À la découverte de deux prix littéraires 2017

Pour la première fois depuis des années, je me suis à nouveau intéressée à la rentrée littéraire et à la production des auteurs français contemporains que je ne lisais plus du tout également. J’avoue que je faisais une petite overdose de les voir partout : dans les librairies, les blogosphères… Je fuyais ce rendez-vous littéraire incontournable, pour finalement mieux y revenir.

Cette rentrée littéraire 2017 fut placée sous le signe de la Seconde Guerre mondiale avec de nombreux livres publiés autour de cette thématique, mais surtout des livres récompensés. Retour à Lamberg de Philip Sands a eu le prix Médicis dans la catégorie essai. Le prix Goncourt a été attribué à Eric Vuillard pour L’ordre du jour, qui aborde également un aspect de cette période historique. Le prix Renaudot est allé à La disparition de Josef Mengele d’Olivier Guez. J’ai lu très récemment ces deux prix littéraires… Après tout le monde, je sais…

Cependant, ils ont eu un effet inattendu : ils m’ont réconcilié avec la littérature française, au point d’avoir continué dans ma lancée depuis. Je ne suis pas encore prête à lire du Zola, Balzac ou Proust, pour ne citer qu’eux, mais pourquoi pas ! Eric Vuillard et Olivier Guez me redonnent envie de voir ce qu’il se passe du côté des Français et plus uniquement des Anglo-Saxons.

Je ne saurais résumer le roman d’Eric Vuillard qui est assez particulier. Il part d’une rencontre entre les grands industriels allemands et le nouveau chancelier, Adolf Hitler, pour ensuite parler d’un homme politique autrichien qui a essayé de tenir tête au Führer, de l’Annexion de l’Autriche, pour passer par l’utilisation des prisonniers des camps dans les usines allemandes. Il finit par une petite morale qui rappelle que ses usines n’ont que peu été inquiétées à la fin de la guerre, étant toujours actives à l’heure actuelle pour certaines. Je suis plutôt mitigée sur cet Ordre du jour.

Même si c’est très bien écrit, avec beaucoup de fluidité, j’ai eu une impression de brouillon. Quel est le lien, le fil rouge entre tout ce qu’il évoque ? Je n’ai jamais réellement su où Eric Vuillard voulait en venir, sa finalité. Mon ressenti est que le lecteur suit un peu l’enchaînement des pensées de l’auteur, sans avoir la raison qui lui fait passer d’une idée à l’autre. Les premières pages m’avaient mis sur une piste de ce que le roman allait aborder : les industriels allemands durant le roman. Peut-être dans un des premiers tomes de la Trilogie berlinoise de Philip Kerr. Chez Vuillard, c’est juste le début et la fin.

Le résumé ne dévoilait rien de l’intrigue et ce fut la découverte. Même si certains aspects de l’histoire m’ont quelque peu chagriné, cela ne m’a pas empêché de dévorer ce roman d’un bout à l’autre. Il y a quand même un certain rythme, une volonté de savoir où l’auteur allait m’amener. Et, pour ne rien gâcher, c’est bien écrit ! Mais j’ai été plus convaincue par La disparition de Josef Mengele.. d’Olivier Guez. Déjà, je connaissais déjà un peu la vie de Josef Mengele… Enfin les très grandes lignes : il était médecin à Auschwitz et était considéré comme un criminel de guerre parmi les plus importants. Il s’est enfui en Amérique du Sud. Les éléments biographiques se limitaient à cela.

Je referme ce livre avec l’impression première d’avoir appris de nouveaux aspects de la traque des criminels nazis, l’accueil qui leur a été fit en Amérique, qui est également très bien évoquée dans le roman Une douce flamme de Philip Kerr, les réseaux d’entraide entre anciens hauts gradés et fonctionnaires. Olivier Guez apporte son regard de journaliste en mêlant habilement des éléments d’enquête et la narration qui vient aussi combler les vides biographiques. Les deux se mélangent habilement, au point de ne pas toujours différencier ce qui pouvait être vrai ou inventé. J’ai trouvé l’ensemble cohérent et crédible.

