Top 5 Wednesday • Underrated authors

Le thème de cette semaine met en avant les auteurs que l’on pense « sous-côté » ou qui méritent plus d’attention. Pour créer ce top 5, qui ne comprend en réalité que quatre auteurs, je me base surtout sur les blogs que j’ai l’habitude de lire.

Christina Henry

Elle revient systématiquement sur mon blog, car je lis toujours ses nouvelles publications dès leurs sorties. Ce sont souvent des réécritures de contes ou autour d’un mythe comme Alice au Pays des Merveilles, le Yéti ou Peter Pan. Ses univers sont malsains, sombres et torturés. Ils peuvent mettre mal à l’aise, mais j’adore ça. Je n’ai pour l’instant jamais été déçue par ses romans et je les recommande chaudement. J’avais d’ailleurs écrit un article à son sujet. [lien]

Philip Kerr

Il est peut-être un peu plus connu que Christina Henry. C’est aussi un des auteurs les plus représentés dans mes bibliothèques. Sa série Bernie Gunther m’a tenu en haleine pendant de longues années. Je me suis énormément attachée à ce personnage et son humour noir, cynique. Le contexte historique est parfaitement documenté. J’en avais aussi parlé sur le blog il y a quelques années. [lien]

Émile Zola

Je redécouvre cet auteur depuis quelques mois. Alors qu’il était ma bête noire de mes années lycée, je l’apprécie de plus en plus. J’avance doucement mais sûrement dans les Rougon-Macquart, mais, pour le moment, rares sont les tomes que je n’ai pas apprécié.

Ben Aaronovitch

Il signe aussi une des séries que j’adore, les Peter Grant. Elle mêle magie, humour anglais et références à la pop culture britannique à coup de Sherlock Holmes, Doctor Who ou Harry Potter. Je me régale à chaque tome, et il m’en reste que quelques uns avant de l’avoir définitivement terminée… Pour mon plus grand regret, car c’est le type de livres que j’adore lire un cas de coup de mou.

Top 5 Wednesday • Long series

Le thème du jour propose de parler de nos séries littéraires préférées. Elles doivent contenir plus de trois tomes, pour être considérée comme une série longue.

Peter Grant – Ben Aaronovitch

Probationary Constable Peter Grant dreams of being a detective in London’s Metropolitan Police. Too bad his superior plans to assign him to the Case Progression Unit, where the biggest threat he’ll face is a paper cut. But Peter’s prospects change in the aftermath of a puzzling murder, when he gains exclusive information from an eyewitness who happens to be a ghost. Peter’s ability to speak with the lingering dead brings him to the attention of Detective Chief Inspector Thomas Nightingale, who investigates crimes involving magic and other manifestations of the uncanny. Now, as a wave of brutal and bizarre murders engulfs the city, Peter is plunged into a world where gods and goddesses mingle with mortals and a long-dead evil is making a comeback on a rising tide of magic.

C’est une série que j’aime énormément et qui comprend une dizaine de tomes. J’en ai déjà lu six et je suis en train de la terminer, doucement mais sûrement. J’adore cette histoire qui devient de plus en plus sombre au fur et à mesure et qui contient de nombreuses références à la pop culture anglaise et des touches d’humour anglais divines.

Les Rougon-Macquart – Émile Zola

Dans la petite ville provençale de Plassans, au lendemain du coup d’État d’où va naître le Second Empire, deux adolescents, Miette et Silvère, se mêlent aux insurgés. Leur histoire d’amour comme le soulèvement des républicains traversent le roman, mais au-delà d’eux, c’est aussi la naissance d’une famille qui se trouve évoquée : les Rougon en même temps que les Macquart dont la double lignée, légitime et bâtarde, descend de la grand-mère de Silvère, Tante Dide. Et entre Pierre Rougon et son demi-frère Antoine Macquart, la lutte rapidement va s’ouvrir. Premier roman de la longue série des Rougon-Macquart, La Fortune des Rougon que Zola fait paraître en 1871 est bien le roman des origines. Au moment où s’installe le régime impérial que l’écrivain pourfend, c’est ici que commence la patiente conquête du pouvoir et de l’argent, une lente ascension familiale qui doit faire oublier les commencements sordides, dans la misère et dans le crime.

En une vingtaine de tomes, Émile Zola évoque une famille et ses descendants dans la France du Second Empire. J’en suis quasiment à la moitié et, de manière générale, j’ai aimé chacun des tomes pour des raisons différentes.

Soleil Noir – Éric Giacometti et Jacques Ravenne

Dans une Europe au bord de l’abîme, une organisation nazie, l’Ahnenerbe, pille des lieux sacrés à travers le monde. Ils cherchent à amasser des trésors aux pouvoirs obscurs destinés à établir le règne millénaire du Troisième Reich. Son maître, Himmler, envoie des SS fouiller un sanctuaire tibétain dans une vallée oubliée de l’Himalaya. Il se rend lui-même en Espagne, dans un monastère, pour chercher un tableau énigmatique. De quelle puissance ancienne les nazis croient-ils détenir la clé ? À Londres, Churchill découvre que la guerre contre l’Allemagne sera aussi la guerre spirituelle de la lumière contre l’occulte. Ce livre est le premier tome d’une saga où l’histoire occulte fait se rencontrer les acteurs majeurs de la Seconde Guerre mondiale et des personnages aux destins d’exception : Tristan, le trafiquant d’art au passé trouble, Erika, une archéologue allemande, Laure, l’héritière des Cathares…

Le quatrième tome vient de sortir et j’ai déjà lu les trois premiers. C’est une série prenante autour de reliques, d’archéologie, d’aventures…

Erica Falck – Camilla Läckberg

Erica Falck, trente-cinq ans, auteur de biographies installée dans une petite ville paisible de la côte ouest suédoise, découvre le cadavre aux poignets tailladés d’une amie d’enfance, Alexandra Wijkner, nue dans une baignoire d’eau gelée. Impliquée malgré elle dans l’enquête (à moins qu’une certaine tendance naturelle à fouiller la vie des autres ne soit ici à l’œuvre), Erica se convainc très vite qu’il ne s’agit pas d’un suicide. Sur ce point – et sur beaucoup d’autres -, l’inspecteur Patrik Hedström, amoureux transi, la rejoint.

À la conquête de la vérité, stimulée par un amour naissant, Erica, enquêtrice au foyer façon Desperate Housewives, plonge clans les strates d’une petite société provinciale qu’elle croyait bien connaître et découvre ses secrets, d’autant plus sombres que sera bientôt trouvé le corps d’un peintre clochard – autre mise en scène de suicide.

J’ai le troisième et quatrième tomes dans ma pile à lire et il m’en reste encore une dizaine avant de terminer la série. J’ai beaucoup aimé les deux premiers et j’ai véritablement envie de la continuer.

