BlacKkKlansman (2018)

Au début des années 70, au plus fort de la lutte pour les droits civiques, plusieurs émeutes raciales éclatent dans les grandes villes des États-Unis. Ron Stallworth devient le premier officier Noir américain du Colorado Springs Police Department, mais son arrivée est accueillie avec scepticisme, voire avec une franche hostilité, par les agents les moins gradés du commissariat. Prenant son courage à deux mains, Stallworth va tenter de faire bouger les lignes et, peut-être, de laisser une trace dans l’histoire. Il se fixe alors une mission des plus périlleuses : infiltrer le Ku Klux Klan pour en dénoncer les exactions.

Durée : 2 heures 08 minutes

Un film de : Spike Lee

Avec : John David Washington ; Adam Driver ; Topher Grace…

Ce film de Spike Lee, inspiré par une histoire vraie, est un des films que j’attendais avec le plus d’impatience pour plusieurs raisons. Je suis toujours friande de films basés sur des faits réels et plus encore par les bio pics. Le thème du racisme et du Ku Klux Klan est aussi un aspect qui me semblait intéressant et j’avais très envie de voir comment le réalisateur allait l’exploiter. Ce sujet est au coeur de l’actualité et de nombreux films sortent en réponse du mouvement « Black Lives Matter » et de la recrudescence du racisme aux États-Unis. Il y a eu Détroit, par exemple et, en 2019, sortira The Hate U Give, inspiré du roman du même nom.

Avant d’entrer au coeur du sujet, quelques considérations sur le casting et plus particulièrement sur les deux têtes d’affiche. Premièrement, un fils de… qui fait son entrée dans le monde du cinéma et elle est plutôt fracassante. J’ai nommé John David Washington, fils de Denzel Washington. Il est incroyable d’un bout à l’autre où il démontre un grand talent. Il a parfaitement su montrer les conflits de son personnage, de sa volonté de tout faire pour infiltrer le Ku Klux Klan, tout en devant jongler avec le racisme quotidien… Il irradie à l’écran et ce rôle semblait fait pour lui. Il était Ron Stallworth. Le deuxième acteur est Adam Driver. J’ai longtemps eu une relation compliquée avec cet acteur et j’ai mis du temps à l’apprécier, même si, parfois, il m’insupporte encore. Moins qu’avant, je lui trouve quelques mérites. J’ai tendance à penser qu’il en fait un peu trop dans son jeu, au risque de perdre en crédibilité. Dans Girls, il était insupportable (mais, au final, tous les acteurs de cette série étaient ainsi). Je me suis un peu réconciliée avec lui dans le premier Star Wars, The force awakens. Dans The Last Jedi, je n’ai pas toujours été convaincue par son jeu. J’avais un peu dans BlacKkKlansman. En fait, il est plus que parfait dans le rôle de Flip Zimmerman. Son jeu est fin, subtil et son personnage est l’un des plus attachants du film. Il n’en rajoute pas, avec une belle présence à l’écran. Les deux formes en bon duo, sans se faire de l’ombre.

Ce film, l’adaptation du livre de Ron Stallworth sur son infiltration durant sept mois du Ku Klux Klan, est percutant. Certaines scènes restent gravées dans les mémoires et la réalisation a été absolument parfaite, servant à merveille le propos de Spike Lee. Si je dois en retenir une seule, je dirai le moment où les membres du Ku Klux Klan regardent un film pendant que l’association étudiante de Patrice reçoit un intervenant qui raconte l’assassinat d’un jeune afro-américain, Jesse Washington. Crime raciste et qui répond justement au film que les suprématistes blancs sont en train de regarder. Ces deux moments qui s’alternent m’ont mis mal à l’aise, tout en étant une immense claque et prise de conscience. Pour moi, ce fut une des scènes les plus puissantes du film.

Par ailleurs, j’ai aimé la manière dont le sujet est traité. La bande-annonce laissait présager des moments d’humour. Ils sont parfois des touches bienvenues, car le film est, de temps à autre, oppressant. Comme je l’ai dit, j’ai quelques fois été mal à l’aise, à dessein. Le réalisateur associe la violence des gestes à la violence des paroles et certains discours tenus peuvent marquer. Les mots choisis sont violents et plein de haine. Pourtant, tout est bien balancé, l’humour, la violence… BlacKkKlansman remue parfois le spectateur. Nous pouvons dire que de tels discours ne passent plus aujourd’hui. Vraiment ?