Surtout, j’ai été étonnée par la manière dont l’auteur fait revivre Josef Mengele et il imagine son caractère, sa psychologie. Il met en scène un homme qui s’inquiète de ne pas retrouver le même niveau de vie qu’il avait lors de la guerre, son absence de culpabilité par rapport à ce qu’il a fait. Il n’a jamais changé de discours durant toute sa vie, ni même montrer de remords. Finalement, c’est aussi un des aspects qui m’a fortement marqué dans ce roman. Olivier Guez dépeint l’endoctrinement, la croyance de certains hommes d’être supérieur aux autres de manière très forte. De nous donner accès à ses pensées m’a souvent mise mal à l’aise. Ça ne laisse pas le lecteur indifférent.

Je retiens aussi la façon dont il amène progressivement la paranoïa et la folie qui s’empare de lui. Sa peur d’être arrêté, de se voir jugé par un tribunal lui semble insupportable et il a l’impression de voir des agents israéliens à tous les coins de rue. C’est très bien décrit par l’auteur qui couple cela à son déclin physique. La fin place le lecteur dans une position inconfortable. Des sentiments contradictoires se sont emparés de moi : de la pitié de voir ce vieil homme relâcher les mêmes inepties, que sa punition a pu être la folie et la paranoïa qui s’est emparée, mais, en tant qu’ancienne étudiante en droit, j’aurai préféré en procès.

Finalement, La disparition de Josef Mengele est beaucoup plus marquant que le roman d’Eric Vuillard. Il a fait son petit effet et des deux que j’ai pu lire, c’est celui que je retiendrai. Cependant, les deux ouvrages m’ont réconcilié avec les auteurs français, mais pas encore totalement avec la rentrée littéraire.

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La Culture avec un grand A et du latte #2

Ce mois de Mars est passé à une vitesse folle et je ne regrette pas qu’il se termine enfin. Il ne fut pas de tout repos entre l’avancement de mon mémoire et le rendu du projet pour les Journées des Arts et de la Culture dans l’Enseignement supérieur. Nous avons travaillé sur une salle des portraits en choisissant d’inverser les rôles : le visiteur n’est pas celui qui observe les tableaux, mais ces derniers viennent l’épier, en réactualisant les références. La vidéo est juste une merveille.

Du coup, cela a quelque peu influencé les films que j’ai vu en mars afin de chercher les meilleures séquences à ajouter à la vidéo. Le premier film fut l’adaptation de 1984 de George Orwell par Michael Radford… Qu’en dire ? J’ai eu énormément de mal à accrocher et je me suis quelques fois endormie. J’ai tout de fois commandé le livre pour découvrir ce classique que je n’ai pas encore lu. J’ai aussi revu Da Vinci Code (2006). Dans mes souvenirs, il y avait des scènes intéressantes sur l’impression d’être épié par les oeuvres du Louvre. C’est aussi un de mes petits plaisirs coupables. J’ai enchaîné sur un classique du cinéma français que je n’avais jamais vu jusqu’à maintenant, Harry, un ami qui vous veut du bien (2000). Il a plutôt mal vieilli, à mon avis, et je n’en garderai pas un souvenir impérissable.

Du coup, j’en ai un peu oublié ma résolution de tenter l’aventure des westerns. Objectif du mois d’avril… Essayer de voir un classique du genre et un qui soit plus récent. En attendant, j’ai aussi vu Justice League (2017) qui m’a laissé un sentiment quelque peu mitigé. Une très bonne surprise pour la musique, notamment Sigrid et son Everybody knows qui est une merveille. Comparés à Marvel, les DC Comics ont une bien meilleure soundtrack. Cependant, j’ai comme l’impression qu’ils ont du mal à trouver leur ton entre un humour proche de celui de Marvel et un autre plus sombre. Ils oscillent entre les deux. Je retiendrai également le placement de produits qui était un peu trop flagrant. Coucou Mercedes Benz !

