Destin : La Saga Winx

Fate: The Winx Saga s’attache au parcours initiatique de cinq fées fréquentant Alfea, pensionnat féerique situé dans l’Autre Monde. C’est là qu’elles doivent apprendre à maîtriser leurs pouvoirs magiques, tout en découvrant l’amour, en surmontant leurs rivalités et en affrontant les monstres qui menacent de les détruire.

Avec : Abigail F. Cowen ; Hannah van der Westhuysen ; Elisha Applebaum ; Precious Mustapha…

Officiellement renouvelée pour une saison 2


Plus jeune, j’adorais le dessin animé et je ne ratais aucun épisode. J’étais aux anges quand Netflix a annoncé qu’ils allaient sortir une nouvelle série Winx. J’ai enfin pris le temps de découvrir cette première saison et mes impressions sont quelque peu mitigées. Il y a eu pas mal de changements par rapport à l’original, certains que j’ai plus apprécié que d’autres.

Concernant les personnages, Flora a toujours été ma préférée et j’ai été déçue de ne pas la voir dans ce reboot telle qu’elle était dans le dessin animé. J’ai eu beaucoup plus de difficultés à apprécier Terra et il m’a fallu pas mal de temps pour pleinement l’estimer à sa juste valeur. Elle ne se révèle pas aussi inintéressante qu’aux premiers abords. Elle évolue au fil des épisodes. En revanche, contrairement au dessin animé, Musa est celle que j’ai préféré. Elle n’est plus la fée de la musique, mais une fée de l’esprit. J’étais sceptique au début de ce changement, mais, au final, j’ai vraiment aimé cette idée qui colle beaucoup mieux à ce nouvel univers.

Les seules qui n’ont véritablement pas changé sont Stella et Bloom. Elles sont un peu plus sombres et torturées que la série originelle. Stella reste la princesse de Solaria et un personnage hautain et un brin antipathique, manipulatrice. Très vite, son histoire personnelle se développe et le spectateur comprend pourquoi elle agit ainsi. J’ai adoré le décalage entre la première scène où la mère de Stella apparaît et les suivantes. Tout devient plus clair au niveau de son comportement et j’ai vraiment appris et commencé à l’apprécier. J’ai eu un peu plus de mal avec Bloom. Elle reste une fée du feu puissante et qui ne connait pas ses parents biologiques. J’ai trouvé trop parfaite, peut-être même moins nuancée que les autres. Elle arrive à maîtriser et contrôler ses pouvoirs un peu trop rapidement à mon goût, tout comme sa transformation. Je ne l’ai pas trouvé réellement attachante et touchante. À mon avis, l’actrice en faisait souvent trop.

En revanche, j’ai beaucoup apprécié le trio d’adultes, qui est une version moins édulcorée des originaux, contrairement aux fées. On sent qu’ils ont un passé commun, un lien qui les unit et qui dépasse simplement une relation professionnelle. Ça était un des moteurs de l’intrigue à mon avis : savoir quel secret ils cachaient. Petit à petit, les réponses sont données. C’est une trame que j’ai aimé et qui m’a permis de dépasser les premiers épisodes, qui sont, avouons-le, pas terribles.

En effet, le fil rouge concernant Bloom n’a réellement commencé à me plaire que dans les deux derniers épisodes. J’ai eu du mal au démarrage à pleinement entrer dans l’intrigue. Cette dernière est plus sombre et plus « adulte », ce qui est loin de m’avoir déplu. J’ai adoré l’idée des Brûlés, et j’aurais aimé en connaître davantage sur leur genèse, la guerre entre Solaria et ses derniers, le rôle d’Alfea. Ce sont de bonnes pistes pour la deuxième saison. L’absence des Trix, le trio de sorcières qui mettaient des bâtons dans les roues des Winx, ne m’a pas dérangé, alors que j’étais un brin déçue en voyant les premiers visuels. Beatrix semble les incarner et son pouvoir rappelle celui de Stormi.

Je termine ses six épisodes un peu mitigée, mais la balance penche quand même pour la déception. Les deux derniers épisodes ont accéléré le rythme et ont fait des ouvertures pour la suite. J’ai été en revanche dépitée devant la transformation de Bloom. Elle manque cruellement de magie, comparée à la série originelle.

Judith Kerr • Quand Hitler s’empara du lapin rose (1971)

Quand Hitler s’empara du lapin rose • Judith Kerr • 1971 • Le Livre de Poche • 314 pages

Imaginez que le climat se détériore dans votre pays, au point que certains citoyens soient menacés dans leur existence. Imaginez surtout que votre père se trouve être l’un de ces citoyens et qu’il soit obligé d’abandonner tout et de partir sur-le-champ, pour éviter la prison et même la mort. C’est l’histoire d’Anna dans l’Allemagne nazie d’Adolf Hitler. Elle a neuf ans et ne s’occupe guère que de crayons de couleur, de visites au zoo avec son « oncle » Julius et de glissades dans la neige. Brutalement les choses changent. Son père disparaît sans prévenir. Puis, elle-même et le reste de sa famille s’expatrient pour le rejoindre à l’étranger. Départ de Berlin qui ressemble à une fuite. Alors commence la vie dure – mais non sans surprises – de réfugiés. D’abord la Suisse, près de Zurich. Puis Paris. Enfin Londres. Odyssée pleine de fatigues et d’angoisses mais aussi de pittoresque et d’imprévu – et toujours drôles – d’Anna et de son frère Max affrontant l’inconnu et contraints de vaincre toutes sortes de difficultés – dont la première et non la moindre: celle des langues étrangères! Ce récit autobiographique de Judith Kerr nous enchante par l’humour qui s’en dégage, et nous touche par cette particulière vibration de ton propre aux souvenirs de famille, quand il apparaît que la famille fut une de celles où l’on s’aime…

J’ai ce roman dans ma liste d’envie depuis quelques années. Il a fallu que son adaptation soit disponible à la demande pour que je me décide enfin à l’acheter et à le lire. J’ai passé un très bon moment avec les deux.

