Les ombres de Katyn (2013) } Philip Kerr

Mars 1943. Le Reich vient de perdre Stalingrad. Pour Joseph Goebbels, il faut absolument redonner le moral à l’armée allemande et porter un coup aux Alliés. Or sur le territoire soviétique, près de la frontière biélorusse, à Smolensk, ville occupée par les Allemands depuis 1941, la rumeur enfle. Des milliers de soldats polonais auraient été assassinés et enterrés dans des fosses communes. L’armée Rouge serait responsable de ce massacre. Goebbels, qui voit là l’occasion de discréditer les Russes et d’affaiblir les Alliés, décide l’ouverture d’une enquête. Le capitaine Bernie Gunther du Bureau des crimes de guerre, organisme réputé antinazi, est la personne idéale pour accomplir cette délicate mission.

Philip Kerr frappe fort avec ce neuvième tome des aventures de Bernie Gunther. Il s’inspire une nouvelle fois d’un fait historique avéré, le massacre de Katyn où plusieurs milliers de Polonais ont été abattus par les Russes. Malgré l’intérêt que je porte depuis de nombreuses années à la Seconde Guerre mondiale et aux régimes totalitaires, je n’ai jamais eu connaissance de ces charniers. En faisant quelques recherches, j’ai vite compris pourquoi. Il existe encore un certain tabou autour de ce qui s’est passé dans la Forêt de Katyn, près de Smolensk.

Je referme ce roman avec l’impression d’en avoir appris beaucoup sur l’Histoire. Philip Kerr a encore une fois pleinement documenté son livre et il y a beaucoup de choses vraies dans Les ombres de Katyn, notamment ce que Goebbels a voulu en tirer pour sa propagande. L’auteur a un vrai don pour connecter son intrigue policière, oeuvre de fiction, et la grande Histoire. Il nous fait croiser un certain nombre d’aristocrates prussiens qui complotent contre Hitler. À ce propos, ce livre m’a fait penser à un film que j’ai vu il y a quelques années et qui aurait été la suite logique de ce qui se déroule dans le fond, Walkyrie de Kenneth Branagh. Le petit mot de l’auteur à la fin m’a donné raison. J’adore la manière dont des petits détails ouvrent sur des événements plus grands. Le tout est parfaitement bien écrit et ficelé.

Malgré plus de six cent pages, ce neuvième tome est un véritable page-turner, parfaitement maîtrisé d’un bout à l’autre. Philip Kerr sait doser son suspens. À chaque chapitre terminé, je devais en commencer un autre. Les ombres de Katyn a presque été trop vite lu et j’en redemande encore. Bernie Gunther reste un de mes personnages littéraires préférés. J’adore son humour, son cynisme. À Smolensk, il rencontre un aristocrate, von Gersdorff, qui lui a fait un peu de l’ombre de ce point. Certains de leurs échanges ont été plus que savoureux, des petits bijoux à lire. Je ne me lasse pas des romans de cet auteur anglais, parti trop tôt. Il a toujours su se renouveler.

En effet, cette série est une des rares que je suis jusqu’au bout. Même au neuvième tome, je n’ai jamais pensé que l’auteur cédait à la facilité  ou que chaque livre se ressemblait. Les ombres de Katyn est un coup de coeur absolu et sûrement un de mes préférés de la série. Il me reste encore quelques tomes à découvrir.

Publicités

La Culture avec un grand A et du latte #4

Je n’ai pas publié ce type d’articles depuis quelques mois, mais l’été est l’occasion parfaite pour reprendre quelques bonnes habitudes. Le mois d’août est déjà bien entamé et c’est le moment de proposer mon bilan de juillet. Les vacances d’été sont définitivement propices à la lecture…

Je n’ai vu que très peu de films. Trois pour être précise. Je ne me suis déplacée qu’une seule fois dans les salles obscures, pour voir le nouveau Jurassic World, Fallen KingdomIl a d’ailleurs été mon seul coup de coeur du mois. Il avait tous les ingrédients pour faire un opus réussi, tout en ouvrant d’autres possibilités. Je suis une grande fan de la franchise. À côté de ça, j’ai regardé The Dictator de Sacha Baron Cohen dont je ne suis définitivement pas fan de l’humour et Braquage à l’ancienne avec Michael Caine et Morgane Freeman. Une comédie sans plus.

