série m’avait quelque peu laissé sur ma faim. J’avais envie d’avoir plus de développements et je me suis tournée vers le livre qui reste fidèle à la série… Et je n’y ai donc pas trouvé ce que j’espérais. J’avais publié un article sur le sujet. [lien]

J’en ai fini de mes coups de coeur et déceptions de l’année et j’avais envie de faire un tour d’horizons de mes résolutions prises début 2020 et si elles ont été tenues.

En premier lieu, je souhaitais lire une dizaine de pièces de théâtre. Même si j’en ai lu quelques unes, elles se comptent sur les doigts d’une seule main… Et encore. J’ai redécouvert quelques classiques comme Le mariage de Figaro de Beaumarchais ou Cyrano de Bergerac d’Edmond de Rostand. En revanche, j’ai réussi à lire les dix recueils de poésie avec autant des classiques que de la poésie contemporaines. J’ai relu Les Contemplations de Victor Hugo, Les fleurs du mal de Charles Baudelaire. J’ai dévoré le dernier recueil de Rupi Kaur, Home Body.

Je voulais également terminer quatre séries en cours. J’en ai fini trois, donc je suis plutôt contente.

J’espérai avoir une pile à lire à zéro à la fin du mois de décembre. Je termine l’année avec 21 livres qui attendent d’être lus. J’ai pas mal craqué la dernière semaine et j’ai fait quelques achats.

Le plus gros objectif de lecture que je m’étais fixée pour 2020 était de commencer et finir les Rougon-Macquart d’Émile Zola. J’en ai lu que cinq cette année, de La fortune des Rougon à La faute de l’abbé Mouret. La suite sera pour 2021, ayant déjà commandé le prochain, Son Excellence Eugène Rougon.

Une autre résolution, la dernière, était de lire une cinquantaine de romans ou essais en anglais. Record battu ! J’ai lu 86 romans en anglais. Je ne suis pas encore à 50/50, mais c’est tout de même un beau score. Je ne m’y attendais pas.

2020 n’a pas été une année aussi riche culturellement que je l’espérais, mais j’ai pu commencer l’année en allant aux ballets russes voir Casse-Noisette, qui est un de mes préférés (je vénère Tchaikovsky). Un merveilleux moment partagé avec l’une de mes petites soeurs. J’ai aussi visité quelques coins de la France que je ne connaissais pas, et notamment la Haute-Savoie. J’ai pu visiter le château de Montrottier, les Jardins Secrets de Vaulx, un endroit totalement hors du temps, le musée de la Résistance haut-savoyarde à Morette ainsi que la ville d’Annecy. En août, j’ai pris la direction d’Albi pour découvrir cette magnifique cité médiéval ainsi que les petites villes d’Ambialet et de Cordes-sur-Ciel. [article sur ces quelques jours dans le Tarn]

J’ai pu visiter le musée Toulouse-Lautrec ainsi que la rétrospective Christo et Jeanne-Claude au musée Würth d’Erstein. [compte-rendu de l’exposition]

Anne de Rochas • La femme qui reste (2020)

La femme qui reste • Anne de Rochas • Août 2020 • Les Escales • 400 pages

« Que cherchez-vous, mademoiselle ? » À la question posée par Walter Gropius, Clara répond : « Une vie. »

Dans l’Allemagne exsangue et tumultueuse des années 1920, le Bauhaus est plus qu’une école d’art. C’est une promesse. Une communauté dont le but est de mettre en forme l’idée de l’Homme nouveau. En 1926, l’école s’installe à Dessau. Dans le grand bâtiment de verre et d’acier, Clara, Holger et Théo se rencontrent, créant une sorte de Jules et Jim. À Berlin, toute proche, le temps s’assombrit. Les convictions artistiques ou politiques ne sont pas les seuls facteurs qui décident du cours d’une vie. Ce sont aussi, entre rêves d’Amérique et désirs de Russie, d’autres raisons et déraisons. Lorsque l’école sera prise dans les vents contraires de l’Histoire, les étudiants feront leurs propres choix. À qui, à quoi rester fidèle, lorsqu’il faut continuer ?