Quand Hitler s’empara du lapin rose est un roman autobiographique. Judith Kerr s’est inspirée de sa propre histoire et celle de sa famille. Son frère et elle deviennent Max et Anna. Elle raconte son exil loin d’Allemagne, après les élections de 1933 qui ont vu l’arrivée des nazis au pouvoir. La famille a été contrainte de fuir, car le père, un intellectuel juif, a souvent pris position contre le national-socialisme. C’est une histoire prenante. Dès les premières pages ou minutes du film, j’ai pris à coeur le destin d’Anna. J’avais tout de même l’espoir que les siens puissent rentrer dans leur pays, même si, en tant qu’adulte et connaissant l’Histoire, je savais que c’était impossible. Finalement, la question a été de savoir où ils allaient définitivement s’installer et se reconstruire.

Il y a beaucoup d’émotions retranscrites et, en tant que lectrice, je suis passée par tellement de sentiments différents, en même temps que la famille Kemper : de la tristesse à la colère, de l’espoir au désespoir le plus total… J’ai été impressionnée par la résilience d’Anna et Max alors qu’ils sont si jeunes, ainsi que de leurs parents. Ils avancent, essaient constamment de se reconstruire. Ils tentent tant bien que mal de s’adapter à chaque fois à un nouveau pays, une nouvelle langue et de découvrir des coutumes différentes. C’est un aspect que j’ai énormément apprécié de ce roman. J’avoue que je n’ai pas pu m’empêcher de penser à mes grands-parents maternels, qui, dans un autre contexte, ont fui la guerre civile espagnole, puis la guerre d’Algérie.

C’est un roman que j’avais tout de même peur de ne pas apprécier à sa juste valeur par son côté très jeunesse. Le public visé est celui qui a l’âge d’Anna, c’est-à-dire une dizaine d’années. Le livre est écrit de son point de vue. Cependant, je l’ai vraiment apprécié par tous les aspects que j’ai évoqués auparavant : un récit d’exil, de résilience, de l’importance de la famille avec toutes les épreuves qu’elle doit traverser. Il y a aussi les différents personnages. La famille est attachante et il y a de très jolis passages. Comme le dit si bien Anna, tant qu’ils sont ensemble, tout va pour le mieux.

En 2019, Quand Hitler s’empara du lapin rose a fait l’objet d’une adaptation par un studio allemand avec Oliver Masucci dans le rôle du père. C’est un acteur que j’apprécie énormément. En France, il est notamment connu pour son rôle d’Ulrich dans la série Dark de Netflix. Je ne connaissais pas les autres acteurs. L’actrice qui joue Anna est très bien, mais elle ne crève pas l’écran non plus. Aucun d’eux d’ailleurs. Ils sont bons dans leurs rôles, mais je n’ai pas vu de performances exceptionnelles.

Cependant, cette adaptation est extrêmement fidèle. Je n’ai relevé que deux différences, sans qu’elles apportent de véritables chamboulements dans l’intrigue. Par exemple, par rapport au livre, il y a un personnage secondaire qui manque à l’appel, mais son absence ne m’a pas dérangé. Elle n’apportait pas grand chose à l’intrigue dans le livre. Le deuxième changement est lorsqu’ils sont à Paris. Ils reçoivent l’aide d’un membre de leur famille dans le livre, une tante si mes souvenirs sont bons, alors que dans le film, il s’agit d’un metteur en scène allemand dont le père d’Anna avait souvent fait la critique. En revanche, j’ai énormément aimé la musique qui accompagne parfaitement les émotions présentes.

Que ce soit pour le livre ou son adaptation cinématographique, je n’ai pas eu de gros coup de coeur. Ça se laisse lire ou regarder, mais je n’en garderai pas un souvenir impérissable. Ils s’arrêtent tous les deux alors que la famille arrive à Londres. Le livre a en effet un deuxième tome, Ici Londres. S’il croise ma route un jour, je le lirai avec plaisir, mais ce n’est pas ma priorité.

Emerald Island Challenge • Des films autour de l’Irlande

Céline, du blog Le monde de Sapotille, reconduit pour la deuxième année consécutive son challenge littéraire autour de l’Irlande. Des thématiques sont données et l’objectif est de lire un ouvrage qui s’y rapporte. Pour diversifier mes billets, j’avais proposé, pour la première session, une playlist regroupant mes artistes irlandais préférés. Cette fois-ci, je change pour un article cinématographie (avec quelques séries) autour de l’Irlande, en fonction de différentes thématiques. À chacune d’elles, je propose également quelques lectures en relation.

Sur la guerre civile irlandaise et l’IRA

Le vent se lève • Ken Loach • 2006 • 2 heures 7 minutes

Irlande, 1920. Des paysans s’unissent pour former une armée de volontaires contre les redoutables Black and Tans, troupes anglaises envoyées par bateaux entiers pour mater les velléités d’indépendance du peuple irlandais. Par sens du devoir et amour de son pays, Damien abandonne sa jeune carrière de médecin et rejoint son frère Teddy dans le dangereux combat pour la liberté…

Le vent se lève est le premier film de ce réalisateur que j’ai vu, et revu un certain nombre de fois. C’est un des plus beaux sur l’histoire de l’Irlande avec un Cilliam Murphy absolument excellent.

Hunger • Steve McQueen • 2008 • 1 heure 36 minutes

Prison de Maze, Irlande du Nord, 1981. Raymond Lohan est surveillant, affecté au sinistre Quartier H, celui des prisonniers politiques de l’IRA qui ont entamé le « Blanket and No-Wash Protest » pour témoigner leur colère. Le jeune Davey Gillen, qui vient d’être incarcéré, refuse de porter l’uniforme car il ne se considère pas comme un criminel de droit commun. Rejoignant le mouvement du Blanket Protest, il partage une cellule répugnante avec Gerry Campbell, autre détenu politique, qui lui montre comment communiquer avec l’extérieur grâce au leader Bobby Sands. Lorsque la direction de la prison propose aux détenus des vêtements civils, une émeute éclate. La violence fait tache d’huile et plus aucun gardien de prison n’est désormais en sécurité. Raymond Lohan est abattu d’une balle dans la tête.

