Léon Tolstoï • Guerre & Paix (1863)

Guerre & Paix • Léon Tolstoï • 1863

1805 à Moscou, en ces temps de paix fragile, les Bolkonsky, les Rostov et les Bézoukhov constituent les personnages principaux d’une chronique familiale. Une fresque sociale où l’aristocratie, de Moscou à Saint-Pétersbourg, entre grandeur et misérabilisme, se prend au jeu de l’ambition sociale, des mesquineries, des premiers émois.

1812, la guerre éclate et peu à peu les personnages imaginaires évoluent au sein même des événements historiques. Le conte social, dépassant les ressorts de l’intrigue psychologique, prend une dimension d’épopée historique et se change en récit d’une époque. La “Guerre” selon Tolstoï, c’est celle menée contre Napoléon par l’armée d’Alexandre, c’est la bataille d’Austerlitz, l’invasion de la Russie, l’incendie de Moscou, puis la retraite des armées napoléoniennes.

Entre les deux romans de sa fresque, le portrait d’une classe sociale et le récit historique, Tolstoï tend une passerelle, livrant une réflexion philosophique sur le décalage de la volonté humaine aliénée à l’inéluctable marche de l’Histoire ou lorsque le destin façonne les hommes malgré eux.

Je continue mon exploration de la littérature russe avec Guerre & Paix de Tolstoï, un de ses romans qui m’effrayait le plus de commencer au regard du nombre de pages il y a encore quelques années. Depuis, les auteurs russes ont trouvé leur place dans ma bibliothèque et Tolstoï tout particulièrement. Il signe ici un témoignage, certes romancé, des campagnes napoléoniennes et le portrait de l’aristocratie russe.

Cette dernière est souvent le « personnage principal » des oeuvres de cet auteur. Et c’est ce que j’aime énormément chez Tolstoï. Il ne cache rien de ces hautes sphères de la société russe. Il dévoile leurs faiblesses, leurs vanités et frivolités, leur inconscience, parfois. Cela est d’autant plus vrai que la guerre fait rage, et se rapproche dangereusement de Moscou, avant que la ville ne soit abandonnée aux mains des Français. Certains des personnages semblent totalement déconnectés de la réalité, tant que le conflit n’est pas à leur porte et que leurs possessions matérielles ne sont pas en danger. L’auteur n’est vraiment pas très tendre avec cette aristocratie désoeuvrée et qu’il connait bien, puisqu’il est lui-même un comte. Le paraître est au coeur des préoccupations.

Elles se retrouvent même sur le champ de bataille, notamment au sein du haut commandement où la réputation compte plus que les compétences, où il faut se faire bien voir de ses supérieurs ou de l’empereur pour avoir de l’avancement. À lire le récit de cette campagne, nous pouvons nous demander comment les Russes ont pu gagner ce conflit au regard des défaites, des alliances de pouvoir, la volonté de contrecarrer certains ordres que l’on pense inefficace, ou parce qu’on ne trouve pas l’officier qui doit le donner à ses troupes, ou parce que la personne qui a pris la décision n’est pas appréciée… Il y a aussi les initiatives personnelles, par sens du devoir et de l’honneur, ou pour être bien vu. L’auteur fait ressentir au lecteur cette confusion et, finalement, j’ai appris à apprécier ces passages évoquant la guerre contre les troupes de Napoléon III. Au début, ils me semblaient arides à lire et peu passionnant. Cependant, petit à petit, j’y ai vu de l’intérêt. L’armée est aussi un lieu de parade. Ils sont beaucoup plus présents dans le deuxième tome (de la version Folio).

Ce deuxième tome possède quelques chapitres captivants. Tolstoï livre ses réflexions autour de l’Histoire, sur la manière de l’écrire, comment elle peut être interprétée différemment d’un pays à l’autre. Je comprends parfaitement que cet aspect de l’ouvrage peut paraître un peu fastidieux à la lecture. C’est très philosophique, mais ça s’intègre parfaitement dans cette fresque historique et sociale. En effet, ses observations touchent également à ceux qui font l’Histoire, les grandes gens comme les petites. J’ai aimé cette fin (plus que celle d’Anna Karénine d’ailleurs), car il écrit sur un sujet passionnant.

Pour en revenir aux différents personnages, Tolstoï nous en dévoile un certain nombre. Caractéristique de la littérature russe, on m’avait donné une fois comme conseil de commencer la lecture avec une petite fiche personnage, qui peut facilement se trouver sur Internet. Cela aide vraiment au début et je ne peux que recommander cette technique. Après, une fois dans l’intrigue, il est aisé de s’en passer.

Guerre & Paix est l’histoire de trois familles : les Rostov, avec notamment la charmante Natacha, les Bolkony et les Bézoukhov. Je me suis rendue compte, en relisant plusieurs fois Anna Karénine, qu’à chaque fois, un autre aspect et un autre personnage du roman avaient mon attention et ma préférence. Les oeuvres de Tolstoï sont foisonnantes, les personnages sont variés, tout comme leur motivation, leurs destins. Ils représentent parfois une qualité, une valeur ou un défaut. Si Pierre Bézhoukov représente la paresse et l’indolence, la princesse Marie serait l’abnégation, quitte à s’oublier. Cette dernière a été un des personnages que j’ai préféré et que je retiens de cette première lecture. Elle m’a touchée par l’austérité de sa vie, le peu de reconnaissance qu’elle a de son père alors qu’elle sacrifie sa vie pour lui. Elle est l’antagonisme de Natacha Rostov, frivole et insouciante. Elle a toutefois une évolution intéressante, tout au long des quasiment deux mille pages de cette fresque. Je me suis moins penchée sur les personnages masculins, je l’avoue. À part Pierre Bézhoukov qui m’a marqué, mais dans un sens très positif, les autres ne m’ont pas laissé un souvenir impérissable.

Guerre & Paix faisait partie des classiques de la littérature russe qui m’effrayait les lus, mais que j’ai adoré et dévoré au final. C’est un roman passionnant, qui se lit aisément. Tolstoï est définitivement un de mes auteurs fétiches et il me reste encore de ses écrits à découvrir, et ce pour mon plus grand bonheur. C’est une lecture que je ne peux que recommander. Il y a tellement de choses à évoquer autour de cette oeuvre sur des aspects très différents. Le tout est servi par une plume incroyable.

Karen McManus • The Cousins (2020)

The Cousins • Karen McManus • 2020 • Delacorte Press • 337 pages

Milly, Aubrey, and Jonah Story are cousins, but they barely know each another, and they’ve never even met their grandmother. Rich and reclusive, she disinherited their parents before they were born. So when they each receive a letter inviting them to work at her island resort for the summer, they’re surprised… and curious.

Their parents are all clear on one point—not going is not an option. This could be the opportunity to get back into Grandmother’s good graces. But when the cousins arrive on the island, it’s immediately clear that she has different plans for them. And the longer they stay, the more they realize how mysterious—and dark—their family’s past is.

