La Culture avec un grand A et du latte #4

Je n’ai pas publié ce type d’articles depuis quelques mois, mais l’été est l’occasion parfaite pour reprendre quelques bonnes habitudes. Le mois d’août est déjà bien entamé et c’est le moment de proposer mon bilan de juillet. Les vacances d’été sont définitivement propices à la lecture…

Je n’ai vu que très peu de films. Trois pour être précise. Je ne me suis déplacée qu’une seule fois dans les salles obscures, pour voir le nouveau Jurassic World, Fallen KingdomIl a d’ailleurs été mon seul coup de coeur du mois. Il avait tous les ingrédients pour faire un opus réussi, tout en ouvrant d’autres possibilités. Je suis une grande fan de la franchise. À côté de ça, j’ai regardé The Dictator de Sacha Baron Cohen dont je ne suis définitivement pas fan de l’humour et Braquage à l’ancienne avec Michael Caine et Morgane Freeman. Une comédie sans plus.

En revanche, je me suis fait deux expositions : Hélène de Beauvoir, la soeur de Simone au Musée Würth qui propose une rétrospective de l’artiste, de ses débuts et ses influences au fur et à mesure. Je la recommande. Hélène est moins connue que sa soeur, mais elle le mérite. Son oeuvre est vraiment intéressante : elle s’inscrit dans les mouvements de l’avant-garde de l’époque tout en explorant des thèmes comme le féminisme, les événements de mai 68. Un week-end à Paris et j’ai profité pour aller voir l’exposition Klimt à l’Atelier des Lumières dont j’ai déjà parlé sur le blog.

En revanche, j’ai lu une quinzaine de livres.

  • How to be a woman de Caitlin Moran : une déception tout de même. J’attendais beaucoup de cet ouvrage, mais, finalement, je n’ai pas été sensible aux sujets qu’elle aborde et la manière dont elle les aborde.
  • Eragon de Christopher Paolini : j’avais très envie de relire afin de continuer et terminer la série. Cependant, la lecture de ce premier tome s’est révélée houleuse. Je n’ai plus retrouvé la magie de ma première lecture.
  • La tétralogie des origines, Le château des millions d’années de Stéphane Pzbylyski : la science-fiction n’est pas un genre que j’ai l’habitude de lire mais auquel je m’essaie de temps à autre. Le plus souvent avec succès comme avec Sylvain Neuvel. Un gros coup de coeur pour ce premier tome.

  • Kamarades, La fin des Romanov, Tuez-les tous & Terre promise de Benoît Abtey, Jean-Baptise Dusséaux et Mayalen Goult : une série dont j’ai adoré l’histoire et le graphisme. Un de mes coups de coeur de ce mois-ci.
  • The Romanovs de Simon Sebag-Montefiore : je vous renvoie vers mon article pour connaître mon avis sur cet essai historique.
  • Le détail, Pour une histoire rapprochée en peinture de Daniel Arasse : les essais d’histoire de l’art de Daniel Arasse sont toujours très bien écrit et j’apprends toujours plein de choses.
  • Vladimir Vladimirovitch de Bernard Chambraz : une lecture en demi-teinte. Je m’attendais à quelque chose de différent. J’en parlerai plus en détail lors du mois russe, en décembre.
  • À l’ouest rien de nouveau d’Erich Maria Remarque : un des classiques autour de la Première Guerre mondiale. Une relecture qui m’a encore touché, chamboulé. Ce roman d’Erich Maria Remarque est celui qu’il faut lire à ce sujet.

  • Burn the fairytale d’Adeline Whitmore : je continue mon exploration de la poésie contemporaine avec Adeline Whitmore. Mais je suis réellement déçue. Je ne l’ai pas trouvé positif envers toutes les femmes.
  • La meilleure chose qui ne me soit (jamais) arrivée de Laura Tait et Jimmy Rice : finir le mois avec une petite romance. Elle est divertissante, mais pas transcendante. J’ai passé un bon moment, mais je n’en garderai pas un souvenir impérissable.
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Pierre Lapin (2018)

Le petit lapin préféré des jeunes lecteurs depuis des générations est désormais le héros d’un film plein d’aventures et d’espièglerie ! L’éternelle lutte de Pierre Lapin avec M. McGregor pour les légumes du potager va atteindre des sommets. Sans parler de leur rivalité pour plaire à cette charmante voisine qui adore les animaux… Bien au-delà du jardin, de nombreuses péripéties les entraîneront de la magnifique région des lacs en Angleterre jusqu’à Londres !