Hunger est un film avec lequel il faut s’accrocher, car il y a très peu de dialogues et de musiques. Il y a des plans très contemplatifs, mais il est intéressant sur l’histoire du pays, les protestations et revendications politiques et la grève de la faim de Bobby Sands.

Shadow Dancer James Marsh • 2012 • 1 heure 41 minutes

Collette, jeune veuve, est une républicaine, vivant à Belfast, avec sa mère et ses frères, de fervents activistes de l’IRA. Suite à son arrestation après un attentat avorté au cœur de Londres, Mac, un agent secret du MI5, lui offre le choix : passer 25 années en prison et ainsi perdre ce qu’elle a de plus cher, son fils, ou espionner sa propre famille. Elle décide de faire confiance à Mac, et retourne parmi les siens… 

Un thriller psychologique autour de l’IRA se déroulant en Irlande du Nord avec une tension bien présente et une fine qui laisse bouche bée.

Rebellion • Colin Treevan • 2016 • 2 saisons

Feuilleton en cinq parties sur la naissance de l’Irlande moderne. L’histoire est racontée de la perspective d’un groupe de personnages fictifs qui vivent par les événements politiques de l’Insurrection de Pâques 1916.

Une série en deux saisons sur les événements de 1916. Je l’apprécie aussi pour ses plans de Dublin qui me rappellent mon année là-bas.

À lire également : Mon traître et Retour à Killybegs de Sorj Chalandon ; The Story of Ireland de Neil Hegarty ; La parole de Fergus de Siobhan Dowd…

Sur l’immigration irlandaise

Brooklyn • John Crowley • 2015 • 1 heure 45 minutes

Dans les années 50, une jeune Irlandaise part à New-York en espérant y trouver du travail. Employée dans un grand magasin, elle prend parallèlement des cours de comptabilité. Elle rencontre un plombier italien et en tombe amoureuse. Tiraillée entre son ancienne vie avec ses proches et sa nouvelle à New-York, elle va devoir faire un choix, quelle vie souhaite-elle mener ?

J’ai également lu le livre et j’ai largement préféré son adaptation cinématographique qui enlève les longueurs du roman. Une très belle histoire sur l’immigration, le mal du pays…

Jimmy’s Hall • Ken Loach • 2014 • 1 heure 44 minutes

1932 – Après un exil de 10 ans aux Etats-Unis, Jimmy Gralton rentre au pays pour aider sa mère à s’occuper de la ferme familiale. L’Irlande qu’il retrouve, une dizaine d’années après la guerre civile, s’est dotée d’un nouveau gouvernement. Tous les espoirs sont permis… Suite aux sollicitations des jeunes du Comté de Leitrim, Jimmy, malgré sa réticence à provoquer ses vieux ennemis comme l’Eglise ou les propriétaires terriens, décide de rouvrir le « Hall », un foyer de jeunesse gratuit et ouvert à tous où l’on se retrouve pour danser, étudier ou discuter. Le succès est immédiat. Mais l’influence grandissante de Jimmy et ses idées progressistes n’est pas du goût de tout le monde au village. Les tensions refont surface.

Une très belle histoire, de belles musiques. Ici, c’est un film qui raconte plutôt le retour d’un homme après son immigration.

À lire également : Brooklyn de Colm Toibin ; Les cendres d’Angela de Franck McCourt…

Sur le scandale des maisons mères-enfants

Philomena • Stephen Frears • 2013 • 1 heure 38 minutes

Irlande, 1952. Philomena Lee, encore adolescente, tombe enceinte. Rejetée par sa famille, elle est envoyée au couvent de Roscrea. En compensation des soins prodigués par les religieuses avant et pendant la naissance, elle travaille à la blanchisserie, et n’est autorisée à voir son fils, Anthony, qu’une heure par jour. À l’âge de trois ans, il lui est arraché pour être adopté par des Américains. Pendant des années, Philomena essaiera de le retrouver.Quand, cinquante ans plus tard, elle rencontre Martin Sixmith, journaliste désabusé, elle lui raconte son histoire, et ce dernier la persuade de l’accompagner aux Etats-Unis à la recherche d’Anthony. 

Ce film a été un coup de coeur énorme, qui m’a fait passer des rires aux larmes. Contrairement, au prochain film que je présente, le réalisateur a choisi d’évoquer l’après, quand un femme décide de retrouver l’enfant qu’on lui a pris. Ce scandale secoue encore l’Irlande.

The Magdalene Sisters • Peter Mullan • 2002 • 1 heure 54 minutes

En Irlande, dans le comté de Dublin, en 1964.
Lors d’un mariage, Margaret est violée par son cousin. La honte s’abat sur toute la famille. Au petit matin, le curé de la paroisse vient chercher Margaret.
Bernadette est pensionnaire dans un orphelinat. En grandissant, devenue jolie, elle suscite la convoitise des jeunes gens du quartier. Considérant que sa nature et son caractère la destinent au pire, la direction de l’orphelinat la confie alors à l’unique institution susceptible de la maintenir dans le droit chemin.
Rose, qui n’est pas mariée, vient de donner naissance à un petit garçon. Séparée de son bébé, elle est emmenée au couvent des sœurs de Marie-Madeleine.
Les trois jeunes femmes sont immédiatement confrontées à Sœur Bridget, qui dirige l’établissement et leur explique comment, par la prière et le travail, elles expieront leurs pêchés et sauveront leur âme.

Pour celui-ci, l’action se déroule dans un couvent qui accueille les futures mères. Un film plein d’émotions sur la place de la religion en Irlande et celle des femmes.