C’est là que la fin du film vient tout mettre en perspective. Elle est totalement inattendue et je pensais pas que le réalisateur terminerait son film ainsi. Pourtant, c’est totalement logique et je ne peux pas imaginer une qui soit meilleure, car elle donne une toute autre portée au film en l’inscrivant dans l’actualité. Rien ou presque n’a changé depuis les années 1970. Et les images de Charlottebourg et des événements qui sont survenus après le démontrent bien. Ce discours de haine et d’intolérance est toujours présent et il continue à séduire. Il était essentiel de le rappeler. Cela renforce le côté glaçant et la prise de conscience du spectateur, tout en constituant la claque finale.

BlacKkKlansman a été un énorme coup de coeur dont j’ai adoré tous les aspects : la manière de raconter l’histoire, la réalisation, la musique, les acteurs… Ce fut brillant et ce Grand Prix au Festival de Cannes est largement mérité. Il est clairement un des films à voir cette année.

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La Culture avec un grand A et du latte #4

J’essaie de reprendre mes bonnes habitudes de présenter un petit bilan culturel du mois écoulé. J’ai eu un peu de relâchement ces derniers mois avec le mémoire et le stage. Cela a été un petit mois d’août avec tout de même quatre coups de coeur pour deux films et deux livres. Je vous laisse découvrir tout cela en détail et je commence par les films.

Je ne suis malheureusement pas déplacée dans les salles obscures en août. J’en ai profité pour rattraper quelques films que je voulais absolument voir ces derniers mois ou l’année dernière. J’ai enfin vu The Greatest Showman qui a beaucoup fait parler de lui lors de sa sortie. Il a été mon premier coup de coeur du mois avec une histoire bien rythmée, une esthétique magique et surtout une bande-son de folie. J’écoute encore en boucle This is me, From now on ou Never enough. Je comprends mieux les bons échos que j’ai pu avoir du film ces derniers mois.

Battle of sex, un biopic sur une figure féministe du tennis féminin dans les années 70. Je n’y connais absolument rien à ce sport, je n’ai jamais été une amatrice de tennis. Aussi, je n’ai jamais entendu parler de Billie Jean King. Pourtant, cela ne m’a pas empêché d’apprécier ce film et son combat pour l’égalité entre les joueuses et les joueurs de tennis en démontrant que les femmes sont tout aussi bonnes voire même meilleures que les hommes. Même si l’issu du match final se devine, le film reste prenant, engagé. Cependant, ce n’est pas un coup de coeur.

Mon dernier coup de coeur cinématographique va pour La mort de Staline, adaptation de la bande-dessinée de Thierry Robin et Fabien Nury que j’ai lu au début de l’année et que j’ai beaucoup aimé. Je ne parlerai pas plus en détail du film, j’ai prévu de le présenter lors du Mois Russe en décembre. À côté de ces trois films qui m’ont plutôt marqué, il y en a deux autres qui, sincèrement, ne m’ont guère laissé un souvenir impérissable : The Call Up, dont j’ai du mal à me souvenir de quelques scènes marquantes et Rampage avec The Rock, vite vu et tout aussi vite oublié. 

Au niveau des lectures, j’ai commencé à explorer la littérature russe en prévision du mois de décembre pour voir vers quels auteurs me diriger. La première lecture a été L’Organisation de Maria Galina dont un avis détaillé a déjà été publié sur le blog. Vous pouvez le lire en suivant ce lien. J’ai ensuite enchaîné avec un auteur russe classique, Alexandre Pouchkine avec La Dame de pique suivi des Récits de feu Ivan Petrovitch Belkine. Une découverte et un presque coup de coeur pour la première nouvelle. Avec ces deux premiers livres, je pars plutôt confiante pour partir à la découverte de la Russie ! Le dernier que j’ai lu en lien avec ce pays est Bienvenue chez les Russes de Kirill Privalov. Pareil, je n’en dis pas plus pour le moment, car il ouvrira le mois russe.