Bernie Gunther – Philip Kerr

Publiés pour la première fois dans les années 1989-1991, L’été de cristal, La pâle figure et Un requiem allemand évoquent l’ambiance du Ille Reich en 1936 et 1938, et ses décombres en 1947 Ils ont pour héros Bernie Gunther, ex-commissaire de la police berlinoise devenu détective privé. Désabusé et courageux, perspicace et insolent, Bernie est à l’Allemagne nazie ce que Phil Marlowe était à la Californie de la fin des années 30 : un homme solitaire témoin de la cupidité et de la cruauté humaines, qui nous tend le miroir d’un lieu et d’une époque. Des rues de Berlin  » nettoyées  » pour offrir une image idyllique aux visiteurs des Jeux olympiques, à celles de Vienne la corrompue, théâtre après la guerre d’un ballet de tractations pour le moins démoralisant, Bernie va enquêter au milieu d’actrices et de prostituées, de psychiatres et de banquiers, de producteurs de cinéma et de publicitaires. Mais là où la Trilogie se démarque d’un film noir hollywoodien, c’est que les rôles principaux y sont tenus par des vedettes en chair et en os : Heydrich, Himmler et Goering…

Une de mes séries préférées. Plus d’une dizaine de tomes, un personnage attachant et une série allant des années 20 jusqu’aux années 60. Chaque livre est très largement documenté. Il me manque le dernier tome à découvrir.

Top 5 Wednesday • Recent purchases

Thème : Recent purchases

Voilà un autre thème qui m’inspire pour ce mois-ci. La question posée est quels sont les cinq livres que j’ai récemment acheté et que je suis excitée à l’idée de lire ou que j’ai aimé. Ça tombe bien, car j’ai refait mon stock le mois dernier en allant dans mes librairies strasbourgeoises préférées et en passant dans plusieurs Emmaüs. Certains ont déjà été lus, mais j’ai surtout envie de parler de ceux qui ne le sont pas encore, mais qui me tentent énormément.

La famille Karnovski – Israel Joshua Singer

La famille Karnovski retrace le destin de trois générations d’une famille juive qui décide de quitter la Pologne pour s’installer en Allemagne à l’aube de la Seconde Guerre mondiale. Comment Jegor, fils d’un père juif et d’une mère aryenne, trouvera-t-il sa place dans un monde où la montée du nazisme est imminente?

Publié en 1943 alors que les nazis massacrent les communautés juives en Europe, le roman d’Israël Joshua Singer est hanté par ces tragiques circonstances et par la volonté de démêler le destin complexe de son peuple.

En 2021, j’avais très envie de découvrir la littérature israélienne que je ne connais absolument pas. J’ouvre le bal avec cette saga familiale, adorant ce genre de récits en temps normal. Il me tarde de le lire et il ne restera pas très longtemps dans ma PAL.

Sistersong – Lucy Holland

535 AD. In the ancient kingdom of Dumnonia, King Cador’s children inherit a fragmented land abandoned by the Romans.

Riva, scarred in a terrible fire, fears she will never heal.
Keyne battles to be seen as the king’s son, when born a daughter.
And Sinne, the spoiled youngest girl, yearns for romance.

All three fear a life of confinement within the walls of the hold – a last bastion of strength against the invading Saxons. But change comes on the day ash falls from the sky, bringing Myrddhin, meddler and magician, and Tristan, a warrior whose secrets will tear the siblings apart. Riva, Keyne and Sinne must take fate into their own hands, or risk being tangled in a story they could never have imagined; one of treachery, love and ultimately, murder. It’s a story that will shape the destiny of Britain.

Je l’avais déjà remarqué et il était présent dans un de mes articles sur les sorties VO. Cette histoire m’intrigue énormément et je suis totalement fan de cette couverture, de cette Bretagne magique et mythique. Je triche un peu, mais je suis déjà plongée dedans et j’en ai lu la moitié. Intriguant et, pour le moment, j’aime beaucoup.

Sumerki – Dmitry Glukhovsky

Quand Dmitry Alexeïevitch, traducteur désargenté, insiste auprès de son agence pour obtenir un nouveau contrat, il ne se doute pas que sa vie en sera bouleversée. Le traducteur en charge du premier chapitre ne donnant plus de nouvelles, c’est un étrange texte qui lui échoit : le récit d’une expédition dans les forêts inexplorées du Yucatán au XVIe siècle, armée par le prêtre franciscain Diego de Landa. Et les chapitres lui en sont remis au compte-gouttes par un mystérieux commanditaire. 

Aussi, quand l’employé de l’agence est sauvagement assassiné et que les périls relatés dans le document s’immiscent dans son quotidien, Dmitry Alexeïevitch prend peur. Dans les ombres du passé, les dieux et les démons mayas se sont-ils acharnés à protéger un savoir interdit ? A moins, bien entendu, que le manuscrit espagnol ne lui ait fait perdre la raison. Alors que le monde autour de lui est ravagé par des ouragans, des séismes et des tsunamis, le temps est compté pour découvrir la vérité.

Un auteur qui m’a largement été recommandé, surtout pour sa série Métro. Cependant, n’ayant pas envie de me lancer dans une nouvelle série alors que j’essaie d’en terminer un maximum, j’ai préféré choisir ce titre qui semble plus être un thriller ésotérique, ma marotte du moment.

Richard Oppenheimer, La vengeance des cendres – Harald Gilbers

Berlin, hiver 1946, le plus froid que la capitale ait connu au XXe siècle. La guerre est certes finie mais l’Allemagne commence à peine à panser ses plaies, et les Berlinois manquent de tout, surtout de nourriture. Dans cette atmosphère très tendue, des corps mutilés font mystérieusement surface aux quatre coins de la ville. Chacun a la peau couverte de mots écrits à l’encre, et une liste de noms inconnus fourrée dans la bouche. Le commissaire Oppenheimer est alors mobilisé pour mener l’enquête et découvre vite un point commun entre ces morts : ils avaient tous collaboré avec le régime nazi. À Oppenheimer de parvenir à retracer le passé du tueur, et à anticiper ses prochains meurtres.

Déjà le quatrième tome de cette série que j’aime beaucoup. Il me tardait de connaître la suite des aventures de Richard Oppenheimer. Le cinquième est sorti récemment en grand format.

La Sorcière – Jules Michelet

Michelet sait prêter sa voix aux parias du passé, à ceux qui n’ont pas eu d’histoire. À travers les siècles la femme tient-elle donc toujours le même rôle, celui de la mal aimée ? En embrassant d’un seul regard toute l’étendue du Moyen Âge, de la Renaissance et du Grand Siècle, Michelet discerne pour la première fois la suite rigoureuse d’une tragédie dont l’héroïne serait une femme à la fois révérée et persécutée : la sorcière.

La figure de la sorcière me fascine. J’avais adoré l’essai de Mona Chollet, Sorcières ! La puissance invaincue des femmes, que je recommande chaudement. J’avais très envie de découvrir celui de Michelet, qui date certes un peu, car il est publié pour la première fois en 1862, mais qui a fait autorité pendant longtemps. La recherche a depuis évolué sur le sujet.

Top 5 Wednesday #2 • Family Dynamics

Le thème de cette semaine m’inspire énormément. Le 15 mai a eu lieu la journée mondiale de la famille, d’où ce sujet pour ce mercredi. Il est pris dans un sens très large, car il est autant question des liens du sang que de la famille que l’on se crée. J’ai essayé, dans la mesure du possible, de piocher dans mes récentes lectures. La semaine dernière, sur le thème des « lieux communs », j’écrivais que j’aimais beaucoup les sagas familiales… Cet article est un peu la continuité de ce dernier.

