Cinéma & Séries

3 documentaires autour de la Russie sur Netflix

Ce mois russe touche quasiment à sa fin et, aujourd’hui, c’est un article sur les documentaires évoquant la Russie que nous publions. Netflix en propose trois… Petit tour d’horizon.

Inside Russia’s toughest prisons

For the first time, three prisons across Russia unlock their doors to an international film crew. Go inside a top security facility where cannibals, terrorists and killers live out the rest of their days, to Russia’s oldest prison, to a Siberian prison camp where temperatures linger at 50 below. Inside Black Dolphin prison, a cannibal reveals his crime, divulging how he boiled, fried and ate his victim. In infamous Vladimir Central, a convict opens up about killing his brother-in-law for disturbing his daughter’s peaceful night’s sleep. Inside Siberian Prison Camp 17, two friends are about to go their separate ways.

De l’univers carcéral russe, je connais surtout les tatouages et quelques-unes de leurs significations. Je me doutais également que les prisons dans ce pays ne sont pas une partie de plaisir. Ce documentaire confirme mes soupçons. De ce point de vue, je dois dire que ce dernier ne m’a pas réellement apporté de connaissances supplémentaires. J’ai même pensé que, parfois, celui qui a réalisé ce reportage a cherché le sensationnel, notamment dans la première partie.

Au final, j’ai préféré la présentation de la dernière prison sur les trois évoquées. Elle donne certes une meilleure image de ce milieu où la discipline est toujours de mise et l’isolement est le maître mot. Cependant, ce passage me semble plus nuancé, plus à visage humain. J’ai largement apprécié cette dernière partie qui semble un peu plus éloignée des clichés habituels.

La fortune cachée de Poutine

Ce film soutient que Vladimir Poutine a utilisé des manoeuvres politiques et des hommes de main impitoyables pour assurer son pouvoir et augmenter son immense fortune.

Un deuxième documentaire porte sur la manière dont l’actuel président de la Russie s’est enrichi au fil des années et sur le système de corruption étatique. Ce dernier point est ce qui m’a le plus passionné que de savoir à quoi ont servi les fonds détournés dans la mesure où nous pouvons nous en douter. Cependant, sur quelques aspects, c’est un reportage intéressant. Il permet de mieux comprendre l’économie de la Russie et la raison pour laquelle, par exemple, les Jeux Olympiques d’hiver de Sotchi ont coûté plus cher en terme d’infrastructure que les devis initiaux.

De ce point de vue, le documentaire est bien fait, car il montre les divergences entre le discours officiel et la réalité. Il est intéressant de voir les deux points de vue et cela renforce le propos du réalisateur qui est de montrer la corruption au sein du gouvernement. Il est juste dommage que certains passages viennent se glisser et qui n’apportent pas grand chose.

Empire of the tsars

British historian Lucy Worsley travels to Russia to investigate the 300-year reign of the Romanov dynasty.

Des trois documentaires, Empire of the stars est celui que je retiens. Il se rapproche le plus de mes centres d’intérêts. Il évoque la famille des Romanovs à travers certaines de ses grandes figures : Pierre le Grand, Catherine de Russie… Il y a quelques mois, j’ai lu The Romanovs de Simon Sebag-Montefiore et ce documentaire apporte des visuels qui ont pu parfois me manquer. J’ai voyagé avec ce dernier, car il montre les palais, ce à quoi ressemblait un bateau de l’époque, la mode…

Il est vraiment bien fait, malgré quelques partis pris. Il est impossible d’évoquer la totalité des monarques que compte cette dynastie. Je comprends les choix effectués et ce documentaire semble être une bonne introduction à celles et ceux qui veulent en apprendre sur cette famille.

À lire également : The Romanovs de Simon Sebag-Montefiore

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Kursk (2018)

KURSK relate le naufrage du sous-marin nucléaire russe K-141 KURSK, survenu en mer de Barents le 12 août 2000. Tandis qu’à bord du navire endommagé, 23 marins se débattent pour survivre, au sol, leurs familles luttent désespérément contre les blocages bureaucratiques qui ne cessent de compromettre l’espoir de les sauver.