En revanche, je me suis fait deux expositions : Hélène de Beauvoir, la soeur de Simone au Musée Würth qui propose une rétrospective de l’artiste, de ses débuts et ses influences au fur et à mesure. Je la recommande. Hélène est moins connue que sa soeur, mais elle le mérite. Son oeuvre est vraiment intéressante : elle s’inscrit dans les mouvements de l’avant-garde de l’époque tout en explorant des thèmes comme le féminisme, les événements de mai 68. Un week-end à Paris et j’ai profité pour aller voir l’exposition Klimt à l’Atelier des Lumières dont j’ai déjà parlé sur le blog.

En revanche, j’ai lu une quinzaine de livres.

  • How to be a woman de Caitlin Moran : une déception tout de même. J’attendais beaucoup de cet ouvrage, mais, finalement, je n’ai pas été sensible aux sujets qu’elle aborde et la manière dont elle les aborde.
  • Eragon de Christopher Paolini : j’avais très envie de relire afin de continuer et terminer la série. Cependant, la lecture de ce premier tome s’est révélée houleuse. Je n’ai plus retrouvé la magie de ma première lecture.
  • La tétralogie des origines, Le château des millions d’années de Stéphane Pzbylyski : la science-fiction n’est pas un genre que j’ai l’habitude de lire mais auquel je m’essaie de temps à autre. Le plus souvent avec succès comme avec Sylvain Neuvel. Un gros coup de coeur pour ce premier tome.

  • Kamarades, La fin des Romanov, Tuez-les tous & Terre promise de Benoît Abtey, Jean-Baptise Dusséaux et Mayalen Goult : une série dont j’ai adoré l’histoire et le graphisme. Un de mes coups de coeur de ce mois-ci.
  • The Romanovs de Simon Sebag-Montefiore : je vous renvoie vers mon article pour connaître mon avis sur cet essai historique.
  • Le détail, Pour une histoire rapprochée en peinture de Daniel Arasse : les essais d’histoire de l’art de Daniel Arasse sont toujours très bien écrit et j’apprends toujours plein de choses.
  • Vladimir Vladimirovitch de Bernard Chambraz : une lecture en demi-teinte. Je m’attendais à quelque chose de différent. J’en parlerai plus en détail lors du mois russe, en décembre.
  • À l’ouest rien de nouveau d’Erich Maria Remarque : un des classiques autour de la Première Guerre mondiale. Une relecture qui m’a encore touché, chamboulé. Ce roman d’Erich Maria Remarque est celui qu’il faut lire à ce sujet.

  • Burn the fairytale d’Adeline Whitmore : je continue mon exploration de la poésie contemporaine avec Adeline Whitmore. Mais je suis réellement déçue. Je ne l’ai pas trouvé positif envers toutes les femmes.
  • La meilleure chose qui ne me soit (jamais) arrivée de Laura Tait et Jimmy Rice : finir le mois avec une petite romance. Elle est divertissante, mais pas transcendante. J’ai passé un bon moment, mais je n’en garderai pas un souvenir impérissable.

The Romanovs (2016) > Simon Sebag-Montefiore

The Romanovs were the most successful dynasty of modern times, ruling a sixth of the world’s surface for three centuries. How did one family turn a war-ruined principality into the world’s greatest empire? And how did they lose it all? This is the intimate story of twenty tsars and tsarinas, some touched by genius, some by madness, but all inspired by holy autocracy and imperial ambition. Simon Sebag Montefiore’s gripping chronicle reveals their secret world of unlimited power and ruthless empire-building, overshadowed by palace conspiracy, family rivalries, sexual decadence and wild extravagance, with a global cast of adventurers, courtesans, revolutionaries and poets, from Ivan the Terrible to Tolstoy and Pushkin, to Bismarck, Lincoln, Queen Victoria and Lenin.