Le tout premier livre que j’ai pu lire en août a été l’essai de Philippe Sands, récompensé lors de la dernière rentrée littéraire, East West Street dont une chronique a déjà été publiée, et je vous remets également le lien. Je suis restée dans le thème de la Seconde Guerre mondiale avec un Philip Kerr, La Dame de Zagreb. Un coup de coeur absolu, même si ce n’est pas le meilleur de la série. J’ai encore bien en tête l’avant-dernier que j’ai lu, Les ombres de Katyn (chronique). Cependant, c’est toujours aussi prenant et intéressant à lire. Je me suis aussi intéressée à la Première Guerre mondiale, en prévision du mois de novembre qui sera placé sous le signe de la commémoration du centenaire de la fin de la Grande Guerre. À ce titre, j’ai lu une bande-dessinée autour de la figure du Baron rouge qui se développe sur trois tomes : Le bal des mitraillettes, Pluie de sang et Donjons et dragons de Pierre Vers et Carlos Puerta. Mon avis sera présenté à ce moment-là. 

Deux grosses déceptions également avec deux romans dont j’attendais beaucoup. Le premier fut les mémoires d’Ariel Levy, The rules do not apply. Il est classé dans les lectures féministes, une thématique que j’apprécie énormément et dans lequel je n’hésite pas à découvrir de nouveaux titres. Sincèrement, je ne l’ai pas trouvé intéressant pour un sou. Je ne me suis pas attachée à cette auteur, à ressentir une quelconque émotion. Pourtant, elle évoque les drames qui ont frappé sa vie, comment elle s’en est sortie. Je n’ai eu aucune affinité dès le début et, finalement, j’ai rapidement abandonné. Ma deuxième déception va pour Sweet d’Emmy Laybourne. Depuis un moment que j’ai eu envie de le lire, j’ai été déçue que la romance prenne trop de place. Pour un avis plus détaillé, je vous renvoie vers ma chronique. 

Enfin, je finis sur une note plus positive en vous parlant de mon dernier coup de coeur littéraire du mois… À l’ombre de nos secrets de Lily Haime. Une magnifique romance homosexuelle sous fond de Seconde Guerre mondiale. J’ai autant pleuré que vibré avec les personnages. Cette histoire m’a transporté, bouleversé et j’ai adoré tous les personnages qui constituent la famille de Julien, le personnage principal. Au final, il y a aussi beaucoup d’espoirs dans cette histoire. Je ne peux que le recommander.

L’Organisation (2009) > Maria Galina

URSS, 1979, à la veille des Jeux Olympiques. En cette période de stagnation, la vie est rude : pénurie de biens, queues interminables et suspicion partout. Rosa, 17 ans, accepte à contrecoeur un emploi au service sanitaire du port, bureau SSE/2. Ce qu’elle est censée y faire n’est pas évident, et ce ne sont pas ses collègues revêches qui vont l’aider à y voir plus clair. Peu importe, entre deux rapports à saisir, Rosa s’évade sur les traces d’Angélique, marquise des anges… Il y a bien Vassili, le « spécialiste » du SSE/2, mais ce qu’il raconte n’a aucun sens : que sont ces parasites de deuxième catégorie qu’il traque ? Quel lien avec les cadavres atrocement mutilés découverts par la police ? Et quelle est cette ombre qui la suit dans la nuit ? En découvrant le véritable rôle du SSE/2, Rosa va vivre une aventure qui surpasse de loin celles de son héroïne préférée…

En attendant le lancement officiel du mois russe en décembre prochain, je tâte un peu le terrain en avance. Notamment pour savoir vers quels auteurs me diriger. Maria Galina est une auteur russe contemporaine dont je n’ai jamais entendu parler jusqu’à présent. Je me suis perdue dans les méandres de son Organisation grâce à sa couverture colorée et à son résumé qui rappelle un peu Ghostbuster et les chasses aux fantômes. Un bon programme en perspective !

En refermant ce livre, je suis un peu déboussolée. Clairement, ce roman ne m’a pas laissé indifférente, mais de là à dire que j’ai adoré, ce serait peut-être exagéré. J’ai eu tout au long de l’intrigue une relation d’amour/haine avec ce livre. Des éléments qui ont pu me plaire pendant quelques pages pouvaient m’énerver après. Ça a été surtout le cas des personnages qui passent d’intéressants à agaçants, puis j’ai eu envie d’en savoir plus sur eux. Ils sont parfois attachants et bien souvent, je me suis retrouvée prise entre deux positions contradictoires.

Je peux aussi ramener ça à l’intrigue. J’ai pu avaler des pages entières en le trouvant absolument génial et voulant toujours en connaître davantage. À d’autres moments, j’ai été à deux doigts d’abandonner ma lecture. Je n’ai jamais eu de demi-mesure avec ce roman.