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Il est rare que je m’intéresse outre mesure à la rentrée littéraire. Je dois noter un ou deux titres chaque année sur la pléthore de livres qui sort à ce moment-là. Cette année, j’en ai noté deux, des romans historiques : La race des orphelins d’Oscar Lalo, que je n’ai pas encore lu, et La femme qui reste d’Anne de Rochas qui retrace l’histoire du Bauhaus. Il ne m’en fallait pas plus, je l’avoue. Malheureusement, je suis passée totalement à côté de ce livre.

Depuis de très longues années, je me passionne pour la période de l’entre-deux-guerres en Allemagne et surtout à Berlin, à la fois d’un point de vue historique, sociétale et, bien entendu, artistique. Les années 20 et 30 sont celles d’Otto Dix, Félix Nussbaum, Georg Grosz, par exemple, mais également du Bauhaus. Ce n’est pas uniquement un courant architectural, car il y avait aussi de la création textile, du design, de la scénographie pour le théâtre… C’est un des points forts du titre, à mon avis, que de remettre le mouvement dans son contexte historique, de rappeler son histoire mouvementée. Quand le roman démarre, Walter Gropius n’est plus à Weimar, la ville ne voulant plus vraiment de son école. Il a fait un court arrêt à Halle, d’où l’héroïne est originaire, pour poursuivre finalement l’aventure à Dessau.

Par ailleurs, je trouve que la position de la société pour la création contemporaine est bien montrée : entre curiosité, approbation et rejet, rejet qui va se faire de plus en plus entendre au fur et à mesure des années, avant d’être considérée comme dégénérée. Le Bauhaus en fera les frais avec le nazisme, puisqu’un certain nombre d’artistes, architectes et autres du mouvement s’exileront à New York. Adorant le Bauhaus, je me suis régalée.

Encore plus quand La femme qui reste me permet de côtoyer des artistes et architectes qui comptent parmi mes préférés comme Wassily Kandinsky, par exemple, ou Walter Gropius. Anne de Rochas s’est parfaitement documentée pour son livre et l’historienne de l’art que je suis à adorer voir la pensée du Bauhaus, sa manière un peu particulière d’enseigner, reprendre vie. C’est vraiment intéressant et passionnant. Toutefois, j’ai trouvé que l’auteur en faisait parfois trop et que cela amenait énormément de longueurs, mais aussi de lourdeurs au roman, au détriment de l’action et de l’évolution des personnages. En effet, elle part dans des envolées lyriques autour du Bauhaus, du processus artistique qui trop souvent n’apportent strictement rien à l’intrigue, ou à la compréhension de ce mouvement. D’autant plus, qu’ils sont également extrêmement redondants.

Un autre point positif est la description de la société allemande de l’entre-deux-guerres. La pauvreté est évoquée, tout comme les conséquences de la crise financière, contrebalancées par les grandes fortunes, souvent mécènes de l’art contemporain. Progressivement, par petites touches, la montée du nazisme et le changement d’attitudes sur l’art prennent le pas sur les Années Folles et celles de gloire du Bauhaus en Allemagne. J’ai vraiment eu l’impression d’y être, de flâner dans les rues de Dessau avec Clara et ses amis, de partager leurs difficultés au quotidien. Cependant, un autre point vient obscurcir le tableau : la temporalité du roman. En effet, Anne de Rochas change parfois d’époque et avance dans le temps. C’est quelque chose avec lequel j’ai souvent du mal, car cela casse le rythme. C’est le cas ici. J’aurais préféré que l’intrigue soit chronologiquement linéaires, sans bonds dans le temps, pour plusieurs raisons.