Un film de : Thomas Vinterberg

Durée : 1 heure 57 minutes

Avec : Matthias Schoenaerts ; Léa Seydoux ; Colin Firth ; Matthias Schweighöfer…

La Russie a été présente sur nos écrans cette année avec, tout d’abord, Red Sparrow, un excellent thriller avec Jennifer Lawrence et que je recommande également. Je signale également la comédie historique La mort de Staline, adaptation cinématographique d’une bande dessinée française. Kursk est le dernier en date. J’étais relativement impatiente de le voir, notamment pour le casting. Je suis toujours faible quand je vois Matthias Schoenaerts et Colin Firth en tête d’affiche. En revanche, je ne suis pas sûre que je me serai déplacée dans les salles obscures sans le mois dédié à la Russie.

En effet, même si j’adore les films historiques, ce n’est pas forcément ceux que je vais voir au cinéma. Kursk raconte les événements survenus en août 2000, le naufrage d’un sous-marin nucléaire russe lors d’un exercice. J’avoue que je n’en ai aucun souvenir et j’ai donc découvert cette histoire vraie d’un bout à l’autre. De ce point de vue, je dois avouer que c’est un vrai coup de coeur. Le scénario est parfaitement mené et, pour une personne qui ne connait pas du tout cette tragédie, il y a un véritable suspens qui s’établit. Tout au long du film, le sort des survivants reste incertain jusqu’aux dernières minutes. La tension est présente et c’est aussi ce qui m’a captivé. J’ai eu les yeux rivés à l’écran, pleine d’espoir que le dénouement soit positif, que les secours arrivent à temps.

Ce qui m’a également aidé à me plonger dans cette oeuvre de Thomas Vinterberg, outre de vouloir connaître l’aboutissement des tentatives de sauvetage, est le sentiment d’urgence qu’il a pleinement su mettre en place. Grâce aux va-et-vient entre ce qui se passe chez les survivants et les équipes en surface, sans mettre de compteur, le poids du temps qui passe se ressent et la tension dramatique ne cesse d’augmenter au fur et à mesure des échecs pour sauver ce qu’il reste de l’équipage. J’ai vraiment ressenti cette pression presque physiquement.

Je suis passée par toutes les émotions durant Kursk. Un des sentiments les plus présents durant tout le film a sous aucun doute été la colère et le dégoût en voyant la manière dont cet événement a été géré par les autorités russes de l’époque. Cela joue aussi avec le fait que le spectateur est pris aux tripes du début à la fin. Les émotions sont exacerbées et on a aussi envie de se révolter devant le refus répété des Russes d’accepter l’aide internationale qui leur a été proposée. Mon seul regret de ce point de vue est l’absence d’un thème musical marquant qui serait venu amplifier tous ces aspects que je viens d’aborder. Aucun ne m’a réellement marqué et c’est dommage, car c’est un point auquel je suis énormément sensible.

Kursk est une bonne surprise d’un point de vue visuel. Il y a certaines scènes qui m’ont beaucoup marqué par leur qualité esthétique. Surtout pour les paysages et quelques scènes en mer. Les performances des acteurs sont aussi à souligner. Je savais à quoi m’attendre de la part de Matthias Schoenaerts ou Colin Firth, qui sont deux excellents acteurs. J’ai retrouvé avec plaisir deux acteurs allemands que j’affectionne particulièrement, Matthias Schweighöfer et August Diehl. La seule qui me faisait un peu peur est Léa Seydoux. J’ai un peu du mal avec elle, mais elle a aussi été parfaite et j’ai apprécié son jeu.

Je ne regrette pas mon déplacement dans les salles obscures pour ce film inspiré de faits réels. Il était vraiment prenant et, à part l’absence de bande son à retenir, j’ai vraiment apprécié ce dernier. Il m’a quelque peu motivée à regarder d’autres réalisations de Thomas Vinterberg que j’ai dans ma liste à voir comme The Hunt ou Loin de la foule déchaînée. 

La Mort de Staline (2018)

Dans les jours qui suivent son attaque cérébrale, les ministres composant la garde rapprochée de Staline se livrent à un combat acharné pour prendre le contrôle, certains souhaitant un changement positif en Union Soviétique, d’autres nourrissant des ambitions plus funestes. Mais tous sont dans la même urgence : lutter à tout prix pour rester, simplement, en vie.