Thème : Family dynamics

Among the leaving and the dead d’Inara Verzemnieks

Inara Verzemnieks was raised by her Latvian grandparents in Washington State, among expatriates who scattered smuggled Latvian sand over coffins, the children singing folk songs about a land none of them had visited. Her grandmother Livija’s stories vividly recreated the home she fled during the Second World War, when she was separated from her sister, Ausma, whom she wouldn’t see again for more than fifty years.

Journeying back to their remote village, Inara comes to know Ausma and her trauma as an exile to Siberia under Stalin, while reconstructing Livija’s survival through her years as a refugee. In uniting their stories, Inara honors both sisters in a haunting and luminous account of loss, survival, resilience, and love.

Cet ouvrage est un plus un essai autour de la famille, l’importance de cette dernière dans la construction d’un individu et de son histoire. L’auteur écrit à propos de sa grand-mère et de la soeur de cette dernière, de sa volonté de comprendre ses racines, leurs histoires. Il est dommage que parfois l’écriture poétique et lyrique de l’auteur prend trop le pas sur le sujet abordé, apportant des longueurs.

L’Assommoir d’Émile Zola

Qu’est-ce qui nous fascine dans la vie « simple et tranquille » de Gervaise Macquart ? Pourquoi le destin de cette petite blanchisseuse montée de Provence à Paris nous touche-t-il tant aujourd’hui encore? Que nous disent les exclus du quartier de la Goutte-d’Or version Second Empire? L’existence douloureuse de Gervaise est avant tout une passion où s’expriment une intense volonté de vivre, une générosité sans faille, un sens aigu de l’intimité comme de la fête. Et tant pis si, la fatalité aidant, divers « assommoirs » – un accident de travail, l’alcool, les « autres », la faim – ont finalement raison d’elle et des siens. Gervaise aura parcouru une glorieuse trajectoire dans sa déchéance même. Relisons L’Assommoir, cette « passion de Gervaise », cet étonnant chef-d’oeuvre, avec des yeux neufs.

Comment ne pas parler de dynamiques familiales sans évoquer Zola ? Sa série Les Rougon-Macquart rentre pleinement dans cette catégorique. Elle est en l’exemple même, car Zola étudie à travers une famille les prédispositions à l’alcoolisme, par exemple, ou à la folie… J’en suis au septième tome, L’Assommoir et jusqu’à présent, rares sont les tomes qui m’ont déçue.

After Alice fell de Kim Taylor Blackemore

New Hampshire, 1865. Marion Abbott is summoned to Brawders House asylum to collect the body of her sister, Alice. She’d been found dead after falling four stories from a steep-pitched roof. Officially: an accident. Confidentially: suicide. But Marion believes a third option: murder.

Returning to her family home to stay with her brother and his second wife, the recently widowed Marion is expected to quiet her feelings of guilt and grief—to let go of the dead and embrace the living. But that’s not easy in this house full of haunting memories.

Just when the search for the truth seems hopeless, a stranger approaches Marion with chilling words: I saw her fall.

Now Marion is more determined than ever to find out what happened that night at Brawders, and why. With no one she can trust, Marion may risk her own life to uncover the secrets buried with Alice in the family plot.

Sorti cette année, ce roman serait presque un huis clos au sein d’une famille. En effet, la mort de la plus jeune soeur, Alice, rend les relations tendues entre Marion et son frère et sa belle-soeur. Il n’y a pas que la mort de la plus jeune des soeurs qui empoisonne l’atmosphère, mais bien d’autres sombres secrets. C’est un roman que j’ai beaucoup aimé.

Quand Hitler s’empara du lapin rose de Judith Kerr

Imaginez que le climat se détériore dans votre pays, au point que certains citoyens soient menacés dans leur existence. Imaginez surtout que votre père se trouve être l’un de ces citoyens et qu’il soit obligé d’abandonner tout et de partir sur-le-champ, pour éviter la prison et même la mort. C’est l’histoire d’Anna dans l’Allemagne nazie d’Adolf Hitler. Elle a neuf ans et ne s’occupe guère que de crayons de couleur, de visites au zoo avec son « oncle » Julius et de glissades dans la neige. Brutalement les choses changent. Son père disparaît sans prévenir. Puis, elle-même et le reste de sa famille s’expatrient pour le rejoindre à l’étranger. Départ de Berlin qui ressemble à une fuite. Alors commence la vie dure – mais non sans surprises – de réfugiés. D’abord la Suisse, près de Zurich. Puis Paris. Enfin Londres. Odyssée pleine de fatigues et d’angoisses mais aussi de pittoresque et d’imprévu – et toujours drôles – d’Anna et de son frère Max affrontant l’inconnu et contraints de vaincre toutes sortes de difficultés – dont la première et non la moindre: celle des langues étrangères! Ce récit autobiographique de Judith Kerr nous enchante par l’humour qui s’en dégage, et nous touche par cette particulière vibration de ton propre aux souvenirs de famille, quand il apparaît que la famille fut une de celles où l’on s’aime…

J’ai déjà eu l’occasion d’évoquer ce roman et son adaptation cinématographique sur le blog. [lien] C’est une très belle histoire d’une famille qui reste unie malgré les épreuves et qui fait preuve d’une grande résilience. Il y a un beau message dans ce roman, où la famille, le fait de rester ensemble malgré les difficultés sont les choses les plus importantes.

Guerre & Paix de Léon Tolstoï

1805 à Moscou, en ces temps de paix fragile, les Bolkonsky, les Rostov et les Bézoukhov constituent les personnages principaux d’une chronique familiale. Une fresque sociale où l’aristocratie, de Moscou à Saint-Pétersbourg, entre grandeur et misérabilisme, se prend au jeu de l’ambition sociale, des mesquineries, des premiers émois.

1812, la guerre éclate et peu à peu les personnages imaginaires évoluent au sein même des événements historiques. Le conte social, dépassant les ressorts de l’intrigue psychologique, prend une dimension d’épopée historique et se change en récit d’une époque. La “Guerre” selon Tolstoï, c’est celle menée contre Napoléon par l’armée d’Alexandre, c’est la bataille d’Austerlitz, l’invasion de la Russie, l’incendie de Moscou, puis la retraite des armées napoléoniennes.

Entre les deux romans de sa fresque, le portrait d’une classe sociale et le récit historique, Tolstoï tend une passerelle, livrant une réflexion philosophique sur le décalage de la volonté humaine aliénée à l’inéluctable marche de l’Histoire ou lorsque le destin façonne les hommes malgré eux.

Un autre auteur spécialisé dans les chroniques familiales, Léon Tolstoï. Dans ce récit, il s’intéresse à plusieurs familles de l’aristocratie russe. Il montre les relations au sein d’une même famille et celles qu’elles entretiennent entre elles. C’est une très bonne lecture que je recommande. Mon avis est disponible sur le blog. [lien]

Top 5 Wednesday #1 • Favorite Tropes

J’inaugure un nouveau rendez-vous sur le blog avec le Top 5 Wednesday. Je ne pense pas forcément participer toutes les semaines, mais si le thème me plait et me parle, c’est avec plaisir que j’y réagirai. Les sujets sont annoncés chaque mois sur le groupe Goodreads.