Premièrement, certains « sauts » dans le temps apportent de la confusion. Deuxièmement, j’aimais beaucoup plus les parties de la jeunesse et formation de Clara et je me demandais quelle allait être son évolution. Or, ces bonds de quelques années après gâchent une bonne partie de l’intrigue, en anticipant trop sur certains points alors que cela aurait pu créer un peu de suspense et d’attente. Le trio de personnages m’a tout de suite plu et, en tant que lectrice, j’ai senti rapidement qu’un drame allait arriver, qu’une cassure allait se produire. C’était inévitable. Malheureusement, le changement de temporalité cassait un peu la construction progressive du drame. C’est vraiment un aspect que j’ai trouvé dommage.

Ce point et les trop nombreuses longueurs et lourdeurs ont eu raison de moi. Pourtant La femme qui reste aurait pu être un coup de coeur absolu, le roman que je n’attendais plus sur le Bauhaus. J’ai abandonné bien avant la fin. La lecture s’est révélée de plus en plus houleuse au fur et à mesure. Grosse déception pour ce roman sur lequel j’avais placé énormément d’espoir.

La Culture avec un grand A et du latte #3

Mon mois d’avril fut pris par mon stage, qui fut intense, mais qui m’a permis d’apprendre de nouvelles compétences professionnelles, comme la rédaction de communiqués de presse. J’ai pu vraiment m’investir dans la vie de la Fondation, faire des propositions. J’ai adoré chaque minute passé là-bas. Du coup, j’en ai un peu oublié certaines choses.

Honte à moi ! En tant qu’étudiante dans le domaine de la culture, je n’ai visité aucun musée ni exposition durant le mois. Je compte bien me rattraper durant le mois de mai. Je compte aller voir la nouvelle exposition du Centre Pompidou de Metz, Couples modernes. J’aimerais aussi voir un peu plus d’oeuvres de l’incroyable exposition se déroulant dans la ville de Strasbourg, Industrie magnifique. Je suis déjà allée voir le mammouth se situant à côté de la cathédrale. Le 19 mai, c’est également la Nuit européenne des musées. Je n’ai pas encore arrêté de programme, mais j’y réfléchis.

Du point de vue des lectures, j’ai enchaîné avec des livres moyens ou des grosses déceptions. Je n’ai eu littéralement aucun coup de coeur ce mois-ci où j’ai presque joué de malchance ! Parmi les romans que je qualifierai de sympathique, mais sans plus, j’ai pu lire le premier tome de la trilogie Wicked de Jennifer L. Armentrout, auteur que je découvrais par la même occasion. Je retiens l’univers qui se développe autour des faës et de la Nouvelle-Orléans. Malheureusement, j’ai trouvé que la romance prenait parfois toute la place, au détriment de l’intrigue. De plus, la fin fut sans surprise également. C’est le reproche que je fais également à Poppy de Mary Hooper. Je pense en reparler plus longuement sur le blog en novembre, car je développe un petit projet dans lequel ce roman s’intègre parfaitement. Toutefois, si je devais retenir un seul ouvrage, ce serait Le musée disparu d’Hector Feliciano. C’est une enquête menée par un journaliste sur les oeuvres disparues durant la Seconde Guerre mondiale, très bien écrit et accessible.

En revanche, grosse déception pour le premier tome de L’amie prodigieuse d’Elena Ferrante. J’en avais entendu tellement de bien sur la blogosphère et il était absolument partout. J’ai fini par craquer, après avoir longuement hésité. Le prologue m’avait quelque peu charmé, mais, très vite, je me suis ennuyée. J’ai trouvé le style de l’auteur mécanique et froid, voire impersonnel, des faits sans sentiments. Je ne me suis jamais attachée aux deux amies et j’ai fini par abandonner. Autre grosse déception pour The Muse de Jessie Burton. Il fera l’objet d’un prochain article, aussi, je ne vais pas m’étendre dessus.

