FOWLEY Lucy • The Guest List

The Guest List • Lucy Fowley • Février 2020 • William Morrow • 330 pages

On an island off the coast of Ireland, guests gather to celebrate two people joining their lives together as one. The groom: handsome and charming, a rising television star. The bride: smart and ambitious, a magazine publisher. It’s a wedding for a magazine, or for a celebrity: the designer dress, the remote location, the luxe party favors, the boutique whiskey. The cell phone service may be spotty and the waves may be rough, but every detail has been expertly planned and will be expertly executed.

But perfection is for plans, and people are all too human. As the champagne is popped and the festivities begin, resentments and petty jealousies begin to mingle with the reminiscences and well wishes. The groomsmen begin the drinking game from their school days. The bridesmaid not-so-accidentally ruins her dress. The bride’s oldest (male) friend gives an uncomfortably caring toast.

And then someone turns up dead. Who didn’t wish the happy couple well? And perhaps more important, why? 

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Comment résister à un livre qui me propose un mariage qui ne va pas se passer comme prévu sur une île isolée d’Irlande ? Je n’ai pas pu et je me suis délectée de chacune des pages de ce roman policier, qui a d’ailleurs gagné le prix Goodreads 2020 dans cette catégorie. Il y a de l’ADN d’Agatha Christie dans cette intrigue, et je pense notamment à Dix Petits Nègres. The Guest List est un coup de coeur qui m’a tenu en haleine alors qu’il y avait quelques aspects qui auraient pu me déplaire.

J’ai pris un peu peur quand j’ai vu le nombre de points de vue qui s’alternaient entre Jules, la mariée, sa soeur et demoiselle d’honneur, Olivia, et la femme du plus ancien ami de la future mariée, Helen. À elles, s’ajoutent Johnno, le témoigne du marié, et Aoife, la wedding planter. Heureusement, ils ont des rôles bien différents au sein du mariage et leurs caractères diffèrent grandement aussi. Après un ou deux chapitres de chacun, je n’ai plus eu de difficultés à les départager. Donc, c’est plutôt positif pour moi. La deuxième question que je me suis posée en voyant cette liste de personnages qui semblait ne plus en finir était de savoir si c’était bien nécessaire d’alterner autant de points de vue. La réponse est donnée au fur et à mesure que l’intrigue avance. Qu’est-ce qui lie toutes ces personnes entre elles ? Pourquoi Johnno et pas un autre homme de la fraternité étudiante ? Pourquoi avoir choisi Helen comme point de vue alors qu’elle semble très extérieure au couple ? J’ai adoré essayer de formuler des hypothèses concernant un possible lien entre eux. Une partie du suspens réside aussi dans ces questions.

Concernant les personnages, encore, Helen et Olivia sont clairement celles que j’ai préféré. Elles avaient toutes les deux leurs faiblesses, leurs traumatismes. J’ai aimé leurs confidences, d’apprendre à les connaître par ce biais. Jules m’a plutôt énervé de toujours accaparer le centre de l’attention. Johnno a été celui que j’ai le moins apprécié… Au début. Mes sentiments envers ce dernier ont beaucoup évolué au fur et à mesure que l’histoire avançait. L’alternance des points de vue permet de connaître leurs histoires, leurs points communs et leurs motivations pour commettre un meurtre.

L’intrigue démarre sur les chapeaux de roue, car elle s’ouvre sur une petite scène de panique lors de la soirée du mariage. Lucy Fowley a décidé de faire alterner aussi des temporalités différentes, entre la soirée après la cérémonie et l’arrivée des premiers invités la veille. C’est très bien fait de la part de l’auteur qui ne m’a pas perdu en route. Par ailleurs, dans ce genre de romans, je m’attends à un rythme frénétique. Or, dans The Guest List, l’histoire se construit progressivement et le rythme a été plus lent que ce à quoi je m’attendais. Pourtant, il a été difficile de le mettre de côté, car le suspens est bien mené et installé du début à la fin. L’identité de la victime n’est révélée que dans les dernières pages et celle de l’assassin n’est pas directement cité. Les indices sont donnés dans les chapitres et il faut être attentif tout au long de la lecture pour ne pas les manquer. J’ai apprécié cette manière de procéder, de construire l’histoire et le mystère.

The Guest List est un roman qui m’a happé du début à la fin également par son ambiance. Le mariage a lieu sur une île isolée, en Irlande. Une tempête se déclare le jour de la cérémonie. Le huis-clos est pesant et chacun des personnages a quelque chose à cacher. En même temps, Lucy Fowley m’a donné envie de pouvoir y aller, car un vieux manoir irlandais sur une île est l’endroit rêvé pour placer une telle revanche.

Ce roman n’est pas le premier qui semble dans la veine des Agatha Christie. The Hunting Party est aussi un de ses ouvrages autour d’un crime ou whodunit (roman à énigmes ou roman-jeu). Cette fois-ci, l’auteur nous embarque pour les régions reculées de l’Écosse, avec également un meurtre dans un cercle d’amis. Je me laisserai bien tenter, je l’avoue. En attendant, je recommande The Guest List. Je n’ai pas vu d’informations passées concernant une possible traduction en français, malheureusement.

Babylon Berlin, Saison 1

En 1929, Gereon Rath, jeune commissaire de Cologne très affecté par son expérience au front, est muté à Berlin pour retrouver des documents compromettants.

Avec : Volker Bruch ; Liv Lisa Fries ; Peter Kurth…

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J’aime beaucoup de ce que font les Allemands au niveau des films et séries. Ils sont de qualité, avec de très bons acteurs et des bandes-sons qui m’ont souvent fait découvrir de nouveaux artistes, comme Dark ou Oktoberfest, pour n’en citer que deux, pris du catalogue Netflix. Babylon Berlin était la prochaine que je souhaitais découvrir. Tout simplement, je raffole des enquêtes policières dans le Berlin des années 1920. La série est l’adaptation des romans de Volker Kutscher. Les trois saisons sont disponibles sur Canal+.

Pour le moment, je n’ai vu que la première saison. J’ai été étonnée par la qualité de la reconstruction historique. Elle nous fait véritablement revivre le Berlin des années folles… Et folles, elles les étaient. Les réalisateurs montrent bien que l’alcool coule à flots. C’est un aussi une période marquée par la prostitution et le développement de la pornographie (qui est d’ailleurs au coeur de l’intrigue de cette première saison). Est aussi évoqué le traumatisme de la Première Guerre mondiale, ainsi que celui de la défaite, à la fois sur les hommes qui en sont revenus, comme Gereon Rath, ou sur la société dans son ensemble. L’agitation politique de la République de Weimar est également présente avec les protestations communistes. La reconstitution des costumes est parfaite. C’est pour moi un véritable point positif.