Thème : Favorite Tropes

Avant de me lancer dans cet article, j’ai fait quelques recherches sur ce terme de tropes et sur ce qu’il pouvait signifiait en français. Le meilleur terme que j’ai trouvé est celui de lieux communs. À titre d’exemples, dans les romances, ce seraient les fausses relations amoureuses ou tout ce qui touche à la royauté, les mariages de convenance… Pour le fantastique, ce sont les thématiques d’un•e Élu•e, sauver le monde… Pour mes cinq « lieux communs » préférés, j’ai essayé de tirer un exemple parmi mes plus récentes lectures, ou, du moins, depuis le début d’année.

1. La quête

L’exemple le plus parlant est sans conteste la quête du Graal. Je pense aussi au Seigneur des Anneaux de J.R.R. Tolkien. C’est un lieu commun que j’apprécie beaucoup. Dans mon esprit, il y a toujours le côté partir à l’aventure, aller vers l’inconnu, sortir de sa zone de confort… Le personnage principal va tirer des connaissances, des expériences de son voyage.

Un des derniers livres que j’ai pu lire et qui représente parfaitement cette idée de quête est le troisième tome de la série La Passe-Miroir, La mémoire de Babel. De manière général, la série raconte la quête d’Ophélie et Thorn pour découvrir l’identité de Dieu et l’arrêter.

Thorn a disparu depuis deux ans et demi et Ophélie désespère. Les indices trouvés dans le livre de Farouk et les informations livrées par Dieu mènent toutes à l’arche de Babel, dépositaire des archives mémorielles du monde. Ophélie décide de s’y rendre sous une fausse identité.

2. Une relique ou un artefact puissant•e

S’il est doublé d’une quête, c’est encore mieux ! Je pense que mon amour pour ce genre de lieux communs vient d’Indiana Jones, qui est présenté comme un chasseur de reliques et de trésor (même si, en réalité, il est plus un pilleur de tombes). Certaines d’entre elles ont des propriétés magiques. En littérature, il y a, à nouveau, la quête du Graal, ou les thrillers ésotériques, genres dont je raffole.

Et c’est justement un thriller ésotérique que je vais prendre en exemple avec une des mes toutes dernières lectures. Elle date du début du mois. Il s’agit du troisième tome de la dernière série d’Éric Giacometti et Jacques Ravenne, Soleil noir, La relique du chaos. Les reliques (très particulières pour le coup) ont un caractère mystique et magique.

Juillet 1942. Jamais l’issue du conflit n’a semblé aussi incertaine. Si l’Angleterre a écarté tout risque d’invasion, la Russie de Staline plie sous les coups de boutoir des armées d’Hitler. L’Europe est sur le point de basculer. À travers la quête des Swastikas, la guerre occulte se déchaîne pour tenter de faire pencher la balance. Celui qui s’emparera de l’objet sacré remportera la victoire. Tristan Marcas, agent double au passé obscur, part à la recherche du trésor des Romanov, qui cache, selon le dernier des tsars, l’ultime relique. À Berlin, Moscou et Londres, la course contre la montre est lancée, entraînant dans une spirale vertigineuse Erika, l’archéologue allemande et Laure, la jeune résistante française…

3. Un amour impossible

La faute à Roméo et Juliette de Shakespeare, qui est une de mes pièces préférées au monde. Je prend ce thème ou lieux commun dans un sens très large, car des raisons pour lesquelles un amour peut être impossible sont variées.

Un des derniers livres que j’ai lu et qui peut illustrer ce sujet est Follow me to ground de Sue Rainsford. Il s’agit d’une histoire d’amour entre une sorcière et un mortel qui est vu d’un mauvais oeil par les familles des deux protagonistes.

LIEN VERS L’ARTICLE

Ada and her father, touched by the power to heal illness, live on the edge of a village where they help sick locals—or “Cures”—by cracking open their damaged bodies or temporarily burying them in the reviving, dangerous Ground nearby. Ada, a being both more and less than human, is mostly uninterested in the Cures, until she meets a man named Samson. When they strike up an affair, to the displeasure of her father and Samson’s widowed, pregnant sister, Ada is torn between her old way of life and new possibilities with her lover—and eventually comes to a decision that will forever change Samson, the town, and the Ground itself.

4. Un conflit avec un dieu

C’est un lieu commun qui, pour le coup, brasse très large. Il me rappelle à la fois les récits bibliques, la mythologie grecque… Je pense aussi à des livres fantastiques ou de science-fiction, les réécritures autour des mythes et légendes.

Un livre que j’ai très récemment lu (et apprécié) et dans lequel l’intrigue a pour origine un conflit avec un dieu est Lore d’Alexandra Bracken. Le conflit est entre Zeus et les dieux, les anciens et les nouveaux dieux, les dieux avec les chasseurs… L’auteur s’inspire de la mythologie grecque.

Every seven years, the Agon begins. As punishment for a past rebellion, nine Greek gods are forced to walk the earth as mortals, hunted by the descendants of ancient bloodlines, all eager to kill a god and seize their divine power and immortality. Long ago, Lore Perseous fled that brutal world in the wake of her family’s sadistic murder by a rival line, turning her back on the hunt’s promises of eternal glory. For years she’s pushed away any thought of revenge against the man–now a god–responsible for their deaths.

Yet as the next hunt dawns over New York City, two participants seek out her help: Castor, a childhood friend of Lore believed long dead, and a gravely wounded Athena, among the last of the original gods.

The goddess offers an alliance against their mutual enemy and, at last, a way for Lore to leave the Agon behind forever. But Lore’s decision to bind her fate to Athena’s and rejoin the hunt will come at a deadly cost–and still may not be enough to stop the rise of a new god with the power to bring humanity to its knees.

5. Les sagas familiales

Je lis pas mal de sagas familiales, surtout par des auteurs russes. J’aime suivre le destin d’une famille sur une ou plusieurs générations. J’ai tellement d’exemples qui me viennent à l’esprit comme La saga moscovite de Vassily Axionov, Guerre & Paix de Léon Tolstoï (terminé en début d’année).

Cependant, si je dois prendre un exemple dans mes lectures très récentes, ce sont les Rougon-Macquart de Zola qui arrivent en premier. C’est aussi un des grands exemples de sagas familiales et celle-ci compte près de vingt tomes. Au début du mois, j’ai terminé le septième tome, L’Assommoir qui est un coup de coeur.

Qu’est-ce qui nous fascine dans la vie « simple et tranquille » de Gervaise Macquart ? Pourquoi le destin de cette petite blanchisseuse montée de Provence à Paris nous touche-t-il tant aujourd’hui encore ? Que nous disent les exclus du quartier de la Goutte-d’Or version Second Empire ? L’existence douloureuse de Gervaise est avant tout une passion où s’expriment une intense volonté de vivre, une générosité sans faille, un sens aigu de l’intimité comme de la fête. Et tant pis si, la fatalité aidant, divers «assommoirs» – un accident de travail, l’alcool, les «autres», la faim – ont finalement raison d’elle et des siens. Gervaise aura parcouru une glorieuse trajectoire dans sa déchéance même. Relisons L’Assommoir, cette «passion de Gervaise», cet étonnant chef-d’oeuvre, avec des yeux neufs.