Pour finir sur le récapitulatif de mes lectures du mois, je signale également Release de Patrick Ness (un article viendra dans quelques jours), Mrs Dalloway de Virginia Woolf que j’ai abandonné. Je n’ai jamais réussi à dépasser les cinq premières pages et j’ai essayé plusieurs fois, sans grand succès. Cela faisait presque un an que j’avais commencé The travels de Marco Polo. Même avec toute la bonne volonté du monde, je n’ai jamais réussi à dépasser les vingt pages lus…

En revanche, j’ai eu plus de chance avec les films et les séries que j’ai pu voir. Clairement, le mois d’avril fut placé sous le signe des zombies avec la sortie de la deuxième saison de Santa Clarita Diet, que j’ai dévoré en quelque jour. Encore un coup de coeur pour cette série qui change un peu de ce qui se fait autour des morts-vivants. C’est drôle, complètement loufoque et déjanté. Je ris franchement à chaque épisode. J’ai aussi regardé deux saisons de Z Nation, qui restera un de mes plaisirs coupables. Du côté des films, j’avoue ma passion pour les comédies horrifiques autour des zombies. Plus c’est nul, plus j’aime… Manuel de survie à l’apocalypse zombie était plutôt sympathique, avec des scènes bien comiques, frôlant parfois le grand n’importe quoi. J’ai également revu World War Z. Il se laisse voir.

Cependant, mon coup de coeur absolu du mois est dans un tout autre registre. J’ai plus qu’adoré… Roulements de tambour… Pierre Lapin. Oui, oui, Pierre Lapin. Je ne savais pas à quoi m’attendre en le voyant. Certainement pas à adorer chaque minute de ce dernier, à rire tout du long. Un article est déjà préparé pour vous expliquer le pourquoi du comment. J’ai commencé le mois avec un autre film sur les animaux, qui reste un classique du genre, sans vraiment de surprise. La fin est connue avant même d’avoir débuté le film. Benji reste toutefois un film adorable à voir, mais qui ne me laissera pas de souvenirs impérissable. Je dirai la même chose du troisième Pitch Perfect. Je ne regrette pas de ne pas l’avoir vu au cinéma. Il est mieux que le deuxième, mais moins bien que le premier.

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La Culture avec un grand A et du latte #2

Ce mois de Mars est passé à une vitesse folle et je ne regrette pas qu’il se termine enfin. Il ne fut pas de tout repos entre l’avancement de mon mémoire et le rendu du projet pour les Journées des Arts et de la Culture dans l’Enseignement supérieur. Nous avons travaillé sur une salle des portraits en choisissant d’inverser les rôles : le visiteur n’est pas celui qui observe les tableaux, mais ces derniers viennent l’épier, en réactualisant les références. La vidéo est juste une merveille.

Du coup, cela a quelque peu influencé les films que j’ai vu en mars afin de chercher les meilleures séquences à ajouter à la vidéo. Le premier film fut l’adaptation de 1984 de George Orwell par Michael Radford… Qu’en dire ? J’ai eu énormément de mal à accrocher et je me suis quelques fois endormie. J’ai tout de fois commandé le livre pour découvrir ce classique que je n’ai pas encore lu. J’ai aussi revu Da Vinci Code (2006). Dans mes souvenirs, il y avait des scènes intéressantes sur l’impression d’être épié par les oeuvres du Louvre. C’est aussi un de mes petits plaisirs coupables. J’ai enchaîné sur un classique du cinéma français que je n’avais jamais vu jusqu’à maintenant, Harry, un ami qui vous veut du bien (2000). Il a plutôt mal vieilli, à mon avis, et je n’en garderai pas un souvenir impérissable.

Du coup, j’en ai un peu oublié ma résolution de tenter l’aventure des westerns. Objectif du mois d’avril… Essayer de voir un classique du genre et un qui soit plus récent. En attendant, j’ai aussi vu Justice League (2017) qui m’a laissé un sentiment quelque peu mitigé. Une très bonne surprise pour la musique, notamment Sigrid et son Everybody knows qui est une merveille. Comparés à Marvel, les DC Comics ont une bien meilleure soundtrack. Cependant, j’ai comme l’impression qu’ils ont du mal à trouver leur ton entre un humour proche de celui de Marvel et un autre plus sombre. Ils oscillent entre les deux. Je retiendrai également le placement de produits qui était un peu trop flagrant. Coucou Mercedes Benz !