Concernant cet aspect historique, j’ai adoré les petites références à d’autres événements historiques, à des personnages importants pour l’époque. Par exemple, Gereon Rath, le personnage principal, est envoyé à Berlin pour retrouver un film qui peut nuire à la réputation du maire de Cologne. Son nom n’est jamais donné et, pourtant, il s’agit d’un homme politique de premier plan, surtout après la Seconde Guerre mondiale, car il oeuvra pour la construction européenne. Il s’agit tout simplement de Conrad Adenauer. Je me suis vraiment régalée avec cette première saison.

Babylon Berlin propose une intrigue principale qui est de retrouver un film compromettant et qui se termine à la fin de la saison. À cette dernière s’ajoutent d’autres complots, des événements qui peuvent devenir une nouvelle enquête pour les deux commissaires des moeurs. Et il y a de quoi faire entre la machination des Russes avec l’or, Trosky, la comtesse ou ce qui se trame avec l’industriel allemand et les militaires, le collège de Gereon Rath… Beaucoup de questions restent en suspend. En tout cas, elles me donnent envie de continuer la série avec les deux prochaines saisons pour vérifier mes théories (souvent fausses, d’ailleurs). Babylon Berlin est une série prenante, mais qui n’est pas à recommander à tous. Elle s’ouvre, par exemple, sur le tournage d’un film pornographique. Il y a beaucoup de nudité, parfois du sexe, le tout avec beaucoup de réalisme.

L’intérêt de la série ne réside pas seulement dans la reconstitution historique, aux différentes intrigues, mais également aux personnages et aux jeux des acteurs. Ils fonctionnent beaucoup par duo : Rath et son collègue, le mystérieux commissaire ; Rath et Charlotte… Ils ont des bonnes dynamiques. Volker Bruch, qui interprète le rôle principal, est un excellent acteur, que j’ai déjà pu voir dans d’autres productions. Il est parfait, montrant un côté très abîmé par la vie et la guerre. Liv Lisa Fries est une actrice que je ne connaissais pas, mais elle crève l’écran alors qu’elle n’a pas un rôle facile.

Cette première saison m’a énormément plu sur bien des aspects et m’a totalement convaincue. C’est une série historique de qualité. Il est rare de trouver des séries se déroulant dans le Berlin des années 1920, mais il y aurait vraiment de quoi faire. Il y a un peu plus de romans sur le sujet. En tout cas, un des livres de Kutscher m’attend bien sagement et j’ai hâte de poursuivre la série.

Adrienne Young • Fable, Fable (1) (2020)

Fable, Fable (1) • Adrienne Young • Wednesday Books • Septembre 2020 • 357 pages

For seventeen-year-old Fable, the daughter of the most powerful trader in the Narrows, the sea is the only home she has ever known. It’s been four years since the night she watched her mother drown during an unforgiving storm. The next day her father abandoned her on a legendary island filled with thieves and little food. To survive she must keep to herself, learn to trust no one, and rely on the unique skills her mother taught her. The only thing that keeps her going is the goal of getting off the island, finding her father, and demanding her rightful place beside him and his crew. To do so Fable enlists the help of a young trader named West to get her off the island and across the Narrows to her father.

But her father’s rivalries and the dangers of his trading enterprise have only multiplied since she last saw him, and Fable soon finds that West isn’t who he seems. Together, they will have to survive more than the treacherous storms that haunt the Narrows if they’re going to stay alive.

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Après les Vikings avec son premier roman, Sky in the deep, Adrienne Young propose à ses lectures une plongée dans le monde de la piraterie. Je ne me souviens guère du dernier livre que j’ai pu lire autour de ce thème, que j’aime beaucoup pourtant. Fable a été une belle surprise, et est un premier tome prometteur.

Il y a véritablement tous les éléments que j’espérais retrouver dans un tel livre. Cependant, il a largement dépassé mes espérances. Fable est un roman d’aventure autour du commerce, de la piraterie pour le contrôle des mers. L’intrigue a du rythme. Je me souvenais que c’était un des points sur lequel j’avais été déçue pour son premier roman : un rythme très inégal avec un début prometteur, un milieu bien trop lent et ennuyeux pour une fin explosive. Dans celui-ci, il est parfaitement maîtrisé. Chaque chapitre apporte son lot d’actions, de trahisons, de complots, tempêtes… Le tout sous fond de chasse aux trésors. Une fois commencé, il a été impossible de lâcher ce roman. J’ai toujours voulu savoir quelle sera la prochaine étape, la prochaine difficulté que Fable devra relever.

Par ailleurs, j’ai adoré l’univers et ce premier tome en est une parfaite introduction. Il y a déjà quelques villes qui sont bien développées avec leurs particularités propres, leurs règles, leurs guildes. Dans les prochains tomes, j’aimerai bien en voir un peu plus de Bastian, ville spécialisée dans les gemmes et souvent évoquée dans ce livre. Il y a tout un aspect du roman autour des pierres précieuses et du personnage principal qui peut les « sentir » qui apporte une touche de mystère et de fantastique que j’ai beaucoup aimé. En tant que lecture, j’ai senti que cela va mettre en danger Fable et l’équipage, car son don est très recherché. C’est un autre point qui me semble plein de promesses pour la suite. J’ai très envie de voir comment l’auteur développera cet aspect intriguant de l’histoire.

J’ai apprécié les différents personnages. Malgré beaucoup de manichéisme, surtout dans le rapport « méchants/gentils », les principaux protagonistes (Fable et son équipage) sont attachants. Ils ne manquent pas de profondeur, même si l’auteur ne fait qu’effleurer leurs personnalités dans ce premier tome, laissant des possibilités pour la suite. Ils ont chacun un passé qui a commencé à être creusé, mais très rapidement. Fable tombe parfois dans les clichés de l’héroïne bad ass. Elle sait comment survivre, tout en ayant un côté gaffeuse et un don très rare et recherché. Je m’y attendais aussi en commençant le livre. Après, je l’avoue, leurs aventures étaient prenantes à suivre et je me suis facilement et rapidement attachée à eux, oubliant certains aspects plus négatifs. En revanche, j’ai trouvé que le père de Fable était presque le plus subtil des personnages, le plus complexe, dans son caractère, ses prises de décisions…

Adrienne Young propose un premier tome prometteur, plein d’aventures et de rebondissements. Je me plongerai avec délice dans le deuxième tome, Namesake, qui sort en mars. En tout cas, le coup de coeur est là. Il ne me reste plus qu’à découvrir The girl the sea gave back, deuxième tome de l’univers développé dans Sky in the deep pour être à jour dans la bibliographie de l’auteur.