Quels sont vos « lieux communs » préférés en littérature ? Quels en sont les meilleurs exemples ?

Christelle Dabos • La Passe-Miroir, La Mémoire de Babel (3) (2017)

La Passe-Miroir, La Mémoire de Babel • Christelle Dabos • 2017 • Folio • 567 pages

Thorn a disparu depuis deux ans et demi et Ophélie désespère. Les indices trouvés dans le livre de Farouk et les informations livrées par Dieu mènent toutes à l’arche de Babel, dépositaire des archives mémorielles du monde. Ophélie décide de s’y rendre sous une fausse identité.

Je suis venue tardivement à cette série. La première fois que j’ai découvert le premier tome, j’ai eu énormément de mal à accrocher au tout. Je l’ai trouvé très long et j’avais du mal avec l’univers, même s’il y avait de la suite dans les idées. Le personnage d’Ophélie m’avait également déplu. Je l’ai repris un an après et mon avis a été complètement différent. J’ai adoré ma relecture, et j’ai continué sur ma lancée. J’attends désormais avec impatience la sortie poche du quatrième et dernier tome, La tempête des échos.

La série est de mieux en mieux au fil des tomes. Le premier, Les fiancés de l’hiver, est clairement celui qui introduit à la fois les personnages principaux, l’univers et le début du fil rouge. Petit à petit, ce monde se développe. Après avoir largement découvert le Pôle, notamment avec Les disparus du Clairdelune, le lecteur part en direction d’une autre arche, celle de Babel. J’ai adoré cette référence à la Tour de Babel, épisode biblique donnant une explication mythologique aux différences de langues dans le monde. De manière générale, cette idée de lieu un dieu ou une déesse à une arche m’a toujours paru très bonne, même si j’ai parfois énormément de mal à trouver parfois des liens entre ces derniers et la spécialité de l’arche. Un peu comme Artemis avec Anima, l’arche qui anime des objets ou peut lire leur histoire.

Pour en revenir à Babel, c’est une arche qui m’a beaucoup plus par bien des aspects. Tout d’abord, elle est tournée vers la connaissance et la sauvegarde du savoir et de la mémoire des arches. C’est une arche qui peut paraître presque paradisiaque, surtout après le Pôle et les événements du deuxième tome. Pourtant, cette façade va vite se craquer pour découvrir un tout autre aspect de l’arche où les règles sont légions et étouffantes. Elle cache de bien sombres secrets et la compétition est également très présente afin de faire partie de l’élite. Cela apporte une touche de danger à l’intrigue. Babel a pour esprit de famille les jumeaux Hélène et Pollux. L’auteur prend quelques libertés avec le mythe, car Hélène, fille de Zeus et Léda, célèbre pour sa beauté, est celle qui déclenche la guerre de Troie. Or, ici, elle est difforme. Elle est aussi différente des autres esprits de famille que j’ai pu croiser jusqu’à maintenant. Elle semble plus rusée et intelligente, moins contrôlée par une entité mystérieuse. J’espère qu’elle aura un rôle à jouer par la suite, car, clairement, elle est l’esprit de famille le plus intéressant que j’ai pu découvrir jusqu’à maintenant.

J’ai eu moins de mal à accrocher avec le personnage de Thorn. En effet, il a certes cette petite aura mystérieuse. Il a aussi montré plus aisément et rapidement ses faiblesses, ses imperfections et ses sentiments envers Ophélie et donc, au lecteur. Il reste un personnage froid et distant la plupart du temps. Mais j’ai plus vu cela comme une volonté d’épargner sa femme et non un quelconque égoïsme. J’ai apprécié de voir que leur relation change et évolue. Après une certaine indifférence dans le premier, un respect qui se développe dans le deuxième, un autre aspect de leur relation apparaît dans La mémoire de Babel. Je suis impatiente de voir cette nouvelle dynamique dans le prochain livre.

L’intrigue est prenante et rythmée. Après avoir mis les pieds sur Babel, Ophélie doit déjà composer avec la disparition de ses affaires et un meurtre. L’histoire démarre peut-être plus rapidement que dans les deux premiers tomes et elle présente moins de longueur et plus de dynamisme, avec de nombreuses révélations et quelques rebondissements, surtout dans les dernières pages. L’enquête autour de Dieu progresse rapidement, des réponses commencent à être apportées. La mémoire de Babel est un vrai pas en avant dans la résolution du mystère et le temps manque… L’effondrement des arches a débuté.

Globalement, ce roman a été un régal à lire. Il y a eu des choses étonnantes qui présagent du bon pour la suite. En revanche, d’autres aspects m’ont un peu chagriné comme le rôle d’Ophélie sur deux points qui m’ont laissé un peu plus sceptiques. Je ne le développerai pas plus au risque de révéler deux aspects cruciaux de l’intrigue. J’espère avoir quelques éclairages dans La tempête des échos, d’où mon impatience aussi d’enfin me plonger dedans. Il y a aussi d’autres zones d’ombres, des questions en suspend et des réponses qui se devinent. Je place beaucoup d’espoir dans le dernier livre.

Je n’ai aucun regret d’avoir donné une deuxième chance à cette série et d’avoir persévéré. J’apprécie de plus en plus les personnages. L’univers est magique. Christelle Dabos a une imagination fertile.

Bilan 2020

C’est avec aucun regret que je laisse 2020 se terminer. Comme pour beaucoup, cette année a été éprouvante à tout point de vue avec son lot de mauvaises nouvelles et de coups durs professionnels (je travaille dans la culture). Durant cette année, je me suis énormément réfugiée dans la lecture, à la fois pour faire passer le temps et supporter ces confinements qui m’ont pesé, je l’avoue. J’ai aussi repris en main de blog, abandonné pendant une bonne partie de 2019.

En janvier 2020, j’avais émis le souhait totalement fou et irréaliste de lire au moins 200 livres, soit le double de ce que je lis habituellement. Le pari n’a pas été si fou puisque j’ai lu très exactement 223 livres durant l’année, soit 72.205 pages. Merci les confinements !

2020 a été une année placée sous le signe des essais en histoire et en histoire de l’art. Ils représentent 28% de mes lectures. J’ai aussi redécouvert les classiques de la littérature française des XVIIIe et XIXe siècles avec Émile Zola, Voltaire et Rousseau et tête. Les classiques représentent 13,6% de ce que j’ai lu, soit 34 livres, dont une dizaine de classiques russes, allemands (dont le premier tome Guerre & Paix). Découverte de la littérature classique allemande avec un coup de coeur pour Les souffrances du jeune Werther.

Mon trois meilleures lectures de 2020

The Hollow Places de T. Kingfisher est un des meilleurs romans d’horreur que j’ai pu lire depuis bien longtemps. Je suis un petit en retard dans la publication de mes avis littéraires et celui-ci devrait arriver très prochainement. Je n’en dis donc pas plus. Mais c’est un de mes gros coups de coeur de l’année.