Un film de : Armando Ianucci

Durée : 1 heure 44 minutes

Avec : Jason Isaacs ; Steve Buscemi ; Olga Kurylenko ; Andrea Riseborough ; Rupert Friend…

Au début de l’année, Aveline du blog Le sentier des mots, m’a recommandé une série de bande dessinée sur deux tomes portant le nom de La mort de Staline. Tout un programme au coeur de l’administration soviétique au moment de la mort de son dirigeant. Un coup de coeur pour elle comme pour moi. J’ai adoré cet humour noir et les situations cocasses, rocambolesques qui s’enchaînent, tout en faisait réfléchir le lecteur sur le culte de la personnalité, ne plus savoir en qui avoir confiance, la délation, les luttes de pouvoir… Timing parfait, l’adaptation cinématographique est sortie cette année, avec du beau monde au casting.

J’ai aimé cette adaptation, mais pas pour les mêmes raisons pour lesquelles j’ai adoré la série. En effet, là où les ouvrages m’ont fait réfléchir, entre fiction et réalité historique, et avec un humour noir, de l’ironie qui sont subtils, le film sonne comme une comédie. Parfois un peu potache et où les « fuck« / »putain » sont nombreux. Je crois que le film a atteint des sommets avec la manière de présenter les personnages et notamment Georgy Zukhov (Jason Isaacs). Pour moi, ça a été un brin ridicule. Ensuite, j’ai perçu le film comme une suite de gags et de situations comiques qui s’enchaînent quasiment sans discontinuité. Il se passe toujours quelque chose et, indéniablement, je ne me suis pas ennuyée une seule seconde. La satire politique en prend un coup et je la trouve moins efficace dans cette adaptation que dans les ouvrages. Le côté comédie pur et dur a trop pris le pas sur la satire de ce régime politique. Il y a quelques scènes qui sont intéressantes : par exemple, l’une des premières où les autorités procèdent à des arrestations et dans laquelle un fils a dénoncé son père. Il y a des passages forts, mais pas toujours marquants.

Cependant, je ne peux pas dire que j’ai totalement détesté ce film. La vérité est que j’ai tout de même passé un excellent moment où j’ai pu me divertir. J’avoue sans honte avoir ri à plusieurs reprises devant les situations rocambolesques ou cocasses que le film propose. Ce côté est quelques fois absurde m’a plu, tout comme le décalage qui peut exister entre les paroles et les gestes, souvent exagérés, et la gravité du sujet et du contexte historique. Cela rajoute une touche d’humour également, avec un brin d’impertinence qui fait oublier les quelques blagues un peu potaches qui peuvent être présentes. Et puis les acteurs sont tous très bons dans leurs rôles respectifs. La Mort de Staline nous offre aussi un casting en or avec des acteurs qui ont déjà fait leur preuve maintes fois. Pour n’en citer qu’un, j’ai adoré Jason Isaacs dans le rôle de colonel Zukhov. Cet homme a une présence à l’écran… Je succombe à chaque fois.

La Mort de Staline n’est pas le coup de coeur que j’attendais, notamment par rapport à la bande dessinée de Fabien Nury et Thierry Robin. Toutefois, cela reste une comédie sympathique, fidèle à l’histoire, mais pas forcément à la manière dont elle est racontée.

À lire également : La mort de Staline de Fabien Nury et Thierry Robin

Les figures de la Grande Guerre • Manfred von Richthofen, le Baron rouge

Né à Breslau en 1892, Manfred von Richthofen est un héros de l’aviation allemande durant la Première Guerre mondiale. Il compte quatre-vingt victoires à son actif, jusqu’à son décès en 1918. Il est plus connu sous son surnom de Baron rouge. Il inspire encore les auteurs et les cinéastes. Petite sélection de trois oeuvres autour de cette figure historique.

