Judith Kerr • Quand Hitler s’empara du lapin rose (1971)

Quand Hitler s’empara du lapin rose • Judith Kerr • 1971 • Le Livre de Poche • 314 pages

Imaginez que le climat se détériore dans votre pays, au point que certains citoyens soient menacés dans leur existence. Imaginez surtout que votre père se trouve être l’un de ces citoyens et qu’il soit obligé d’abandonner tout et de partir sur-le-champ, pour éviter la prison et même la mort. C’est l’histoire d’Anna dans l’Allemagne nazie d’Adolf Hitler. Elle a neuf ans et ne s’occupe guère que de crayons de couleur, de visites au zoo avec son « oncle » Julius et de glissades dans la neige. Brutalement les choses changent. Son père disparaît sans prévenir. Puis, elle-même et le reste de sa famille s’expatrient pour le rejoindre à l’étranger. Départ de Berlin qui ressemble à une fuite. Alors commence la vie dure – mais non sans surprises – de réfugiés. D’abord la Suisse, près de Zurich. Puis Paris. Enfin Londres. Odyssée pleine de fatigues et d’angoisses mais aussi de pittoresque et d’imprévu – et toujours drôles – d’Anna et de son frère Max affrontant l’inconnu et contraints de vaincre toutes sortes de difficultés – dont la première et non la moindre: celle des langues étrangères! Ce récit autobiographique de Judith Kerr nous enchante par l’humour qui s’en dégage, et nous touche par cette particulière vibration de ton propre aux souvenirs de famille, quand il apparaît que la famille fut une de celles où l’on s’aime…

J’ai ce roman dans ma liste d’envie depuis quelques années. Il a fallu que son adaptation soit disponible à la demande pour que je me décide enfin à l’acheter et à le lire. J’ai passé un très bon moment avec les deux.

Quand Hitler s’empara du lapin rose est un roman autobiographique. Judith Kerr s’est inspirée de sa propre histoire et celle de sa famille. Son frère et elle deviennent Max et Anna. Elle raconte son exil loin d’Allemagne, après les élections de 1933 qui ont vu l’arrivée des nazis au pouvoir. La famille a été contrainte de fuir, car le père, un intellectuel juif, a souvent pris position contre le national-socialisme. C’est une histoire prenante. Dès les premières pages ou minutes du film, j’ai pris à coeur le destin d’Anna. J’avais tout de même l’espoir que les siens puissent rentrer dans leur pays, même si, en tant qu’adulte et connaissant l’Histoire, je savais que c’était impossible. Finalement, la question a été de savoir où ils allaient définitivement s’installer et se reconstruire.

Il y a beaucoup d’émotions retranscrites et, en tant que lectrice, je suis passée par tellement de sentiments différents, en même temps que la famille Kemper : de la tristesse à la colère, de l’espoir au désespoir le plus total… J’ai été impressionnée par la résilience d’Anna et Max alors qu’ils sont si jeunes, ainsi que de leurs parents. Ils avancent, essaient constamment de se reconstruire. Ils tentent tant bien que mal de s’adapter à chaque fois à un nouveau pays, une nouvelle langue et de découvrir des coutumes différentes. C’est un aspect que j’ai énormément apprécié de ce roman. J’avoue que je n’ai pas pu m’empêcher de penser à mes grands-parents maternels, qui, dans un autre contexte, ont fui la guerre civile espagnole, puis la guerre d’Algérie.

C’est un roman que j’avais tout de même peur de ne pas apprécier à sa juste valeur par son côté très jeunesse. Le public visé est celui qui a l’âge d’Anna, c’est-à-dire une dizaine d’années. Le livre est écrit de son point de vue. Cependant, je l’ai vraiment apprécié par tous les aspects que j’ai évoqués auparavant : un récit d’exil, de résilience, de l’importance de la famille avec toutes les épreuves qu’elle doit traverser. Il y a aussi les différents personnages. La famille est attachante et il y a de très jolis passages. Comme le dit si bien Anna, tant qu’ils sont ensemble, tout va pour le mieux.

En 2019, Quand Hitler s’empara du lapin rose a fait l’objet d’une adaptation par un studio allemand avec Oliver Masucci dans le rôle du père. C’est un acteur que j’apprécie énormément. En France, il est notamment connu pour son rôle d’Ulrich dans la série Dark de Netflix. Je ne connaissais pas les autres acteurs. L’actrice qui joue Anna est très bien, mais elle ne crève pas l’écran non plus. Aucun d’eux d’ailleurs. Ils sont bons dans leurs rôles, mais je n’ai pas vu de performances exceptionnelles.