Mes résolutions pour 2021

Il y a quelques jours, j’ai partagé mon bilan pour 2020 et il est grand temps d’aborder mes résolutions pour la nouvelle année. Pour tout ce qui touche au cinéma, au théâtre, ou aux musées et autres, pas d’objectifs prévis au regard de la situation actuelle. J’ai également des projets de voyages… Gros point d’interrogation aussi. Je verrai sûrement au moment voulu. Je ne les aborderai donc pas dans cet article. En revanche, j’en ai d’autres en tête et je commence cet article par mes objectifs de lecture.

Mes objectifs littéraires

Découvrir la littérature allemande : cette première envie découle de quelques lectures que j’ai pu faire en 2020, et notamment mon coup de coeur pour Les souffrances du jeune Werther de Goethe. Mon horizon de la littérature allemande se limitait à Fallada et Remarque, j’ai envie d’en lire plus.

Découvrir la littérature israélienne : ce sera une totale découverte pour le coup, car je n’ai jamais lu d’ouvrages d’auteurs israéliens. Il faut dire que je me suis beaucoup tournée vers la relecture des classiques français ces derniers mois.

Terminer trois séries : il y en a trois qui sont prioritaires cette année. Elles sont commencées depuis longtemps, mais également terminées. Il y a tout d’abord les Rougon-Macquart d’Émile Zola dont il me reste quinze tome à lire (c’est un peu le pari fou de 2021). La deuxième série est celle de Ben Aaronovitch, Peter Grant. Il me manque six livres à lire et j’en ai deux d’avance. Pour le moment, je suis un peu bloquée sur les achats en anglais, en attendant les mesures du Brexit pour commander sur BookDepository. Enfin, autre grande série à terminer, les Erica Falck de Camilla Läckberg. Il me reste neuf tomes à lire.

Mes résolutions « seconde main »

Développer cette partie du blog : en 2020, j’ai repris en main Autumn & Latte et j’ai publié un seul article sur ce sujet. Or, ce dernier me tient énormément à coeur et j’aimerais voir grandir cet aspect du blog en 2021. J’ai quelques idées et je vais voir comment les mettre en oeuvre.

Continuer d’acheter de la seconde main : j’achète de plus en plus des vêtements de seconde main, que ce soit via Vinted, Instagram ou les friperies en ligne, les dépôts-ventes de luxe… Je dirai que 80% de mes achats en 2020 provenaient de la seconde main, du vintage… Je pense continuer sur ma lancée.

Mes autres résolutions

Continuer le sport en mangeant plus sainement : je fais partie de celles et ceux qui se sont mis au sport durant les confinements. J’aimerais continuer sur cette lancée. J’apprécie de plus en plus de faire de l’exercice, alors que je n’ai jamais été une grande sportive. J’en ressens un certain bien-être.

Faire plus attention à ma manière de consommer : j’aimerais limiter mon impact sur l’environnement en privilégiant des fruits et légumes français, par exemple, ou moins de déchets… C’est aussi quelque chose que j’ai commencé progressivement à mettre en place durant 2020 et que je souhaite continuer.

Participer au NaNoWriMo : cela fait des années que je souhaite participer à ce challenge. En 2021, je me lance ce défi. J’ai des petites idées par-ci, par-là, et j’ai envie de voir où ça peut mener.

Bilan 2020

C’est avec aucun regret que je laisse 2020 se terminer. Comme pour beaucoup, cette année a été éprouvante à tout point de vue avec son lot de mauvaises nouvelles et de coups durs professionnels (je travaille dans la culture). Durant cette année, je me suis énormément réfugiée dans la lecture, à la fois pour faire passer le temps et supporter ces confinements qui m’ont pesé, je l’avoue. J’ai aussi repris en main de blog, abandonné pendant une bonne partie de 2019.

En janvier 2020, j’avais émis le souhait totalement fou et irréaliste de lire au moins 200 livres, soit le double de ce que je lis habituellement. Le pari n’a pas été si fou puisque j’ai lu très exactement 223 livres durant l’année, soit 72.205 pages. Merci les confinements !

2020 a été une année placée sous le signe des essais en histoire et en histoire de l’art. Ils représentent 28% de mes lectures. J’ai aussi redécouvert les classiques de la littérature française des XVIIIe et XIXe siècles avec Émile Zola, Voltaire et Rousseau et tête. Les classiques représentent 13,6% de ce que j’ai lu, soit 34 livres, dont une dizaine de classiques russes, allemands (dont le premier tome Guerre & Paix). Découverte de la littérature classique allemande avec un coup de coeur pour Les souffrances du jeune Werther.

Mon trois meilleures lectures de 2020

The Hollow Places de T. Kingfisher est un des meilleurs romans d’horreur que j’ai pu lire depuis bien longtemps. Je suis un petit en retard dans la publication de mes avis littéraires et celui-ci devrait arriver très prochainement. Je n’en dis donc pas plus. Mais c’est un de mes gros coups de coeur de l’année.

All the bad apples de Moïra Rowley-Doyle est un des livres qui m’a le plus marqué cette année : l’Irlande, la place de la femme, le réalisme magique qui se dégage de ce roman, une histoire de famille… J’ai adoré et je le relirai avec plaisir. Pour lire mon avis sur ce dernier, c’est par ici. [lien]

Enfin, The Year of the Witching d’Alexis Henderson… Un autre livre d’horreur, mais totalement différent du Kingfisher avec une société puritaine, des sorcières, des bains de sang… Gros coup de coeur pour ce premier roman d’horreur par une auteur à suivre. J’avais publié une chronique. [lien]

Mes trois plus grosses déceptions de 2020

Eoin Colfer signait son grand retour avec un roman pour les jeunes adultes, Highfire. J’ai adoré plus jeune les Artemis Fowl qui est une série avec laquelle j’ai grandi. Je n’ai pas du tout aimé ce nouveau livre. Pour savoir pourquoi je n’ai pas aimé cet ouvrage, voici mon billet. [lien]

Alors que je préparais cet article, je savais que Three Hours in Paris de Cara Black finirait dans mes déceptions de l’année. Je l’avais pourtant mis dans les sorties VO qui me tentaient, mais encore aujourd’hui, je ne sais pas si je dois rire ou pleurer devant ce livre… En tout cas, j’y ai lu la phrase la plus improbable de l’année. Ma chronique est à lire sur le blog. [lien]

Dernier livre dans mes déceptions, Cursed de Frank Miller et Thomas Wheeler. La série m’avait quelque peu laissé sur ma faim. J’avais envie d’avoir plus de développements et je me suis tournée vers le livre qui reste fidèle à la série… Et je n’y ai donc pas trouvé ce que j’espérais. J’avais publié un article sur le sujet. [lien]

J’en ai fini de mes coups de coeur et déceptions de l’année et j’avais envie de faire un tour d’horizons de mes résolutions prises début 2020 et si elles ont été tenues.