Baron rouge (2008) de Nikolaï Müllerschön

Allemagne – Première Guerre mondiale. Le jeune pilote Manfred von Richthofen, alias Le Baron Rouge, est une célébrité au sein de l’armée de l’air allemande. Sa passion pour l’aviation lui ferait presque oublier que la guerre bat son plein en Europe. Quand il tombe amoureux de la belle infirmière Käte, il réalise peu à peu que son image est utilisée à des fins de propagande. Il doit alors faire un choix entre son dégoût pour la guerre et son sens du devoir…

Avec : Matthias Schweighöfer, Till Schweiger, Lena Heady, Joseph Fiennes…

C’est avec ce film que j’ai pris connaissance de l’existence du Baron rouge et de son histoire. Il se base sur des faits réels comme sa rivalité avec l’aviateur canadien Roy Brown (Joseph Fiennes) ou le fait qu’il aurait été amoureux d’une infirmière, jouée par Lena Heady. Pour une première approche sur cette figure historique, ce biopic peut être intéressant et aborde les principales étapes de sa renommée. Le film est bien tourné et je retiens surtout les scènes de combats aériens. Il date de 2008, mais les effets spéciaux ont relativement bien vieilli. Ils restent impressionnants et agréables à regarder.

Anno Dracula, Le Baron rouge sang de Kim Newman

1918. L’Europe est aux mains des vampires. Commandant en chef des armées allemandes, le comte Dracula a juré d’anéantir l’Angleterre, tandis qu’Edgar Poe rédige les mémoires du Baron Rouge. On croise aussi Mata Hari, Kafka et un petit caporal au front barré d’une mèche brune, qui salue en tendant le bras…

Kim Newman est un auteur anglais dont j’adore sa série Anno Dracula, qui mélange personnages historiques et personnages de fiction dans un univers fantastique largement inspiré la littérature anglaise victorienne. Par exemple, dans le premier tome, Dracula côtoie la reine Victoria. Dans le deuxième tome, nous sommes en pleine Première Guerre mondial et le Roi des Vampires est au service de l’Empire allemand. Son héros ? Le Baron rouge. Il s’approprie cet aviateur, tout en l’incluant dans son univers, un brin steampunk. J’adore ce mélange de genres et l’humour de l’auteur qui a une imagination débordante et ce deuxième opus est parfait. Tout fonctionne à merveille.

Baron rouge, Le bal des mitraillettes ; Pluie de sang ; Donjons et Dragons de Pierre Veys et Carlos Puerta

Baron Rouge est une fiction librement inspirée de la vie de Manfred Von Richtohfen ainsi que des évènements et personnages historiques liés à la Première Guerre Mondiale.

Une série en trois tomes autour de Manfred von Richthofen. Je m’attendais à des livres plus proches de la vérité historique. Le scénariste lui donne un pouvoir un peu mystique : il peut pressentir les mouvements de ses adversaires avant qu’ils les effectuent… J’ai eu du mal avec cet aspect de l’intrigue qui dénature un peu, à mon avis, la figure du Baron rouge. Après, ces trois ouvrages se laissent lire et je les ai enchaîné. Cependant, quelques jours après, je n’en garde pas un souvenir impérissable. Je garde plus en mémoire les dessins de Carlos Puerta qui sont magnifiques.

2 séries pour Halloween

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The Haunting of Hill House

Plusieurs frères et sœurs qui, enfants, ont grandi dans la demeure qui allait devenir la maison hantée la plus célèbre des États-Unis, sont contraints de se réunir pour finalement affronter les fantômes de leur passé, dont certains sont encore bien présents dans leurs esprits alors que d’autres continuent de hanter la fameuse Hill House.

Au début du mois, Netflix a proposé une nouvelle mini-série, inspirée de l’ouvrage de Shirley Jackson, Maison hantée en français. J’y suis allée un peu à reculons. Autant j’adore lire des romans dans ce genre, autant je fuit tout ce qui est film et série dans cette veine. Je suis beaucoup plus sensible aux images. Pourtant, c’est une adaptation que j’ai largement dévoré, enchaînant les épisodes.

Pourquoi ? La série fait pourtant peur et il y a quelques moments où j’ai sursauté ou pendant lesquels je me suis cachée les yeux. J’ai tout de même continué, car ces passages ne se faisaient pas gratuitement pour effrayer le spectateur. Il y avait un objectif derrière, une explication autre que de vouloir provoquer des cris et des sursauts. J’ai vraiment aimé le fait que chacune de ces scènes trouvait une justification : celle des regrets, des secrets… Cela donne plus l’impression d’un thriller psychologique psychologique avec, au centre de tout, les relations familiales dans toutes leurs complexités.