Cependant, cette adaptation est extrêmement fidèle. Je n’ai relevé que deux différences, sans qu’elles apportent de véritables chamboulements dans l’intrigue. Par exemple, par rapport au livre, il y a un personnage secondaire qui manque à l’appel, mais son absence ne m’a pas dérangé. Elle n’apportait pas grand chose à l’intrigue dans le livre. Le deuxième changement est lorsqu’ils sont à Paris. Ils reçoivent l’aide d’un membre de leur famille dans le livre, une tante si mes souvenirs sont bons, alors que dans le film, il s’agit d’un metteur en scène allemand dont le père d’Anna avait souvent fait la critique. En revanche, j’ai énormément aimé la musique qui accompagne parfaitement les émotions présentes.

Que ce soit pour le livre ou son adaptation cinématographique, je n’ai pas eu de gros coup de coeur. Ça se laisse lire ou regarder, mais je n’en garderai pas un souvenir impérissable. Ils s’arrêtent tous les deux alors que la famille arrive à Londres. Le livre a en effet un deuxième tome, Ici Londres. S’il croise ma route un jour, je le lirai avec plaisir, mais ce n’est pas ma priorité.

Emerald Island Challenge • Des films autour de l’Irlande

Céline, du blog Le monde de Sapotille, reconduit pour la deuxième année consécutive son challenge littéraire autour de l’Irlande. Des thématiques sont données et l’objectif est de lire un ouvrage qui s’y rapporte. Pour diversifier mes billets, j’avais proposé, pour la première session, une playlist regroupant mes artistes irlandais préférés. Cette fois-ci, je change pour un article cinématographie (avec quelques séries) autour de l’Irlande, en fonction de différentes thématiques. À chacune d’elles, je propose également quelques lectures en relation.

Sur la guerre civile irlandaise et l’IRA

Le vent se lève • Ken Loach • 2006 • 2 heures 7 minutes

Irlande, 1920. Des paysans s’unissent pour former une armée de volontaires contre les redoutables Black and Tans, troupes anglaises envoyées par bateaux entiers pour mater les velléités d’indépendance du peuple irlandais. Par sens du devoir et amour de son pays, Damien abandonne sa jeune carrière de médecin et rejoint son frère Teddy dans le dangereux combat pour la liberté…

Le vent se lève est le premier film de ce réalisateur que j’ai vu, et revu un certain nombre de fois. C’est un des plus beaux sur l’histoire de l’Irlande avec un Cilliam Murphy absolument excellent.

Hunger • Steve McQueen • 2008 • 1 heure 36 minutes

Prison de Maze, Irlande du Nord, 1981. Raymond Lohan est surveillant, affecté au sinistre Quartier H, celui des prisonniers politiques de l’IRA qui ont entamé le « Blanket and No-Wash Protest » pour témoigner leur colère. Le jeune Davey Gillen, qui vient d’être incarcéré, refuse de porter l’uniforme car il ne se considère pas comme un criminel de droit commun. Rejoignant le mouvement du Blanket Protest, il partage une cellule répugnante avec Gerry Campbell, autre détenu politique, qui lui montre comment communiquer avec l’extérieur grâce au leader Bobby Sands. Lorsque la direction de la prison propose aux détenus des vêtements civils, une émeute éclate. La violence fait tache d’huile et plus aucun gardien de prison n’est désormais en sécurité. Raymond Lohan est abattu d’une balle dans la tête.

Hunger est un film avec lequel il faut s’accrocher, car il y a très peu de dialogues et de musiques. Il y a des plans très contemplatifs, mais il est intéressant sur l’histoire du pays, les protestations et revendications politiques et la grève de la faim de Bobby Sands.

Shadow Dancer James Marsh • 2012 • 1 heure 41 minutes

Collette, jeune veuve, est une républicaine, vivant à Belfast, avec sa mère et ses frères, de fervents activistes de l’IRA. Suite à son arrestation après un attentat avorté au cœur de Londres, Mac, un agent secret du MI5, lui offre le choix : passer 25 années en prison et ainsi perdre ce qu’elle a de plus cher, son fils, ou espionner sa propre famille. Elle décide de faire confiance à Mac, et retourne parmi les siens… 

Un thriller psychologique autour de l’IRA se déroulant en Irlande du Nord avec une tension bien présente et une fine qui laisse bouche bée.

Rebellion • Colin Treevan • 2016 • 2 saisons

Feuilleton en cinq parties sur la naissance de l’Irlande moderne. L’histoire est racontée de la perspective d’un groupe de personnages fictifs qui vivent par les événements politiques de l’Insurrection de Pâques 1916.

Une série en deux saisons sur les événements de 1916. Je l’apprécie aussi pour ses plans de Dublin qui me rappellent mon année là-bas.