À lire également : All the bad apples de Moïra Fowley-Doyle…

Sur la vie en Irlande

Rosie Davis • Paddy Breathnach • 2018 • 1 heure 26 minutes

Rosie et son mari forment une famille heureuse avec leurs quatre jeunes enfants. Travailleurs pauvres, ils vivent modestement de leurs revenus à Dublin. Le jour où leur propriétaire décide de vendre leur appartement, leur vie bascule dans la précarité. Trouver une chambre, même pour une nuit, est un défi quotidien. Avec beaucoup d’amour et de courage, Rosie et son mari vont affronter cette épreuve, et tout faire pour préserver leur famille.

Rosie Davis est un film qui m’a beaucoup touché, car il évoque la crise du logement que connaît Dublin depuis des années. Le film évoque les difficultés d’une famille relativement pauvre qui a été mise à la porte du jour au lendemain par leur propriétaire et qui ne trouve plus à se loger à Dublin.

Derry Girls • 2018 • 2 saisons (en cours)

Dans l’Irlande des années 1990, les exploits d’une ado de 16 ans, ses amies et sa famille dans une petite ville sous la répression anglaise.

Je finis sur une note plus joyeuse avec cette série nord-irlandaise. Que de fous rires devant de ce groupe d’adolescents alors que les tensions entre protestants et catholiques sont encore présentes. C’est avec plaisir que je retrouve la musique des années 1990, comme Take that ou The Cranberries.

À lire également : Asking for it de Louise O’Neill ; Sans un cri de Siobhan Dowd ; la série The Commitment de Roddy Doyle ; Paddy Clarke ha ha ha de Roddy Doyle ; Dubliners de James Joyce…

Babylon Berlin, Saison 1

En 1929, Gereon Rath, jeune commissaire de Cologne très affecté par son expérience au front, est muté à Berlin pour retrouver des documents compromettants.

Avec : Volker Bruch ; Liv Lisa Fries ; Peter Kurth…

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J’aime beaucoup de ce que font les Allemands au niveau des films et séries. Ils sont de qualité, avec de très bons acteurs et des bandes-sons qui m’ont souvent fait découvrir de nouveaux artistes, comme Dark ou Oktoberfest, pour n’en citer que deux, pris du catalogue Netflix. Babylon Berlin était la prochaine que je souhaitais découvrir. Tout simplement, je raffole des enquêtes policières dans le Berlin des années 1920. La série est l’adaptation des romans de Volker Kutscher. Les trois saisons sont disponibles sur Canal+.

Pour le moment, je n’ai vu que la première saison. J’ai été étonnée par la qualité de la reconstruction historique. Elle nous fait véritablement revivre le Berlin des années folles… Et folles, elles les étaient. Les réalisateurs montrent bien que l’alcool coule à flots. C’est un aussi une période marquée par la prostitution et le développement de la pornographie (qui est d’ailleurs au coeur de l’intrigue de cette première saison). Est aussi évoqué le traumatisme de la Première Guerre mondiale, ainsi que celui de la défaite, à la fois sur les hommes qui en sont revenus, comme Gereon Rath, ou sur la société dans son ensemble. L’agitation politique de la République de Weimar est également présente avec les protestations communistes. La reconstitution des costumes est parfaite. C’est pour moi un véritable point positif.

Concernant cet aspect historique, j’ai adoré les petites références à d’autres événements historiques, à des personnages importants pour l’époque. Par exemple, Gereon Rath, le personnage principal, est envoyé à Berlin pour retrouver un film qui peut nuire à la réputation du maire de Cologne. Son nom n’est jamais donné et, pourtant, il s’agit d’un homme politique de premier plan, surtout après la Seconde Guerre mondiale, car il oeuvra pour la construction européenne. Il s’agit tout simplement de Conrad Adenauer. Je me suis vraiment régalée avec cette première saison.

Babylon Berlin propose une intrigue principale qui est de retrouver un film compromettant et qui se termine à la fin de la saison. À cette dernière s’ajoutent d’autres complots, des événements qui peuvent devenir une nouvelle enquête pour les deux commissaires des moeurs. Et il y a de quoi faire entre la machination des Russes avec l’or, Trosky, la comtesse ou ce qui se trame avec l’industriel allemand et les militaires, le collège de Gereon Rath… Beaucoup de questions restent en suspend. En tout cas, elles me donnent envie de continuer la série avec les deux prochaines saisons pour vérifier mes théories (souvent fausses, d’ailleurs). Babylon Berlin est une série prenante, mais qui n’est pas à recommander à tous. Elle s’ouvre, par exemple, sur le tournage d’un film pornographique. Il y a beaucoup de nudité, parfois du sexe, le tout avec beaucoup de réalisme.

L’intérêt de la série ne réside pas seulement dans la reconstitution historique, aux différentes intrigues, mais également aux personnages et aux jeux des acteurs. Ils fonctionnent beaucoup par duo : Rath et son collègue, le mystérieux commissaire ; Rath et Charlotte… Ils ont des bonnes dynamiques. Volker Bruch, qui interprète le rôle principal, est un excellent acteur, que j’ai déjà pu voir dans d’autres productions. Il est parfait, montrant un côté très abîmé par la vie et la guerre. Liv Lisa Fries est une actrice que je ne connaissais pas, mais elle crève l’écran alors qu’elle n’a pas un rôle facile.

Cette première saison m’a énormément plu sur bien des aspects et m’a totalement convaincue. C’est une série historique de qualité. Il est rare de trouver des séries se déroulant dans le Berlin des années 1920, mais il y aurait vraiment de quoi faire. Il y a un peu plus de romans sur le sujet. En tout cas, un des livres de Kutscher m’attend bien sagement et j’ai hâte de poursuivre la série.

The Haunting of Bly Manor

Une gouvernante est engagée pour veiller sur deux orphelins vivant dans un manoir isolé en pleine campagne. Peu à peu, d’effrayantes apparitions viennent la hanter. 