Netflix nous régale également par une production aux images léchées. J’ai adoré l’esthétique de la série avec ses ambiances très bleutées. Mais, ce ne serait pas rendre justice à la manière dont la série a été filmée et qui frise parfois le génie, notamment dans l’épisode, le sixième si mes souvenirs sont bons, qui lie le présent et le passé dans une seule et même ambiance. La tension est parfaitement maîtrisée d’un bout à l’autre. La performance des acteurs et plus particulièrement des enfants est à saluer. Ils sont tous excellents.

Malgré une certaine appréhension au départ, The Haunting of Hill House est un coup de coeur, inattendu mais total. Il s’agit probablement d’une première pour une série de ce genre. Je pense également qu’il s’agit d’une des meilleures productions Netflix à ce jour. Définitivement une série à voir et qui sera parfaite pour la soirée d’Halloween.

Chilling adventures of Sabrina, Saison 1

Les aventures surnaturelles de la jeune sorcière Sabrina Spellman, dans la petite ville américaine de Greendale.

Quand j’étais plus jeune, il était impossible de passer à côté de Sabrina, L’apprentie sorcière. L’annonce par Netflix de proposer un rebut de cette série qui a marqué mon enfance était presque comme un cadeau. La bande-annonce ne m’a pas déçu et elle promettait une nouvelle série bien plus sombre.

Et c’est clairement ce que j’ai eu tout au long des dix épisodes qui constituent la première saison. Elle est loin de la première version gentillette et c’est tant mieux. Elle semble déjà un peu plus réaliste en développant un univers qui se rapproche plus de la tradition et qui m’a fait penser à une autre série sur la sorcellerie et les sorcières, Salem. Nous sommes un peu dans cette veine au niveau de la mythologie, mais j’ai trouvé cet aspect vraiment très intéressant et plutôt bien développé.

Je me suis rapidement prise au jeu et j’ai enchaîné très rapidement les épisodes, car il n’y a aucun temps de répit. Il y a une bonne tension et des touches de suspens, qui en font une bonne série à regarder sans modération. Sur d’autres aspects, cette nouvelle adaptation n’est pas révolutionnaire et je l’ai parfois trouvé quelque peu cliché, notamment en ce qui concerne le personnage principal, Sabrina Spellman, qui réussit un peu trop souvent ce qu’elle entreprend. Cependant, je tire mon chapeau à Miranda Otto dans le rôle de Tante Zelda. Elle est juste incroyable.

Cette première saison a largement su me convaincre et je serai au rendez-vous pour la deuxième, car, malgré quelques révélations sans grande surprise, le dernier épisode a su piquer ma curiosité pour la suite.

BlacKkKlansman (2018)

Au début des années 70, au plus fort de la lutte pour les droits civiques, plusieurs émeutes raciales éclatent dans les grandes villes des États-Unis. Ron Stallworth devient le premier officier Noir américain du Colorado Springs Police Department, mais son arrivée est accueillie avec scepticisme, voire avec une franche hostilité, par les agents les moins gradés du commissariat. Prenant son courage à deux mains, Stallworth va tenter de faire bouger les lignes et, peut-être, de laisser une trace dans l’histoire. Il se fixe alors une mission des plus périlleuses : infiltrer le Ku Klux Klan pour en dénoncer les exactions.

Durée : 2 heures 08 minutes

Un film de : Spike Lee

Avec : John David Washington ; Adam Driver ; Topher Grace…

Ce film de Spike Lee, inspiré par une histoire vraie, est un des films que j’attendais avec le plus d’impatience pour plusieurs raisons. Je suis toujours friande de films basés sur des faits réels et plus encore par les bio pics. Le thème du racisme et du Ku Klux Klan est aussi un aspect qui me semblait intéressant et j’avais très envie de voir comment le réalisateur allait l’exploiter. Ce sujet est au coeur de l’actualité et de nombreux films sortent en réponse du mouvement « Black Lives Matter » et de la recrudescence du racisme aux États-Unis. Il y a eu Détroit, par exemple et, en 2019, sortira The Hate U Give, inspiré du roman du même nom.