Durée : 1 heure 33 minutes

Un film de : Will Gluck

Avec : Domhnall Gleeson ; James Corden ; Margot Robbie ; Elizabeth Debicki ; Daisy Ridley ; Rose Byrne…

Je lisais les romans de Beatrix Potter quand j’étais plus jeune et je trouve les illustrations toujours aussi magnifiques, pleines de douceur. Cette adaptation cinématographique de l’oeuvre de mon enfance me donnait envie, sans pour autant réellement savoir à quoi m’attendre. Cependant, avec James Corden (Peter Rabbit) et Domhnall Gleeson (McGregor) dans les deux rôles principaux, je ne pouvais que passer un bon moment.

Et plus encore, car Pierre Lapin fut un coup de coeur inattendu. Il y avait bien longtemps qu’un film ne m’avait pas propulsé directement en enfance. J’avais l’impression d’être une gamine qui s’esclaffait joyeusement devant les bêtises et les aventures de ce lapin facétieux. C’était drôle à souhait et je suis toujours bonne cliente pour l’humour anglais. Je ne m’attendais pas à un florilège de gags, de situations rocambolesques. J’avais peur que les scénaristes choisissent d’en faire trop. Ce n’est clairement pas mon ressenti. J’ai apprécié aussi les petites références que les adultes peuvent comprendre.

L’histoire démarre fort et elle va crescendo, de catastrophes en catastrophes. Elle reste classique et sans véritable surprise. Elle se finit comme on l’attend. Pour autant, j’ai passé un pur moment de divertissement avec cette bande de lapins très attachants et intelligents. Petit point positif, je trouve la remise au goût du jour plutôt réussie. À vrai dire, je n’avais pas d’attentes particulières. C’est un film familial qui peut plaire à tous. Il réunit tous les ingrédients pour une adaptation réussie.

Du point de vue de l’animation, j’ai adoré le mélange de prises de vue réelle, des animaux en image de synthèse et les passages en animation 2D. Les CGI sont bien réalisées et réalistes selon les critères actuels. Cependant, elles gardent également une petite touche de magie en ne poussant pas le réalisme à outrance pour donner tout de même un côté enfantin et relativement doux qui peut rappeler les illustrations des ouvrages de Beatrix Potter. J’espérais en apercevoir durant le film et j’étais ravie de voir, par exemple, que Beaucoup peignait les animaux de la forêt. En réalité, il s’agissait des illustrations originales des livres. C’était encore plus merveilleux quand l’animation en deux dimensions vient au service d’un bel hommage. Le mélange des trois types d’images ne m’a jamais dérangé, car, au final, elles s’intègrent parfaitement les unes aux autres dans une même histoire. Des rôles différents leur sont dévolus, permettant également de créer une cohérence.

Cependant, ce que je retiens du film, c’est la bande originale. Un immense coup de coeur ! Le premier moment de grâce vient avec We no speak Americano de Yolanda Be Cool vs. DCUP. C’est ensuite un florilège avec Do your thing de Basement JaxxFeel it still de Portugal The Man ou Crash into me de Dave Matthews Band. Jusqu’à l’apothéose… Five Hundred Miles de The Proclaimers. Cette chanson fait partie de mes plaisirs coupables. Dès que je l’entends, je ne peux pas m’empêcher de chanter (et parfois même de danser). Je devais avoir sensiblement les mêmes goûts musicaux que l’équipe en charge de la bande sonore. En tout cas, ils ont réussi à totalement m’emporter dans l’aventure musicale de Pierre Lapin.

En le commençant, je n’avais aucune attente particulière, mais il était clair que je ne m’attendais pas du tout à ce qu’il soit un coup de coeur. J’ai apprécié chaque minute de ce dernier qui est un petit bijou de divertissement. Je crois bien qu’il y a bien longtemps qu’un film ne m’avait fait autant rire.

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La Culture avec un grand A et du latte #3

Mon mois d’avril fut pris par mon stage, qui fut intense, mais qui m’a permis d’apprendre de nouvelles compétences professionnelles, comme la rédaction de communiqués de presse. J’ai pu vraiment m’investir dans la vie de la Fondation, faire des propositions. J’ai adoré chaque minute passé là-bas. Du coup, j’en ai un peu oublié certaines choses.