Avec : Victoria Pedretti ; Henry Thomas ; Benjamin Evan Ainsworth ; Amelie Bea Smirth ; Oliver Jackson-Cohen…

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Netflix nous avait régalé avec sa série The Haunting of Hill House, adaptée du roman de Shirley Jackson. La plateforme réitère ce succès avec The Haunting of Bly Manor, une autre adaptation. Mais cette fois-ci, c’est Le Tour d’écrou de Henry James . Totale découverte, pour ma part, car je n’ai jamais lu le livre. J’y avais placé beaucoup d’espoir, ayant adoré la première série. Celle-ci est très bien, mais je l’ai trouvé en-dessous de The Haunting of Hill House.

La première chose qui me vient à l’esprit est que The Haunting of Bly Manor prend peut-être moins de risques au niveau de la réalisation. Il y a certes un épisode entièrement tourné en noir et blanc, rendant hommage aux films noirs hollywoodiens. Il s’agit d’un des épisodes que j’ai le plus apprécié de la saison, mais il n’a pas le même impact que celui dans The Haunting of Hill House, tourné dans un plan-séquence à couper le souffle. La tension tout au long de ce dernier est juste incroyable. Globalement, c’est ce que je reproche à cette deuxième adaptation : le manque de tension. Il y a même eu quelques épisodes où je me suis un brin ennuyée.

À vrai dire, cela vient aussi du fait que certaines révélations se devinent rapidement et notamment sur certains points que je pensais cruciaux. Il y a un épisode où il y a une première réponse qui est donnée : pourquoi le jeune garçon, Miles, aussi dérangeant. Malheureusement, pour moi en tout cas, tous les aspects annexes prennent sens et les uns ou deux épisodes après n’apportent pas de gros rebondissements. Ce sont plus des épisodes où les backgrounds des différents personnages est exploré. Ce n’est pas inintéressant, car ils sont tous attachants et profondément humains. Ils m’ont tous touché, même Peter qui est censé être le méchant de l’histoire. Mais ma préférence va pour Anna et Owen. Ce sont eux qui m’ont véritablement fait pleurer.

The Haunting of Bly Manor s’intéresse principalement aux relations humaines, notamment à l’amour sous toutes ses formes : l’amour familial et fraternel, l’amour interdit, l’amitié profonde, l’amour déçu, le destructeur… C’est véritablement le fil conducteur de la série. De ce point de vue, elle est parfaite et elle ne tombe jamais dans des clichés. Les acteurs sont tous excellents, mais une mention toute particulière pour les deux jeunes acteurs de Miles et Flora. Tout au long de la série, ils ont été tour à tour charmants, profondément dérangeants. Ils m’ont souvent donné des frissons. J’ai aussi apprécié de voir des acteurs qui étaient déjà là pour The Haunting of Hill House.

Ma chronique peut donner l’impression que je n’ai pas aimé la série, mais ce n’est pas le cas. Elle m’a tout de même beaucoup plu, même si ce n’est pas le coup de coeur que j’attendais. J’ai peut-être eu moins peur, car la série a moins de suspens et de tension. Cependant, sur le point de vue de l’émotion, il y a eu de magnifiques épisodes. Je suis également impatiente de savoir si Netflix retentera prochainement l’expérience avec une autre mini-série dans cette lignée. Elles sont absolument parfaites pour le mois d’octobre.

Enola Holmes (2020)

Enola, la jeune sœur de Sherlock Holmes, met ses talents de détective à l’épreuve pour tenter de retrouver sa mère disparue et déjouer une dangereuse conspiration. 

Un film de : Harry Bradbeer

Durée : 2 heures 3 minutes

Avec : Millie Bobby Brown ; Sam Claflin ; Henry Cavill ; Helena Bonham Carter…

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Enola Holmes est l’adaptation que je n’attendais plus, et qui a failli ne jamais voir le jour, à cause d’une querelle avec les ayant-droits d’Arthur Conan Doyle. J’ai lu la série de Nancy Springer quand j’étais plus jeune et j’en garde encore aujourd’hui un bon souvenir. J’avais beaucoup aimé l’idée de donner une petite soeur à Sherlock et Mycroft Holmes. Par ailleurs, Netflix nous régale d’un casting cinq étoiles avec Millie Bobby Brown dans le rôle d’Enola Holmes, Henry Cavill en Sherlock et Sam Claflin pour Mycroft Holmes.

Globalement, j’ai trouvé les acteurs très bons chacun dans leurs rôles. Je n’ai jamais vu Stranger Things, donc je n’ai jamais réellement pu voir le talent d’actrice de Millie Bobby Brown. Cependant, j’ai été agréablement surprise, car elle fait une parfaite Enola Holmes. Déjà, j’apprécie le fait que les adolescents, Enola et Tewkesbury, soient joués par des adolescents et non des adultes. Ensuite, j’ai aimé son caractère : elle est indépendante, déterminée et elle n’a besoin de personne pour la sauver. Elle peut être un bon exemple à suivre, même aujourd’hui. Le personnage a un côté moderne qui marche également dans la société victorienne. Millie Bobby Brown est une actrice anglaise à suivre. Elle n’a rien à envier aux autres acteurs à qui elle donne la réplique.

Sam Claflin est excellent dans le rôle de l’antipathique Mycroft Holmes. Il montre bien le côté suffisant de ce personnage, sûr de son bon droit, ne voyant pas pourquoi la société devrait changer et pour qui la femme n’a qu’un rôle, celui de bonne épouse. Henry Cavill campe un Sherlock Holmes bien différent de celui des livres de Conan Doyle. Il est un peu plus humain par bien des aspects, mais aussi plus moderne. Il pourrait presque être féministe, alors qu’il est plutôt misogyne dans les romans. J’ai également apprécié cette version qui n’a pas fait l’unanimité, notamment chez la Conan Doyle Estate. Les rôles sont parfois inversés. Ce n’est pas lui qui va faire la leçon, mais tout au long du film, il va en recevoir plusieurs, notamment de la part des personnages féminins.