Quasiment 700 pages sur l’histoire de la dynastie des Romanov, écrit en tout petit et en anglais… Pas facile de se lancer ! La famille impériale russe continue de fasciner, en témoigne cet imposant pavé de l’historien anglais Simon Sebag-Montefiore. Pour ma part, j’ai depuis longtemps un intérêt prononcé pour cette famille qui est restée de longues années au pouvoir, avant de connaître une fin tragique dont nous fêtons aujourd’hui même les cent ans. Jusqu’à présent, j’ai surtout lu des romans, mais jamais d’essais à proprement parler sur ce sujet. C’est désormais chose faite en venant à bout de cette petite brique.

Qui n’a pas été si terrible que ça, en définitif. Les je-ne-sais combien de pages et la taille de la police de caractère pour l’édition W&N ne m’ont pas abattu, car Simon Sebag-Montefiore sait intéresser le lecteur. De mes années d’études, j’ai pu remarquer une grande différence entre les essais historiques français et ceux écrits par des Anglo-Saxons. En France, les auteurs sont très sérieux dans leur ton, n’hésitant pas à faire de très longues phrases. Les Anglo-Saxons, en revanche, n’ont pas peur de rendre leurs écrits un peu plus vivants, avec parfois des touches d’humour. Ils donnent l’impression de moins se prendre au sérieux, tout en proposant des écrits largement documentés et scientifiques. Ils restent plus agréables à lire. The Romanovs raconte leur histoire, depuis leur avènement jusqu’à leur chute dans un style presque cinématographique, avec des petits suspens judicieusement aménagés. J’ai toujours eu envie d’en savoir plus et, au final, je me suis retrouvée à lire cinquante, cent pages, sans m’en rendre compte.

La mise en page a beaucoup joué, également. Le livre est divisé en acte et, au début, les principaux « acteurs » sont donnés avec un rappel de qui est la fille ou le fils de qui, les ministres, les alliances… Cela permet à chaque fois de replacer la multitude des personnes historiques qui gravitent autour des Romanov et la famille en elle-même. Un autre point tient aussi aux petites annexes, composées des portraits des principaux protagonistes, permettant de fixer plus facilement certains d’entre eux. Au final, même la manière dont le livre est construit participe au fait qu’il se lise facilement. Je ne dis pas rapidement, car il reste dense.

Et passionnant. Simon Sebag-Montefiore couvre toute la période des Romanov, de leur règne, en évoquant tous les tsars, des plus connus au moins connus. Il déconstruit certains mythes, aussi, en montrant leurs travers, leurs faiblesses, leurs passions… Il y a une certaine dimension psychologique dans cet essai qui permet de mieux comprendre les agissements des uns et des autres, les tensions et les complots politiques… Pour ma part, j’ai vraiment trouvé cet ouvrage très complet et l’auteur va réellement au fond des choses. Il exprime très simplement les enjeux politiques, les forces en présence, la géo-politique de l’empire russe… C’est un ouvrage qui, en définitif, reste accessible. Je ne suis pas forcément au point sur l’histoire de l’Europe, mais je n’ai eu aucun mal à suivre la chronologie, les principaux événements…

The Romanovs de Simon Sebag-Montefiore peut devenir un incontournable pour les passionnées de la famille impériale russe. Il est complet, brillamment écrit et il ne s’arrête pas uniquement à leur chute, comme bien souvent. Des différents essais historiques que j’ai pu lire cette année, il fait définitivement partie de mes recommandations.

EnregistrerEnregistrer

The Muse (2016) » Jessie Burton

On a hot July day in 1967, Odelle Bastien climbs the stone steps of the Skelton gallery in London, knowing that her life is about to change forever. Having struggled to find her place in the city since she arrived from Trinidad five years ago, she has been offered a job as a typist under the tutelage of the glamorous and enigmatic Marjorie Quick. But though Quick takes Odelle into her confidence, and unlocks a potential she didn’t know she had, she remains a mystery – no more so than when a lost masterpiece with a secret history is delivered to the gallery.