Il m’a aussi fait connaître quelques frustrations. Maria Galina a l’art de passer du coq à l’âne sans prévenir. J’ai été souvent prise au dépourvu, me demandant si je n’avais pas raté quelques pages. J’ai relu un certain nombre de paragraphes pour voir quelle était la suite logique. Il n’y en a pas ou pas toujours. C’est un style parfois déroutant. Deuxième frustration également avec la fin du roman, où j’ai eu le sentiment que beaucoup choses sont restées en suspend.

Cependant, il y a quelque chose dans ce roman que je ne saurai décrire et qui a su me charmer, faisant pencher la balance vers le positif. Est-ce l’univers ? Il est original et, en quelques mots, l’auteur arrive parfaitement à créer un monde avec une organisation, des objectifs à atteindre… Il y a aussi un réalisme social qui m’a plu. Le contexte historique et social est passionnant et il s’en ressent dans chacune des pages : l’atmosphère un peu lugubre, le moral au plus bas, les magasins quasiment vides… Ce sont autant de petit plus qui, au final, font que je garde tout de même une bonne impression de ce roman.

Pour une première immersion dans la littérature russe contemporaine, je ne suis pas déçue. Maria Galina a su me transporter dans son monde et me faire vivre aux côtés de son Organisation. Il s’agit malheureusement de l’unique roman traduit en français de l’auteur.

East West Street (2016) > Philippe Sands

A uniquely personal exploration of the origins of international law, centring on the Nuremberg Trials, the city of Lviv and a secret family history. When he receives an invitation to deliver a lecture in the Ukrainian city of Lviv, international lawyer Philippe Sands begins a journey on the trail of his family’s secret history. In doing so, he uncovers an astonishing series of coincidences that lead him halfway across the world, to the origins of international law at the Nuremberg trial. Interweaving the stories of the two Nuremberg prosecutors (Hersch Lauterpacht and Rafael Lemkin) who invented the crimes or genocide and crimes against humanity, the Nazi governor responsible for the murder of thousands in and around Lviv (Hans Frank), and incredible acts of wartime bravery, East West Street is an unforgettable blend of memoir and historical detective story, and a powerful meditation on the way memory, crime and guilt leave scars across generations.

Largement récompensé à l’étranger comme en France avec le prix Médicis, East West Street a été l’essai de 2017. Philippe Sands y retrace sa quête des origines de sa famille à Lemberg. Il s’intéresse également à deux théoriciens du droit qui ont aussi vécu dans cette ville. Nous leur devons les notions de crimes contre l’humanité (contre des individus) et génocide (contre un groupe spécifiquement identifié).

De nombreux sujets sont évoqués avec pour lien la ville de Lemberg. De ce point de vue, j’ai pu me rendre compte du talent de l’auteur. Il parle autant de droit (tout en restant très accessibles pour les non-juristes, aucune base n’est requise pour comprendre et apprécier l’essai), d’histoires familiales que de la grande Histoire, de philosophie, de son expérience intime… Pourtant, il ne pars jamais dans tous les sens et reste très cohérent. Le lecteur saisit rapidement le cheminement de la pensée de Philippe Sands et la manière dont l’ouvrage est construit. Et puis, quand c’est aussi bien écrit, la lecture devient un vrai régal.

Je ne saurai dire quel aspect du livre j’ai apprécié le plus, car East West Street forme un tout où chaque aspect s’imbrique dans un autre. Il rend compte de sa quête de réponses du passé de sa famille avec beaucoup d’humilité, ne cachant rien des petits éléments qu’il a trouvé, des déceptions parfois de ne pas pouvoir aller plus loin, de ne pas avoir toutes les réponses. Il a partagé cette expérience avec ses enfants. Quant aux aspects plus juridiques ou théoriques de l’essai, j’ai trouvé que les questions qu’il s’est posé intéressantes et pertinentes. Quelle coïncidence extraordinaire que les deux hommes qui ont théorisé les deux notions les plus importantes du droit pénal international ont vécu dans la même ville, ont fait leurs études dans la même université. Pourtant, les deux notions présentent des différences, des conceptions opposées. Qu’est-ce qui peut expliquer cet état de fait ? Comment ont-elles émergé et font depuis foi ?

East West Street : On the origins of genocide and crimes against humanity, pour le titre complet est un essai qui m’a plus sous bien des aspects : les thèmes abordés et il est brillamment écrit avec un style très fluide et qui transmet très bien les émotions de l’auteur. C’est un ouvrage que je retiens et que j’envisage de relire et feuilleter sans souci. Rares sont les essais que je peux ressortir de ma bibliothèque et relire certains passages.