Dès la scène d’ouverture, le spectateur est plongé dans une adaptation dynamique. J’ai su dès les premières minutes que j’allais adorer ce film et je ne me suis pas trompée. L’action est présente tout au long et je ne me suis jamais ennuyée. Les petites touches d’humour anglais sont les bienvenues. L’ambiance est parfaite. Il y a tous les ingrédients pour passer un bon moment et, à vrai dire, je n’en attendais pas plus de cette adaptation. D’autant plus que les livres sont destinés à un public de jeunes adolescents. Par d’autres aspects, pourtant, le film fait référence à des événements historiques ou même à l’actualité. En effet, il est question des suffragettes, même si le mot n’est jamais prononcé, de la volonté des femmes d’avoir leur mot à dire dans la politique du pays. Certaines d’entre elles ont suivi des entraînements de jujitsu, ce qui est d’ailleurs montré dans le film. De plus, dans le film, Enola Holmes prend l’habitude de se tourner vers la caméra et de s’adresser directement au spectateur. C’est un aspect que j’ai adoré. Outre que cela dynamise le film, cela permet aussi d’investir le spectateur dans l’intrigue et l’enquête.

Politics doesn’t interest you because you have no interest in changing a world that suits you so well.

Je n’ai pas boudé mon plaisir devant cette adaptation réussie, avec un personnage principal attachant, des mystères à résoudre, une intrigue prenante et Sherlock Holmes. J’espère sincèrement que Netflix nous proposera d’autres aventures d’Enola.

Cursed : La Rebelle, Saison 1

Une relecture de la légende du Roi Arthur vue à travers les yeux de Nimue, une adolescente dotée d’un mystérieux don. Elle part à la recherche de Merlin et d’une ancienne épée, accompagnée du jeune mercenaire Arthur.

Avec : Daniel Sharman ; Katherine Langford ; Devon Terrell ; Gustaf Skarsgard…

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Parmi les nouveautés du catalogue Netflix, il y avait cette série, adaptation du roman du même nom, écrit et illustré par Thomas Wheeler et Frank Miller. Dès lors qu’un film, ou un roman évoque la légende arthurienne, je signe tout de suite. Je suis plutôt bon public pour ce sujet, adorant cette histoire. Je suis toujours curieuse de découvrir de nouvelles versions. Je la trouve passionnante également par le biais des recherches archéologiques et historiographiques pour prouver l’existence du Roi Arthur, mais également en littérature, philosophie… Je ne pouvais donc pas passer à côté de cette série, qui, malgré quelques défauts, m’a tout de même tenu en haleine pendant dix épisodes. 

L’univers de Cursed m’a interpellé, car il m’a semblé un peu hybride. Je n’ai jamais réussi à déterminer si l’intrigue se déroule en Bretagne et intègre des touches de fantastique (comme c’est souvent le cas) ou un tout autre monde. En attendant, quelques influences historiques sont visibles. Nous pouvons penser à la puissance grandissante de la religion chrétienne, la chute de l’Empire romain, des petits royaumes qui se partagent un territoire, les invasions vikings… Au départ, c’était un peu confus dans mon esprit de savoir dans quelle direction la série allait. Je me fiais beaucoup trop à d’autres univers proches, notamment le film Le Roi Arthur de 2004 avec Keira Knightley, Clive Owen et Ioan Gruffudd, par exemple, ou les séries de l’auteur français Jean-Louis Fetjaine (La Trilogie des ElfesLes Chroniques des ElfesLe Pas de Merlin et Guinevere). Ce n’est que progressivement que je me suis plongée dans cet univers, après deux ou trois épisodes. J’ai réussi à faire abstraction de certains aspects de cette adaptation et de prendre Cursed : La Rebelle comme une autre interprétation de l’histoire du Roi Arthur.

Cependant, il y a quelques aspects de ce monde sur lesquels j’aurai aimé davantage d’explications. En effet, j’ai eu le sentiment de prendre le train en marche concernant l’intrigue. Que sont les Paladins rouges ? D’où viennent-ils ? Différents groupes de faës sont présentés, notamment les Célestiens dont Nimue fait partie. J’aurai aimé en connaître un peu plus sur eux. Est-ce qu’ils ont des pouvoirs particuliers en fonction de leur appartenance à un groupe ? Quelles sont leurs particularités ? Il y a des points qui auraient mérité d’être bien plus creusés. Je suis restée dans l’expectative. J’aurais aimé que les scénaristes en dévoile un peu plus sur les Célestiens. Dès le début, il est dit que le personnage principal est spécial par rapport aux autres. Nimue semble bien plus puissante et avoir des pouvoirs que les siens n’ont pas. Le spectateur apprend pourquoi elle est différente, mais jamais en quoi. C’est ce qui me manquait dans cet univers.

Un autre aspect de la série qui m’a quelque peu déstabilisé concerne les personnages. La série, et donc je suppose le roman, sort un peu du cadre habituel de l’histoire, du roi Arthur et des chevaliers de la Table ronde. En effet, certains sont morts, d’autres sont enfants par rapport à Arthur… Morgane semble être la véritable soeur d’Arthur et non la demi-soeur. Ces petits changements m’ont parfois gênée, car je me demandais comment les scénaristes allaient rattraper certaines choses, sans partir dans tous les sens. J’ai quelques inquiétudes pour la deuxième saison, si elle voit le jour, je l’avoue, surtout après la révélation de l’identité du Weeping Monk. Je suis tout de même impatiente de voir la suite, car il y a eu des rebondissements intéressants dans le dernier épisode. Il redistribue toutes les cartes pour la suite.

Impatiente, car malgré des défauts certains, la série est prenante. En deux jours, elle était finie. Je me suis un peu accrochée pour les deux-trois premiers épisodes qui posent l’intrigue et les personnages. Après, impossible d’arrêter. Il y a du rythme, beaucoup d’aventures, de la magie, une course contre la montre pour sauver un peuple, des intrigues politiques… Il y a tous les ingrédients pour une intrigue réussie. À cela, il faut ajouter quelques révélations, certaines qui se voient venir, d’autres un peu moins. Le tout est servi avec une bonne dose d’action. Je n’ai pas vu les dix épisodes passés. Le dernier m’a énormément plu et promet du bon.