À lire également : Mon traître et Retour à Killybegs de Sorj Chalandon ; The Story of Ireland de Neil Hegarty ; La parole de Fergus de Siobhan Dowd…

Sur l’immigration irlandaise

Brooklyn • John Crowley • 2015 • 1 heure 45 minutes

Dans les années 50, une jeune Irlandaise part à New-York en espérant y trouver du travail. Employée dans un grand magasin, elle prend parallèlement des cours de comptabilité. Elle rencontre un plombier italien et en tombe amoureuse. Tiraillée entre son ancienne vie avec ses proches et sa nouvelle à New-York, elle va devoir faire un choix, quelle vie souhaite-elle mener ?

J’ai également lu le livre et j’ai largement préféré son adaptation cinématographique qui enlève les longueurs du roman. Une très belle histoire sur l’immigration, le mal du pays…

Jimmy’s Hall • Ken Loach • 2014 • 1 heure 44 minutes

1932 – Après un exil de 10 ans aux Etats-Unis, Jimmy Gralton rentre au pays pour aider sa mère à s’occuper de la ferme familiale. L’Irlande qu’il retrouve, une dizaine d’années après la guerre civile, s’est dotée d’un nouveau gouvernement. Tous les espoirs sont permis… Suite aux sollicitations des jeunes du Comté de Leitrim, Jimmy, malgré sa réticence à provoquer ses vieux ennemis comme l’Eglise ou les propriétaires terriens, décide de rouvrir le « Hall », un foyer de jeunesse gratuit et ouvert à tous où l’on se retrouve pour danser, étudier ou discuter. Le succès est immédiat. Mais l’influence grandissante de Jimmy et ses idées progressistes n’est pas du goût de tout le monde au village. Les tensions refont surface.

Une très belle histoire, de belles musiques. Ici, c’est un film qui raconte plutôt le retour d’un homme après son immigration.

À lire également : Brooklyn de Colm Toibin ; Les cendres d’Angela de Franck McCourt…

Sur le scandale des maisons mères-enfants

Philomena • Stephen Frears • 2013 • 1 heure 38 minutes

Irlande, 1952. Philomena Lee, encore adolescente, tombe enceinte. Rejetée par sa famille, elle est envoyée au couvent de Roscrea. En compensation des soins prodigués par les religieuses avant et pendant la naissance, elle travaille à la blanchisserie, et n’est autorisée à voir son fils, Anthony, qu’une heure par jour. À l’âge de trois ans, il lui est arraché pour être adopté par des Américains. Pendant des années, Philomena essaiera de le retrouver.Quand, cinquante ans plus tard, elle rencontre Martin Sixmith, journaliste désabusé, elle lui raconte son histoire, et ce dernier la persuade de l’accompagner aux Etats-Unis à la recherche d’Anthony. 

Ce film a été un coup de coeur énorme, qui m’a fait passer des rires aux larmes. Contrairement, au prochain film que je présente, le réalisateur a choisi d’évoquer l’après, quand un femme décide de retrouver l’enfant qu’on lui a pris. Ce scandale secoue encore l’Irlande.

The Magdalene Sisters • Peter Mullan • 2002 • 1 heure 54 minutes

En Irlande, dans le comté de Dublin, en 1964.
Lors d’un mariage, Margaret est violée par son cousin. La honte s’abat sur toute la famille. Au petit matin, le curé de la paroisse vient chercher Margaret.
Bernadette est pensionnaire dans un orphelinat. En grandissant, devenue jolie, elle suscite la convoitise des jeunes gens du quartier. Considérant que sa nature et son caractère la destinent au pire, la direction de l’orphelinat la confie alors à l’unique institution susceptible de la maintenir dans le droit chemin.
Rose, qui n’est pas mariée, vient de donner naissance à un petit garçon. Séparée de son bébé, elle est emmenée au couvent des sœurs de Marie-Madeleine.
Les trois jeunes femmes sont immédiatement confrontées à Sœur Bridget, qui dirige l’établissement et leur explique comment, par la prière et le travail, elles expieront leurs pêchés et sauveront leur âme.

Pour celui-ci, l’action se déroule dans un couvent qui accueille les futures mères. Un film plein d’émotions sur la place de la religion en Irlande et celle des femmes.

À lire également : All the bad apples de Moïra Fowley-Doyle…

Sur la vie en Irlande

Rosie Davis • Paddy Breathnach • 2018 • 1 heure 26 minutes

Rosie et son mari forment une famille heureuse avec leurs quatre jeunes enfants. Travailleurs pauvres, ils vivent modestement de leurs revenus à Dublin. Le jour où leur propriétaire décide de vendre leur appartement, leur vie bascule dans la précarité. Trouver une chambre, même pour une nuit, est un défi quotidien. Avec beaucoup d’amour et de courage, Rosie et son mari vont affronter cette épreuve, et tout faire pour préserver leur famille.