The entire Story family has secrets. Whatever pulled them apart years ago isn’t over—and this summer, the cousins will learn everything.

Je découvre enfin la plume de Karen McManus avec sa dernière publication, The Cousins, un roman autour d’un secret de famille. L’auteur signe ici un thriller psychologique qui m’a tenu en haleine, malgré quelques défauts.

En commençant ce livre, le lecteur n’a pas connaissance des raisons qui ont poussé la grand-mère a déshérité ses enfants. Eux-mêmes ne le savent pas. Le mystère sera toutefois levé, grâce à l’enquête menée par les petits-enfants. L’intrigue démarre rapidement et en deux chapitres, les principaux éléments sont déjà mis en place. Les cousins sont en route pour le complexe hôtelier de leur grand-mère. L’enquête peut ainsi commencer, car dès qu’ils la rencontrent pour la première fois, quelque chose sonne faux. Pour ma part, cela semblait prometteur : des cachotteries, un rythme rapide…

En effet, les événements s’enchaînent à une cadence soutenue, tout comme les révélations et les retournements de situation. Ils sont relativement nombreux et je ne me suis pas ennuyée une seule seconde avec ce roman. Cependant, c’est à ce niveau que je suis déçue. Tout simplement, à la longue, j’ai trouvé que l’enchaînement devant un peu rocambolesque, too much. Le tout perd le peu de crédibilité qu’il y avait. J’ai continué l’histoire pour connaître le dernier mot de tous ses mystères. Mais même la fin m’a semblé un peu trop tirée par les cheveux.

The Cousins alterne les points de vue des trois cousins : Jonas, Aubrey et Millie. De temps à autre, celui d’Allison, la mère de Millie, s’intercale et donne des pistes sur ce qui s’est passé le dernier été sur l’île avec ses frères. Je n’ai pas vraiment eu de coup de coeur pour l’un ou l’autre des personnages. Je les ai trouvé un brin trop stéréotypés à mon goût. Millie, par exemple, est l’archétype de la jeune fille populaire, sûre de sa beauté et de sa richesse.

The Cousins a été une bonne lecture, mais qui ne me laissera pas un souvenir impérissable. Il est divertissant sur le moment, mais c’est tout. J’en lirai sûrement d’autres de cette écrivaine de temps à autre, ayant une bonne partie de sa bibliographie dans ma liste d’envies.

Judith Kerr • Quand Hitler s’empara du lapin rose (1971)

Quand Hitler s’empara du lapin rose • Judith Kerr • 1971 • Le Livre de Poche • 314 pages

Imaginez que le climat se détériore dans votre pays, au point que certains citoyens soient menacés dans leur existence. Imaginez surtout que votre père se trouve être l’un de ces citoyens et qu’il soit obligé d’abandonner tout et de partir sur-le-champ, pour éviter la prison et même la mort. C’est l’histoire d’Anna dans l’Allemagne nazie d’Adolf Hitler. Elle a neuf ans et ne s’occupe guère que de crayons de couleur, de visites au zoo avec son « oncle » Julius et de glissades dans la neige. Brutalement les choses changent. Son père disparaît sans prévenir. Puis, elle-même et le reste de sa famille s’expatrient pour le rejoindre à l’étranger. Départ de Berlin qui ressemble à une fuite. Alors commence la vie dure – mais non sans surprises – de réfugiés. D’abord la Suisse, près de Zurich. Puis Paris. Enfin Londres. Odyssée pleine de fatigues et d’angoisses mais aussi de pittoresque et d’imprévu – et toujours drôles – d’Anna et de son frère Max affrontant l’inconnu et contraints de vaincre toutes sortes de difficultés – dont la première et non la moindre: celle des langues étrangères! Ce récit autobiographique de Judith Kerr nous enchante par l’humour qui s’en dégage, et nous touche par cette particulière vibration de ton propre aux souvenirs de famille, quand il apparaît que la famille fut une de celles où l’on s’aime…

J’ai ce roman dans ma liste d’envie depuis quelques années. Il a fallu que son adaptation soit disponible à la demande pour que je me décide enfin à l’acheter et à le lire. J’ai passé un très bon moment avec les deux.

Quand Hitler s’empara du lapin rose est un roman autobiographique. Judith Kerr s’est inspirée de sa propre histoire et celle de sa famille. Son frère et elle deviennent Max et Anna. Elle raconte son exil loin d’Allemagne, après les élections de 1933 qui ont vu l’arrivée des nazis au pouvoir. La famille a été contrainte de fuir, car le père, un intellectuel juif, a souvent pris position contre le national-socialisme. C’est une histoire prenante. Dès les premières pages ou minutes du film, j’ai pris à coeur le destin d’Anna. J’avais tout de même l’espoir que les siens puissent rentrer dans leur pays, même si, en tant qu’adulte et connaissant l’Histoire, je savais que c’était impossible. Finalement, la question a été de savoir où ils allaient définitivement s’installer et se reconstruire.

Il y a beaucoup d’émotions retranscrites et, en tant que lectrice, je suis passée par tellement de sentiments différents, en même temps que la famille Kemper : de la tristesse à la colère, de l’espoir au désespoir le plus total… J’ai été impressionnée par la résilience d’Anna et Max alors qu’ils sont si jeunes, ainsi que de leurs parents. Ils avancent, essaient constamment de se reconstruire. Ils tentent tant bien que mal de s’adapter à chaque fois à un nouveau pays, une nouvelle langue et de découvrir des coutumes différentes. C’est un aspect que j’ai énormément apprécié de ce roman. J’avoue que je n’ai pas pu m’empêcher de penser à mes grands-parents maternels, qui, dans un autre contexte, ont fui la guerre civile espagnole, puis la guerre d’Algérie.

C’est un roman que j’avais tout de même peur de ne pas apprécier à sa juste valeur par son côté très jeunesse. Le public visé est celui qui a l’âge d’Anna, c’est-à-dire une dizaine d’années. Le livre est écrit de son point de vue. Cependant, je l’ai vraiment apprécié par tous les aspects que j’ai évoqués auparavant : un récit d’exil, de résilience, de l’importance de la famille avec toutes les épreuves qu’elle doit traverser. Il y a aussi les différents personnages. La famille est attachante et il y a de très jolis passages. Comme le dit si bien Anna, tant qu’ils sont ensemble, tout va pour le mieux.

En 2019, Quand Hitler s’empara du lapin rose a fait l’objet d’une adaptation par un studio allemand avec Oliver Masucci dans le rôle du père. C’est un acteur que j’apprécie énormément. En France, il est notamment connu pour son rôle d’Ulrich dans la série Dark de Netflix. Je ne connaissais pas les autres acteurs. L’actrice qui joue Anna est très bien, mais elle ne crève pas l’écran non plus. Aucun d’eux d’ailleurs. Ils sont bons dans leurs rôles, mais je n’ai pas vu de performances exceptionnelles.