Cette première saison ma plu, progressivement et malgré une réécriture peu conventionnelle des mythes arthuriens. Il y a certes quelques défauts, notamment le jeu de l’actrice principale, Katherine Langford, qui en fait souvent un peu trop. Toutefois, le livre est commandé, car ma curiosité a été piquée et j’ai envie de savoir si les points que j’ai avancés sont plus développés.

L’Ombre de Staline (2019)

Un portrait de Gareth Jones, le journaliste gallois qui a été le premier à révéler le génocide par la famine en Ukraine perprété en 1933 par l’URSS de Staline.

Durée : 2 heures 21

Un film de : Agnieszka Holland

Avec : James Norton ; Vanessa Kirby ; Peter Sarsgaard…

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Premier retour dans les salles obscures pour aller voir L’Ombre de Staline, inspiré d’une histoire vraie. Le film met en avant un fait historique relativement méconnu. Dans les années 1930, l’URSS montre une puissance économique qui pose question. Un journaliste gallois, Gareth Jones, souhaite en connaître les raisons et, pour cela, il se rend en Russie. De là, on le met sur la piste de l’Ukraine qui est vue comme le grenier à grain de Moscou. Il se rend vite compte que le gouvernement affame sciemment la population ukrainienne qui est exploitée pour la production de céréales. Cet épisode est également connu sous le nom d’Holodomor.

Un des aspects que j’ai apprécié de ce film est la manière dont le sujet est traité. Il n’est pas facile par bien des aspects et j’avais un peu peur de voir des images « chocs ». Pourtant, la réalisatrice, Agnieszka Holland a plutôt fait le choix de la suggestion. Beaucoup de choses sont insinuées par des silences, des non-dits. Le mot « famine » n’est jamais réellement prononcé. Les plans aident aussi à comprendre ce qu’il se passe. Il y a une grande séquence où Gareth Jones, interprété par James Norton, est seul dans des paysages sans fin de neige où il ne croise personne. Les rares fois où il croise des groupes en Ukraine, il est souvent question d’essayer d’obtenir du grain. J’ai trouvé qu’il y avait bien plus de force en choisissant la suggestion plutôt qu’une manière frontale d’aborder le sujet. Cela correspond parfaitement à cette période historique où nombre d’exactions et d’horreurs commises ont été cachées par les gouvernements.

Par ailleurs, je retiens également les passages où la réalisatrice montre un auteur devant sa machine et il récite ou rédige des passages de son roman. Le film s’ouvre sur une telle scène. J’ai tout de suite pensé à La Ferme des Animaux de George Orwell. Avec quelques doutes, je l’avoue, car ma lecture de ce roman remonte facilement à une quinzaine d’années. Mes souvenirs restent lointains, mais le livre m’avait marqué. J’ai vu juste, car plus tard dans le film, Gareth Jones rencontre ce même auteur et son nom est dit. Je pense que c’était vraiment pertinent de citer ce roman à des moments stratégiques de l’intrigue. J’ose même dire que c’est absolument brillant, car cela permet de mieux comprendre les régimes totalitaires et le drame qui se joue pour la population ukrainienne.

Du point de vue du jeu des acteurs, je n’ai rien à redire. James Norton est un acteur que je suis depuis quelques années et je l’ai trouvé très bon dans ses différents rôles. Il ne déroge pas à la règle. Pendant une bonne partie du film, il est seul à l’écran et il a le charisme qu’il faut à ce moment-là, tout en dosant bien les sentiments.

L’Ombre de Staline est un film que j’ai trouvé intéressant, dur par le sujet évoqué, mais pas forcément visuellement.

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Pour aller plus loin…

  • La première fois que j’ai entendu parler de l’Holodomor, la famine en Ukraine, c’est à travers une bande-dessinée d’Igort, Les Cahiers ukrainiens. L’auteur-illustrateur a recueilli le témoignage d’un certain nombre de personnes et en fait cet ouvrage que je recommande. [Fiche Bibliomania]

3 documentaires autour de la Russie sur Netflix

Ce mois russe touche quasiment à sa fin et, aujourd’hui, c’est un article sur les documentaires évoquant la Russie que nous publions. Netflix en propose trois… Petit tour d’horizon.

Inside Russia’s toughest prisons

For the first time, three prisons across Russia unlock their doors to an international film crew. Go inside a top security facility where cannibals, terrorists and killers live out the rest of their days, to Russia’s oldest prison, to a Siberian prison camp where temperatures linger at 50 below. Inside Black Dolphin prison, a cannibal reveals his crime, divulging how he boiled, fried and ate his victim. In infamous Vladimir Central, a convict opens up about killing his brother-in-law for disturbing his daughter’s peaceful night’s sleep. Inside Siberian Prison Camp 17, two friends are about to go their separate ways.

De l’univers carcéral russe, je connais surtout les tatouages et quelques-unes de leurs significations. Je me doutais également que les prisons dans ce pays ne sont pas une partie de plaisir. Ce documentaire confirme mes soupçons. De ce point de vue, je dois dire que ce dernier ne m’a pas réellement apporté de connaissances supplémentaires. J’ai même pensé que, parfois, celui qui a réalisé ce reportage a cherché le sensationnel, notamment dans la première partie.

Au final, j’ai préféré la présentation de la dernière prison sur les trois évoquées. Elle donne certes une meilleure image de ce milieu où la discipline est toujours de mise et l’isolement est le maître mot. Cependant, ce passage me semble plus nuancé, plus à visage humain. J’ai largement apprécié cette dernière partie qui semble un peu plus éloignée des clichés habituels.

La fortune cachée de Poutine

Ce film soutient que Vladimir Poutine a utilisé des manoeuvres politiques et des hommes de main impitoyables pour assurer son pouvoir et augmenter son immense fortune.