J’ai aussi vu The Circle (2017) avec Tom Hanks et Emma Watson. L’idée de départ me semblait prometteuse en proposant une critique des réseaux sociaux et la volonté de toujours plus de transparence. Il est l’adaptation d’un thriller. Le film démontre bien les effets un peu pervers des réseaux sociaux. Cependant, la fin m’a quelque peu déçue. Ce n’était pas ce à quoi je m’attendais et, au final, j’ai pensé qu’elle avait moins d’impact sur le spectateur.

Un peu moins déçue par Zombillenium (2017) qui fut mon premier coup de coeur du mois. Je n’ai rien à redire sur l’histoire et les graphismes qui reprennent les codes de la bande dessinée. Frida (2002) fut aussi une belle découverte. J’admire beaucoup l’oeuvre de Kahlo et le film intègre tellement bien les oeuvres à la proposition esthétique du film, tout en montrant les liens entre son art et les événements de sa vie. L’interprétation de Salma Hayek est absolument irréprochable. Le dernier film vu était Ferdinand (2017) qui dénonce le monde de la corrida et la mise à mort des taureaux, sans tomber dans les clichés.

Du point de vue des séries, j’ai définitivement terminée Agent Carter et ce fut une très bonne deuxième saison. Je ne comprends toujours pas pourquoi elle a été arrêtée, mais Peggy et Jarvis vont me manquer. J’ai également succombé au phénomène Black Mirror en regardant les trois épisodes de la première saison. J’ai été totalement convaincue.

Du point de vue de mes lectures, j’ai continué ma découverte des auteurs français contemporains avec le deuxième tome de La Mort de Staline de Fabien Nury et Thierry Robin que j’ai adoré, mon premier Max Gallo avec La chute de l’Empire romainToday we live d’Emmanuelle Pirotte, Palmyre de Paul Veyne. Pas vraiment de coup de coeur, mais pas de grosses déceptions non plus. La seule va aux Animaux fantastique de J.K. Rowling.

Mon coup de coeur littéraire va pour Lumikko de Pasi Ilmari Jääskeläinen. Je compte en parler plus longuement sur le blog. Globalement, c’est une bonne surprise. Ce n’était ce à quoi je m’attendais, mais c’était encore mieux. À côté de cela, j’ai lu un comics, Joker de Brian Azzarello et Lee Barmejo, Les enquêtes de Middleton & Grice, Petits meurtres à Mangle Street de M.R.C. Kasasian qui est sympathique mais qui ne révolutionne pas le genre des policiers historiques. Je désirai lire depuis un petit moment Mythologie nordique de Neil Gaiman. Il se laisse lire, mais il ne m’a pas fait une forte impression. Je cite également rapidement le dernier Dan Brown, Origine, dont l’article sera bientôt en ligne. Il y a aussi eu deux lectures en anglais : Velvet undercover de Teri Brown (je vous en reparlerai en novembre, car il fait partie d’un projet) et One dark throne de Kendare Blake qui fut un brin en-dessous du premier.

J’ai aussi profité de ma dernière journée sur Metz pour voir la nouvelle exposition du Centre Pompidou, L’aventure de la couleur. Une petite exposition que j’ai grandement appréciée et qui m’a permis de voir des Matisse, quelques monochromes d’Yves Klein dont l’International Klein Blue est une pure merveille que je peux admirer pendant des heures.

La Culture avec un grand A et du latte #1

Parmi mes résolutions de 2018, j’avais envie d’explorer de nouveaux genres littéraires et cinématographiques. En 2017, j’avais lu et adoré de la poésie et de la science-fiction, sortant ainsi de mes habitudes. Je voulais continuer durant la nouvelle année, mais sans avoir d’idées précises. Le mois de Janvier fut relativement classique. Je ne suis pas vraiment partie à la découverte, mais je me suis rattrapée en Février.