Cependant, cette adaptation est extrêmement fidèle. Je n’ai relevé que deux différences, sans qu’elles apportent de véritables chamboulements dans l’intrigue. Par exemple, par rapport au livre, il y a un personnage secondaire qui manque à l’appel, mais son absence ne m’a pas dérangé. Elle n’apportait pas grand chose à l’intrigue dans le livre. Le deuxième changement est lorsqu’ils sont à Paris. Ils reçoivent l’aide d’un membre de leur famille dans le livre, une tante si mes souvenirs sont bons, alors que dans le film, il s’agit d’un metteur en scène allemand dont le père d’Anna avait souvent fait la critique. En revanche, j’ai énormément aimé la musique qui accompagne parfaitement les émotions présentes.

Que ce soit pour le livre ou son adaptation cinématographique, je n’ai pas eu de gros coup de coeur. Ça se laisse lire ou regarder, mais je n’en garderai pas un souvenir impérissable. Ils s’arrêtent tous les deux alors que la famille arrive à Londres. Le livre a en effet un deuxième tome, Ici Londres. S’il croise ma route un jour, je le lirai avec plaisir, mais ce n’est pas ma priorité.

Mes trouvailles Vintage et Seconde main #1

Je m’étais fixé comme objectif pour 2021 de faire grandir cette partie du blog, un peu délaissée, mais sur un sujet qui me touche au quotidien. Depuis près de cinq ans maintenant, je m’habille dans de la seconde main ou vintage. À travers cette série d’articles, je souhaite montrer mes petites trouvailles en ligne, ou dans les friperies, dépôts-ventes. Il y a toujours des petites merveilles vintage et actuelles à découvrir.

La cape camel

J’avais très envie d’une cape, pièce qui manquait dans mon armoire, et d’un manteau camel, autre classique que je souhaitais avoir. Après des semaines de recherches sur Vinted pour trouver les pièces coups de coeur, j’ai trouvé la combinaison parfaite avec cette cape d’une marque que j’aime beaucoup et que je possède déjà dans mon armoire. Elle est en pure laine, pour un prix tout doux.

La petite robe noire

Pour mes 30 ans, j’avais envie de m’offrir une nouvelle petite robe noire pour l’occasion. Coup de coeur pour celle-ci, trouvée sur une friperie en ligne, Mutine Seconde Main, qui propose des pièces plutôt contemporaines, à des prix très intéressants. Elle met en ligne une nouvelle sélection tous les jeudis vers 18 heures.

Une petite veste vintage

Les vestes, blazers et manteaux sont mes péchés mignons. Je m’habille très souvent en noir et, pour casser mes looks monochromes et parfois un peu trop classiques, j’adore y ajouter une touche un peu décalée avec une pièce forte qui change tout de suite la tenue. J’ai trouvé cette veste sur Vinted, dans une « boutique » qui vend du vintage, l’Affaire vintage. La coupe et la matière sont parfaites. J’aime la portée entièrement boutonnée avec une chemise dont le col dépasse.

Une petite veste vintage

J’ai trouvé celle-ci dans une friperie solidaire à Vendenheim, au nord de Strasbourg, qui accueille aussi Emmaüs. J’ai eu un énorme coup de coeur pour cette veste en brocard jaune et épaulettes. La photographie ne lui rend pas hommage (j’essaierai de m’améliorer au fil des postes). Elle a un petit côté « dramatique » que j’adore.

Et vous, quelles sont vos dernières trouvailles en friperie ?

Sorties VO • Avril 2021

Le mois d’avril est rempli de nouvelles parutions plus prometteuses les unes que les autres avec des réécritures de la mythologie grecque, la publication d’un nouveau roman pour une auteur que j’adore, Christina Henry, des ouvrages autour de la Seconde Guerre mondiale qui ont l’air passionnant (dont une réécriture d’Hamlet qui est une de mes pièces de théâtre préférée)… Laquelle de ces nouvelles sorties VO vous fait le plus envie ?

Eva & Eve: A Search for My Mother’s Lost Childhood and What a War Left Behind • Julie MetzAtria Books • 6 avril • 320 pages

To Julie Metz, her mother, Eve, was the quintessential New Yorker. Eve rarely spoke about her childhood and it was difficult to imagine her living anywhere else except Manhattan, where she could be found attending Carnegie Hall and the Metropolitan Opera or inspecting a round of French triple crème at Zabar’s. 

In truth, Eve had endured a harrowing childhood in Nazi-occupied Vienna. After her mother passed, Julie discovered a keepsake book filled with farewell notes from friends and relatives addressed to a ten-year-old girl named Eva. This long-hidden memento was the first clue to the secret pain that Julie’s mother had carried as a refugee and immigrant, shining a light on a family that had to persevere at every turn to escape the antisemitism and xenophobia that threatened their survival. 

Interweaving personal memoir and family history, Eva and Evevividly traces one woman’s search for her mother’s lost childhood while revealing the resilience of our forebears and the sacrifices that ordinary people are called to make during history’s darkest hours.

Ariadne • Jennifer Saint • Wildfire • 29 avril • 400 pages

As Princesses of Crete and daughters of the fearsome King Minos, Ariadne and her sister Phaedra grow up hearing the hoofbeats and bellows of the Minotaur echo from the Labyrinth beneath the palace. The Minotaur – Minos’s greatest shame and Ariadne’s brother – demands blood every year.

When Theseus, Prince of Athens, arrives in Crete as a sacrifice to the beast, Ariadne falls in love with him. But helping Theseus kill the monster means betraying her family and country, and Ariadne knows only too well that in a world ruled by mercurial gods – drawing their attention can cost you everything.

In a world where women are nothing more than the pawns of powerful men, will Ariadne’s decision to betray Crete for Theseus ensure her happy ending? Or will she find herself sacrificed for her lover’s ambition?

Near the bones • Christina Henry • Berkley Books • 13 avril • 331 pages

Mattie can’t remember a time before she and William lived alone on a mountain together. She must never make him upset. But when Mattie discovers the mutilated body of a fox in the woods, she realizes that they’re not alone after all.

There’s something in the woods that wasn’t there before, something that makes strange cries in the night, something with sharp teeth and claws.

When three strangers appear on the mountaintop looking for the creature in the woods, Mattie knows their presence will anger William. Terrible things happen when William is angry.

Sistersong • Lucy Holland • MacMillan • 15 avril • 400 pages

535 AD. In the ancient kingdom of Dumnonia, King Cador’s children inherit a fragmented land abandoned by the Romans.

Riva, scarred in a terrible fire, fears she will never heal.
Keyne battles to be seen as the king’s son, when born a daughter.
And Sinne, the spoiled youngest girl, yearns for romance.

All three fear a life of confinement within the walls of the hold – a last bastion of strength against the invading Saxons. But change comes on the day ash falls from the sky, bringing Myrddhin, meddler and magician, and Tristan, a warrior whose secrets will tear the siblings apart. Riva, Keyne and Sinne must take fate into their own hands, or risk being tangled in a story they could never have imagined; one of treachery, love and ultimately, murder. It’s a story that will shape the destiny of Britain.