Rosie Davis est un film qui m’a beaucoup touché, car il évoque la crise du logement que connaît Dublin depuis des années. Le film évoque les difficultés d’une famille relativement pauvre qui a été mise à la porte du jour au lendemain par leur propriétaire et qui ne trouve plus à se loger à Dublin.

Derry Girls • 2018 • 2 saisons (en cours)

Dans l’Irlande des années 1990, les exploits d’une ado de 16 ans, ses amies et sa famille dans une petite ville sous la répression anglaise.

Je finis sur une note plus joyeuse avec cette série nord-irlandaise. Que de fous rires devant de ce groupe d’adolescents alors que les tensions entre protestants et catholiques sont encore présentes. C’est avec plaisir que je retrouve la musique des années 1990, comme Take that ou The Cranberries.

À lire également : Asking for it de Louise O’Neill ; Sans un cri de Siobhan Dowd ; la série The Commitment de Roddy Doyle ; Paddy Clarke ha ha ha de Roddy Doyle ; Dubliners de James Joyce…

La Culture avec un grand A et du latte #2

Ce mois de Mars est passé à une vitesse folle et je ne regrette pas qu’il se termine enfin. Il ne fut pas de tout repos entre l’avancement de mon mémoire et le rendu du projet pour les Journées des Arts et de la Culture dans l’Enseignement supérieur. Nous avons travaillé sur une salle des portraits en choisissant d’inverser les rôles : le visiteur n’est pas celui qui observe les tableaux, mais ces derniers viennent l’épier, en réactualisant les références. La vidéo est juste une merveille.

Du coup, cela a quelque peu influencé les films que j’ai vu en mars afin de chercher les meilleures séquences à ajouter à la vidéo. Le premier film fut l’adaptation de 1984 de George Orwell par Michael Radford… Qu’en dire ? J’ai eu énormément de mal à accrocher et je me suis quelques fois endormie. J’ai tout de fois commandé le livre pour découvrir ce classique que je n’ai pas encore lu. J’ai aussi revu Da Vinci Code (2006). Dans mes souvenirs, il y avait des scènes intéressantes sur l’impression d’être épié par les oeuvres du Louvre. C’est aussi un de mes petits plaisirs coupables. J’ai enchaîné sur un classique du cinéma français que je n’avais jamais vu jusqu’à maintenant, Harry, un ami qui vous veut du bien (2000). Il a plutôt mal vieilli, à mon avis, et je n’en garderai pas un souvenir impérissable.

Du coup, j’en ai un peu oublié ma résolution de tenter l’aventure des westerns. Objectif du mois d’avril… Essayer de voir un classique du genre et un qui soit plus récent. En attendant, j’ai aussi vu Justice League (2017) qui m’a laissé un sentiment quelque peu mitigé. Une très bonne surprise pour la musique, notamment Sigrid et son Everybody knows qui est une merveille. Comparés à Marvel, les DC Comics ont une bien meilleure soundtrack. Cependant, j’ai comme l’impression qu’ils ont du mal à trouver leur ton entre un humour proche de celui de Marvel et un autre plus sombre. Ils oscillent entre les deux. Je retiendrai également le placement de produits qui était un peu trop flagrant. Coucou Mercedes Benz !

J’ai aussi vu The Circle (2017) avec Tom Hanks et Emma Watson. L’idée de départ me semblait prometteuse en proposant une critique des réseaux sociaux et la volonté de toujours plus de transparence. Il est l’adaptation d’un thriller. Le film démontre bien les effets un peu pervers des réseaux sociaux. Cependant, la fin m’a quelque peu déçue. Ce n’était pas ce à quoi je m’attendais et, au final, j’ai pensé qu’elle avait moins d’impact sur le spectateur.

Un peu moins déçue par Zombillenium (2017) qui fut mon premier coup de coeur du mois. Je n’ai rien à redire sur l’histoire et les graphismes qui reprennent les codes de la bande dessinée. Frida (2002) fut aussi une belle découverte. J’admire beaucoup l’oeuvre de Kahlo et le film intègre tellement bien les oeuvres à la proposition esthétique du film, tout en montrant les liens entre son art et les événements de sa vie. L’interprétation de Salma Hayek est absolument irréprochable. Le dernier film vu était Ferdinand (2017) qui dénonce le monde de la corrida et la mise à mort des taureaux, sans tomber dans les clichés.

Du point de vue des séries, j’ai définitivement terminée Agent Carter et ce fut une très bonne deuxième saison. Je ne comprends toujours pas pourquoi elle a été arrêtée, mais Peggy et Jarvis vont me manquer. J’ai également succombé au phénomène Black Mirror en regardant les trois épisodes de la première saison. J’ai été totalement convaincue.

