La Culture avec un grand A et du latte #3

Mon mois d’avril fut pris par mon stage, qui fut intense, mais qui m’a permis d’apprendre de nouvelles compétences professionnelles, comme la rédaction de communiqués de presse. J’ai pu vraiment m’investir dans la vie de la Fondation, faire des propositions. J’ai adoré chaque minute passé là-bas. Du coup, j’en ai un peu oublié certaines choses.

Honte à moi ! En tant qu’étudiante dans le domaine de la culture, je n’ai visité aucun musée ni exposition durant le mois. Je compte bien me rattraper durant le mois de mai. Je compte aller voir la nouvelle exposition du Centre Pompidou de Metz, Couples modernes. J’aimerais aussi voir un peu plus d’oeuvres de l’incroyable exposition se déroulant dans la ville de Strasbourg, Industrie magnifique. Je suis déjà allée voir le mammouth se situant à côté de la cathédrale. Le 19 mai, c’est également la Nuit européenne des musées. Je n’ai pas encore arrêté de programme, mais j’y réfléchis.

Du point de vue des lectures, j’ai enchaîné avec des livres moyens ou des grosses déceptions. Je n’ai eu littéralement aucun coup de coeur ce mois-ci où j’ai presque joué de malchance ! Parmi les romans que je qualifierai de sympathique, mais sans plus, j’ai pu lire le premier tome de la trilogie Wicked de Jennifer L. Armentrout, auteur que je découvrais par la même occasion. Je retiens l’univers qui se développe autour des faës et de la Nouvelle-Orléans. Malheureusement, j’ai trouvé que la romance prenait parfois toute la place, au détriment de l’intrigue. De plus, la fin fut sans surprise également. C’est le reproche que je fais également à Poppy de Mary Hooper. Je pense en reparler plus longuement sur le blog en novembre, car je développe un petit projet dans lequel ce roman s’intègre parfaitement. Toutefois, si je devais retenir un seul ouvrage, ce serait Le musée disparu d’Hector Feliciano. C’est une enquête menée par un journaliste sur les oeuvres disparues durant la Seconde Guerre mondiale, très bien écrit et accessible.

En revanche, grosse déception pour le premier tome de L’amie prodigieuse d’Elena Ferrante. J’en avais entendu tellement de bien sur la blogosphère et il était absolument partout. J’ai fini par craquer, après avoir longuement hésité. Le prologue m’avait quelque peu charmé, mais, très vite, je me suis ennuyée. J’ai trouvé le style de l’auteur mécanique et froid, voire impersonnel, des faits sans sentiments. Je ne me suis jamais attachée aux deux amies et j’ai fini par abandonner. Autre grosse déception pour The Muse de Jessie Burton. Il fera l’objet d’un prochain article, aussi, je ne vais pas m’étendre dessus.

Pour finir sur le récapitulatif de mes lectures du mois, je signale également Release de Patrick Ness (un article viendra dans quelques jours), Mrs Dalloway de Virginia Woolf que j’ai abandonné. Je n’ai jamais réussi à dépasser les cinq premières pages et j’ai essayé plusieurs fois, sans grand succès. Cela faisait presque un an que j’avais commencé The travels de Marco Polo. Même avec toute la bonne volonté du monde, je n’ai jamais réussi à dépasser les vingt pages lus…

En revanche, j’ai eu plus de chance avec les films et les séries que j’ai pu voir. Clairement, le mois d’avril fut placé sous le signe des zombies avec la sortie de la deuxième saison de Santa Clarita Diet, que j’ai dévoré en quelque jour. Encore un coup de coeur pour cette série qui change un peu de ce qui se fait autour des morts-vivants. C’est drôle, complètement loufoque et déjanté. Je ris franchement à chaque épisode. J’ai aussi regardé deux saisons de Z Nation, qui restera un de mes plaisirs coupables. Du côté des films, j’avoue ma passion pour les comédies horrifiques autour des zombies. Plus c’est nul, plus j’aime… Manuel de survie à l’apocalypse zombie était plutôt sympathique, avec des scènes bien comiques, frôlant parfois le grand n’importe quoi. J’ai également revu World War Z. Il se laisse voir.

Cependant, mon coup de coeur absolu du mois est dans un tout autre registre. J’ai plus qu’adoré… Roulements de tambour… Pierre Lapin. Oui, oui, Pierre Lapin. Je ne savais pas à quoi m’attendre en le voyant. Certainement pas à adorer chaque minute de ce dernier, à rire tout du long. Un article est déjà préparé pour vous expliquer le pourquoi du comment. J’ai commencé le mois avec un autre film sur les animaux, qui reste un classique du genre, sans vraiment de surprise. La fin est connue avant même d’avoir débuté le film. Benji reste toutefois un film adorable à voir, mais qui ne me laissera pas de souvenirs impérissable. Je dirai la même chose du troisième Pitch Perfect. Je ne regrette pas de ne pas l’avoir vu au cinéma. Il est mieux que le deuxième, mais moins bien que le premier.