Ophelia • Norman Bacal • Barlow Books • 15 avril • 312 pages

To be or not to be, that is the question Ophelia faces in this Hamlet modernization.

The story opens in Nazi-occupied Denmark: a fisherman and his son risk their lives on dark, stormy seas to transport the family of a Jewish merchant to safety. When the fisherman refuses any reward, the merchant makes a vow that will transcend generations.

Sixty years later the fisherman’s son, Geri Neilson has built an international pharmaceutical company. When Geri dies in mysterious circumstances, his son Tal is convinced that Geri’s business partner, Red King, orchestrated murder as part of a scheme to take control of the company. Geri’s voice in Tal’s head, urges him to fight for the legacy and seek vengeance.

Enter Ophelia, the granddaughter of the merchant Geri and his father saved. She is sworn to protect Tal without his knowledge, in accordance with the vow that has become a secret family obsession.

And she’s been trained to risk her life to do it.

The battles between good and evil, addiction and independence, ambition and love, play out in an international epic. Twists and turns abound in this study of obsession, secrecy, romance, and duty to family.

The Venice sketchbook • Rhys Bowen • Lake Union Publishing • 13 avril • 412 pages

Caroline Grant is struggling to accept the end of her marriage when she receives an unexpected bequest. Her beloved great-aunt Lettie leaves her a sketchbook, three keys, and a final whisper…Venice. Caroline’s quest: to scatter Juliet “Lettie” Browning’s ashes in the city she loved and to unlock the mysteries stored away for more than sixty years.

It’s 1938 when art teacher Juliet Browning arrives in romantic Venice. For her students, it’s a wealth of history, art, and beauty. For Juliet, it’s poignant memories and a chance to reconnect with Leonardo Da Rossi, the man she loves whose future is already determined by his noble family. However star-crossed, nothing can come between them. Until the threat of war closes in on Venice and they’re forced to fight, survive, and protect a secret that will bind them forever.

Key by key, Lettie’s life of impossible love, loss, and courage unfolds. It’s one that Caroline can now make right again as her own journey of self-discovery begins.

Courage, my love ! • Kristin Beck • Berkley Books • 13 avril • 336 pages

Rome, 1943

Lucia Colombo has had her doubts about fascism for years, but as a single mother in an increasingly unstable country, politics are for other people–she needs to focus on keeping herself and her son alive. Then the Italian government falls and the German occupation begins, and suddenly, Lucia finds that complacency is no longer an option. 

Francesca Gallo has always been aware of injustice and suffering. A polio survivor who lost her father when he was arrested for his anti-fascist politics, she came to Rome with her fiancé to start a new life. But when the Germans invade and her fiancé is taken by the Nazis, Francesca decides she has only one option: to fight back.

As Lucia and Francesca are pulled deeper into the struggle against the Nazi occupation, both women learn to resist alongside the partisans to drive the Germans from Rome. But as winter sets in, the occupation tightens its grip on the city, and the resistance is in constant danger. 

The Passenger • Ulrich Alexander Boschwitz • Metropolitan Books • 13 avril (réédition d’un livre de 1939) • 288 pages

Berlin, November 1938. Jewish shops have been ransacked and looted, synagogues destroyed. As storm troopers pound on his door, Otto Silbermann, a respected businessman who fought for Germany in the Great War, is forced to sneak out the back of his own home. Turned away from establishments he had long patronized, and fearful of being exposed as a Jew despite his Aryan looks, he boards a train.

And then another. And another . . . until his flight becomes a frantic odyssey across Germany, as he searches first for information, then for help, and finally for escape. His travels bring him face-to-face with waiters and conductors, officials and fellow outcasts, seductive women and vicious thieves, a few of whom disapprove of the regime while the rest embrace it wholeheartedly.

Clinging to his existence as it was just days before, Silbermann refuses to believe what is happening even as he is beset by opportunists, betrayed by associates, and bereft of family, friends, and fortune. As his world collapses around him, he is forced to concede that his nightmare is all too real.

The Mary Shelley Club • Goldy Moldavsky • Henry Holt & Company • 13 avril • 480 pages

New girl Rachel Chavez is eager to make a fresh start at Manchester Prep. But as one of the few scholarship kids, Rachel struggles to fit in, and when she gets caught up in a prank gone awry, she ends up with more enemies than friends.

To her surprise, however, the prank attracts the attention of the Mary Shelley Club, a secret club of students with one objective: come up with the scariest prank to orchestrate real fear. But as the pranks escalate, the competition turns cutthroat and takes on a life of its own.

When the tables are turned and someone targets the club itself, Rachel must track down the real-life monster in their midst . . . even if it means finally confronting the dark secrets from her past.

The last night in London • Karen White • Berkley Books • 20 avril • 480 pages

London, 1939. Beautiful and ambitious Eva Harlow and her American best friend, Precious Dubose, are trying to make their way as fashion models. When Eva falls in love with Graham St. John, an aristocrat and Royal Air Force pilot, she can’t believe her luck – she’s getting everything she ever wanted. Then the Blitz devastates her world, and Eva finds herself slipping into a web of intrigue, spies and secrets. As Eva struggles to protect everything she holds dear, all it takes is one unwary moment to change their lives forever.

London, 2019. American journalist Maddie Warner travels to London to interview Precious about her life in pre-WWII London. Maddie, healing from past trauma and careful to close herself off to others, finds herself drawn to both Precious and to Colin, Precious’ enigmatic surrogate nephew. As Maddie gets closer to her, she begins to unravel Precious’ haunting past – and the secrets she swore she’d never reveal…

Lost in Paris • Elizabeth Thompson • Gallery Books • 13 avril • 352 pages

Hannah Bond has always been a bookworm, which is why she fled Florida—and her unstable, alcoholic mother—for a quiet life leading Jane Austen-themed tours through the British countryside. But on New Year’s Eve, everything comes crashing down when she arrives back at her London flat to find her mother, Marla, waiting for her.

Marla’s brought two things with her: a black eye from her ex-boyfriend and an envelope. Its contents? The deed to an apartment in Paris, an old key, and newspaper clippings about the death of a famous writer named Andres Armand. Hannah, wary of her mother’s motives, reluctantly agrees to accompany her to Paris, where against all odds, they discover great-grandma Ivy’s apartment frozen in 1940 and covered in dust.

Inside the apartment, Hannah and Marla discover mysterious clues about Ivy’s life—including a diary detailing evenings of drinking and dancing with Hemingway, the Fitzgeralds, and other iconic expats. Outside, they retrace her steps through the city in an attempt to understand why she went to such great lengths to hide her Paris identity from future generations.

The Divide, The last watch • J.S. Dewes • Tor Books • 20 avril • 480 pages

The Divide.

It’s the edge of the universe.

Now it’s collapsing—and taking everyone and everything with it.

The only ones who can stop it are the Sentinels—the recruits, exiles, and court-martialed dregs of the military.

At the Divide, Adequin Rake, commanding the Argus, has no resources, no comms—nothing, except for the soldiers that no one wanted.

They’re humanity’s only chance.