All the bad apples de Moïra Rowley-Doyle est un des livres qui m’a le plus marqué cette année : l’Irlande, la place de la femme, le réalisme magique qui se dégage de ce roman, une histoire de famille… J’ai adoré et je le relirai avec plaisir. Pour lire mon avis sur ce dernier, c’est par ici. [lien]

Enfin, The Year of the Witching d’Alexis Henderson… Un autre livre d’horreur, mais totalement différent du Kingfisher avec une société puritaine, des sorcières, des bains de sang… Gros coup de coeur pour ce premier roman d’horreur par une auteur à suivre. J’avais publié une chronique. [lien]

Mes trois plus grosses déceptions de 2020

Eoin Colfer signait son grand retour avec un roman pour les jeunes adultes, Highfire. J’ai adoré plus jeune les Artemis Fowl qui est une série avec laquelle j’ai grandi. Je n’ai pas du tout aimé ce nouveau livre. Pour savoir pourquoi je n’ai pas aimé cet ouvrage, voici mon billet. [lien]

Alors que je préparais cet article, je savais que Three Hours in Paris de Cara Black finirait dans mes déceptions de l’année. Je l’avais pourtant mis dans les sorties VO qui me tentaient, mais encore aujourd’hui, je ne sais pas si je dois rire ou pleurer devant ce livre… En tout cas, j’y ai lu la phrase la plus improbable de l’année. Ma chronique est à lire sur le blog. [lien]

Dernier livre dans mes déceptions, Cursed de Frank Miller et Thomas Wheeler. La série m’avait quelque peu laissé sur ma faim. J’avais envie d’avoir plus de développements et je me suis tournée vers le livre qui reste fidèle à la série… Et je n’y ai donc pas trouvé ce que j’espérais. J’avais publié un article sur le sujet. [lien]

J’en ai fini de mes coups de coeur et déceptions de l’année et j’avais envie de faire un tour d’horizons de mes résolutions prises début 2020 et si elles ont été tenues.

En premier lieu, je souhaitais lire une dizaine de pièces de théâtre. Même si j’en ai lu quelques unes, elles se comptent sur les doigts d’une seule main… Et encore. J’ai redécouvert quelques classiques comme Le mariage de Figaro de Beaumarchais ou Cyrano de Bergerac d’Edmond de Rostand. En revanche, j’ai réussi à lire les dix recueils de poésie avec autant des classiques que de la poésie contemporaines. J’ai relu Les Contemplations de Victor Hugo, Les fleurs du mal de Charles Baudelaire. J’ai dévoré le dernier recueil de Rupi Kaur, Home Body.

Je voulais également terminer quatre séries en cours. J’en ai fini trois, donc je suis plutôt contente.

J’espérai avoir une pile à lire à zéro à la fin du mois de décembre. Je termine l’année avec 21 livres qui attendent d’être lus. J’ai pas mal craqué la dernière semaine et j’ai fait quelques achats.

Le plus gros objectif de lecture que je m’étais fixée pour 2020 était de commencer et finir les Rougon-Macquart d’Émile Zola. J’en ai lu que cinq cette année, de La fortune des Rougon à La faute de l’abbé Mouret. La suite sera pour 2021, ayant déjà commandé le prochain, Son Excellence Eugène Rougon.

Une autre résolution, la dernière, était de lire une cinquantaine de romans ou essais en anglais. Record battu ! J’ai lu 86 romans en anglais. Je ne suis pas encore à 50/50, mais c’est tout de même un beau score. Je ne m’y attendais pas.

2020 n’a pas été une année aussi riche culturellement que je l’espérais, mais j’ai pu commencer l’année en allant aux ballets russes voir Casse-Noisette, qui est un de mes préférés (je vénère Tchaikovsky). Un merveilleux moment partagé avec l’une de mes petites soeurs. J’ai aussi visité quelques coins de la France que je ne connaissais pas, et notamment la Haute-Savoie. J’ai pu visiter le château de Montrottier, les Jardins Secrets de Vaulx, un endroit totalement hors du temps, le musée de la Résistance haut-savoyarde à Morette ainsi que la ville d’Annecy. En août, j’ai pris la direction d’Albi pour découvrir cette magnifique cité médiéval ainsi que les petites villes d’Ambialet et de Cordes-sur-Ciel. [article sur ces quelques jours dans le Tarn]

J’ai pu visiter le musée Toulouse-Lautrec ainsi que la rétrospective Christo et Jeanne-Claude au musée Würth d’Erstein. [compte-rendu de l’exposition]

Guy de Maupassant • Bel-Ami (1885)

Bel-Ami • Guy de Maupassant • Éditions Librio • 2019 • 380 pages

Georges Duroy, dit Bel-Ami, est un jeune homme au physique avantageux. Le hasard d’une rencontre le met sur la voie de l’ascension sociale. Malgré sa vulgarité et son ignorance, cet arriviste parvient au sommet par l’intermédiaire de ses maîtresses et du journalisme. Cinq héroïnes vont tour à tour l’initier aux mystères du métier, aux secrets de la mondanité et lui assurer la réussite qu’il espère. Dans cette société parisienne en pleine expansion capitaliste et coloniale, que Maupassant dénonce avec force parce qu’il la connaît bien, les femmes éduquent, conseillent, œuvrent dans l’ombre. La presse, la politique, la finance s’entremêlent. Mais derrière les combines politiques et financières, l’érotisme intéressé, la mort est là qui veille, et avec elle, l’angoisse que chacun porte au fond de lui-même.

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En 2020, j’ai redécouvert les classiques de la littérature française, notamment des XVIIIe et XIXe siècles. J’en ai lu et étudié certains d’entre eux lorsque j’étais au collège et au lycée, sans en avoir gardé un bon souvenir, tels que Les liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos, les principaux écrits de Jean-Jacques Rousseau (Du contrat social, en tête), Candide de Voltaire ou La Curée d’Émile Zola. Or, ce sont des lectures que j’ai adoré faire ces derniers mois. Je me rends qu’après mes années d’études en histoire de l’art, j’ai un véritable bagage pour mieux les apprécier, les comprendre.

Un des auteurs qui me faisait le plus peur était Guy de Maupassant, avec Flaubert, d’ailleurs. J’avais étudié Le Horla, qui ne m’a pas laissé un souvenir impérissable. J’y allais un peu à reculons dans Bel-Ami. Pourtant, j’ai beaucoup aimé ce roman, même si ce n’est pas totalement un coup de coeur. Il n’était pas loin.

J’ai été happée dès le début par la plume de l’auteur. Les descriptions sont absolument merveilleuses. La ville de Paris reprend vie sous mes yeux, peut-être avec un peu moins de force que chez Zola. Je garde surtout en mémoire la manière de Maupassant de décrire les intérieurs bourgeois, des pièces et des objets qui les constituent. Une en particulier m’a marqué, car elle m’évoquait l’hôtel particulier qui est actuellement le Musée Jacquemart-André. Je suis une grande admiratrice de cette architecture. Sur cet aspect, je me suis régalée.

Autre point positif, le portrait de la société du Second Empire, qui me rappelle, une fois encore, les Rougon-Macquart, avec la place importante que tiennent les notables et les bourgeois. L’impression qui se dégage de ces romans est celle d’un monde basé sur les apparences, où l’argent est roi. Les arrivistes sont légions et ils sont prêts à tout pour réussir socialement et engrener le plus de richesses possibles, par le biais des relations, des mariages, en utilisant des informations confidentielles… Leurs moral et éthique semblent avoir disparu et Bel-Ami, ou Georges Duroy, en est l’exemple parfait.