Une conférence sur l’image de la femme dans les westerns américains m’a fait prendre conscience que je n’y connaissais absolument rien en la matière. Je pense en avoir vu deux dans toute ma vie : Django Unchained (2013) et Le bon, la brute et le cinglé (2008). Le conférencier a donné un grand nombre de références et de classiques dont même le nom ne me disait rien. Du coup, il faut que je répare cela. Cependant, j’ai expliqué l’univers des westerns par une pièce de théâtre qui s’interrogeait aussi sur les femmes et leurs conditions à cette époque qui sont limitées à trois rôles : l’épouse, la prostituée et l’esclave. Wild West Women était joué par trois femmes de talent : deux actrices et une bruiteuse qui était à couper le souffle et qui rendait la pièce encore plus vivante. Les deux actrices étaient tout aussi incroyables. Elles jouaient plusieurs personnages en même temps et arrivaient toujours à leur donner parfaitement vie les uns après les autres. Je n’ai pas vu les trois heures quarante-cinq minutes que durait la pièce. C’est un énorme coup de coeur pour des performances à vous couper le souffle… Et quel bonheur de retourner au théâtre.

En revanche, je n’ai pas vu encore de westerns, mais pourquoi pas en mars. Du point de vue des films vus durant Février, le bilan est plutôt mitigé. Ma seule véritable surprise tenait à Wonder (2017). Il ne me disait rien et pourtant… C’est une très belle histoire d’amitié, d’acceptation de soi et de l’autre, des différences. Ce film fut un mélange incroyable de moments d’émotion, de bonheur et de joie de vivre. Pour ma déception du mois, le grand gagnant est sûrement The Shape of water (2018), le nouveau film de Guillermo del Toro. Ce film a beaucoup fait parler de lui et j’avais encore en tête l’incroyable Labyrinthe de Pan (2006). J’ai pu retrouver la touche esthétique de Del Toro avec des plans travaillés, des couleurs sombres et bleutées. Je n’ai rien à redire des performances des principaux acteurs, Sally Hawkins et Michael Shannon. Là où je suis déçue, c’est concernant l’intrigue. L’histoire est sans surprise et la fin se devine bien avant qu’elle arrive. Elle n’apporte rien de plus au thème de la différence.

Parmi les autres films vus, il y a eu The Snowman (2017), Invincible (2014) qui est un bon film historique, La Tour sombre (2017). Elle fait partie des nombreuses adaptations de l’oeuvre de Stephen King de 2017. Malheureusement, je n’ai pas été conquise par cet univers (ou ce qu’ils en ont fait). Rien n’est abouti, l’univers et les personnages sont à peine effleurés. Je pense qu’il y avait matière à faire quelque chose de bien mieux. A futile and stupid gesture (2017) ainsi que Jupiter, Le destin de l’univers (2015) ne me laisseront pas un souvenir impérissable. Ils m’ont même un peu ennuyée… J’ai aussi vu (enfin) Dunkerque (2017) et ce fut une bonne surprise. Les plans aériens étaient époustouflants. Ce n’est pas non plus un coup de coeur, mais un film intéressant, plein de tension. J’avais un peu peu d’un Harry Styles acteur, mais ça passait. Le Crime de l’Orient Express (2017) fut le dernier film vue pour Février et il se finit sur une bonne note. Visuellement irréprochable, il réunit un très bon casting. Je ne me suis pas ennuyée et je me suis facilement prise au jeu, devinant un peu avant le dénouement le coupable. Une victoire pour moi ! De plus, il m’a vraiment donné envie de me plonger dans l’oeuvre d’Agatha Christie que je connais très mal, ayant seulement lu Dix petits nègres.