Churchill’s secret messenger • Alan Hlad • John Scognamiglio Book • 27 avril • 304 pages

London, 1941: In a cramped bunker in Winston Churchill’s Cabinet War Rooms, underneath Westminster’s Treasury building, civilian women huddle at desks, typing up confidential documents and reports. Since her parents were killed in a bombing raid, Rose Teasdale has spent more hours than usual in Room 60, working double shifts, growing accustomed to the burnt scent of the Prime Minister’s cigars permeating the stale air. Winning the war is the only thing that matters, and she will gladly do her part. And when Rose’s fluency in French comes to the attention of Churchill himself, it brings a rare yet dangerous opportunity.

Rose is recruited for the Special Operations Executive, a secret British organization that conducts espionage in Nazi-occupied Europe. After weeks of grueling training, Rose parachutes into France with a new codename: Dragonfly. Posing as a cosmetics saleswoman in Paris, she ferries messages to and from the Resistance, knowing that the slightest misstep means capture or death.

Soon Rose is assigned to a new mission with Lazare Aron, a French Resistance fighter who has watched his beloved Paris become a shell of itself, with desolate streets and buildings draped in Swastikas. Since his parents were sent to a German work camp, Lazare has dedicated himself to the cause with the same fervor as Rose. Yet Rose’s very loyalty brings risks as she undertakes a high-stakes prison raid, and discovers how much she may have to sacrifice to justify Churchill’s faith in her…

The End of Men • Christina Sweeney-Baird • Double Day Canada • 27 avril • 416 pages

The year is 2025, and a mysterious virus has broken out in Scotland–a lethal illness that seems to affect only men. When Dr. Amanda MacLean reports this phenomenon, she is dismissed as hysterical. By the time her warning is heeded, it is too late. The virus becomes a global pandemic–and a political one. The victims are all men. The world becomes alien–a women’s world.

What follows is the immersive account of the women who have been left to deal with the virus’s consequences, told through first-person narratives. Dr. MacLean; Catherine, a social historian determined to document the human stories behind the male plague; intelligence analyst Dawn, tasked with helping the government forge a new society; and Elizabeth, one of many scientists desperately working to develop a vaccine. Through these women and others, we see the uncountable ways the absence of men has changed society, from the personal–the loss of husbands and sons–to the political–the changes in the workforce, fertility and the meaning of family.

The last bookshop in London • Madeline Martin • Hanover Square Press • 6 avril • 320 pages

August 1939: London prepares for war as Hitler’s forces sweep across Europe. Grace Bennett has always dreamed of moving to the city, but the bunkers and blackout curtains that she finds on her arrival were not what she expected. And she certainly never imagined she’d wind up working at Primrose Hill, a dusty old bookshop nestled in the heart of London.

Through blackouts and air raids as the Blitz intensifies, Grace discovers the power of storytelling to unite her community in ways she never dreamed—a force that triumphs over even the darkest nights of the war.

The Dictionary of lost words • Pip Williams • Ballantine Books • 6 avril • 400 pages

Esme is born into a world of words. Motherless and irrepressibly curious, she spends her childhood in the « Scriptorium, » a garden shed in Oxford where her father and a team of dedicated lexicographers are collecting words for the very first Oxford English Dictionary. Young Esme’s place is beneath the sorting table, unseen and unheard. One day a slip of paper containing the word « bondmaid » flutters to the floor. She rescues the slip, and when she learns that the word means slave-girl, she withholds it from the OED and begins to collect words that show women in a more positive light.

As she grows up, Esme realizes that words and meanings relating to women’s and common folks’ experiences often go unrecorded. And so she begins in earnest to search out words for her own dictionary: The Dictionary of Lost Words. To do so she must leave the sheltered world of the university and venture out to meet the people whose words will fill those pages.

The Light of Days: The Untold Story of Women Resistance Fighters in Hitler’s Ghettos • Judy Batalion • William Morrow • 6 avril • 560 pages

Witnesses to the brutal murder of their families and neighbors and the violent destruction of their communities, a cadre of Jewish women in Poland—some still in their teens—helped transform the Jewish youth groups into resistance cells to fight the Nazis. With courage, guile, and nerves of steel, these “ghetto girls” paid off Gestapo guards, hid revolvers in loaves of bread and jars of marmalade, and helped build systems of underground bunkers. They flirted with German soldiers, bribed them with wine, whiskey, and home cooking, used their Aryan looks to seduce them, and shot and killed them. They bombed German train lines and blew up a town’s water supply. They also nursed the sick and taught children.

Yet the exploits of these courageous resistance fighters have remained virtually unknown.

Patricia Falvey • The Girls of Ennismore (2017)

The Girls of Ennismore • Patricia Falvey • 2017 • Editions Corvus • 480 pages

It’s the early years of the twentieth century, and Victoria Bell and Rosie Killeen are best friends. Growing up in rural Ireland’s County Mayo, their friendship is forged against the glorious backdrop of Ennismore House. However, Victoria, born of the aristocracy, and Rosie, daughter of a local farmer, both find that the disparity of their class and the simmering social tension in Ireland will push their friendship to the brink… 

J’ai découvert ce roman grâce à Céline, du blog Le monde de Sapotille. Nous l’avons lu ensemble dans le cadre de son challenge littéraire autour de l’Irlande. Roman historique se déroulant en Irlande, je suis déçue par cet ouvrage qui ne m’a pas du tout transporté.

J’ai eu beaucoup de mal à m’attacher aux deux personnages principaux, Victoria et Rosie. Dès les premières pages, alors qu’elles sont encore en enfance, je n’ai réussi à créer aucun lien avec elles. Même quand elles grandissent, je ne me suis pas investie dans leurs nouvelles vies et ambitions. Rosie est peut-être celle que j’ai le plus apprécié (tout en nuançant mon propos). Son destin est un peu plus intéressant, mais son orgueil m’a parfois découragé. Victoria, la jeune aristocrate, n’est pas un personnage qui m’a convaincu. Sa rébellion sonnait faux à mes yeux. Je ne sais pas si elle faisait pour dire de faire, d’ennuyer sa mère en étant en conflit constant avec elle ou parce qu’elle s’intéressait vraiment à l’indépendance irlandaise. Je pense que cela est notamment dû au manque de profondeur des personnages. En tant que lectrice, j’ai trouvé que l’accès à leurs pensées, motivations profondes ne transparaît qu’à travers les dialogues.

Le début du roman a également été difficile avec les trop nombreuses ellipses narratives. J’ai eu du mal à suivre ces bons dans le temps, mais, à la rigueur, j’en comprenais certaines : mettre rapidement des éléments en place pour arriver plus vite au coeur du sujet. Je pensais réellement qu’une fois l’intrigue bien mise en place, il n’y en aurait plus. Je me trompais. J’ai encore eu ce sentiment de sauter parfois du coq à l’âne ou d’avoir raté un épisode. Il y a des événements ou des annonces qui tombent comme un cheveu sur la soupe à cause de cette omniprésence d’ellipses. L’effet de surprise est quelque peu plat, à mon avis. À cela s’ajoutent un manque de suspens et des épisodes qui se voient venir… Non, merci.