Son évolution tout au long du roman est la démonstration parfaite de ce que les ambitieux sont prêts à faire. Il passe d’un homme ambitieux, mais paresseux à un être détestable et prêt à toutes les bassesses pour une meilleure position sociale, un meilleur confort de vie. Mes sentiments ont évolué au fil de ma lecture, pensant qu’il ne pouvait pas faire pire. Cependant, au fur et à mesure que la fin approche, je n’en pouvais plus de ce personnage d’une jalousie féroce, sans scrupule et moral. Guy de Maupassant dresse le portrait-type d’un homme du Second Empire et, même si j’ai eu du mal avec la fin, c’est une évolution logique. Je pense qu’elle est un mal pour un bien, car elle montre aussi le véritable visage de Bel-Ami.

Je ne suis passée loin du coup de coeur. C’est clairement une lecture que j’ai aimé faire et qui confirme mon récent amour pour la littérature classique française du XIXe siècle avec tout en haut du podium, Émile Zola. Par ailleurs, la dernière adaptation cinématographique remonte à 2012 avec Robert Pattinson dans le rôle-titre. Autant dire que je passe mon tour…

Anne de Rochas • La femme qui reste (2020)

La femme qui reste • Anne de Rochas • Août 2020 • Les Escales • 400 pages

« Que cherchez-vous, mademoiselle ? » À la question posée par Walter Gropius, Clara répond : « Une vie. »

Dans l’Allemagne exsangue et tumultueuse des années 1920, le Bauhaus est plus qu’une école d’art. C’est une promesse. Une communauté dont le but est de mettre en forme l’idée de l’Homme nouveau. En 1926, l’école s’installe à Dessau. Dans le grand bâtiment de verre et d’acier, Clara, Holger et Théo se rencontrent, créant une sorte de Jules et Jim. À Berlin, toute proche, le temps s’assombrit. Les convictions artistiques ou politiques ne sont pas les seuls facteurs qui décident du cours d’une vie. Ce sont aussi, entre rêves d’Amérique et désirs de Russie, d’autres raisons et déraisons. Lorsque l’école sera prise dans les vents contraires de l’Histoire, les étudiants feront leurs propres choix. À qui, à quoi rester fidèle, lorsqu’il faut continuer ?

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Il est rare que je m’intéresse outre mesure à la rentrée littéraire. Je dois noter un ou deux titres chaque année sur la pléthore de livres qui sort à ce moment-là. Cette année, j’en ai noté deux, des romans historiques : La race des orphelins d’Oscar Lalo, que je n’ai pas encore lu, et La femme qui reste d’Anne de Rochas qui retrace l’histoire du Bauhaus. Il ne m’en fallait pas plus, je l’avoue. Malheureusement, je suis passée totalement à côté de ce livre.

Depuis de très longues années, je me passionne pour la période de l’entre-deux-guerres en Allemagne et surtout à Berlin, à la fois d’un point de vue historique, sociétale et, bien entendu, artistique. Les années 20 et 30 sont celles d’Otto Dix, Félix Nussbaum, Georg Grosz, par exemple, mais également du Bauhaus. Ce n’est pas uniquement un courant architectural, car il y avait aussi de la création textile, du design, de la scénographie pour le théâtre… C’est un des points forts du titre, à mon avis, que de remettre le mouvement dans son contexte historique, de rappeler son histoire mouvementée. Quand le roman démarre, Walter Gropius n’est plus à Weimar, la ville ne voulant plus vraiment de son école. Il a fait un court arrêt à Halle, d’où l’héroïne est originaire, pour poursuivre finalement l’aventure à Dessau.

Par ailleurs, je trouve que la position de la société pour la création contemporaine est bien montrée : entre curiosité, approbation et rejet, rejet qui va se faire de plus en plus entendre au fur et à mesure des années, avant d’être considérée comme dégénérée. Le Bauhaus en fera les frais avec le nazisme, puisqu’un certain nombre d’artistes, architectes et autres du mouvement s’exileront à New York. Adorant le Bauhaus, je me suis régalée.

Encore plus quand La femme qui reste me permet de côtoyer des artistes et architectes qui comptent parmi mes préférés comme Wassily Kandinsky, par exemple, ou Walter Gropius. Anne de Rochas s’est parfaitement documentée pour son livre et l’historienne de l’art que je suis à adorer voir la pensée du Bauhaus, sa manière un peu particulière d’enseigner, reprendre vie. C’est vraiment intéressant et passionnant. Toutefois, j’ai trouvé que l’auteur en faisait parfois trop et que cela amenait énormément de longueurs, mais aussi de lourdeurs au roman, au détriment de l’action et de l’évolution des personnages. En effet, elle part dans des envolées lyriques autour du Bauhaus, du processus artistique qui trop souvent n’apportent strictement rien à l’intrigue, ou à la compréhension de ce mouvement. D’autant plus, qu’ils sont également extrêmement redondants.

Un autre point positif est la description de la société allemande de l’entre-deux-guerres. La pauvreté est évoquée, tout comme les conséquences de la crise financière, contrebalancées par les grandes fortunes, souvent mécènes de l’art contemporain. Progressivement, par petites touches, la montée du nazisme et le changement d’attitudes sur l’art prennent le pas sur les Années Folles et celles de gloire du Bauhaus en Allemagne. J’ai vraiment eu l’impression d’y être, de flâner dans les rues de Dessau avec Clara et ses amis, de partager leurs difficultés au quotidien. Cependant, un autre point vient obscurcir le tableau : la temporalité du roman. En effet, Anne de Rochas change parfois d’époque et avance dans le temps. C’est quelque chose avec lequel j’ai souvent du mal, car cela casse le rythme. C’est le cas ici. J’aurais préféré que l’intrigue soit chronologiquement linéaires, sans bonds dans le temps, pour plusieurs raisons.

Premièrement, certains « sauts » dans le temps apportent de la confusion. Deuxièmement, j’aimais beaucoup plus les parties de la jeunesse et formation de Clara et je me demandais quelle allait être son évolution. Or, ces bonds de quelques années après gâchent une bonne partie de l’intrigue, en anticipant trop sur certains points alors que cela aurait pu créer un peu de suspense et d’attente. Le trio de personnages m’a tout de suite plu et, en tant que lectrice, j’ai senti rapidement qu’un drame allait arriver, qu’une cassure allait se produire. C’était inévitable. Malheureusement, le changement de temporalité cassait un peu la construction progressive du drame. C’est vraiment un aspect que j’ai trouvé dommage.

Ce point et les trop nombreuses longueurs et lourdeurs ont eu raison de moi. Pourtant La femme qui reste aurait pu être un coup de coeur absolu, le roman que je n’attendais plus sur le Bauhaus. J’ai abandonné bien avant la fin. La lecture s’est révélée de plus en plus houleuse au fur et à mesure. Grosse déception pour ce roman sur lequel j’avais placé énormément d’espoir.