En premier lieu, je souhaitais lire une dizaine de pièces de théâtre. Même si j’en ai lu quelques unes, elles se comptent sur les doigts d’une seule main… Et encore. J’ai redécouvert quelques classiques comme Le mariage de Figaro de Beaumarchais ou Cyrano de Bergerac d’Edmond de Rostand. En revanche, j’ai réussi à lire les dix recueils de poésie avec autant des classiques que de la poésie contemporaines. J’ai relu Les Contemplations de Victor Hugo, Les fleurs du mal de Charles Baudelaire. J’ai dévoré le dernier recueil de Rupi Kaur, Home Body.

Je voulais également terminer quatre séries en cours. J’en ai fini trois, donc je suis plutôt contente.

J’espérai avoir une pile à lire à zéro à la fin du mois de décembre. Je termine l’année avec 21 livres qui attendent d’être lus. J’ai pas mal craqué la dernière semaine et j’ai fait quelques achats.

Le plus gros objectif de lecture que je m’étais fixée pour 2020 était de commencer et finir les Rougon-Macquart d’Émile Zola. J’en ai lu que cinq cette année, de La fortune des Rougon à La faute de l’abbé Mouret. La suite sera pour 2021, ayant déjà commandé le prochain, Son Excellence Eugène Rougon.

Une autre résolution, la dernière, était de lire une cinquantaine de romans ou essais en anglais. Record battu ! J’ai lu 86 romans en anglais. Je ne suis pas encore à 50/50, mais c’est tout de même un beau score. Je ne m’y attendais pas.

2020 n’a pas été une année aussi riche culturellement que je l’espérais, mais j’ai pu commencer l’année en allant aux ballets russes voir Casse-Noisette, qui est un de mes préférés (je vénère Tchaikovsky). Un merveilleux moment partagé avec l’une de mes petites soeurs. J’ai aussi visité quelques coins de la France que je ne connaissais pas, et notamment la Haute-Savoie. J’ai pu visiter le château de Montrottier, les Jardins Secrets de Vaulx, un endroit totalement hors du temps, le musée de la Résistance haut-savoyarde à Morette ainsi que la ville d’Annecy. En août, j’ai pris la direction d’Albi pour découvrir cette magnifique cité médiéval ainsi que les petites villes d’Ambialet et de Cordes-sur-Ciel. [article sur ces quelques jours dans le Tarn]

J’ai pu visiter le musée Toulouse-Lautrec ainsi que la rétrospective Christo et Jeanne-Claude au musée Würth d’Erstein. [compte-rendu de l’exposition]

Sorties VO • Janvier 2021

Après un mois de Décembre un peu léger, Janvier semble être tout le contraire. De nombreuses publications alléchantes sont proposées. N’hésitez pas à me dire en commentaire lesquelles vous font le plus envie !

Don’t tell a soul • Kirsten Miller • Delacorte Press • 384 pages • 26 janvier

People say the house is cursed.
It preys on the weakest, and young women are its favorite victims.
In Louth, they’re called the Dead Girls.

All Bram wanted was to disappear—from her old life, her family’s past, and from the scandal that continues to haunt her. The only place left to go is Louth, the tiny town on the Hudson River where her uncle, James, has been renovating an old mansion.
But James is haunted by his own ghosts. Months earlier, his beloved wife died in a fire that people say was set by her daughter. The tragedy left James a shell of the man Bram knew—and destroyed half the house he’d so lovingly restored.
The manor is creepy, and so are the locals. The people of Louth don’t want outsiders like Bram in their town, and with each passing day she’s discovering that the rumors they spread are just as disturbing as the secrets they hide. Most frightening of all are the legends they tell about the Dead Girls. Girls whose lives were cut short in the very house Bram now calls home.
The terrifying reality is that the Dead Girls may have never left the manor. And if Bram looks too hard into the town’s haunted past, she might not either.

Esnared in the wolf lair : Inside the 1944 Plot to Kill Hitler and the Ghost Children of His Revenge • Ann Bausum • National Geographic Kids • 144 pages • 12 janvier

« I’ve come on orders from Berlin to fetch the three children. »–Gestapo agent, August 24, 1944
With those chilling words Christa von Hofacker and her younger siblings found themselves ensnared in a web of family punishment designed to please one man-Adolf Hitler. The furious dictator sought merciless revenge against not only Christa’s father and the other Germans who had just tried to overthrow his government. He wanted to torment their relatives, too, regardless of age or stature. All of them. Including every last child.

The Secret Life of Dorothy Soames • Justine Cowan • Harper • 320 pages • 12 janvier

Justine had always been told that her mother came from royal blood. The proof could be found in her mother’s elegance, her uppercrust London accent—and in a cryptic letter hinting at her claim to a country estate. But beneath the polished veneer lay a fearsome, unpredictable temper that drove Justine from home the moment she was old enough to escape. Years later, when her mother sent her an envelope filled with secrets from the past, Justine buried it in the back of an old filing cabinet.

Overcome with grief after her mother’s death, Justine found herself drawn back to that envelope. Its contents revealed a mystery that stretched back to the early years of World War II and beyond, into the dark corridors of the Hospital for the Maintenance and Education of Exposed and Deserted Young Children. Established in the eighteenth century to raise “bastard” children to clean chamber pots for England’s ruling class, the institution was tied to some of history’s most influential figures and events. From its role in the development of solitary confinement and human medical experimentation to the creation of the British Museum and the Royal Academy of Arts, its impact on Western culture continues to reverberate. It was also the environment that shaped a young girl known as Dorothy Soames, who bravely withstood years of physical and emotional abuse at the hands of a sadistic headmistress—a resilient child who dreamed of escape as German bombers rained death from the skies.

The Children’s Train • Viola Ardone • HarperVia • 320 pages • 12 janvier

Though Mussolini and the fascists have been defeated, the war has devastated Italy, especially the south. Seven-year-old Amerigo lives with his mother Antonietta in Naples, surviving on odd jobs and his wits like the rest of the poor in his neighborhood. But one day, Amerigo learns that a train will take him away from the rubble-strewn streets of the city to spend the winter with a family in the north, where he will be safe and have warm clothes and food to eat. 