Au début de l’année, j’ai découvert cette auteur anglaise avec son premier roman, The Miniaturist dont je n’ai toujours pas vu l’adaptation. J’ai donc voulu enchaîner avec The Muse qui avait de quoi me plaire : un tableau retrouvé, le monde l’art et notamment des galeries, deux époques historiques qui se mélangent dans une même narration, des secrets de famille… J’étais persuadée qu’il serait également un coup de coeur. Malheureusement, je suis passée totalement à côté. Pourquoi ?

Je m’attendais à retrouver tout le travail d’ambiance de son premier roman où elle a fait revivre à merveille l’âge d’or hollandais avec une ambiance un peu sombre, froide et humide qui colle à merveille à l’intrigue et à la ville d’Amsterdam telle que je l’imagine. De ce point de vue, The Muse m’a laissé sur ma faim. J’espérais mieux. Pourtant, il y a également une atmosphère faite de secrets et de non-dits qui pèse sur les différents personnages. Jessie Burton échoue là où elle avait pourtant brillé. Sans ce climat particulier, le roman peine à devenir intéressant et il rate quelque peu son effet. En tout cas, il ne sauve pas l’intrigue.

C’est un autre aspect du roman sur lequel je suis déçue. J’y avais placé quelques espoirs, je l’avoue. Je me passionne depuis de longues années pour le monde de l’art, surtout en ce qui concerne les oeuvres volées, disparues, retrouvés, leurs histoires et leurs aventures. Couplés cela à des secrets de famille, des périodes sombres de l’histoire espagnole, j’accours. Je suis plutôt demandeuse de ce type d’ouvrages, peu important qu’il s’agisse de romans ou d’essais. Je commençais cette lecture les yeux fermés. Cependant, l’intrigue avait du mal à démarrer et j’ai trouvé que les moments où l’auteur passe d’une époque historique mal amené. En effet, elle coupait bien souvent une action qui était bien partie, cassant ainsi le rythme, mais également mon intérêt. Dès que ça commençait à devenir vraiment intéressant, elle passait tout de suite à l’autre intrigue et j’étais parfois un peu frustrée de devoir quitter l’un ou l’autre des personnages. À ce titre, je n’ai jamais eu de préférence pour l’un ou l’autre, montrant aussi le peu d’intérêt que j’ai réussi à avoir pour ce roman.

J’ai abandonné le livre alors que j’étais quasiment arrivée à la moitié. En fait, l’histoire aurait pu s’arrêter là, car je venais d’apprendre la véritable identité de l’artiste du tableau. Pour moi, c’était ce qui devait constituer le coeur du roman. Je n’arrivais pas à projeter la suite, ce qu’elle pouvait être, notamment quand l’auteur n’arrivait pas à créer un quelconque suspens, une attente. Il manque un petit truc pour que les pages se tournent toutes seules. Au final, je suis totalement déçue par ce livre. Les personnages m’ont moins marqué que la famille Brandt. Je plaçais beaucoup d’espoir dans The Muse qui se révèle être une grosse déception. Je peux difficilement trouver un aspect du livre qui m’aurait plu. Jessie Burton a réussi à me faire lire un coup de coeur et une déception. Du coup, je ne sais plus si je dois continuer ou non à la lire.

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

Nord et Sud (1855) » Elizabeth Gaskell

C’est le choc de deux Angleterre que le roman nous invite à découvrir : le Sud, paisible, rural et conservateur, et le Nord, industriel, énergique et âpre. Entre les deux, la figure de l’héroïne, la jeune et belle Margaret Hale. Après un long séjour à Londres chez sa tante, elle regagne le presbytère familial dans un village du sud de l’Angleterre. Peu après son retour, son père renonce à l’Eglise et déracine sa famille pour s’installer dans une ville du Nord. Margaret va devoir s’adapter à une nouvelle vie en découvrant le monde industriel avec ses grèves, sa brutalité et sa cruauté. Sa conscience sociale s’éveille à travers les liens qu’elle tisse avec certains ouvriers des filatures locales, et les rapports difficiles qui l’opposent à leur patron, John Thornton.