En parlant de romans, je dois avouer que c’est plutôt de ce côté que je suis sortie des sentiers battus en lisant deux romans de la rentrée littéraire de septembre 2017. Cela faisait un moment que je fuis non seulement les auteurs français mais également la rentrée littéraire. Je n’en ai plus lu depuis au moins quatre ans. J’y suis revenue avec deux ouvrages traitant de la Seconde Guerre mondial et qui furent récompensés par le prix Goncourt et le prix Renaudot. J’ai nommé L’ordre du jour d’Eric Vuillard et La disparition de Josef Mengele d’Olivier Guez. Si je suis un peu mitigée sur le livre de Vuillard, j’ai trouvé celui de Guez passionnant. Ils m’ont réconcilié avec les auteurs français. Au point d’en lire un autre qui sort également de mes lectures habituelles, une bande dessinée. Aveline m’a recommandé La Mort de Staline de Fabien Nury et Thierry Robin en prévision du film qui va bientôt sortir. Il a l’air franchement bien, quoique plus drôle que la BD. Bref, quasiment un sans faute pour les auteurs français et j’ai continué mon exploration en ce début du mois de Mars.

Pour les auteurs étrangers, j’ai adoré The Miniaturist de Jessie Burton qui propose une immersion dans les Pays-Bas de l’âge d’or. Il a d’ailleurs fait l’objet d’une adaptation sous la forme d’une mini-série par la BBC. Je compte également m’y intéresser car j’ai vraiment été conquise par cette histoire et les personnages. Je pense d’ailleurs lire son autre roman, The Muse dont l’intrigue se déroule dans le monde de l’art. Il ne peut que me plaire. Ma plus grande déception du mois va pour So near the horizon de Jessica Koch. Il m’a été chaudement recommandé et je parlerai plus en détail de ce livre dans un billet prochainement.

Du coup, dans mes envies de Mars, il y a encore des auteurs français. Je les découvre à nouveau et avec moins d’a priori qu’avant. 2018 commence sous leur signe, quand bien même ce n’était pas du tout ce que j’avais en tête pour de nouvelles découvertes. Je varie les plaisirs. J’aimerais aussi terminer Sapiens, A brief history of humankind de Yuval Noah Harari qui est un essai brillant et très bien écrit. Je ne fais aucune autre prévision que ce livre. Je ne suis pas habituée au pile à lire du mois, changeant souvent d’avis.

Pour finir, le mois de Février fut également riche culturellement, mais d’une autre manière. Je me suis enfin décidé à réellement me promener dans Metz. Je suis allé voir la Porte des Allemands, les vitraux de Jean Cocteau qui sont une merveille de beauté et de poésie. J’ai visité les deux expositions du Centre Pompidou. Dumb Types a un côté un peu dérangeant avec une scénographie plongée dans le noir, des bruits et des lumières qui clignotent. Et pourtant, certaines oeuvres avait un côté absolument fascinant. Elle est sincèrement à recommander, surtout que c’est la première fois que le collectif expose en France. Cependant, c’est avec la deuxième partie de Japanorama que j’ai été séduite. Je ne connaissais aucun des artistes présents, mais il y avait un certain nombre d’oeuvres sur lesquelles je me suis longuement attardée. Néanmoins, rien à comparer de l’Infinity Mirror Room de Yayoi Kusama. Ce fut un choc de la voir. Je pense qu’il s’agit de la plus belles oeuvres que j’ai pu voir de ma vie et je compte prochainement y retourner pour de nouveau m’y perdre. Je prépare un article dessus, il sera un peu différent de ce que je peux proposer sur le blog, mais j’ai envie d’un peu de changements.

Je vous retrouve le mois prochain pour un nouveau bilan culturel, de mes envies en la matière. Si vous avez des recommandations, des suggestions de westerns, de romans ou d’auteurs français, n’hésitez pas à me les laisser en commentaire.