De plus, du fait de ces ellipses narratives à répétition, le rythme et la qualité du roman sont très inégaux d’un chapitre à l’autre, ou même d’une sous-partie à l’autre. Il y a quelques aspects qui m’ont dérangé. En premier lieu, Patricia Falvey situe son roman durant une époque très intéressante. Le début du XIX siècle est mouvementé avec des bouleversements sociaux, le rejet de la société de classe avec le déclin progressif des aristocrates et des grands propriétaires terriens que le naufrage du Titanic, mais surtout la Première Guerre mondiale vont accélérer. Ces points sont évoqués dans le roman, mais ils manquent sérieusement de développement à mon goût. Tout comme pour les personnages, beaucoup de choses semblent simplement survoler.

Par exemple, l’héritier mâle d’Ennismore décède lors du naufrage du Titanic. Il s’agit aussi de l’exemple type d’annonce qui arrive sans réel suspens à partir du moment où l’auteur évoque un voyage en Amérique sur un nouveau paquebot prodigieux, mais aussi dont l’effet tombe un peu comme un cheveu sur la soupe. J’ai trouvé les conséquences de l’après traitées de manière très légère alors qu’il s’agit tout de même d’un grand chamboulement. En contrepartie, Patricia Falvey passe du temps sur d’autres aspects qui m’ont semblé bien moins intéressants. J’aurai apprécié ce livre, s’il y avait bien une centaine de pages en moins.

C’est une période historique également mouvementée pour l’Irlande, car en 1916, se déroule l’insurrection de Pâques. C’est un échec militaire du fait de l’absence de mobilisation populaire à Dublin (et Enniscorthy). La déclaration d’indépendance a lieu le 21 janvier 1919, et s’ensuit la guerre d’indépendance de janvier 1919 à juillet 1921. Elle aboutit à la création de la République d’Irlande. Arrivée à la moitié environ de cette fresque historique, avec de décider d’abandonner cette lecture, j’ai eu du mal à voir le frémissement d’une volonté de voir l’Irlande indépendante dans les deux personnages principaux. Les domestiques l’évoquent rapidement, mais plus contre les classes sociales, l’écrasement qui subissent de la part des aristocrates. J’y ai plus vu une lutte des classes que réellement une lutte indépendantiste.

The Girls of Ennismore est une fresque historique qui avait tout pour me plaire : le destin de deux femmes courageuses à une époque où elles sont cantonnées à trois rôles différents (mère et épouse, forces de travail ou prostituées) ; l’Irlande à l’aube de son indépendance avec également l’évocation du naufrage du Titanic et le premier conflit mondial. L’auteur évoque l’émancipation des femmes. Toutefois, de trop nombreux points m’ont déçue. Ce roman n’a pas su me charmer et m’impliquer dans les destins de Rosie et Victoria. Il sera bien vite oublié.

Louisa May Alcott • Little Women (1868)

Little Women • Louisa May Alcott • 1868 • Collins Classics • 272 pages

How can you forge your own path in times of war, uncertainty and hardship?

Meg longs for marriage; Amy wants to be a painter; Beth is content to stay at home; while Jo wants adventure and a life without limits. Four decidedly different sisters, growing up during the American Civil War, each facing their own unique challenge.

Little Women tells the story of the March sisters. Through parties, travel, illness, arguments, dinners, love affairs and ice skating escapades, we follow these unforgettable women as they come of age.

Little Women ou Les Quatre Filles du Docteur March est un roman que j’ai lu et apprécié alors que j’étais très jeune. Il fait partie des rares ouvrages que j’ai avant mon adolescence et dont je garde un certain souvenir. Je regardais souvent l’adaptation cinématographique. J’ai également beaucoup aimé la dernière en date avec Saoirse Ronan, Emma Watson, Florence Pugh et Timothée Chalamet. Je m’étais alors promis de relire ce livre et le club de lecture du site Livraddict était l’occasion parfaite pour me replonger dans cette histoire.

Malheureusement, cette relecture à l’âge adulte n’est pas le coup de coeur escompté. Le livre est notamment constitué de différents moments dans la vie des jeunes filles dans un ordre chronologique, mais je n’ai pas eu le sentiment d’avoir une véritable narration continue, mais plus des petites nouvelles. Chaque chapitre donne l’impression d’avoir un début, une péripétie et une fin, souvent constituée d’une morale. J’avoue que ça m’a beaucoup ennuyée, car il n’y pas vraiment le temps de s’attacher à l’une ou autre des soeurs. De plus, il n’y a pas réellement de suspens me donnant envie de poursuivre l’histoire. C’est aussi plat que niais, et je pense que le livre a mal vieilli. Je ne m’en rendais pas compte avec les films, notamment la récente adaptation. Je ne me rappelle pas m’être autant ennuyée. Chaque chapitre a presque été une torture et je ne voyais pas le bout de ce roman.

Outre le fait que le tout manque quelque peu de dynamisme, un aspect qui m’a énormément dérangé dans cette lecture est le côté très moralisateur. Quasiment chaque chapitre se termine par une petite morale sur le fait d’être une bonne fille en réalisant bien ses tâches ménagères… Elles doivent être obéissantes, charitables envers tous, humbles… Little Women est véritablement le reflet de son époque avec une moralité très accès sur le bien et le mal. C’est très désuet et le roman l’est totalement. En le lisant adulte, je pose sur ce dernier un regard plus critique et, clairement, cet aspect moralisateur m’a véritablement rebuté. Je n’y ai même pas trouvé un charme désuet.

Concernant les personnages, je me suis difficilement attachée aux filles du Docteur March. D’habitude, celle que je préfère est Amy. Dans ce roman, je l’ai trouvé insipide et j’ai même pensé que c’était Meg qui avait plus le comportement et le caractère que je pensais trouver dans Amy, et inversement. Elles sont très caricaturales. Je m’attendais à plus de subtilités à ce niveau, surtout pour un livre de cette renommée. J’en suis d’autant plus déçue que, dans les adaptations, je retrouve moins cet aspect, à l’exception peut-être de Beth qui reste une jeune fille effacé. Même si son destin est touchant, elle est aussi vite oubliée.

Il y a des livres qu’il vaut mieux éviter de relire une fois adulte et Little Women en fait partie. Je m’attendais à un réel coup de coeur, surtout après le dernier film. Il temporise le côté très moralisateur qu’il peut y avoir à chaque instant, même s’il garde une certaine morale. Elle est moins systématique. Il y a aussi quelques longueurs dans le livre qui ont eu raison de moi et j’ai abandonné. Je n’en garderai pas un souvenir ému.

Elizabeth MacNeal • The Doll Factory (2019)

The Doll Factory • Elizabeth MacNeal • 2019 • Picador • 336 pages

London. 1850. The Great Exhibition is being erected in Hyde Park and among the crowd watching the spectacle two people meet. For Iris, an aspiring artist, it is the encounter of a moment – forgotten seconds later, but for Silas, a collector entranced by the strange and beautiful, that meeting marks a new beginning. 