Together with thousands of other southern children, Amerigo will cross the entire peninsula to a new life. Through his curious, innocent eyes, we see a nation rising from the ashes of war, reborn. As he comes to enjoy his new surroundings and the possibilities for a better future, Amerigo will make the heartbreaking choice to leave his mother and become a member of his adoptive family.

In the Garden of Spite • Camilla Bruce • Berkley • 480 pages • 19 janvier

They whisper about her in Chicago. Men come to her with their hopes, their dreams–their fortunes. But no one sees them leave. No one sees them at all after they come to call on the Widow of La Porte. The good people of Indiana may have their suspicions, but if those fools knew what she’d given up, what was taken from her, how she’d suffered, surely they’d understand. Belle Gunness learned a long time ago that a woman has to make her own way in this world. That’s all it is. A bloody means to an end. A glorious enterprise meant to raise her from the bleak, colorless drudgery of her childhood to the life she deserves. After all, vermin always survive.

The House on Vesper Sands • Paraic O’Donnell • Tin House Books • 408 pages • 12 janvier

On the case is Inspector Cutter, a detective as sharp and committed to his work as he is wryly hilarious. Gideon Bliss, a Cambridge dropout in love with one of the missing girls, stumbles into a role as Cutter’s sidekick. And clever young journalist Octavia Hillingdon sees the case as a chance to tell a story that matters—despite her employer’s preference that she stick to a women’s society column. As Inspector Cutter peels back the mystery layer by layer, he leads them all, at last, to the secrets that lie hidden at the house on Vesper Sands.

The Historians • Cecilia Eckbäck • Harper Perennial • 464 pages • 12 janvier

It is 1943 and Sweden’s neutrality in the war is under pressure. Laura Dahlgren, the bright, young right-hand of the chief negotiator to Germany, is privy to these tensions, even as she tries to keep her head down in the mounting fray. However, when Laura’s best friend from university, Britta, is discovered murdered in cold blood, Laura is determined to find the killer.

Prior to her death, Britta sent a report on the racial profiling in Scandinavia to the secretary to the Minister of Foreign Affairs, Jens Regnell. In the middle of negotiating a delicate alliance with Hitler and the Nazis, Jens doesn’t understand why he’s received the report. When the pursuit of Britta’s murderer leads Laura to his door, the two join forces to get at the truth.

But as Jens and Laura attempt to untangle the mysterious circumstance surrounding Britta’s death, they only become more mired in a web of lies and deceit. This trail will lead to a conspiracy that could topple their nation’s identity—a conspiracy some in Sweden will try to keep hidden at any cost.

Faye, Faraway • Helen Fischer • Gallery Books • 304 pages • 26 janvier

Faye is a thirty-seven-year-old happily married mother of two young daughters. Every night, before she puts them to bed, she whispers to them: “You are good, you are kind, you are clever, you are funny.” She’s determined that they never doubt for a minute that their mother loves them unconditionally. After all, her own mother Jeanie had died when she was only seven years old and Faye has never gotten over that intense pain of losing her.

But one day, her life is turned upside down when she finds herself in 1977, the year before her mother died. Suddenly, she has the chance to reconnect with her long-lost mother, and even meets her own younger self, a little girl she can barely remember. Jeanie doesn’t recognize Faye as her daughter, of course, even though there is something eerily familiar about her…

As the two women become close friends, they share many secrets—but Faye is terrified of revealing the truth about her identity. Will it prevent her from returning to her own time and her beloved husband and daughters? What if she’s doomed to remain in the past forever? Faye knows that eventually she will have to choose between those she loves in the past and those she loves in the here and now, and that knowledge presents her with an impossible choice.

The Heiress: The Revelations of Anne de Bourgh • Molly Greeley • William Morrow • 368 pages • 5 janvier

As a fussy baby, Anne de Bourgh’s doctor prescribed laudanum to quiet her, and now the young woman must take the opium-heavy tincture every day. Growing up sheltered and confined, removed from sunshine and fresh air, the pale and overly slender Anne grew up with few companions except her cousins, including Fitzwilliam Darcy. Throughout their childhoods, it was understood that Darcy and Anne would marry and combine their vast estates of Pemberley and Rosings. But Darcy does not love Anne or want her.

After her father dies unexpectedly, leaving her his vast fortune, Anne has a moment of clarity: what if her life of fragility and illness isn’t truly real? What if she could free herself from the medicine that clouds her sharp mind and leaves her body weak and lethargic? Might there be a better life without the medicine she has been told she cannot live without?

In a frenzy of desperation, Anne discards her laudanum and flees to the London home of her cousin, Colonel John Fitzwilliam, who helps her through her painful recovery. Yet once she returns to health, new challenges await. Shy and utterly inexperienced, the wealthy heiress must forge a new identity for herself, learning to navigate a “season” in society and the complexities of love and passion. The once wan, passive Anne gives way to a braver woman with a keen edge—leading to a powerful reckoning with the domineering mother determined to control Anne’s fortune . . . and her life.

Last Garden in England • Julia Kelly • Gallery Books • 368 pages • 12 janvier

Present day: Emma Lovett, who has dedicated her career to breathing new life into long-neglected gardens, has just been given the opportunity of a lifetime: to restore the gardens of the famed Highbury House estate, designed in 1907 by her hero Venetia Smith. But as Emma dives deeper into the gardens’ past, she begins to uncover secrets that have long lain hidden.

1907: A talented artist with a growing reputation for her ambitious work, Venetia Smith has carved out a niche for herself as a garden designer to industrialists, solicitors, and bankers looking to show off their wealth with sumptuous country houses. When she is hired to design the gardens of Highbury House, she is determined to make them a triumph, but the gardens—and the people she meets—promise to change her life forever.

1944: When land girl Beth Pedley arrives at a farm on the outskirts of the village of Highbury, all she wants is to find a place she can call home. Cook Stella Adderton, on the other hand, is desperate to leave Highbury House to pursue her own dreams. And widow Diana Symonds, the mistress of the grand house, is anxiously trying to cling to her pre-war life now that her home has been requisitioned and transformed into a convalescent hospital for wounded soldiers. But when war threatens Highbury House’s treasured gardens, these three very different women are drawn together by a secret that will last for decades. 

The Divines • Ellie Eaton • William Morrow • 320 pages • 19 janvier

The girls of St John the Divine, an elite English boarding school, were notorious for flipping their hair, harassing teachers, chasing boys, and chain-smoking cigarettes. They were fiercely loyal, sharp-tongued, and cuttingly humorous in the way that only teenage girls can be. For Josephine, now in her thirties, the years at St John were a lifetime ago. She hasn’t spoken to another Divine in fifteen years, not since the day the school shuttered its doors in disgrace.