J’ai toujours eu envie de tenter l’aventure de ce classique de la littérature victorienne. Il change des éternels Sherlock Holmes ou romans gothiques que je peux lire. Nord et Sud me rappelle plus les fresques sociales d’un Zola. L’intrigue se déroule principalement à Milton, ville industrielle du nord de l’Angleterre, et raconte l’histoire d’une famille du sud qui rencontre pour la première fois le monde ouvrier et patronal. Ce roman est un coup de coeur inattendu.

De nombreux aspects variés de cet ouvrage m’ont plu. Le premier tient à la traduction française qui n’est pas si mauvaise. Elle respecte relativement bien le style de l’époque, sans pour autant trop le moderniser. J’aurais préféré le lire en anglais pour réellement m’imprégner de la plume de l’auteur. Malheureusement, je ne l’avais qu’en français à ce moment. J’aime sa manière presque un brin trop lyrique, parfois dramatique, d’exprimer les sentiments. Ils font aussi le charme de ce roman. Tout comme les descriptions des lieux, des personnages et des différentes ambiances. Milton ne ressemble en rien à Helston, petite bourgade perdue dans la campagne anglaise. Durant ma lecture, je me suis souvent imaginée aux côtés de Margaret Hale durant ses visites ou promenades. Il n’est pas difficile de voir l’histoire s’animer.

Margaret est également un personnage qui a su me plaire. J’ai eu peu de devoir entreprendre cette aventure avec une jeune femme frivole, qui voit sa position se dégrader peu à peu, ennuyeuse et plaintive. Or, elle est d’une autre trempe. Certes, son abnégation est exemplaire, elle ne se plaint jamais. Elle peut parfois paraître un peu trop lisse. Cependant, c’est une femme qui est aussi moderne pour son époque, qui n’hésite pas à donner son avis et à prendre position, à faire preuve d’indépendance. Sa relation avec Monsieur Thorton reste classique de cette littérature et je n’ai pas pu m’empêcher à penser à Elizabeth Bennett et Monsieur Darcy. Je me suis toutefois prise au jeu du chat et de la souris, même si l’issue en est connue d’avance.

Nord et Sud est surtout un beau portrait de la société industrielle du nord de l’Angleterre. Elizabeth Gaskell excelle dans la description sociale de son époque. En lisant ce roman, je me suis rendu compte que l’auteur connaît parfaitement le sujet. Par le biais de son personnage principal, Margaret Hale, elle aborde autant les conditions de vie des ouvriers et des patrons, des enjeux des grèves, de l’état du commerce, des contraintes qui pèsent sur les patrons autant que sur les employés… Il y a des passages très intéressants où les points de vue s’affrontent, où Monsieur Thornton rappelle aussi les obligations qui lui sont imposées. Si, au début, Margaret prend position pour un parti, elle prend rapidement conscience qu’il existe d’autres vérités. J’ai apprécié que l’auteur ne se fige pas dans une seule opinion, en diabolisant l’une ou l’autre des parties.

Les classiques de l’époque victorienne sont résolument ceux que je préfère. Il me reste encore un certain nombre d’auteurs à découvrir. Après ce coup de coeur pour Elizabeth Gaskell, je pense lire d’autres ouvrages de sa bibliographie. Je suis aussi curieuse de voir la mini-série de la BBC avec notamment Richard Armitage dans le rôle de John Thornton. Leurs adaptations sont très bonnes et ils savent faire des period dramas comme personne !

La Vallée de la peur (1913) » Sir Arthur Conan Doyle

Sherlock Holmes recoit un message l’avertissant de l’assassinat d’un certain Douglas, de Birlstone Manor House. L’inspecteur MacDonald de Scotland Yard vient lui annoncer cette même nouvelle. Ils partent donc sur place. Le défunt a été tué d’un coup de carabine Winchester dans la figure. Il est méconnaissable. Mais il porte les bagues du maitre de maison, sauf son alliance et a un curieux tatouage à l’avant-bras.