J’ai aussi vu The Circle (2017) avec Tom Hanks et Emma Watson. L’idée de départ me semblait prometteuse en proposant une critique des réseaux sociaux et la volonté de toujours plus de transparence. Il est l’adaptation d’un thriller. Le film démontre bien les effets un peu pervers des réseaux sociaux. Cependant, la fin m’a quelque peu déçue. Ce n’était pas ce à quoi je m’attendais et, au final, j’ai pensé qu’elle avait moins d’impact sur le spectateur.

Un peu moins déçue par Zombillenium (2017) qui fut mon premier coup de coeur du mois. Je n’ai rien à redire sur l’histoire et les graphismes qui reprennent les codes de la bande dessinée. Frida (2002) fut aussi une belle découverte. J’admire beaucoup l’oeuvre de Kahlo et le film intègre tellement bien les oeuvres à la proposition esthétique du film, tout en montrant les liens entre son art et les événements de sa vie. L’interprétation de Salma Hayek est absolument irréprochable. Le dernier film vu était Ferdinand (2017) qui dénonce le monde de la corrida et la mise à mort des taureaux, sans tomber dans les clichés.

Du point de vue des séries, j’ai définitivement terminée Agent Carter et ce fut une très bonne deuxième saison. Je ne comprends toujours pas pourquoi elle a été arrêtée, mais Peggy et Jarvis vont me manquer. J’ai également succombé au phénomène Black Mirror en regardant les trois épisodes de la première saison. J’ai été totalement convaincue.

Du point de vue de mes lectures, j’ai continué ma découverte des auteurs français contemporains avec le deuxième tome de La Mort de Staline de Fabien Nury et Thierry Robin que j’ai adoré, mon premier Max Gallo avec La chute de l’Empire romainToday we live d’Emmanuelle Pirotte, Palmyre de Paul Veyne. Pas vraiment de coup de coeur, mais pas de grosses déceptions non plus. La seule va aux Animaux fantastique de J.K. Rowling.

Mon coup de coeur littéraire va pour Lumikko de Pasi Ilmari Jääskeläinen. Je compte en parler plus longuement sur le blog. Globalement, c’est une bonne surprise. Ce n’était ce à quoi je m’attendais, mais c’était encore mieux. À côté de cela, j’ai lu un comics, Joker de Brian Azzarello et Lee Barmejo, Les enquêtes de Middleton & Grice, Petits meurtres à Mangle Street de M.R.C. Kasasian qui est sympathique mais qui ne révolutionne pas le genre des policiers historiques. Je désirai lire depuis un petit moment Mythologie nordique de Neil Gaiman. Il se laisse lire, mais il ne m’a pas fait une forte impression. Je cite également rapidement le dernier Dan Brown, Origine, dont l’article sera bientôt en ligne. Il y a aussi eu deux lectures en anglais : Velvet undercover de Teri Brown (je vous en reparlerai en novembre, car il fait partie d’un projet) et One dark throne de Kendare Blake qui fut un brin en-dessous du premier.

J’ai aussi profité de ma dernière journée sur Metz pour voir la nouvelle exposition du Centre Pompidou, L’aventure de la couleur. Une petite exposition que j’ai grandement appréciée et qui m’a permis de voir des Matisse, quelques monochromes d’Yves Klein dont l’International Klein Blue est une pure merveille que je peux admirer pendant des heures.

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Le jour où j’ai croisé la route de l’oeuvre d’art qui m’a laissé sans voix

Le monde de la culture m’a toujours passionné et j’ai quitté le confort d’une filière qui pouvait m’offrir plus de débouchés pour aller étudier l’Histoire de l’art et la culture. Depuis des années, je lis énormément et je partage autour de cette passion sur différents blogs. J’ai commencé à aussi élargir mes horizons en publiant autour de la musique en parlant d’artistes, d’albums, mais également de cinéma et de séries. Pourtant, je n’ai jamais osé parler d’art, de musées et d’expositions, alors qu’il s’agit également d’une grande partie des mes centres d’intérêt et mes études. Or, j’ai envie d’explorer cette partie également.