Honte à moi ! En tant qu’étudiante dans le domaine de la culture, je n’ai visité aucun musée ni exposition durant le mois. Je compte bien me rattraper durant le mois de mai. Je compte aller voir la nouvelle exposition du Centre Pompidou de Metz, Couples modernes. J’aimerais aussi voir un peu plus d’oeuvres de l’incroyable exposition se déroulant dans la ville de Strasbourg, Industrie magnifique. Je suis déjà allée voir le mammouth se situant à côté de la cathédrale. Le 19 mai, c’est également la Nuit européenne des musées. Je n’ai pas encore arrêté de programme, mais j’y réfléchis.

Du point de vue des lectures, j’ai enchaîné avec des livres moyens ou des grosses déceptions. Je n’ai eu littéralement aucun coup de coeur ce mois-ci où j’ai presque joué de malchance ! Parmi les romans que je qualifierai de sympathique, mais sans plus, j’ai pu lire le premier tome de la trilogie Wicked de Jennifer L. Armentrout, auteur que je découvrais par la même occasion. Je retiens l’univers qui se développe autour des faës et de la Nouvelle-Orléans. Malheureusement, j’ai trouvé que la romance prenait parfois toute la place, au détriment de l’intrigue. De plus, la fin fut sans surprise également. C’est le reproche que je fais également à Poppy de Mary Hooper. Je pense en reparler plus longuement sur le blog en novembre, car je développe un petit projet dans lequel ce roman s’intègre parfaitement. Toutefois, si je devais retenir un seul ouvrage, ce serait Le musée disparu d’Hector Feliciano. C’est une enquête menée par un journaliste sur les oeuvres disparues durant la Seconde Guerre mondiale, très bien écrit et accessible.

En revanche, grosse déception pour le premier tome de L’amie prodigieuse d’Elena Ferrante. J’en avais entendu tellement de bien sur la blogosphère et il était absolument partout. J’ai fini par craquer, après avoir longuement hésité. Le prologue m’avait quelque peu charmé, mais, très vite, je me suis ennuyée. J’ai trouvé le style de l’auteur mécanique et froid, voire impersonnel, des faits sans sentiments. Je ne me suis jamais attachée aux deux amies et j’ai fini par abandonner. Autre grosse déception pour The Muse de Jessie Burton. Il fera l’objet d’un prochain article, aussi, je ne vais pas m’étendre dessus.

Pour finir sur le récapitulatif de mes lectures du mois, je signale également Release de Patrick Ness (un article viendra dans quelques jours), Mrs Dalloway de Virginia Woolf que j’ai abandonné. Je n’ai jamais réussi à dépasser les cinq premières pages et j’ai essayé plusieurs fois, sans grand succès. Cela faisait presque un an que j’avais commencé The travels de Marco Polo. Même avec toute la bonne volonté du monde, je n’ai jamais réussi à dépasser les vingt pages lus…

En revanche, j’ai eu plus de chance avec les films et les séries que j’ai pu voir. Clairement, le mois d’avril fut placé sous le signe des zombies avec la sortie de la deuxième saison de Santa Clarita Diet, que j’ai dévoré en quelque jour. Encore un coup de coeur pour cette série qui change un peu de ce qui se fait autour des morts-vivants. C’est drôle, complètement loufoque et déjanté. Je ris franchement à chaque épisode. J’ai aussi regardé deux saisons de Z Nation, qui restera un de mes plaisirs coupables. Du côté des films, j’avoue ma passion pour les comédies horrifiques autour des zombies. Plus c’est nul, plus j’aime… Manuel de survie à l’apocalypse zombie était plutôt sympathique, avec des scènes bien comiques, frôlant parfois le grand n’importe quoi. J’ai également revu World War Z. Il se laisse voir.

Cependant, mon coup de coeur absolu du mois est dans un tout autre registre. J’ai plus qu’adoré… Roulements de tambour… Pierre Lapin. Oui, oui, Pierre Lapin. Je ne savais pas à quoi m’attendre en le voyant. Certainement pas à adorer chaque minute de ce dernier, à rire tout du long. Un article est déjà préparé pour vous expliquer le pourquoi du comment. J’ai commencé le mois avec un autre film sur les animaux, qui reste un classique du genre, sans vraiment de surprise. La fin est connue avant même d’avoir débuté le film. Benji reste toutefois un film adorable à voir, mais qui ne me laissera pas de souvenirs impérissable. Je dirai la même chose du troisième Pitch Perfect. Je ne regrette pas de ne pas l’avoir vu au cinéma. Il est mieux que le deuxième, mais moins bien que le premier.