Quand une panne de lecture pointe le bout de son nez, je me tourne toujours vers mes auteurs préférés comme Philip Kerr ou mes personnages littéraires favoris. Sherlock Holmes et Sir Arthur Conan Doyle en font partie. Un de mes objectifs serait de lire toutes les aventures du célèbre détective anglais et cela fait quelques mois que j’ai commencé. Une enquête du duo semble un bon départ pour le mois anglais.

La Vallée de la peur est un des quatre romans constituant le palmarès holmésien. Il ne me manque plus que Le Signe des Quatre pour les avoir tous lus. Au bout d’un moment, je commence à voir des récurrences stylistiques et de formes dans l’oeuvre de Conan Doyle. Chaque enquête démarre plus ou moins de la même manière. Il n’y a pas eu d’enquêtes depuis un moment, quand soudain quelqu’un frappe à la porte. Il n’y a pas que l’amorce qui soit souvent la même. La Vallée de la peur m’a fait énormément penser à Une étude en rouge, la toute première aventure. En effet, ces deux histoires sont construites de la même façon. En effet, la première partie est consacrée à l’enquête. Elle peut être relativement courte et la résolution arrive, somme toute, rapidement. Puis, la deuxième partie s’ouvre et raconte le passé d’un personnage. Ce n’est jamais Sherlock ou Watson dont il est question, mais un des principaux suspects de l’enquête. Dans cette dernière, l’auteur nous plonge dans l’Amérique au temps du Far West, avec des mystères de sociétés secrètes et de Pinkerton. Il y a un côté de déjà-vu et l’impression que l’auteur ne se renouvelle pas.

Pourtant, lire un Sherlock Holmes reste un plaisir que je ne boude pas. Les intrigues policières sont toujours menées d’une main de maître et le dénouement me laisse souvent admirative. J’apprécie de connaître les déductions du détective anglais à partir de ses observations. Son esprit de déduction m’a toujours fasciné, et la magie fonctionne constamment. Il me suffit d’ouvrir un roman de Sir Arthur Conan Doyle pour oublier pendant quelques minutes mon quotidien et avoir la certitude que je passerai un bon moment. Plaisir aussi de retrouver certains de mes personnages littéraires favoris. J’adore la relation entre Sherlock Holmes et le docteur Watson. Ils ont un respect profond l’un pour l’autre, mais ils illustrent parrainent l’adage « qui aime bien, châtie bien« . Ils ont une dynamique intéressante. Finalement, ce sont tous ces petits détails qui font que j’y reviens toujours, même avec des petites redondances parfois.

Ce n’est pas un coup de coeur, mais une lecture que j’ai tout de même apprécié.

EnregistrerEnregistrerEnregistrerEnregistrer

La Culture avec un grand A et du latte #3

Mon mois d’avril fut pris par mon stage, qui fut intense, mais qui m’a permis d’apprendre de nouvelles compétences professionnelles, comme la rédaction de communiqués de presse. J’ai pu vraiment m’investir dans la vie de la Fondation, faire des propositions. J’ai adoré chaque minute passé là-bas. Du coup, j’en ai un peu oublié certaines choses.

Honte à moi ! En tant qu’étudiante dans le domaine de la culture, je n’ai visité aucun musée ni exposition durant le mois. Je compte bien me rattraper durant le mois de mai. Je compte aller voir la nouvelle exposition du Centre Pompidou de Metz, Couples modernes. J’aimerais aussi voir un peu plus d’oeuvres de l’incroyable exposition se déroulant dans la ville de Strasbourg, Industrie magnifique. Je suis déjà allée voir le mammouth se situant à côté de la cathédrale. Le 19 mai, c’est également la Nuit européenne des musées. Je n’ai pas encore arrêté de programme, mais j’y réfléchis.