Un deuxième documentaire, et qui porte sur la manière dont l’actuel président de la Russie s’est enrichi au fil des années et sur le système de corruption étatique. Ce dernier point est ce qui m’a le plus passionné que de savoir à quoi ont servi les fonds détournés dans la mesure où nous pouvons nous en douter. Cependant, sur quelques aspects, c’est un reportage intéressant. Il permet de mieux comprendre l’économie de la Russie et la raison pour laquelle, par exemple, les Jeux Olympiques d’hiver de Sotchi ont coûté plus cher en terme d’infrastructure que les devis initiaux.

De ce point de vue, le documentaire est bien fait, car il montre les divergences entre le discours officiel et la réalité. Il est intéressant de voir les deux points de vue et cela renforce le propos du réalisateur qui est de montrer la corruption au sein du gouvernement. Il est juste dommage que certains passages viennent se glisser et qui n’apportent pas grand chose.

Empire of the tsars

British historian Lucy Worsley travels to Russia to investigate the 300-year reign of the Romanov dynasty.

Des trois documentaires, Empire of the stars est celui que je retiens. Il se rapproche le plus de mes centres d’intérêts. Il évoque la famille des Romanovs à travers certaines de ses grandes figures : Pierre le Grand, Catherine de Russie… Il y a quelques mois, j’ai lu The Romanovs de Simon Sebag-Montefiore et ce documentaire apporte des visuels qui ont pu parfois me manquer. J’ai voyagé avec ce dernier, car il montre les palais, ce à quoi ressemblait un bateau de l’époque, la mode…

Il est vraiment bien fait, malgré quelques partis pris. Il est impossible d’évoquer la totalité des monarques que compte cette dynastie. Je comprends les choix effectués et ce documentaire semble être une bonne introduction à celles et ceux qui veulent en apprendre sur cette famille.

À lire également : The Romanovs de Simon Sebag-Montefiore

Kursk (2018)

KURSK relate le naufrage du sous-marin nucléaire russe K-141 KURSK, survenu en mer de Barents le 12 août 2000. Tandis qu’à bord du navire endommagé, 23 marins se débattent pour survivre, au sol, leurs familles luttent désespérément contre les blocages bureaucratiques qui ne cessent de compromettre l’espoir de les sauver.

Un film de : Thomas Vinterberg

Durée : 1 heure 57 minutes

Avec : Matthias Schoenaerts ; Léa Seydoux ; Colin Firth ; Matthias Schweighöfer…

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La Russie a été présente sur nos écrans cette année avec, tout d’abord, Red Sparrow, un excellent thriller avec Jennifer Lawrence et que je recommande également. Je signale également la comédie historique La mort de Staline, adaptation cinématographique d’une bande dessinée française. Kursk est le dernier en date. J’étais relativement impatiente de le voir, notamment pour le casting. Je suis toujours faible quand je vois Matthias Schoenaerts et Colin Firth en tête d’affiche. En revanche, je ne suis pas sûre que je me serai déplacée dans les salles obscures sans le mois dédié à la Russie.

En effet, même si j’adore les films historiques, ce n’est pas forcément ceux que je vais voir au cinéma. Kursk raconte les événements survenus en août 2000, le naufrage d’un sous-marin nucléaire russe lors d’un exercice. J’avoue que je n’en ai aucun souvenir et j’ai donc découvert cette histoire vraie d’un bout à l’autre. De ce point de vue, je dois avouer que c’est un vrai coup de coeur. Le scénario est parfaitement mené et, pour une personne qui ne connait pas du tout cette tragédie, il y a un véritable suspens qui s’établit. Tout au long du film, le sort des survivants reste incertain jusqu’aux dernières minutes. La tension est présente et c’est aussi ce qui m’a captivé. J’ai eu les yeux rivés à l’écran, pleine d’espoir que le dénouement soit positif, que les secours arrivent à temps.

Ce qui m’a également aidé à me plonger dans cette oeuvre de Thomas Vinterberg, outre de vouloir connaître l’aboutissement des tentatives de sauvetage, est le sentiment d’urgence qu’il a pleinement su mettre en place. Grâce aux va-et-vient entre ce qui se passe chez les survivants et les équipes en surface, sans mettre de compteur, le poids du temps qui passe se ressent et la tension dramatique ne cesse d’augmenter au fur et à mesure des échecs pour sauver ce qu’il reste de l’équipage. J’ai vraiment ressenti cette pression presque physiquement.

Je suis passée par toutes les émotions durant Kursk. Un des sentiments les plus présents durant tout le film a sous aucun doute été la colère et le dégoût en voyant la manière dont cet événement a été géré par les autorités russes de l’époque. Cela joue aussi avec le fait que le spectateur est pris aux tripes du début à la fin. Les émotions sont exacerbées et on a aussi envie de se révolter devant le refus répété des Russes d’accepter l’aide internationale qui leur a été proposée. Mon seul regret de ce point de vue est l’absence d’un thème musical marquant qui serait venu amplifier tous ces aspects que je viens d’aborder. Aucun ne m’a réellement marqué et c’est dommage, car c’est un point auquel je suis énormément sensible.

Kursk est une bonne surprise d’un point de vue visuel. Il y a certaines scènes qui m’ont beaucoup marqué par leur qualité esthétique. Surtout pour les paysages et quelques scènes en mer. Les performances des acteurs sont aussi à souligner. Je savais à quoi m’attendre de la part de Matthias Schoenaerts ou Colin Firth, qui sont deux excellents acteurs. J’ai retrouvé avec plaisir deux acteurs allemands que j’affectionne particulièrement, Matthias Schweighöfer et August Diehl. La seule qui me faisait un peu peur est Léa Seydoux. J’ai un peu du mal avec elle, mais elle a aussi été parfaite et j’ai apprécié son jeu.

Je ne regrette pas mon déplacement dans les salles obscures pour ce film inspiré de faits réels. Il était vraiment prenant et, à part l’absence de bande son à retenir, j’ai vraiment apprécié ce dernier. Il m’a quelque peu motivée à regarder d’autres réalisations de Thomas Vinterberg que j’ai dans ma liste à voir comme The Hunt ou Loin de la foule déchaînée.