Du point de vue de mes lectures, j’ai continué ma découverte des auteurs français contemporains avec le deuxième tome de La Mort de Staline de Fabien Nury et Thierry Robin que j’ai adoré, mon premier Max Gallo avec La chute de l’Empire romainToday we live d’Emmanuelle Pirotte, Palmyre de Paul Veyne. Pas vraiment de coup de coeur, mais pas de grosses déceptions non plus. La seule va aux Animaux fantastique de J.K. Rowling.

Mon coup de coeur littéraire va pour Lumikko de Pasi Ilmari Jääskeläinen. Je compte en parler plus longuement sur le blog. Globalement, c’est une bonne surprise. Ce n’était ce à quoi je m’attendais, mais c’était encore mieux. À côté de cela, j’ai lu un comics, Joker de Brian Azzarello et Lee Barmejo, Les enquêtes de Middleton & Grice, Petits meurtres à Mangle Street de M.R.C. Kasasian qui est sympathique mais qui ne révolutionne pas le genre des policiers historiques. Je désirai lire depuis un petit moment Mythologie nordique de Neil Gaiman. Il se laisse lire, mais il ne m’a pas fait une forte impression. Je cite également rapidement le dernier Dan Brown, Origine, dont l’article sera bientôt en ligne. Il y a aussi eu deux lectures en anglais : Velvet undercover de Teri Brown (je vous en reparlerai en novembre, car il fait partie d’un projet) et One dark throne de Kendare Blake qui fut un brin en-dessous du premier.

J’ai aussi profité de ma dernière journée sur Metz pour voir la nouvelle exposition du Centre Pompidou, L’aventure de la couleur. Une petite exposition que j’ai grandement appréciée et qui m’a permis de voir des Matisse, quelques monochromes d’Yves Klein dont l’International Klein Blue est une pure merveille que je peux admirer pendant des heures.

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La Culture avec un grand A et du latte #1

Parmi mes résolutions de 2018, j’avais envie d’explorer de nouveaux genres littéraires et cinématographiques. En 2017, j’avais lu et adoré de la poésie et de la science-fiction, sortant ainsi de mes habitudes. Je voulais continuer durant la nouvelle année, mais sans avoir d’idées précises. Le mois de Janvier fut relativement classique. Je ne suis pas vraiment partie à la découverte, mais je me suis rattrapée en Février.

Une conférence sur l’image de la femme dans les westerns américains m’a fait prendre conscience que je n’y connaissais absolument rien en la matière. Je pense en avoir vu deux dans toute ma vie : Django Unchained (2013) et Le bon, la brute et le cinglé (2008). Le conférencier a donné un grand nombre de références et de classiques dont même le nom ne me disait rien. Du coup, il faut que je répare cela. Cependant, j’ai expliqué l’univers des westerns par une pièce de théâtre qui s’interrogeait aussi sur les femmes et leurs conditions à cette époque qui sont limitées à trois rôles : l’épouse, la prostituée et l’esclave. Wild West Women était joué par trois femmes de talent : deux actrices et une bruiteuse qui était à couper le souffle et qui rendait la pièce encore plus vivante. Les deux actrices étaient tout aussi incroyables. Elles jouaient plusieurs personnages en même temps et arrivaient toujours à leur donner parfaitement vie les uns après les autres. Je n’ai pas vu les trois heures quarante-cinq minutes que durait la pièce. C’est un énorme coup de coeur pour des performances à vous couper le souffle… Et quel bonheur de retourner au théâtre.

En revanche, je n’ai pas vu encore de westerns, mais pourquoi pas en mars. Du point de vue des films vus durant Février, le bilan est plutôt mitigé. Ma seule véritable surprise tenait à Wonder (2017). Il ne me disait rien et pourtant… C’est une très belle histoire d’amitié, d’acceptation de soi et de l’autre, des différences. Ce film fut un mélange incroyable de moments d’émotion, de bonheur et de joie de vivre. Pour ma déception du mois, le grand gagnant est sûrement The Shape of water (2018), le nouveau film de Guillermo del Toro. Ce film a beaucoup fait parler de lui et j’avais encore en tête l’incroyable Labyrinthe de Pan (2006). J’ai pu retrouver la touche esthétique de Del Toro avec des plans travaillés, des couleurs sombres et bleutées. Je n’ai rien à redire des performances des principaux acteurs, Sally Hawkins et Michael Shannon. Là où je suis déçue, c’est concernant l’intrigue. L’histoire est sans surprise et la fin se devine bien avant qu’elle arrive. Elle n’apporte rien de plus au thème de la différence.