Sweet (2015) / Emmy Laybourne

Solu’s luxurious celebrity-filled Cruise to Lose is billed as « the best cruise since the Titanic, » and if the new diet sweetener works as promised – dropping five percent of a person’s body weight in just days – it really could be the answer to the world’s obesity problem. But Laurel is starting to regret accepting her friend Viv’s invitation. She’s already completely embarrassed herself in front of celebrity host Tom Forelli (otherwise known as the hottest guy ever!) and she’s too sick to even try the sweetener. And that’s before Viv and all the other passengers start acting really strange. BUT WILL THEY DIE FOR IT, TOO?

Sweet est un roman que j’avais très envie de lire depuis de nombreuses années. Je l’ai repéré dès sa sortie anglaise et il m’a fallu un peu de temps avant de mettre la main dessus et découvrir qu’il n’en valait pas totalement le coup. Pourtant, le livre avait de bons arguments : une croisière de luxe qui tourne à l’apocalypse, une drogue qui rend tout le monde légèrement accro et zombie, sous fond de body positiv. Je signe tout de suite sans y penser deux fois.

L’aspect « body positiv » du roman est peut-être ce que je retiens le plus de ma lecture. Je ne le retrouve pas toujours dans les romans que je peux livre, peut-être dans la poésie contemporaine féministe comme Rupi Kaur ou Amanda Lovelace. Emmy Laybourne part d’une idée qui a de quoi faire rêver : le Solu. Il s’agit d’une espèce de sucre en poudre qui vous permet de perdre 5 à 10% de la masse corporelle, tout en mangeant absolument tout ce que les personnes veulent. L’auteur exprime son idée à travers les trois principaux : Vivika est accro au Solu ; Laurel qui trouve que son corps est parfait comme il est, malgré quelques kilos en trop ; Tom qui s’est taillé le corps qu’il rêvait en mangeant sainement et en faisant énormément de sport. Ils illustrent chacun un aspect de notre relation à notre relation à notre corps. Je me suis retrouvée dans Vivika, sans grande surprise. Je suis loin d’être une Laurel qui s’accepte comme elle est. J’ai pensé que ce choix de personnages était pertinent et ils illustrent bien les propos et la philosophie d’un regard plus positif sur nos corps.

Malheureusement, j’ai eu plus de mal avec l’histoire. Elle a énormément de mal à démarrer. Pour ma part, elle n’a réellement su devenir intéressante vers le dernier tiers, tout en peinant à totalement m’accrocher. Le développement de la romance entre Tom et Laurel prend trop de place par rapport à ce que je m’attendais en commençant Sweet. La romance a été trop omniprésente à mon goût. Ça et une histoire qui ne décolle pas, la lecture a parfois été laborieuse et mon intérêt pour cette dernière très fluctuant. Je ne l’ai pas terminé pour être honnête. Je n’arrivai plus à me remettre dans ma lecture et à y trouver un quelconque intérêt alors qu’il me restait une cinquantaine de pages.

Sweet est ma déception de l’été. En apparence, il avait tout pour que je passe un bon moment voire qu’il soit un coup de coeur. Cependant, certains aspects du roman n’ont pas fait pencher la balance vers le positif. Je m’attendais à peut-être plus de « zombies ». C’est ce que j’ai imaginé en lisant la quatrième de couverture.

Deux clubs de lecture animés par des célébrités

Depuis deux voire trois ans, les clubs de lecture animés par des célébrités ont connu une véritable explosion. Oprah Winfrey a ouvert la voie il y a quelques années, et depuis, ils se sont multipliés, surtout parmi les actrices. Elles proposent des thématiques, de découvrir leurs derniers coups de coeur ou des livres qui les ont inspirés… Pour ma part, j’en suis surtout deux. Je ne lis pas toujours les ouvrages proposés. Tout simplement, je les ai soit déjà lus, soit ils ne m’intéressent guère. Mais j’attends toujours avec impatience le nouveau choix.

Our shared shelves, le club de lecture féministe d’Emma Watson

C’est le premier Book Club que j’ai suivi. Emma Watson est une actrice que j’apprécie et admire depuis de longues années. Quand elle a lancé Our shared Shelves, je ne m’y suis pas tout de suite intéressée. J’y suis venue tardivement, il y a presque deux ans, quand j’ai commencé à me renseigner sur le féminisme, à vouloir en savoir plus.