Du point de vue des lectures, j’ai enchaîné avec des livres moyens ou des grosses déceptions. Je n’ai eu littéralement aucun coup de coeur ce mois-ci où j’ai presque joué de malchance ! Parmi les romans que je qualifierai de sympathique, mais sans plus, j’ai pu lire le premier tome de la trilogie Wicked de Jennifer L. Armentrout, auteur que je découvrais par la même occasion. Je retiens l’univers qui se développe autour des faës et de la Nouvelle-Orléans. Malheureusement, j’ai trouvé que la romance prenait parfois toute la place, au détriment de l’intrigue. De plus, la fin fut sans surprise également. C’est le reproche que je fais également à Poppy de Mary Hooper. Je pense en reparler plus longuement sur le blog en novembre, car je développe un petit projet dans lequel ce roman s’intègre parfaitement. Toutefois, si je devais retenir un seul ouvrage, ce serait Le musée disparu d’Hector Feliciano. C’est une enquête menée par un journaliste sur les oeuvres disparues durant la Seconde Guerre mondiale, très bien écrit et accessible.

En revanche, grosse déception pour le premier tome de L’amie prodigieuse d’Elena Ferrante. J’en avais entendu tellement de bien sur la blogosphère et il était absolument partout. J’ai fini par craquer, après avoir longuement hésité. Le prologue m’avait quelque peu charmé, mais, très vite, je me suis ennuyée. J’ai trouvé le style de l’auteur mécanique et froid, voire impersonnel, des faits sans sentiments. Je ne me suis jamais attachée aux deux amies et j’ai fini par abandonner. Autre grosse déception pour The Muse de Jessie Burton. Il fera l’objet d’un prochain article, aussi, je ne vais pas m’étendre dessus.

Pour finir sur le récapitulatif de mes lectures du mois, je signale également Release de Patrick Ness (un article viendra dans quelques jours), Mrs Dalloway de Virginia Woolf que j’ai abandonné. Je n’ai jamais réussi à dépasser les cinq premières pages et j’ai essayé plusieurs fois, sans grand succès. Cela faisait presque un an que j’avais commencé The travels de Marco Polo. Même avec toute la bonne volonté du monde, je n’ai jamais réussi à dépasser les vingt pages lus…

En revanche, j’ai eu plus de chance avec les films et les séries que j’ai pu voir. Clairement, le mois d’avril fut placé sous le signe des zombies avec la sortie de la deuxième saison de Santa Clarita Diet, que j’ai dévoré en quelque jour. Encore un coup de coeur pour cette série qui change un peu de ce qui se fait autour des morts-vivants. C’est drôle, complètement loufoque et déjanté. Je ris franchement à chaque épisode. J’ai aussi regardé deux saisons de Z Nation, qui restera un de mes plaisirs coupables. Du côté des films, j’avoue ma passion pour les comédies horrifiques autour des zombies. Plus c’est nul, plus j’aime… Manuel de survie à l’apocalypse zombie était plutôt sympathique, avec des scènes bien comiques, frôlant parfois le grand n’importe quoi. J’ai également revu World War Z. Il se laisse voir.

Cependant, mon coup de coeur absolu du mois est dans un tout autre registre. J’ai plus qu’adoré… Roulements de tambour… Pierre Lapin. Oui, oui, Pierre Lapin. Je ne savais pas à quoi m’attendre en le voyant. Certainement pas à adorer chaque minute de ce dernier, à rire tout du long. Un article est déjà préparé pour vous expliquer le pourquoi du comment. J’ai commencé le mois avec un autre film sur les animaux, qui reste un classique du genre, sans vraiment de surprise. La fin est connue avant même d’avoir débuté le film. Benji reste toutefois un film adorable à voir, mais qui ne me laissera pas de souvenirs impérissable. Je dirai la même chose du troisième Pitch Perfect. Je ne regrette pas de ne pas l’avoir vu au cinéma. Il est mieux que le deuxième, mais moins bien que le premier.

EnregistrerEnregistrerEnregistrerEnregistrer