Parmi les autres films vus, il y a eu The Snowman (2017), Invincible (2014) qui est un bon film historique, La Tour sombre (2017). Elle fait partie des nombreuses adaptations de l’oeuvre de Stephen King de 2017. Malheureusement, je n’ai pas été conquise par cet univers (ou ce qu’ils en ont fait). Rien n’est abouti, l’univers et les personnages sont à peine effleurés. Je pense qu’il y avait matière à faire quelque chose de bien mieux. A futile and stupid gesture (2017) ainsi que Jupiter, Le destin de l’univers (2015) ne me laisseront pas un souvenir impérissable. Ils m’ont même un peu ennuyée… J’ai aussi vu (enfin) Dunkerque (2017) et ce fut une bonne surprise. Les plans aériens étaient époustouflants. Ce n’est pas non plus un coup de coeur, mais un film intéressant, plein de tension. J’avais un peu peu d’un Harry Styles acteur, mais ça passait. Le Crime de l’Orient Express (2017) fut le dernier film vue pour Février et il se finit sur une bonne note. Visuellement irréprochable, il réunit un très bon casting. Je ne me suis pas ennuyée et je me suis facilement prise au jeu, devinant un peu avant le dénouement le coupable. Une victoire pour moi ! De plus, il m’a vraiment donné envie de me plonger dans l’oeuvre d’Agatha Christie que je connais très mal, ayant seulement lu Dix petits nègres.

En parlant de romans, je dois avouer que c’est plutôt de ce côté que je suis sortie des sentiers battus en lisant deux romans de la rentrée littéraire de septembre 2017. Cela faisait un moment que je fuis non seulement les auteurs français mais également la rentrée littéraire. Je n’en ai plus lu depuis au moins quatre ans. J’y suis revenue avec deux ouvrages traitant de la Seconde Guerre mondial et qui furent récompensés par le prix Goncourt et le prix Renaudot. J’ai nommé L’ordre du jour d’Eric Vuillard et La disparition de Josef Mengele d’Olivier Guez. Si je suis un peu mitigée sur le livre de Vuillard, j’ai trouvé celui de Guez passionnant. Ils m’ont réconcilié avec les auteurs français. Au point d’en lire un autre qui sort également de mes lectures habituelles, une bande dessinée. Aveline m’a recommandé La Mort de Staline de Fabien Nury et Thierry Robin en prévision du film qui va bientôt sortir. Il a l’air franchement bien, quoique plus drôle que la BD. Bref, quasiment un sans faute pour les auteurs français et j’ai continué mon exploration en ce début du mois de Mars.

Pour les auteurs étrangers, j’ai adoré The Miniaturist de Jessie Burton qui propose une immersion dans les Pays-Bas de l’âge d’or. Il a d’ailleurs fait l’objet d’une adaptation sous la forme d’une mini-série par la BBC. Je compte également m’y intéresser car j’ai vraiment été conquise par cette histoire et les personnages. Je pense d’ailleurs lire son autre roman, The Muse dont l’intrigue se déroule dans le monde de l’art. Il ne peut que me plaire. Ma plus grande déception du mois va pour So near the horizon de Jessica Koch. Il m’a été chaudement recommandé et je parlerai plus en détail de ce livre dans un billet prochainement.

Du coup, dans mes envies de Mars, il y a encore des auteurs français. Je les découvre à nouveau et avec moins d’a priori qu’avant. 2018 commence sous leur signe, quand bien même ce n’était pas du tout ce que j’avais en tête pour de nouvelles découvertes. Je varie les plaisirs. J’aimerais aussi terminer Sapiens, A brief history of humankind de Yuval Noah Harari qui est un essai brillant et très bien écrit. Je ne fais aucune autre prévision que ce livre. Je ne suis pas habituée au pile à lire du mois, changeant souvent d’avis.

Pour finir, le mois de Février fut également riche culturellement, mais d’une autre manière. Je me suis enfin décidé à réellement me promener dans Metz. Je suis allé voir la Porte des Allemands, les vitraux de Jean Cocteau qui sont une merveille de beauté et de poésie. J’ai visité les deux expositions du Centre Pompidou. Dumb Types a un côté un peu dérangeant avec une scénographie plongée dans le noir, des bruits et des lumières qui clignotent. Et pourtant, certaines oeuvres avait un côté absolument fascinant. Elle est sincèrement à recommander, surtout que c’est la première fois que le collectif expose en France. Cependant, c’est avec la deuxième partie de Japanorama que j’ai été séduite. Je ne connaissais aucun des artistes présents, mais il y avait un certain nombre d’oeuvres sur lesquelles je me suis longuement attardée. Néanmoins, rien à comparer de l’Infinity Mirror Room de Yayoi Kusama. Ce fut un choc de la voir. Je pense qu’il s’agit de la plus belles oeuvres que j’ai pu voir de ma vie et je compte prochainement y retourner pour de nouveau m’y perdre. Je prépare un article dessus, il sera un peu différent de ce que je peux proposer sur le blog, mais j’ai envie d’un peu de changements.