Yet now Josephine inexplicably finds herself returning to her old stomping grounds. The visit provokes blurry recollections of those doomed final weeks that rocked the community. Ruminating on the past, Josephine becomes obsessed with her teenage identity and the forgotten girls of her one-time orbit. With each memory that resurfaces, she circles closer to the violent secret at the heart of the school’s scandal. But the more Josephine recalls, the further her life unravels, derailing not just her marriage and career, but her entire sense of self. 

Our darkest night • Jennifer Robson • William Morrow • 384 pages • 5 janvier

It is the autumn of 1943, and life is becoming increasingly perilous for Italian Jews like the Mazin family. With Nazi Germany now occupying most of her beloved homeland, and the threat of imprisonment and deportation growing ever more certain, Antonina Mazin has but one hope to survive—to leave Venice and her beloved parents and hide in the countryside with a man she has only just met.

Nico Gerardi was studying for the priesthood until circumstances forced him to leave the seminary to run his family’s farm. A moral and just man, he could not stand by when the fascists and Nazis began taking innocent lives. Rather than risk a perilous escape across the mountains, Nina will pose as his new bride. And to keep her safe and protect secrets of his own, Nico and Nina must convince prying eyes they are happily married and in love.

But farm life is not easy for a cultured city girl who dreams of becoming a doctor like her father, and Nico’s provincial neighbors are wary of this soft and educated woman they do not know. Even worse, their distrust is shared by a local Nazi official with a vendetta against Nico. The more he learns of Nina, the more his suspicions grow—and with them his determination to exact revenge.

As Nina and Nico come to know each other, their feelings deepen, transforming their relationship into much more than a charade. Yet both fear that every passing day brings them closer to being torn apart . . .

Lore • Alexandra Bracken • Disney Hyperion • 480 pages • 5 janvier

Every seven years, the Agon begins. As punishment for a past rebellion, nine Greek gods are forced to walk the earth as mortals, hunted by the descendants of ancient bloodlines, all eager to kill a god and seize their divine power and immortality.
Long ago, Lore Perseous fled that brutal world in the wake of her family’s sadistic murder by a rival line, turning her back on the hunt’s promises of eternal glory. For years she’s pushed away any thought of revenge against the man–now a god–responsible for their deaths.

Yet as the next hunt dawns over New York City, two participants seek out her help: Castor, a childhood friend of Lore believed long dead, and a gravely wounded Athena, among the last of the original gods.

The goddess offers an alliance against their mutual enemy and, at last, a way for Lore to leave the Agon behind forever. But Lore’s decision to bind her fate to Athena’s and rejoin the hunt will come at a deadly cost–and still may not be enough to stop the rise of a new god with the power to bring humanity to its knees.

Pourquoi lire Christina Henry ?

Parmi les auteurs largement présents dans ma bibliothèque, il y a Christina Henry. Sa bibliographie se compose majoritairement d’une série bit-lit et d’autres ouvrages plus orientés vers l’horreur avec notamment des réécritures de contes comme base de départ. C’est sur cet aspect que je la connais le plus et que je l’adore, attendant avec impatience chacune de ses nouvelles publications. En 2020, elle m’a régalé avec pas moins de deux parutions : un recueil de nouvelles autour de l’univers d’Alice au pays des Merveilles et un roman d’horreur, The Ghost Tree. Voici quelques bonnes raisons de se pencher sur ses romans.

Des réécritures de contes

Personnellement, c’est un genre littéraire que j’adore, car il permet de revisiter des histoires connues sous des angles parfois très différents ou avec des univers multiples. Je pense aussi à Marissa Meyer qui a réécrit certains contes dans un univers futuristes. Christina Henry s’est inspiré d’un certain nombre d’entre eux. Elle a proposé un monde post-apocalyptique pour The Girl in Red qui reprend l’histoire du Petit Chaperon rouge. The Mermaids se passe dans notre monde, mais dans le passé. Elle fait revivre P.T. Barnum, les cirques de curiosités… Lost Boy se déroule au Pays Imaginaire. Dans sa bibliographie, il y a juste The Ghost Tree, son dernier roman, qui n’est pas une réécriture de contes, mais tout de même un très bon roman d’horreur.

Des atmosphères creepy

C’est un peu la spécialité de l’auteur. Elle excelle dans des ambiances très sombres et torturés. Parmi ses romans, certains sont vraiment très dérangeants et « malaisants ». Pour ma part, celui qui remporte le premier prix est Lost Boy. Elle adopte un point de vue sur cette histoire qui est vraiment gênant, mais qui colle parfaitement à l’univers aussi. L’histoire de base contient aussi des éléments déstabilisants que Christina Henry exploite. Elle y ajoute aussi des thèmes contemporains et pas faciles : le viol, la drogue, la prostitution, les abus affectifs…

Christina Henry crée en quelques phrases un univers complet et une intrigue prenante, impossible à mettre de côté. Ce sont des histoires avec beaucoup de rythme, de tension, avec de nombreuses révélations et rebondissements. Tout est maîtrisé, et je ne suis jamais déçue par l’une ou l’autre de mes lectures. Elle doit sortir un nouveau roman en 2021 chez Titan Books, Near the Bones. Il ne me rappelle aucun conte, mais ce sera un autre roman horreur.

Liste des romans de Christina Henry que j’ai lu

  • The Mermaid, inspiré de La Petite Sirène
  • The Girl in Red, inspiré du Petit Chaperon rouge
  • Lost Boy, inspiré de Peter Pan
  • Alice, Red Queen et Looking Glass, inspirés d’Alice au pays des Merveilles
  • The Ghost Tree

Quels sont les plus « creepy » ?

  • Alice
  • Lost Boy

Lequel est le plus soft ?

  • The Mermaid

Erik Larson • Dans le jardin de la bête (2011)

Dans le jardin de la bête • Erik Larson • Le Livre de Poche • 2013 • 648 pages

1933. Sollicité par le président Roosevelt, William E. Dodd accepte d’être le nouvel ambassadeur américain à Berlin. S’il n’est pas diplomate mais historien, il a un solide atout : il est germanophone. Lorsqu’il débarque en Allemagne en juillet, sa femme et ses enfants l’accompagnent. Sa fille, Martha, 24 ans, succombe vite aux charmes du nazisme et plus particulièrement à ceux de Rudolf Diels, le chef de la Gestapo. Au fil des mois, les yeux de W. E. Dodd se dessillent. Il tente d’alerter le département d’Etat américain sur la vraie nature du régime. En vain. Martha, elle, s’éprend d’un espion russe, qui la convainc de mettre ses charmes et ses talents au service de l’Union soviétique. Thriller politique et roman d’espionnage, Dans le jardin de la bête nous introduit dans les coulisses du pouvoir nazi, grâce aux notes personnelles de William et de Martha Dodd, mises en scène avec brio par l’auteur du Diable dans la ville blanche.