Au banc des essais #2

Je vous propose une petite sélection de trois essais que j’ai lus dernièrement. Deux sont relativement proches et un autre change de sujet du tout ou tout. J’essaie, dans la mesure du possible, de présenter des ouvrages qui soient accessibles à tous, qui n’ont pas besoin de connaissances poussées dans le domaine pour les apprécier. Ma volonté est vraiment de mettre plus en avant ce genre littéraire, parfois boudé des blogs.

La voiture du peuple et le sac Vuitton de Éve Charrin

Glisser dans un sac à main le désarroi de nos classes moyennes. Caser dans une petite voiture low-cost la croissance rapide et inégalitaire des grands pays émergents, ou montrer qu’un climatiseur peut souffler, à l’occasion, l’air frais de la démocratie… Dire le monde en une quinzaine d’objets, c’est le pari de ce livre. Porteurs de désirs et d’espoirs, nés du travail et de l’argent, les objets reflètent notre imaginaire et trahissent les rapports de force qui façonnent une époque. Luxueux ou modestes, ils sont les héros de ces fables contemporaines qui mènent de Paris à Bombay en passant par Londres et Dubaï. Dans le prolongement des Mythologies de Roland Barthes, Ève Charrin combine la lucidité de l’enquête et la subjectivité du récit pour explorer ce que nous révèlent les choses.

L’idée de départ est d’établir des liens avec des objets iconiques avec un fait de société. Elle aborde, par exemple, le sac Pliage Longchamp qui parle à toutes les générations et à toutes les classes sociales. C’est un texte qui m’a, du coup, énormément plu, car j’en possède moi-même pas moins de cinq ou six différents. J’ai ainsi pu m’identifier à ses propos, voir dans quelle catégorie elle allait me mettre… Dans un autre texte, elle se pose la question suivante : comment la pomme, un des fruits les plus accessibles, peut également devenir un objet de luxe ou qui véhicule un message politique ?

Ce sont des courts textes qui ne sont pas sans rappeler les Mythologies de Roland Barthes, mais en plus accessibles, et passionnants, car elle se situe réellement dans notre époque. Nous connaissons les objets dont elle parle, ce qui n’est pas toujours le cas avec Barthes. Cet essai fut vraiment une bonne surprise, malgré des textes d’une qualité très variable, dont un qui m’a semblé quelque peu hors sujet. Certains m’ont paru très justes dans l’analyse de notre société, notamment celui sur le sac Vuitton. Je n’ai pas spécialement de notions de sociologie, ce qui ne m’a pas empêché de comprendre ce qu’elle voulait dire.

Mythologies de Roland Barthes

Notre vie quotidienne se nourrit de mythes : le catch, le striptease, l’auto, la publicité, le tourisme… qui bientôt nous débordent. Isolés de l’actualité qui les fait naître, l’abus idéologique qu’ils recèlent apparaît soudain. Roland Barthes en rend compte ici avec le souci – formulé dans l’essai sur le mythe aujourd’hui qui clôt l’ouvrage – de réconcilier le réel et les hommes, la description et l’explication, l’objet et le savoir. « Nous voguons sans cesse entre l’objet et sa démystification, impuissants à rendre sa totalité : car si nous pénétrons l’objet, nous le libérons mais nous le détruisons ; et si nous lui laissons son poids, nous le respectons, mais nous le restituons encore mystifié ».

Un des classiques du genre et qui a inspiré de nombreuses générations de sociologues après lui, dont l’essai que j’ai évoqué plus haut. Ce sont des textes plus ou moins longs sur différentes thématiques, comme la nouvelle Citroën, le plastique qui venait d’apparaître et d’être très largement produit, les pages horoscope du magazine Elle (qui semble un bon sujet d’étude, car il revient souvent)… Il réagit à l’actualité de son temps.

Du coup, certains textes peuvent nous sembler légèrement dépassés, et nous ne savons plus vraiment de quoi il parle. Cependant, juste pour la méthodologie, la manière de penser, de construire le propos, je pense qu’il reste passionnant à lire voire essentiel. D’autres peuvent encore avoir des échos à l’heure actuelle. J’avoue avoir eu parfois du mal avec quelques textes et j’ai mis plusieurs mois à le terminer. Ce n’est pas un ouvrage que j’ai réussi à lire d’un bout à l’autre, mais par petits essais. J’en avais pourtant déjà lu et étudié. Toutefois, ce n’est pas un ouvrage qui se laisse facilement appréhendé, par moment.

Le musée disparu d’Hector Feliciano

Printemps 1940 : au fur et à mesure de la progression de la Wehrmacht sur le territoire français, des services nazis de confiscation, spécialement institués, entreprennent, à partir de listes établies bien avant le déclenchement de la guerre, le pillage et la confiscation, qui dureront tout le temps de l’Occupation, de milliers d’œuvres d’art. Des collections publiques et privées, des tableaux mais aussi des millions de livres, manuscrits, meubles et objets de valeur partent vers l’Allemagne. Volés systématiquement et méthodiquement, ou plus fortuitement par les officiers et les soldats, nombre n’ont aujourd’hui encore pas été retrouvés. En 1995, Hector Feliciano publiait en France le fruit de huit années d’enquête, au terme desquelles il avait retrouvé la trace de certaines œuvres. Les traductions de cet ouvrage à l’étranger l’enrichirent chaque fois de découvertes nouvelles, puisqu’elles s’inscrivaient dans le mouvement international de restitution aux héritiers des biens confisqués et presque toujours récupérés après la guerre par les États nationaux, mais pas par les familles, faute le plus souvent d’informations. 

Fruit de huit années de recherches et d’enquêtes, Hector Feliciano aborde le pillage des musées, mais surtout des collections privées de marchands d’art, de banquiers, d’industriels juifs… Son ouvrage est très amplement documenté et absolument passionnant. Il se lit presque comme un roman, une saga historique dramatique où l’Histoire se fait implacable. À la lecture, j’ai pu croiser les Rotschild, Paul Rosenberg, mais également Braque, Picasso… Ce sont des noms de collectionneurs et marchands d’art que je connaissais. Ils ont joué un rôle primordial en faisant connaître et en supportant des artistes de l’avant-garde. En revanche, j’ignorais tout du sort de leurs collections.

C’est un sujet qui était relativement peu abordé. Malgré quelques années à dévorer tout ce que je pouvais (ou presque) autour de la Seconde Guerre mondiale, l’art, les collections privées et publiques et le patrimoine n’ont quasiment jamais été abordés. J’en ai seulement pris conscience avec la sortie du film Monument Men, inspiré d’une autre enquêté, réalisée par Robert M. Edsel, puis d’un autre film, La femme au tableau qui aborde la question de la restitution des oeuvres. Le musée disparu s’intéresse surtout au cas de la France, une raison de plus de le lire. J’ai aussi appris que certaines oeuvres n’ont jamais été retrouvées. Parfois, des visuels existent permettant de se faire une idée. Mais, au final, combien d’oeuvres ne pourrons-nous jamais voir ? Où sont les oeuvres qui ont disparu ?

Sincèrement, je recommande cette lecture enrichissante qui m’a appris plein de choses que j’ignorais… Le tout dans un style très accessible qui peut faire penser aux romans d’enquête. Si ces questions vous intéressent, c’est le premier à lire, je pense.

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