Avant d’entrer au coeur du sujet, quelques considérations sur le casting et plus particulièrement sur les deux têtes d’affiche. Premièrement, un fils de… qui fait son entrée dans le monde du cinéma et elle est plutôt fracassante. J’ai nommé John David Washington, fils de Denzel Washington. Il est incroyable d’un bout à l’autre où il démontre un grand talent. Il a parfaitement su montrer les conflits de son personnage, de sa volonté de tout faire pour infiltrer le Ku Klux Klan, tout en devant jongler avec le racisme quotidien… Il irradie à l’écran et ce rôle semblait fait pour lui. Il était Ron Stallworth. Le deuxième acteur est Adam Driver. J’ai longtemps eu une relation compliquée avec cet acteur et j’ai mis du temps à l’apprécier, même si, parfois, il m’insupporte encore. Moins qu’avant, je lui trouve quelques mérites. J’ai tendance à penser qu’il en fait un peu trop dans son jeu, au risque de perdre en crédibilité. Dans Girls, il était insupportable (mais, au final, tous les acteurs de cette série étaient ainsi). Je me suis un peu réconciliée avec lui dans le premier Star Wars, The force awakens. Dans The Last Jedi, je n’ai pas toujours été convaincue par son jeu. J’avais un peu dans BlacKkKlansman. En fait, il est plus que parfait dans le rôle de Flip Zimmerman. Son jeu est fin, subtil et son personnage est l’un des plus attachants du film. Il n’en rajoute pas, avec une belle présence à l’écran. Les deux formes en bon duo, sans se faire de l’ombre.

Ce film, l’adaptation du livre de Ron Stallworth sur son infiltration durant sept mois du Ku Klux Klan, est percutant. Certaines scènes restent gravées dans les mémoires et la réalisation a été absolument parfaite, servant à merveille le propos de Spike Lee. Si je dois en retenir une seule, je dirai le moment où les membres du Ku Klux Klan regardent un film pendant que l’association étudiante de Patrice reçoit un intervenant qui raconte l’assassinat d’un jeune afro-américain, Jesse Washington. Crime raciste et qui répond justement au film que les suprématistes blancs sont en train de regarder. Ces deux moments qui s’alternent m’ont mis mal à l’aise, tout en étant une immense claque et prise de conscience. Pour moi, ce fut une des scènes les plus puissantes du film.

Par ailleurs, j’ai aimé la manière dont le sujet est traité. La bande-annonce laissait présager des moments d’humour. Ils sont parfois des touches bienvenues, car le film est, de temps à autre, oppressant. Comme je l’ai dit, j’ai quelques fois été mal à l’aise, à dessein. Le réalisateur associe la violence des gestes à la violence des paroles et certains discours tenus peuvent marquer. Les mots choisis sont violents et plein de haine. Pourtant, tout est bien balancé, l’humour, la violence… BlacKkKlansman remue parfois le spectateur. Nous pouvons dire que de tels discours ne passent plus aujourd’hui. Vraiment ?

C’est là que la fin du film vient tout mettre en perspective. Elle est totalement inattendue et je pensais pas que le réalisateur terminerait son film ainsi. Pourtant, c’est totalement logique et je ne peux pas imaginer une qui soit meilleure, car elle donne une toute autre portée au film en l’inscrivant dans l’actualité. Rien ou presque n’a changé depuis les années 1970. Et les images de Charlottebourg et des événements qui sont survenus après le démontrent bien. Ce discours de haine et d’intolérance est toujours présent et il continue à séduire. Il était essentiel de le rappeler. Cela renforce le côté glaçant et la prise de conscience du spectateur, tout en constituant la claque finale.

BlacKkKlansman a été un énorme coup de coeur dont j’ai adoré tous les aspects : la manière de raconter l’histoire, la réalisation, la musique, les acteurs… Ce fut brillant et ce Grand Prix au Festival de Cannes est largement mérité. Il est clairement un des films à voir cette année.