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Erik Larson est un auteur largement présent dans mes envies de lectures. Dans le jardin de la bête se trouvait dans ma bibliothèque depuis un long moment et je me suis enfin décidée à le lire.

Dans cet ouvrage, l’auteur relate majoritairement la première année en poste du nouvel ambassadeur des États-Unis d’Amérique à Berlin. Ce sont les années 1933-1934, plus précisément. Il s’intéresse vraiment à ce moment-clé où Hitler est nommé chancelier et le parti nationaliste-socialiste prend de lus en plus le pouvoir, transformant la République de Weimar en une dictature. Est montrée également l’emprise progressive des nazis sur tous les aspects de la société. Il y a vraiment des points intéressants qui sont évoqués dans ce livre. J’ai déjà évoqué deux d’entre eux juste au-dessus et qui m’ont passionné. À ceux-là, s’ajoute également la position des ambassadeurs face à ce nouveau régime : être conciliant, un manque de fermeté. Souvent, ils se disent que les nazis vont s’assagir.

Cependant, en tant que passionnée d’histoire et fervente lectrice d’essais historiques, j’espérai avoir plus de développements sur certains aspects. Il passe très vite sur des sujets intéressants. C’est une synthèse qui peut donner quelques pistes de réflexions ou envie d’aller explorer d’autres thématiques pour en savoir plus. Surtout qu’une bibliographie est présente à la fin du livre. Je referme tout de même ce livre en ayant appris pas mal de nouvelles informations. Par exemple, j’ai toujours pensé qu’Heydrich a été depuis le début à la tête de la Gestapo. Or, ce n’est pas le cas.

Cela tient aussi à la forme que revêt le roman. Dans le jardin de la bête est présenté comme un thriller. Or, il a plus l’aspect d’un essai historique romancé. C’est une des particularités de ce type d’ouvrages chez les anglophones. Leurs ouvrages scientifiques ont une véritable volonté d’être le plus accessibles possibles. Je recommanderai plus facilement un Mary Beard ou un Jerry Toner, autour de l’Antiquité, que Paul Veyne, même si j’aime beaucoup ses écrits (Mais je les apprécie parce que j’ai suivi de très nombreux cours autour de l’histoire, l’archéologie et l’art gréco-romain et j’ai donc le bagage pour. Pour les auteurs anglo-saxons, tout le monde peut les lire et les comprendre sans avoir de connaissances pointues dans le domaine.). Dans le jardin de la bête se lit aisément… Comme un roman.

Erik Larson s’intéresse surtout à l’ambassadeur Dodd et sa fille, Martha. Les portraits qu’il en livre ne sont pas flatteurs. L’ambassadeur est montré comme un homme faible, par fait être pour dans une ambassade, surtout à Berlin au début des années 30. Il est peu soutenu, même par son gouvernement. Au sein du livre, il s’efface souvent au profit de sa fille qui a eu une vie très mouvementée. Cependant, dans le cadre de sa vie berlinoise, elle semble flirté avec la haute trahison. Ce ne sont pas forcément des personnages historiques avec lesquels j’ai ressenti de l’empathie. J’ai beaucoup plus apprécié le contexte historique et les Dodd en sont juste une excuse, à mon avis, pour évoquer la montée du régime nazi.

Même si ce n’est pas totalement un coup de coeur, j’ai bien envie d’en lire d’autres de cet auteur, car j’aime ce côté romancé de son essai historique. En début d’année, il a publié The Splendid & the Vile qui me tente énormément et qui fera sûrement partie de mes prochains achats.

Guy de Maupassant • Bel-Ami (1885)

Bel-Ami • Guy de Maupassant • Éditions Librio • 2019 • 380 pages

Georges Duroy, dit Bel-Ami, est un jeune homme au physique avantageux. Le hasard d’une rencontre le met sur la voie de l’ascension sociale. Malgré sa vulgarité et son ignorance, cet arriviste parvient au sommet par l’intermédiaire de ses maîtresses et du journalisme. Cinq héroïnes vont tour à tour l’initier aux mystères du métier, aux secrets de la mondanité et lui assurer la réussite qu’il espère. Dans cette société parisienne en pleine expansion capitaliste et coloniale, que Maupassant dénonce avec force parce qu’il la connaît bien, les femmes éduquent, conseillent, œuvrent dans l’ombre. La presse, la politique, la finance s’entremêlent. Mais derrière les combines politiques et financières, l’érotisme intéressé, la mort est là qui veille, et avec elle, l’angoisse que chacun porte au fond de lui-même.

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En 2020, j’ai redécouvert les classiques de la littérature française, notamment des XVIIIe et XIXe siècles. J’en ai lu et étudié certains d’entre eux lorsque j’étais au collège et au lycée, sans en avoir gardé un bon souvenir, tels que Les liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos, les principaux écrits de Jean-Jacques Rousseau (Du contrat social, en tête), Candide de Voltaire ou La Curée d’Émile Zola. Or, ce sont des lectures que j’ai adoré faire ces derniers mois. Je me rends qu’après mes années d’études en histoire de l’art, j’ai un véritable bagage pour mieux les apprécier, les comprendre.

Un des auteurs qui me faisait le plus peur était Guy de Maupassant, avec Flaubert, d’ailleurs. J’avais étudié Le Horla, qui ne m’a pas laissé un souvenir impérissable. J’y allais un peu à reculons dans Bel-Ami. Pourtant, j’ai beaucoup aimé ce roman, même si ce n’est pas totalement un coup de coeur. Il n’était pas loin.

J’ai été happée dès le début par la plume de l’auteur. Les descriptions sont absolument merveilleuses. La ville de Paris reprend vie sous mes yeux, peut-être avec un peu moins de force que chez Zola. Je garde surtout en mémoire la manière de Maupassant de décrire les intérieurs bourgeois, des pièces et des objets qui les constituent. Une en particulier m’a marqué, car elle m’évoquait l’hôtel particulier qui est actuellement le Musée Jacquemart-André. Je suis une grande admiratrice de cette architecture. Sur cet aspect, je me suis régalée.