Je vous retrouve le mois prochain pour un nouveau bilan culturel, de mes envies en la matière. Si vous avez des recommandations, des suggestions de westerns, de romans ou d’auteurs français, n’hésitez pas à me les laisser en commentaire.

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Coco (2017)

Miguel, un mexicain de 12 ans vivant avec sa famille dans une zone rurale du Mexique, résout un mystère générationnel lié à sa famille en déclenchant une série d’événements qui donnera lieu à une réunion de famille, entre défunts et vivants. L’action se déroule lors du traditionnel Jour des morts.

Durée : 1 heure 49 minutes

Un film de : Lee Unkrich & Adrian Molina

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Cette nouvelle collaboration Disney/Pixar était très attendue et Coco figurait parmi les dernières sorties cinématographiques de l’année 2017 que je voulais absolument voir. J’apprécie les immersions dans différentes cultures qu’ils nous proposent depuis quelque temps : l’Ecosse avec Brave, les îles du Pacifique avec Moana. Coco nous emporte au Mexique durant la Fête des Morts.

J’ai adoré découvrir cette fête à travers un dessin animé. Je connaissais déjà cette tradition, mais uniquement dans les grandes lignes. Par exemple, j’ignorais tout de l’importance d’exposer les photographies sur l’autel familial. Les explications sont présentes : les raisons du passage des morts, cette culture de la mémoire et de la famille, ce qu’il advient de ceux qui sont oubliés… Même pour des choses plus orientées vers un public jeune, j’attends toujours un univers qui soit tout de même un brin étoffé. Du coup, le monde de Miguel me paraît déjà plus complet et l’histoire en devient plus plaisante et moins enfantine.

J’y ai vu beaucoup de respect pour la culture mexicaine et une véritable volonté de la faire découvrir à travers une de ses fêtes les plus emblématiques que quasiment tout le monde connaît, réutilise parfois sans vraiment la comprendre. Le film met aussi l’accent sur sa musique, ses danses et son art avec la présence d’une Frida Kahlo que j’ai adoré. Coco respecte cet univers très coloré qui est très cohérent d’un point de vue esthétique et avec la Fête des Morts. C’est une explosion de couleurs et un regal pour les yeux. Le monde des morts était incroyable. L’équipe artistique a dû se faire plaisir pour l’imaginer. Visuellement, esthétiquement, Coco est une réussite et c’est un des aspects que je retiens du film. En effet, par beaucoup d’autres, je suis déçue. Je m’attendais à quelque chose de différent.

Notamment en ce qui concerne les parties musicales. L’idée de départ est un jeune garçon qui adore la musique et qui rêve de devenir musicien dans une famille où la musique est totalement bannie. Elle est au coeur même de l’intrigue et elle justifie toutes les aventures du jeune Miguel. Elle est certes présente, bien plus que dans n’importe quel film de Pixar, mais l’impression qu’il m’en reste est qu’elle était peut-être trop effacée. Quelques jours après avoir vu le film, à part Remember me, aucune ne m’a particulièrement marqué. Je n’en ai écouté aucune depuis alors que c’est quelque chose que je fais énormément. Je suis sensible aux musiques dans les films et j’ai souvent pour habitude de courir les réécouter quasiment tout de suite en sortant de la séance comme ce fut le cas pour Moana, par exemple. Pour un dessin animé où la musique est au coeur de tout, c’est un peu léger à mon avis. Elles sont entraînantes sur le moment, mais elles s’oublient vite.

Remember me fut une chanson très touchante et qui allaient parfaitement avec le film. J’ai vraiment apprécié que le titre de ce dernier ne soit pas le nom du jeune héros. Cela renforce encore plus le message du film : de l’importance de la famille, de se souvenir de nos ancêtres et de nos racines… L’histoire est terriblement émouvante et je mentirai si je disais que je n’avais pas versé ma petite larme. Il a parfois été bouleversant, me rappelant ma propre grand-mère espagnole et j’ai adoré la relation de Miguel avec sa grand-mère et son arrière-grand-mère.

Ce sont des thèmes universels qui sont abordés mais qui fonctionnent toujours. Ils restent exploitables et d’actualité. En tout cas, ils m’ont parlé. Je regrette seulement que l’intrigue fut si prévisible. Le traitement du sujet est classique, sans prise de risque et le tout n’offre aucune surprise en conséquent. Disney et Pixar n’osent pas encore casser les codes et c’est vraiment dommage. Cependant, je garde aussi à l’esprit que Coco est en premier lieu à destination d’un public plutôt jeune. En tant qu’adulte, mes espérances étaient sur d’autres terrains.