Le premier livre que j’ai lu a été The Handmaid’s Tale de Margaret Atwood qui a été un énorme coup de coeur. J’en ai lu bien d’autres depuis que l’actrice anglaise nous recommande, tous les deux mois. Sa dernière suggestion est Milk & Honey de Rupi Kaur, un recueil de poésie féministe que j’ai lu et adoré, début 2017. Je passe donc mon tour pour Juillet/Août et je suis impatiente de découvrir le prochain livre.

Pour aller plus loin : mon avis sur le dernier recueil de Rupi Kaur, The Sun and her flowers

Belletrist, par Emma Roberts 

Une découverte plus récente et je n’ai pas encore eu l’occasion de m’y investir, mais les tentations sont nombreuses. J’apprécie la diversité des propositions. Tous les mois, un nouvel ouvrage est sélectionné. J’espère pouvoir en lire quelques uns à l’avenir. Elle ne semble pas suivre un thème particulier.

Le livre du mois d’août est The Incendiaries de R.O. Kwon dont la quatrième de couverture est très tentante et je note cette recommandation. Je suivrai avec attention le prochain livre qui sera choisi en septembre, en croisant les doigts pour qu’il soit dans ma liseuse ou que je puisse l’emprunter.

Il en existe bien d’autres dont celui de Reese Witherspoon, qui se veut également féministe. J’en ai entendu parler et les sélections sont intéressantes. Je pense y jeter un coup d’oeil de temps en temps pour piquer quelques idées lecture. Cependant, je reste profondément attachée à celui d’Emma Watson. J’ai fait de belles découvertes avec ce club, avec des ouvrages qui m’ont beaucoup fait réfléchir.

Et vous, quels sont les clubs de lecture de célébrité que vous suivez ? Vos plus belles découvertes grâce à elles ?

Des détails en peinture…

De ma licence d’histoire de l’art, j’ai appris l’iconographie, à reconnaître les thèmes et les personnages, quelques fois les symboles cachés. Si j’apprécie de connaître le sujet des oeuvres que je vois lorsque je visite un musée, ce n’est pas forcément cet aspect qui me fait m’arrêter pour contempler un tableau. Ce sont des détails qui vont retenir mon attention, une petite partie.

Il y a deux choses que j’apprécie énormément quand je regarde un tableau. Ce sont la manière dont les bijoux sont peints et plus particulièrement les perles et tout ce qui touche au textile, les différents types de tissus. Dans mon esprit, ce sont deux des points les plus difficiles à peindre et où l’artiste peut démontrer tout son talent. Je suis très impressionnée par la technique déployée pour les rendre les plus vraisemblables. Ces prouesses sont notamment possibles avec le développement de la peinture à l’huile.

Le premier artiste à avoir développé mon amour voire ma passion pour les bijoux en peinture est Jan Van Eyck avec son retable de l’Agneau mystique. Le Christ en majesté est une pure merveille de ce point de vue. Il faut regarder la couronne et la manière dont les différentes pierres précieuses sont peintes ainsi que son médaillon. Pour moi, il est le premier à avoir pleinement réussi à peindre. Il est impossible de ne pas citer La jeune fille à la perle de Johannes Vermeer. De ce tableau, cette boucle d’oreille est la première chose que je vois. Elle est parfaite avec cette lumière qui s’y reflète. Cependant, ce ne sont pas les seuls artistes à proposer des bijoux délicatement peints.

Concernant la peinture des vêtements, ce n’est que plus tardivement que j’y suis devenue sensible. C’est lors de ma dernière année d’histoire de l’art. Un de mes enseignants a attiré mon attention sur la manière dont Rembrandt peignait les différents types de tissus : la soie, la fourrure… Cela participe aussi aux charmes et à l’intérêt d’une peinture, portrait ou non. Cet aspect m’intéresse aussi du point de vue de la mode des différents siècles, connaître les tissus les plus prisés, la manière dont ils les ont associés… J’adore pouvoir devenir si c’est de la soie ou du velours, je m’extasie devant les dentelles. En temps normal, ce sont déjà des petits chefs d’oeuvre. En peinture, il y a des petits détails dans les manches, les garnitures dont la beauté est à couper le souffle, notamment par leur précision et le rendu de la texture.

Et vous, quels sont les détails qui vous accrochent quand vous regardez un tableau ?