Autre point positif, le portrait de la société du Second Empire, qui me rappelle, une fois encore, les Rougon-Macquart, avec la place importante que tiennent les notables et les bourgeois. L’impression qui se dégage de ces romans est celle d’un monde basé sur les apparences, où l’argent est roi. Les arrivistes sont légions et ils sont prêts à tout pour réussir socialement et engrener le plus de richesses possibles, par le biais des relations, des mariages, en utilisant des informations confidentielles… Leurs moral et éthique semblent avoir disparu et Bel-Ami, ou Georges Duroy, en est l’exemple parfait.

Son évolution tout au long du roman est la démonstration parfaite de ce que les ambitieux sont prêts à faire. Il passe d’un homme ambitieux, mais paresseux à un être détestable et prêt à toutes les bassesses pour une meilleure position sociale, un meilleur confort de vie. Mes sentiments ont évolué au fil de ma lecture, pensant qu’il ne pouvait pas faire pire. Cependant, au fur et à mesure que la fin approche, je n’en pouvais plus de ce personnage d’une jalousie féroce, sans scrupule et moral. Guy de Maupassant dresse le portrait-type d’un homme du Second Empire et, même si j’ai eu du mal avec la fin, c’est une évolution logique. Je pense qu’elle est un mal pour un bien, car elle montre aussi le véritable visage de Bel-Ami.

Je ne suis passée loin du coup de coeur. C’est clairement une lecture que j’ai aimé faire et qui confirme mon récent amour pour la littérature classique française du XIXe siècle avec tout en haut du podium, Émile Zola. Par ailleurs, la dernière adaptation cinématographique remonte à 2012 avec Robert Pattinson dans le rôle-titre. Autant dire que je passe mon tour…

Helen Simonson • L’Été avant la guerre (2016)

L’Été avant la guerre • Helen Simonson • 10/18 • 2017 • 664 pages

Été 1914, dans la campagne anglaise. La gentry de Rye reçoit pour un pique-nique sur le gazon fraîchement tondu. Les ombrelles et les chapeaux sont de sortie et c’est l’occasion pour Beatrice Nash, 23 ans, récemment débarquée dans la petite ville pour y prendre le poste de professeur de latin, de faire plus ample connaissance avec toutes les personnalités locales. Béatrice est orpheline de mère, et a grandi auprès de son père, un universitaire qu’elle a accompagné dans ses voyages et secondé dans ses travaux. Décédé un an plus tôt, il l’a laissée sous la tutelle de sa famille bien-pensante dont elle tente de s’émanciper en gagnant sa vie Elle est chaperonnée à Rye par Agatha Kent, une Anglaise excentrique comme on les aime, avec une bonne dose d’humour, quelques idées progressistes et une grande habileté diplomatique. Agatha a deux neveux : Daniel, qui rêve de lancer un journal de poésie à Paris, et son cousin Hugh, timide étudiant en médecine, qui courtise la fille un peu écervelée de son patron. Tous deux adoptent d’emblée la nouvelle venue. Et bientôt Hugh rougit un peu trop souvent en compagnie de Beatrice. Mais elle veut rester célibataire et devenir écrivain : deux choix difficiles pour une jeune fille instruite et sans le sou dans la société misogyne et conservatrice de ce début du siècle. L’entrée en guerre de la Grande-Bretagne va bouleverser ses projets et ceux de l’ensemble de la petite communauté, à tous les niveaux de l’échelle sociale. Des réfugiés belges sont recueillis et les hommes s’engagent : Daniel, le colonel Wheaton et son fils, Snout, le petit-fils des tsiganes qui vivent en marge de la ville, et Hugh, que Béatrice voit partir avec un sentiment qu’elle peine encore à nommer…

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Je ne suis pas certaine que j’aurai lu de moi-même ce roman, s’il ne m’avait pas été donné. Helen Simonson est une auteur anglaise qui écrit essentiellement des romans historiques. L’été avant la guerre a été une lecture en demi-teinte.

L’ambiance qui se dégage de ce livre est délicieusement anglaise avec des garden parties, du thé, une certaine douceur de vivre qui donne envie de s’installer sur les côtes anglaises (même si j’ai une préférence pour les Cotswolds). J’ai adoré les touches d’humour so British présentes dans le livre. Cet art de la petite pique… J’en suis très sensible et certaines sont particulièrement savoureuses. Pour moi, l’atmosphère générale est un point éminemment positif.

L’autre point positif est ce portrait de la société anglaise au début de la Première Guerre mondiale. Dans la ville de Rue, toutes les classes sociales se mêlent et côtoient, pour le meilleur et pour le pire. Elles peuvent très bien organiser des parades ensemble, mais un certain conservatisme est également présent. L’apparence et la réputation sont encore présentes dans les moeurs et jouent un rôle déterminant. Pourtant, à la lecture du roman, le lecteur peut sentir que c’est la fin d’une époque et que le conflit mondial va quelque peu redistribuer les cartes. En effet, les conséquences ont été de voir certaines familles aristocratiques éteintes par la mort de leurs jeunes hommes et héritiers.

Pour continuer sur la société anglaise, Helen Simonson s’intéresse aussi à la condition de la femme à travers le personnage principal, Beatrice Nash. La jeune femme est une orpheline qui espère pouvoir gagner sa vie seule. Elle va rencontrer de nombreux obstacles : l’absence d’une figure masculine (père, frère ou mari) pour gérer son argent, par exemple, les convenances qui m’empêchent d’être indépendante…Tout cet aspect historique et social du roman m’a énormément plu. L’Histoire fait partie de mes plus grandes passions. De ce point de vue, je me suis régalée, d’autant plus que les personnages sont terriblement attachants : Beatrice, Hugh, Daniel, Agatha… Leur destin, leurs peines m’ont touchée et bouleversée.

Cependant, par d’autres points, L’été avant la guerre n’est pas un coup de coeur. Il y a quelques longueurs, mais surtout un rythme très inégal tout au long. L’auteur prend son temps pour mettre en place les principaux éléments de l’intrigue : présenter les personnages, leurs relations… C’est très lent, presque un récit jour après jour. Puis, par moments, les événements se précipitent. Elle passe parfois trop vite sur des aspects qui sont intéressants. Je m’attendais à savoir ce que Beatrice Nash allait devenir ou faire durant le conflit, par exemple, ou la fille du colonel Wheaton, qui a épousé un aristocrate allemand. Elle va plutôt suivre Hugh à ce moment-là et vraiment survoler les années de guerre.

Helen Simonson est également l’auteur de La dernière conquête du Major Pettigrew qui a longtemps été dans ma wish list. Je ne le lirai sûrement pas après celui-ci.