Si mon billet peut donner l’impression que je n’ai pas apprécié ce dessin animé, ce n’est pas totalement le cas. Certes, il y a des petits défauts, des horizons d’attente qui n’ont pas été rencontrés. Néanmoins, je ne suis pas complètement déçue de la séance, bien au contraire. J’ai passé un bon moment avec une histoire touchante et rythmée qui m’a plongé au coeur de la culture mexicaine, me faisant oublier la grisaille ambiante en apportant un petit rayon de soleil d’ailleurs.

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1922 (2017)

Une série de phénomènes persuadent un homme qu’il est hanté par son épouse dont il a commis le meurtre.

Durée : 1 heures 41 minutes

Un film de : Zak Hilditch

Avec : Thomas Jane ; Molly Parker ; Dylan Schmid ; Neal McDonough…

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Même si le succès de Stephen King, dans les librairies ou par le biais des différentes adaptations cinématographiques et télévisées, est toujours au rendez-vous et ce, depuis près de quarante ans, 2017 semble être l’année de l’écrivain. Il y a eu pas moins de trois films tirés de son oeuvre dont le très attendu remake de Ca. Impossible d’échapper au phénomène Stephen King ! Pour ma part, c’est un auteur que je n’ai jamais lu, mais qui commence doucement à piquer ma curiosité.

L’histoire est relativement classique et n’est pas sans me rappeler les contes terrifiants d’Edgar Allan Poe. Cependant, 1922 reste une très bonne surprise pour plusieurs raisons. La première tient au fait que, visuellement, les plans sont très léchés. Ils permettent de mieux se plonger dans l’ambiance, tout en jouant sur l’idée d’absence et de présence des personnages, intérieur et extérieur. Ces couples renforcent ainsi le quasi huis-clos qui se déroule devant les yeux du spectateur ainsi que l’ambiance pesante.

De plus, après avoir vu le film, il devient plutôt clair que l’équipe du film a beaucoup misé sur le développement des personnages et sur l’ambiance globale. Tout au long, j’ai été plongée dans un intérieur oppressant et lourd, avec une violence parfois seulement silencieuse mais omniprésente. La musique joue aussi un rôle prépondérant dans cette adaptation. Elle est parfaitement calibrée pour le film avec des sons grinçants qui donnent la chair de poule et elle participe activement à l’attente psychologique, à la dégradation de l’esprit de Wilfred James, à la noirceur de ses pensées… Dans la première partie du film, j’avais ainsi le sentiment que quelque chose allait se passer et il faut attendre un peu avant que l’histoire ne bascule complètement, amenant quelques lenteurs à l’intrigue.

Dans la deuxième partie, les choses changent un peu. L’irréparable a été commis et 1922 devient intéressant à partir de ce moment. Le spectateur se demande si les événements peuvent aller encore plus dans l’horreur, dans l’insoutenable folie qui s’empare de cette maison. J’ai trouvé l‘ambiance encore plus malsaine et les acteurs ont fait un travail fantastique. Je ne connaissais aucune des premiers rôles. Pourtant, le père et le fils étaient absolument parfaits et notamment Thomas Jane dans le rôle du fermier taciturne et proche de sa terre, Wilfred James. Il a beaucoup de charisme et cela rend d’autant plus plausible sa manipulation pernicieuse sur son fils. Ce dernier n’est pas en reste non plus. Ils forment tous les deux un très bon duo qui fonctionne très bien à l’écran, avec une réelle présence. Ils jouent énormément sur les regards, les tensions dans le langage corporel. Il y a peu de dialogues, mais les acteurs les rendent superflus.

Au final, 1922 est un film avec une intrigue classique, presque un peu convenue. Cependant, il dispose d’arguments de choix en ce qui concernent l’atmosphère générale de l’adaptation et pour l’interprétation des personnages. Je m’attendais à un pur film d’horreur. En tout cas, la bande-annonce allait dans ce sens, mais il s’agit clairement d’un très bon thriller psychologique avec une maîtrise de la tension. Il y a quelques scènes qui peuvent heurter la sensibilité mais ce n’est pas l’objectif principal de l’adaptation qui est vraiment la psychologie des personnages, les relations familiales, la lente folie qui s’empare d’eux… Pour mon plus grand plaisir, d’ailleurs, car les films d’horreur ne sont pas ma tasse de thé. Par ailleurs, j’ai beaucoup aimé le rythme lent et contemplatif donné qui apporte une cohérence avec l’histoire, la musique…

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