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Coco (2017)

Miguel, un mexicain de 12 ans vivant avec sa famille dans une zone rurale du Mexique, résout un mystère générationnel lié à sa famille en déclenchant une série d’événements qui donnera lieu à une réunion de famille, entre défunts et vivants. L’action se déroule lors du traditionnel Jour des morts.

Durée : 1 heure 49 minutes

Un film de : Lee Unkrich & Adrian Molina

 

Cette nouvelle collaboration Disney/Pixar était très attendue et Coco figurait parmi les dernières sorties cinématographiques de l’année 2017 que je voulais absolument voir. J’apprécie les immersions dans différentes cultures qu’ils nous proposent depuis quelque temps : l’Ecosse avec Brave, les îles du Pacifique avec Moana. Coco nous emporte au Mexique durant la Fête des Morts.

J’ai adoré découvrir cette fête à travers un dessin animé. Je connaissais déjà cette tradition, mais uniquement dans les grandes lignes. Par exemple, j’ignorais tout de l’importance d’exposer les photographies sur l’autel familial. Les explications sont présentes : les raisons du passage des morts, cette culture de la mémoire et de la famille, ce qu’il advient de ceux qui sont oubliés… Même pour des choses plus orientées vers un public jeune, j’attends toujours un univers qui soit tout de même un brin étoffé. Du coup, le monde de Miguel me paraît déjà plus complet et l’histoire en devient plus plaisante et moins enfantine.

J’y ai vu beaucoup de respect pour la culture mexicaine et une véritable volonté de la faire découvrir à travers une de ses fêtes les plus emblématiques que quasiment tout le monde connaît, réutilise parfois sans vraiment la comprendre. Le film met aussi l’accent sur sa musique, ses danses et son art avec la présence d’une Frida Kahlo que j’ai adoré. Coco respecte cet univers très coloré qui est très cohérent d’un point de vue esthétique et avec la Fête des Morts. C’est une explosion de couleurs et un regal pour les yeux. Le monde des morts était incroyable. L’équipe artistique a dû se faire plaisir pour l’imaginer. Visuellement, esthétiquement, Coco est une réussite et c’est un des aspects que je retiens du film. En effet, par beaucoup d’autres, je suis déçue. Je m’attendais à quelque chose de différent.

Notamment en ce qui concerne les parties musicales. L’idée de départ est un jeune garçon qui adore la musique et qui rêve de devenir musicien dans une famille où la musique est totalement bannie. Elle est au coeur même de l’intrigue et elle justifie toutes les aventures du jeune Miguel. Elle est certes présente, bien plus que dans n’importe quel film de Pixar, mais l’impression qu’il m’en reste est qu’elle était peut-être trop effacée. Quelques jours après avoir vu le film, à part Remember me, aucune ne m’a particulièrement marqué. Je n’en ai écouté aucune depuis alors que c’est quelque chose que je fais énormément. Je suis sensible aux musiques dans les films et j’ai souvent pour habitude de courir les réécouter quasiment tout de suite en sortant de la séance comme ce fut le cas pour Moana, par exemple. Pour un dessin animé où la musique est au coeur de tout, c’est un peu léger à mon avis. Elles sont entraînantes sur le moment, mais elles s’oublient vite.

Remember me fut une chanson très touchante et qui allaient parfaitement avec le film. J’ai vraiment apprécié que le titre de ce dernier ne soit pas le nom du jeune héros. Cela renforce encore plus le message du film : de l’importance de la famille, de se souvenir de nos ancêtres et de nos racines… L’histoire est terriblement émouvante et je mentirai si je disais que je n’avais pas versé ma petite larme. Il a parfois été bouleversant, me rappelant ma propre grand-mère espagnole et j’ai adoré la relation de Miguel avec sa grand-mère et son arrière-grand-mère.

Ce sont des thèmes universels qui sont abordés mais qui fonctionnent toujours. Ils restent exploitables et d’actualité. En tout cas, ils m’ont parlé. Je regrette seulement que l’intrigue fut si prévisible. Le traitement du sujet est classique, sans prise de risque et le tout n’offre aucune surprise en conséquent. Disney et Pixar n’osent pas encore casser les codes et c’est vraiment dommage. Cependant, je garde aussi à l’esprit que Coco est en premier lieu à destination d’un public plutôt jeune. En tant qu’adulte, mes espérances étaient sur d’autres terrains.