When Iris is asked to model for pre-Raphaelite artist Louis Frost, she agrees on the condition that he will also teach her to paint. Suddenly her world begins to expand, to become a place of art and love.

But Silas has only thought of one thing since their meeting, and his obsession is darkening…

The Doll Factory est le premier roman de l’écrivaine écossaise, Elizabeth MacNeal dont l’inspiration lui vient d’un essai qu’elle a écrit durant ses études. Ce dernier portait sur la littérature anglaise des années 1850. Sur son site officiel, elle parle aussi de sa fascination pour Lizzie Suddal, muse et compagne de Dante Gabriel Rossetti, pour le Londres de cette époque, bouillonnante d’inspirations et d’ambitions que cristallise l’organisation de la toute première Exposition universelle de 1851. À cette occasion, le Crystal Palace sera construit.

Ce sont autant d’aspects historiques qui se retrouvent dans ce roman, pour mon plus grand bonheur. L’auteur évoque la construction du Crystal Palace, une des premières architectures de verre et d’acier et qui s’inspire des serres. En effet, Joseph Praxton (1803-1865), son concepteur, était avant tout un jardinier. Le roman fourmille de petites anecdotes historiques qui étoffent l’intrigue, la rendent vraisemblable, mais surtout elles donnent au lecteur l’impression de marcher au côté d’Iris dans le Londres de 1850. Une petite anecdote que j’ai adoré retrouver est celle autour des wombats, animaux que les Préraphaélites appréciaient énormément. La rumeur voulait que le wombat de Rossetti soit mort après avoir mangé une boîte de cigares… Rumeur fausse, bien entendu.

Il y a d’autres aspects historiques dans ce roman qui m’ont énormément plu et qui ne tiennent pas seulement à l’Exposition universelle. Il y a surtout la présence centrale des Préraphaélites, mouvement artistique anglais que j’adore et qui est largement abordé dans ce livre (de la place des artistes dans la société par rapport à l’Académie, le rôle important des critiques au XIX siècle qui se développent énormément, le rôle des muses, leurs méthodes de travail…). Il y a également tout un développement sur les conditions de vie et de travail des pauvres, notamment à travers le personnage tellement attachant d’Albie. Les femmes tiennent également un grand rôle dans cette intrigue. Elizabeth MacNeal montre bien la manière dont la femme était perçue à cette époque, la condition qui lui était assignée : épouse et mère ; travailleuse ou prostituée. La volonté de reconnaissance et d’ascension sociale est amplement évoquée avec Silas, un personnage qui fait froid dans le dos.

Cette impression est renforcée par, à la fois, son métier et sa psychologie. Elizabeth MacNeal a fait un excellent travail sur la description des différents personnages, mais pour Silas, je trouve qu’elle a mis un cran au-dessus. Dès sa première apparition, le lecteur sent qu’il y a quelque chose de malsain chez lui. Sa passion pour tout ce qui est morbide, les curiosités, la taxidermie ne joue pas en sa faveur. Je l’ai détesté et, tout au long du roman, j’ai espéré qu’il n’arrive jamais à ses fins, surtout après la révélation de certains secrets le concernant.

C’est à travers ce dernier que la tension psychologique du roman se crée. En le commençant, je ne m’attendais pas à ce qu’il prenne une telle direction. Mais, progressivement, d’un roman historique, The Doll Factory devient un thriller psychologique. Pour un premier roman, Elizabeth MacNeal m’a étonnée par sa maîtrise de la tension, du drame. J’ai retenu mon souffle tout au long des pages, tout en ayant beaucoup d’espoir, de la peur et de la colère. J’ai été prise dans cette intrigue rapidement, prenant à coeur le destin d’Iris.

J’ai beaucoup aimé cette jeune femme courageuse et brillante, elle ose sortir des conventions en suivant ses rêves de devenir une artiste. On peut réellement voir la fascination qu’a exercée Lizzie Suddal sur l’auteur à travers Iris. Elles partagent un certain nombre de points communs. Elles ont toutes les deux étaient découvertes alors qu’elles travaillaient dans des boutiques. Elles sont toutes les deux rousses, une couleur de cheveux qui obsédait les artistes préraphaélites. Elles sont toutes les deux muses et artistes. Cela peut donner quelques pistes de réflexion sur le destin d’Iris, même si je ne l’espère pas pour elle. Lizzie Suddal apparaît d’ailleurs dans le roman, aux côtés de Rossetti et Millais.

The Doll Factory a presque été un coup de coeur. Il y a quelques petits coups de mou parfois, entre l’introduction des personnages, puis quand l’aspect thriller psychologique commence réellement. Cependant, c’est vraiment un excellent roman, avec une écriture de qualité. Je serai curieuse de lire d’autres ouvrages de l’auteur et je recommande ce premier roman étonnant. Tout au long de ma lecture, je me suis dit que c’est le genre d’histoire que j’aimerais beaucoup voir adapter au cinéma ou en série.

Emerald Island Challenge #3

La femme qui se cognait dans les portes • Roddy Doyle • 1996 • Pavillons Poche • 329 pages

Après le succès de sa trilogie de Barrytown et le triomphe de Paddy Clarke Ha Ha Ha, Roddy Doyle réussit un nouveau tour de force avec ce roman où il trouve – lui, un homme – le ton juste pour dire « Moi, Paula, trente-neuf ans, femme battue ». C’est avec un mélange d’humour – irlandais bien sûr – et de cruauté qu’il prend la voix de cette Paula Spencer, une Dublinoise dont la vie conjugale a été ponctuée de raclées, de dents et de côtes brisées, alcoolique au surplus et par voie de conséquence. Mais qui reste digne et garde la force de prétendre, à l’hôpital, après chaque dérouillée, qu’elle s’est « cognée dans la porte », un grand livre.

Roddy Doyle est un auteur irlandais que j’aime beaucoup et dont j’ai déjà lu quelques titres quand j’avais une vingtaine d’années, comme sa trilogie Barrytown ou Trois femmes et un fantôme. Je retourne vers lui avec La femme qui se cognait dans les portes, publié la première fois dans les années 1990. Le roman n’a pas pris une ride et il reste malheureusement d’actualité. Le sujet abordé est celui des violences domestiques et il est raconté du point de vue d’une femme qui a subi pendant de longues années les coups de son mari.

C’est un roman avec lequel j’ai eu énormément de mal, et je n’ai pas réussi à le terminer. Il est extrêmement rare que j’apprécie d’être autant mise mal à l’aise par une lecture. Cela a été le cas dès le début. Roddy Doyle ne cache rien des abus physiques et moraux que subit le personnage principal de la part de son mari, mais aussi durant son adolescence de la part de sa famille ou de ses camarades. L’auteur montre parfaitement que la violence est absolument partout. Il faut souvent avoir le coeur bien accroché, car il y a des passages difficiles. Même si c’est un livre essentiel, il n’est pas à mettre entre toutes les mains.