J’avais donc envie de vous parler du jour où j’ai rencontré une oeuvre d’art qui m’a totalement laissé bouche bée, qui m’a profondément marqué. Pourtant, des peintures, des sculptures ou des installations, j’en ai vu un certain nombre. J’ai pu avoir pour moi toute seule pendant de longues minutes Les époux Arnolfini de Jan van Eyck au British Museum. C’est un de mes tableaux préférés. J’admire énormément les prouesses techniques du peintre : le détail du miroir, les textiles et les bijoux, la manière dont les surfaces se reflètent… Le voir m’a procuré énormément de plaisir, celui de ne plus seulement l’apprécier à travers des photographies. Cependant, je ne pourrais pas dire que j’ai été profondément chamboulée par ce portrait.

Pourquoi ? J’étais tout de même ravie de pouvoir le voir, enfin. Je n’ai, cependant, pas été laissé sans voix. Je me rend compte que l’oeuvre d’art qui m’a abasourdi a eu cet effet sur moi dans la mesure où l’effet de surprise a beaucoup joué. C’est une rencontre imprévue qui renforce peut-être le côté bouleversant. Il peut être esthétique, par le message qu’il véhicule… Les raisons sont vraiment personnelles.

Le Centre Pompidou de Metz propose une saison japonaise qui met en avant la création contemporaine du pays. Ce fut un cycle intéressant qui a proposé une introduction à l’architecture de l’après Seconde Guerre mondiale, une rétrospective absolument incroyable sur le collectif Dumb Types qui m’a fasciné, des artistes contemporains comme la créatrice de mode Comme des garçons, des artistes vidéastes… Ils ont proposé des choses vraiment très différentes. Cependant, l’objet de ce billet n’est pas de parler de cette exposition, mais de cette oeuvre d’art qui, pour le moment, m’a le plus marqué dans ma vie.

Un peu cachée dans l’exposition, il y avait une installation de l’artiste japonaise Yayoi Kusama, connue pour ses Infinity Mirror Room. Elle a fait plusieurs variations de cette idée. Celle qui a été prêtée par la ville de Nancy s’intitule Fireflies on the water. L’oeuvre joue avec les miroirs et l’eau pour créer une impression d’infini. Se rajoutent différentes petites lumières, avec des couleurs très chaleureuses. De la voir pour la première fois m’a coupé le souffle. Cette rencontre inattendue m’a énormément marqué dès les premières secondes où j’ai mis les pieds dans cette pièce.

Cette impression d’infini et toutes ces petites lumières m’ont donné l’impression d’évoluer au milieu des étoiles. Loin de m’effrayer, c’était un émerveillement enfantin. Je retrouvais mon âme d’enfant et plus rien d’autre que ce sentiment d’être au milieu de l’univers. Je me sentais apaisée. Les Infinty Mirror room peuvent être des endroits où nous réfléchissons à notre place dans l’univers, ce qui est aussi la volonté de l’artiste. Pour ma part, je me suis sentie à ma place.

J’entendais souvent des personnes qui racontait leurs expériences, leur rencontre avec une oeuvre qui les a profondément touché. Or, je ne les comprenais pas réellement, car je n’avais jamais rien vécu de tel. Pourtant, j’avais pu en voir des oeuvres et de différentes sortes. Je les regardais sûrement avec le regard d’une étudiante en histoire de l’art. Je regardais l’iconographie, les symboles et les messages de l’artiste, sa technique. Cependant, je laissais de côté les sentiments et c’est peut-être ce qui m’empêchait aussi d’apprécier une oeuvre dans son entièreté. Ne connaissant rien à l’art contemporain japonais, j’étais plus dans un esprit de surprise. Yayoi Kusama signe ici une de plus belles oeuvres d’art que j’ai pu voir.

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