Pierre Lapin (2018)

Le petit lapin préféré des jeunes lecteurs depuis des générations est désormais le héros d’un film plein d’aventures et d’espièglerie ! L’éternelle lutte de Pierre Lapin avec M. McGregor pour les légumes du potager va atteindre des sommets. Sans parler de leur rivalité pour plaire à cette charmante voisine qui adore les animaux… Bien au-delà du jardin, de nombreuses péripéties les entraîneront de la magnifique région des lacs en Angleterre jusqu’à Londres !

Durée : 1 heure 33 minutes

Un film de : Will Gluck

Avec : Domhnall Gleeson ; James Corden ; Margot Robbie ; Elizabeth Debicki ; Daisy Ridley ; Rose Byrne…

Je lisais les romans de Beatrix Potter quand j’étais plus jeune et je trouve les illustrations toujours aussi magnifiques, pleines de douceur. Cette adaptation cinématographique de l’oeuvre de mon enfance me donnait envie, sans pour autant réellement savoir à quoi m’attendre. Cependant, avec James Corden (Peter Rabbit) et Domhnall Gleeson (McGregor) dans les deux rôles principaux, je ne pouvais que passer un bon moment.

Et plus encore, car Pierre Lapin fut un coup de coeur inattendu. Il y avait bien longtemps qu’un film ne m’avait pas propulsé directement en enfance. J’avais l’impression d’être une gamine qui s’esclaffait joyeusement devant les bêtises et les aventures de ce lapin facétieux. C’était drôle à souhait et je suis toujours bonne cliente pour l’humour anglais. Je ne m’attendais pas à un florilège de gags, de situations rocambolesques. J’avais peur que les scénaristes choisissent d’en faire trop. Ce n’est clairement pas mon ressenti. J’ai apprécié aussi les petites références que les adultes peuvent comprendre.

L’histoire démarre fort et elle va crescendo, de catastrophes en catastrophes. Elle reste classique et sans véritable surprise. Elle se finit comme on l’attend. Pour autant, j’ai passé un pur moment de divertissement avec cette bande de lapins très attachants et intelligents. Petit point positif, je trouve la remise au goût du jour plutôt réussie. À vrai dire, je n’avais pas d’attentes particulières. C’est un film familial qui peut plaire à tous. Il réunit tous les ingrédients pour une adaptation réussie.

Du point de vue de l’animation, j’ai adoré le mélange de prises de vue réelle, des animaux en image de synthèse et les passages en animation 2D. Les CGI sont bien réalisées et réalistes selon les critères actuels. Cependant, elles gardent également une petite touche de magie en ne poussant pas le réalisme à outrance pour donner tout de même un côté enfantin et relativement doux qui peut rappeler les illustrations des ouvrages de Beatrix Potter. J’espérais en apercevoir durant le film et j’étais ravie de voir, par exemple, que Beaucoup peignait les animaux de la forêt. En réalité, il s’agissait des illustrations originales des livres. C’était encore plus merveilleux quand l’animation en deux dimensions vient au service d’un bel hommage. Le mélange des trois types d’images ne m’a jamais dérangé, car, au final, elles s’intègrent parfaitement les unes aux autres dans une même histoire. Des rôles différents leur sont dévolus, permettant également de créer une cohérence.

Cependant, ce que je retiens du film, c’est la bande originale. Un immense coup de coeur ! Le premier moment de grâce vient avec We no speak Americano de Yolanda Be Cool vs. DCUP. C’est ensuite un florilège avec Do your thing de Basement JaxxFeel it still de Portugal The Man ou Crash into me de Dave Matthews Band. Jusqu’à l’apothéose… Five Hundred Miles de The Proclaimers. Cette chanson fait partie de mes plaisirs coupables. Dès que je l’entends, je ne peux pas m’empêcher de chanter (et parfois même de danser). Je devais avoir sensiblement les mêmes goûts musicaux que l’équipe en charge de la bande sonore. En tout cas, ils ont réussi à totalement m’emporter dans l’aventure musicale de Pierre Lapin.

En le commençant, je n’avais aucune attente particulière, mais il était clair que je ne m’attendais pas du tout à ce qu’il soit un coup de coeur. J’ai apprécié chaque minute de ce dernier qui est un petit bijou de divertissement. Je crois bien qu’il y a bien longtemps qu’un film ne m’avait fait autant rire.

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