Au banc des essais #1 | 3 essais autour du féminisme

Une nouvelle catégorie sur le blog pour aborder les différents essais que je peux lire mais que je ne présente jamais. Ils ne sont que représentés sur la blogosphère littéraire et je n’ai jamais osé en parler non plus. Cependant, c’est dommage de les bouder ainsi et j’ai envie de les mettre un peu plus en avant à travers cette série d’articles qui peut être thématique ou juste une présentation des derniers essais lus. Pour le premier billet, je vous présente trois essais autour du féminisme ou du girl empowerment. 

Le deuxième sexe I de Simone de Beauvoir

« Nous commencerons par discuter les points de vue pris sur la femme par la biologie, la psychanalyse, le matérialisme historique. Nous essaierons de montrer ensuite positivement comment la « réalité féminine » s’est constituée, pourquoi la femme a été définie comme l’Autre et quelles en ont été les conséquences du point de vue des hommes. Alors nous décrirons du point de vue des femmes le monde tel qu’il leur est proposé ; et nous pourrons comprendre à quelles difficultés elles se heurtent au moment où, essayant de s’évader de la sphère qui leur a été jusqu’à présent assignée, elles prétendent participer au mitsein humain. »

Un des classiques de la littérature féministe que j’étais un peu intimidée à l’idée de lire et, pourtant, ce premier tome est très accessible. J’avais peur de ne pas tout comprendre des propos de l’auteur mais ce ne fut pas le cas. Il se lit parfaitement bien.

Pour ma part, je me suis surtout passionné pour la deuxième partie de l’ouvrage, Histoire, où l’auteur se propose de retrouver l’histoire de la femme. Depuis, de telles études ont été entreprises et il existe des ouvrages rendant compte de cette histoire. Je ne peux pas vous en proposer, malheureusement, car je n’en ai pas encore lu, mais c’est prévu.

Simone de Beauvoir écrivait en 1949 et pourtant, il reste des passages entiers de son oeuvre qui reste terriblement d’actualité comme l’égalité entre les hommes et les femmes dans le monde du travail. Ce premier tome est très enrichissant sur la condition de la femme ainsi que sur la vision que l’homme peut avoir de cette dernière. Indéniablement, c’est très bien écrit et documenté. Cependant, je ne saurai dire s’il m’a réellement marqué ou non. D’autres essais m’ont beaucoup plus fait réfléchir autour du féminisme et de certaines questions en particulier qui me tiennent à coeur.

L’action des femmes n’a jamais été qu’une agitation symbolique ; elles n’ont gagné que ce que les hommes ont bien voulu leur concéder ; elles n’ont rien : elles ont reçu.

The Beauty Myth de Naomi Wolf

Every day, women around the world are confronted with a dilemma – how to look. In a society embroiled in a cult of female beauty and youthfulness, pressure on women to conform physically is constant and all-pervading. In this shortened edition you will find the essence of Wolf’s groundbreaking book. It is a radical, gripping and frank exposé of the tyranny of the beauty myth, its oppressive function and the destructive obsession it engenders.

Je m’intéresse beaucoup au féminisme sous le prisme de la beauté, des diktats de la société dans ce domaine, leur apparition et évolution dans le temps. Naomi Wolf a écrit ce court ouvrage à la fin des années 1990. Il est certes relativement court, mais il pousse à la réflexion et de ceux que je présente, c’est clairement un de mes essais préférés sur le sujet. Il reste, malheureusement d’actualité, même en 2018.

Le point de départ est un constat glaçant.

More women have more money and power and scope and legal recognition than we ever had before; but in term of how we feel about ourselves physically, we may actually be worse off than our unliberated grandmothers.

Elle aborde la question de la pornographie, du cinéma, des magasines, de la littérature, mais elle a surtout pointé du doigt dont j’essaie de me défaire depuis quelques années maintenant. Cette dernière peut conduire à des troubles du comportement alimentaire, à des dépressions, … J’en ai souffert, mais elle reste encore à l’esprit. Il faut dire que nous sommes conditionnés pour penser ainsi. Naomi Wolf dit, en effet

A girl learns that stories happen to beautiful women, whethere they are interesting or not. And interesting or not, stories do not happen to women who are not beautiful.