Certes, un abandon pour ma part. Je pense que je l’ai lu à un mauvais moment et je suis totalement passée à côté.

Follow me to ground • Sue Rainsford • 2020 • Scribner • 208 pages

Ada and her father, touched by the power to heal illness, live on the edge of a village where they help sick locals—or “Cures”—by cracking open their damaged bodies or temporarily burying them in the reviving, dangerous Ground nearby. Ada, a being both more and less than human, is mostly uninterested in the Cures, until she meets a man named Samson. When they strike up an affair, to the displeasure of her father and Samson’s widowed, pregnant sister, Ada is torn between her old way of life and new possibilities with her lover—and eventually comes to a decision that will forever change Samson, the town, and the Ground itself.

Je découvre la plume d’une nouvelle écrivaine irlandaise, Sue Rainsford. Follow me to ground est un roman particulier, mais qui m’a laissé sur le banc de touche.

Il y avait de bonnes idées avec les guérisons, une famille un peu magique. Depuis quelques temps, j’apprécie les ouvrages mettant en scène un certain réalisme magique. Celui-ci avait donc tout pour me plaire. Cependant, dès les premières pages, l’auteur m’a complètement perdu. Elle lâche son lecteur dans un monde sans réelles explications. Celles qui sont données sont bien trop vagues et n’aident pas à la compréhension globale de l’ouvrage. Je ne comprenais pas ce que je lisais. Ce n’était pas un problème de niveau de langue, mais des descriptions et des passages très bizarres, notamment les interventions chirurgicales.

Non seulement j’ai eu du mal avec les descriptions à imaginer l’histoire, les personnages, les lieux, je n’ai pas aimé le rythme saccadé de l’histoire, les va-et-vient dans le temps. Je me suis également attaché à aucun des différents personnages, aucun lien ne se crée avec eux. Il est ainsi d’autant plus difficile de s’investir dans l’intrigue ou leurs destins. En définitif, je suis restée très en extérieur de ce roman. Il est pourtant relativement court, mais je me suis vraiment ennuyée.

Chiner à Emmaüs

Quand je dis que je chine à Emmaüs, les personnes me regardent encore avec un drôle d’air. Pourtant, c’est une véritable caverne d’Ali Baba, notamment pour les amoureux du vintage. Certaines de mes pièces préférés de mon dressing proviennent d’Emmaüs, et quand quelqu’un me fait un compliment, je le clame haut et fort. Il faut faire fi de ses préjugés et oser se rendre dans son Emmaüs local.

Si vous hésitez encore, voici quelques bonnes raisons pour vous décider et conseils pour chiner sereinement chez Emmaüs.

Pourquoi chiner à Emmaüs ?

Participer à une économie solidaire luttant contre la pauvreté

C’est durant l’hiver 1954 et une crise du logement qu’un mouvement de solidarité se met en place suite à l’appel du fondateur du Mouvement Emmaüs, l’abbé Pierre. Aujourd’hui, Emmaüs est un réseau qui ne se limite plus à la France. En 1969, naît Emmaüs International. L’objectif initial est de « venir en aide aux sans-logis et aux plus démunis« . Ils cherchent à lutter contre la pauvreté et ils interviennent dans les « domaines de l’action sociale, de l’insertion, de l’hébergement et du logement« . En allant chiner chez eux, vous participez à ses missions à votre niveau.

Recycler et réutiliser

L’industrie texte est l’une des plus polluantes au monde. Un des derniers scandales qui a touché le monde de la mode (haute couture autant que fast fashion) concerne le travail forcé du peuple ouïgour. Je ne vais pas rentrer dans les détails, mais je vous invite vraiment à vous renseigner sur ce sujet, en suivant notamment le député européen Raphaël Glucksmann, qui en a fait un de ses combats. Faire le choix d’une pièce de seconde main ou vintage permet de limiter l’impact environnemental et humain en ne créant pas de nouvelles demandes et en donnant une nouvelle vie aux vêtements.

Faire de bonnes affaires

Emmaüs est l’endroit parfait pour faire de belles affaires autour de petites pépites. Mon plus gros craquage chez Emmaüs se monte à 14 euros, pour deux très belles vestes Weill et Weinberg entièrement en laines et impeccables. Prix imbattables !

Comment chiner à Emmaüs ?

Venir sans une idée précise de ce que vous cherchez

Je ne chine pas de la même manière quand je vais dans une friperie ou dans un dépôt vente qu’à Emmaüs. Dans le premier cas, j’ai toujours une idée précise de ce que je recherche en fonction de mes besoins. Tout simplement, je sais que je trouverai toujours une petite robe noire, un jean ou autre. En revanche, à Emmaüs, il est impossible de savoir à l’avance ce qu’il y aura dans les rayons. Venir en cherchant quelque chose de précis en tête est le meilleur moyen de ressortir déçu•e•s. Il faut garder l’esprit ouvert à toutes les possibilités. Si vous n’avez rien trouvé, tant pis. Il ne faut pas hésiter à revenir. Il y a beaucoup de mouvements dans le centre Emmaüs.

Prendre son temps

Selon les centres Emmaüs, l’espace dédié aux vêtements peut être plus ou moins grand. À Montpellier, par exemple, il est gigantesque, alors qu’à Strasbourg Montagne Verte, il consiste en quelques portants. Mais il ne faut pas hésiter à prendre son temps, à flâner dans les rayons, à regarder les pièces. Pour ma part, dénicher la perle rare demande du temps et de la patience. Au fur et à mesure, vous allez exercer votre oeil et trouver plus rapidement des pièces, des matières que vous aimez.

Garder la pièce en main jusqu’à la décision finale

Les vêtements peuvent partir très vite. Aussi, si vous avez vu quelque chose qui vous plaît, prenez-le et gardez-le. Même si vous n’êtes pas sûr•e•s de le prendre. Continuez votre tour. C’est seulement quand vous avez fait deux à trois fois chaque rayon (personnellement, j’ai tendance à tourner entre deux et trois fois pour être certaine de ne rien rater), que vous allez vous poser dans un coin et réfléchir à ce que vous avez pris. D’où mon prochain conseil.

Regarder l’état du vêtement sous toutes les coutures

Il faut vraiment faire attention à l’état du vêtement dans les détails. S’il y a des tâches qui vous semblent impossibles à enlever… Tant pis, reposez. Tout comme les travaux de couture qui vous semble hors de portée (sauf, si vraiment gros coup de coeur, vous êtes prêtes à aller chez un•e couturier•ère). Pour ma part, changer ou recoudre des boutons ne me font pas peur. En revanche, faire des modifications plus importantes, impossible. Autre point où il faut faire attention est aux tâches de moisissures qui est, pour moi, un grand non. Il existe certes des remèdes de grand-mère pour les enlever, mais je ne me lance pas dans cette aventure.

Avez-vous déjà chiner chez Emmaüs ?Quelle a été votre plus belle trouvaille ?