Si mon billet peut donner l’impression que je n’ai pas apprécié ce dessin animé, ce n’est pas totalement le cas. Certes, il y a des petits défauts, des horizons d’attente qui n’ont pas été rencontrés. Néanmoins, je ne suis pas complètement déçue de la séance, bien au contraire. J’ai passé un bon moment avec une histoire touchante et rythmée qui m’a plongé au coeur de la culture mexicaine, me faisant oublier la grisaille ambiante en apportant un petit rayon de soleil d’ailleurs.

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1922 (2017)

Une série de phénomènes persuadent un homme qu’il est hanté par son épouse dont il a commis le meurtre.

Durée : 1 heures 41 minutes

Un film de : Zak Hilditch

Avec : Thomas Jane ; Molly Parker ; Dylan Schmid ; Neal McDonough…

 

 

Même si le succès de Stephen King, dans les librairies ou par le biais des différentes adaptations cinématographiques et télévisées, est toujours au rendez-vous et ce, depuis près de quarante ans, 2017 semble être l’année de l’écrivain. Il y a eu pas moins de trois films tirés de son oeuvre dont le très attendu remake de Ca. Impossible d’échapper au phénomène Stephen King ! Pour ma part, c’est un auteur que je n’ai jamais lu, mais qui commence sérieusement à piquer ma curiosité.

L’histoire est relativement classique et n’est pas sans me rappeler les contes terrifiants d’Edgar Allan Poe. Cependant, 1922 reste une très bonne surprise pour plusieurs raisons. La première tient au fait que, visuellement, les plans sont très léchés. Ils permettent de mieux se plonger dans l’ambiance, tout en jouant sur l’idée d’absence et de présence des personnages, intérieur et extérieur. Ces couples renforcent ainsi le quasi huis-clos qui se déroule devant les yeux du spectateur ainsi que l’ambiance pesante.

De plus, après avoir vu le film, il devient plutôt clair que l’équipe du film a beaucoup misé sur le développement des personnages et sur l’ambiance globale. Tout au long, j’ai été plongée dans un intérieur oppressant et lourd, avec une violence parfois seulement silencieuse mais omniprésente. La musique joue aussi un rôle prépondérant dans cette adaptation. Elle est parfaitement calibrée pour le film avec des sons grinçants qui donnent la chair de poule et elle participe activement à l’attente psychologique, à la dégradation de l’esprit de Wilfred James, à la noirceur de ses pensées… Dans la première partie du film, j’avais ainsi le sentiment que quelque chose allait se passer et il faut attendre un peu avant que l’histoire ne bascule complètement, amenant quelques lenteurs à l’intrigue.

Dans la deuxième partie, les choses changent un peu. L’irréparable a été commis et 1922 devient intéressant à partir de ce moment. Le spectateur se demande si les événements peuvent aller encore plus dans l’horreur, dans l’insoutenable folie qui s’empare de cette maison. J’ai trouvé l’ambiance encore plus malsaine et les acteurs ont fait un travail fantastique. Je ne connaissais aucune des premiers rôles. Pourtant, le père et le fils étaient absolument parfaits et notamment Thomas Jane dans le rôle du fermier taciturne et proche de sa terre, Wilfred James. Il a beaucoup de charisme et cela rend d’autant plus plausible sa manipulation pernicieuse sur son fils. Ce dernier n’est pas en reste non plus. Ils forment tous les deux un très bon duo qui fonctionne très bien à l’écran, avec une réelle présence. Ils jouent énormément sur les regards, les tensions dans le langage corporel. Il y a peu de dialogues mais les acteurs les rendent superflus.

Au final, 1922 est un film avec une intrigue classique, presque un peu convenue. Cependant, il dispose d’arguments de choix en ce qui concernent l’atmosphère générale de l’adaptation et pour l’interprétation des personnages. Je m’attendais à un pur film d’horreur. En tout cas, la bande-annonce allait dans ce sens, mais il s’agit clairement d’un très bon thriller psychologique avec une maîtrise de la tension. Il y a quelques scènes qui peuvent heurter la sensibilité mais ce n’est pas l’objectif principal de l’adaptation qui est vraiment la psychologie des personnages, les relations familiales, la lente folie qui s’empare d’eux… Pour mon plus grand plaisir, d’ailleurs, car les films d’horreur ne sont pas ma tasse de thé. Par ailleurs, j’ai beaucoup aimé le rythme lent et contemplatif donné qui apporte une cohérence avec l’histoire, la musique…

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