Cette idée circule encore aujourd’hui, et avec d’autant plus de force que nous sommes dans l’ère des réseaux sociaux et Instagram pourrait être considéré comme la bannière du culte de la beauté et d’une vie parfaite. C’est un endroit où certaines personnes peuvent ressentir de l’insécurité et il est parfois difficile de se détacher de ces hommes ou femmes que nous prenons pour modèle. J’appliquais énormément cette idée durant mes années de droit, faisant le lien, biaisé, entre réussite et « beauté ».

The Beauty Myth est un court ouvrage qui a eu beaucoup d’échos en moi, me faisant prendre conscience de beaucoup de choses sur ma manière de penser et de me comporter face à la beauté. Il m’a quelque peu secoué.

Girlboss de Sophia Amoruso

The first thing Sophia Amoruso sold online wasn’t fashion – it was a stolen book. She spent her teens hitchhiking, committing petty theft, and dumpster diving. By age twenty-two, she had resigned herself to employment, but was still broke, directionless, and checking IDs in the lobby of an art school—a job she’d taken for the health insurance.

It was in that lobby that Sophia decided to start selling vintage clothes on eBay. Flash forward eight years to today, and she’s the Founder, CEO and Creative Director of Nasty Gal, a $100+ million online fashion retailer with over 350 employees. Sophia’s never been a typical CEO, or a typical anything, and she’s written #GIRLBOSS for girls like her: outsiders (and insiders) seeking a unique path to success, even when that path is windy as all hell and lined with naysayers. 

Après avoir vu la série, qui m’avait tout de même laissé un sentiment plutôt mitigé, j’avais tout de même envie de tester le livre dont elle s’est inspirée. L’adaptation reprend peu ou prou les principaux aspects du bouquin : comment d’une bonne idée, Sophia Amoruso a réussi à bâtir un empire. C’est le genre d’ouvrages que j’aime beaucoup lire et qui m’inspire, me donnant envie de faire mieux, de me dépasser et de me dire que je peux le faire.

Cependant, je n’ai pas apprécié outre mesure ce livre pour un certain nombre de raisons. La première tient au fait que Sophia Amoruso n’aborde que très peu ou de manière superficielle les difficultés qu’elle a rencontré en créant puis en développant son entreprise. Pour moi, c’était un des aspects les plus importants de cet ouvrage et une des raisons (pour ne pas dire la raison) pour lesquelles j’ai voulu découvrir #Girlboss après la série.

J’ai aussi beaucoup de mal avec Sophia Amoruso et je n’arrive pas du tout à l’imaginer comme un modèle. Elle se présente comme une bonne patronne, qui aime s’entourer d’employés qui veulent véritablement s’investir dans son entreprise. C’est légitime en soi, mais j’ai du mal à y croire. Elle a été au coeur d’un scandale pour des licenciements abusifs. De plus, son manque d’humilité m’a quelque peu dérangé. Elle a le droit d’être fière de ce qu’elle a accompli, là n’est pas la question, mais elle m’a souvent donné l’impression de rabaisser les autres qui n’ont pas connu le succès. Au final, je ne me sentais pas du tout comme une girlboss, et notamment par son rapport à l’échec. Du coup, je n’avais pas l’impression de faire partie de son club élitiste, impression renforcée par les interviews qui clôturent chacun des chapitres.

Je ne garde pas totalement un bon souvenir de cet ouvrage. L’auteur a peut-être réussi, mais elle a totalement échoué à m’inspirer et à me donner envie de me dépasser. Toutefois, sa définition d’une girlboss peut être intéressante et je la garde à l’esprit.

A girlboss is someone who’s in charge of her own ride. She gets what she wants because she works for it. As a girlboss, you take control and accept responsibility. You’re a fighter. (…) You’re a badass.