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Origine (2017) / Dan Brown

Bilbao, Espagne. Robert Langdon, le célèbre professeur en symbologie et iconographie religieuse, arrive au musée Guggenheim pour assister à une cérémonie historique avec l’annonce d’une découverte scientifique révolutionnaire. L’organisateur de cette soirée n’est autre que le grand futurologue Edmond Kirsch, un milliardaire de quarante ans dont les inventions et les prédictions audacieuses ont fait de lui une célébrité mondiale. Kirsch, qui a été dans sa jeunesse l’étudiant de Langdon à Harvard, est sur le point d’annoncer le résultat de ses recherches… et d’apporter enfin une réponse aux deux questions fondamentales de l’humanité.

C’est toujours avec une impatience non dissimulée que j’attends chacune des parutions de cet auteur américain. Son personnage de Robert Langdon est un de mes préférés et j’ai du mal à me passer de ses aventures qui mélangent savamment histoire, art, technologie et, souvent, théories du complot. Il y a une véritable recette « Dan Brown », qui se retrouve dans tous les romans de la série et, pour être honnête, ça ne marche pas toujours à 100%.

Origine ne fera peut-être pas partie de mes coups de coeur de la série, gardant une préférence très nette pour Da Vinci Code et Anges et Démons, les premiers que j’ai lu et qui parlaient beaucoup d’art et d’histoire, avec des intrigues tournant également autour de la religion catholique et du Vatican. L’auteur revient un peu à cette thématique en mettant en avant des groupes religieux catholiques qui peuvent s’apparenter à des sectes. Il évoque encore une fois la relation entre religion et technologie. Encore un point qu’il a déjà abordé, notamment dans Anges et Démons.

Aux premiers abords, j’ai peut-être eu un petit mouvement de recul en me disant que ça sentait le déjà-vu. Je me rappelle l’intrigue d’Anges et Démons (je sens que je vais beaucoup le citer !), autour de la particule de Dieu. Elle répondait aussi à la question d’où venons-nous ? Question qui est au coeur d’Origine, avec où allons-nous ? Ce sont véritablement des problématiques dans l’air du temps, en témoignent les best-sellers de l’écrivain Yuval Noah Harari. Je n’en parlerai pas plus, car je suis encore dans la lecture du premier tome. Dan Brown convoque la science et la technologie pour construire tout l’argumentaire d’un de ses personnages centraux qui détiendrait enfin la réponse. Pour être franche, je n’ai su que penser de ce passage du livre. Il y avait un petit côté prophétique qui me dérangeait un peu, même si j’arrive aisément à savoir pourquoi il propose cette réponse à la question « où allons-nous ? ». Pour le reste, je ne pense pas avoir les connaissances pour juger de son côté plausible. C’est une possibilité et l’auteur sait se montrer convaincant, tout en ne le suivant pas totalement dans cette voie.

Je n’irai pas non plus jusqu’à dire que je n’ai pas apprécié ce nouvel opus des aventures de Robert, que j’ai peut-être trouvé un peu plus mou que dans les autres tomes, avec moins de grandes explications sur l’histoire et l’art. Elles sont présentes, dans la mesure où il est question du Guggenheim de Bilbao (il fallait bien mettre en avant un grand musée, comme chacun des livres le fait) et de l’oeuvre de Gaudi, notamment la Sagrada Familia. Commencer un roman de Dan Brown est, pour moi, la certitude de voyager. Après Paris, Rome, Florence et Istanbul, Washington, direction Bilbao et Barcelone. L’art et la littérature trouvent toujours leur place, pour guider la quête, apportant ainsi peu de changement chez un auteur qui ne se renouvelle pas toujours et qui utilise encore ce qui a déjà marché pour d’autres romans.

Même si je suis un peu plus critique avec tome, je ne boude pas totalement mon plaisir d’avoir eu ce roman entre mes ains et de l’avoir dévoré en deux jours, le lisant même en cours, alors que je ne le fais jamais. J’avais aussi quelques attentes concernant ce livre, sachant que j’attendais la prochaine publication de Dan Brown de pieds fermes. Je voulais un certain renouveau de la « recette », avec l’abandon de partenaires féminines, belles et douées… Raté. La trame varie peu, et c’est dommage. Il y a quelques révélations inattendues, sans pour autant me faire l’effet d’un choc.

Origine fait partie de ceux que j’ai le moins aimé avec Le symbole perdu. Même si j’ai relevé énormément d’aspects du livre qui m’ont quelque peu déçue, Dan Brown reste un des auteurs que je préfère. Malgré tout, il reste un auteur qui arrive toujours à me divertir, à m’emporter dans des histoires plus rocambolesques les unes que les autres, mais qui me tiennent en haleine du début à la fin. J’ai encore et toujours envie de vivre de telles aventures aux côtés de Langdon, de découvrir les villes qu’il cite et leurs musées. Au final, malgré quelques défauts, n’est-ce pas le principal ? Pour ma part, oui, et je continuerai à le lire aussi longtemps qu’il publiera.

Au banc des essais #1 | 3 essais autour du féminisme

Une nouvelle catégorie sur le blog pour aborder les différents essais que je peux lire mais que je ne présente jamais. Ils ne sont que représentés sur la blogosphère littéraire et je n’ai jamais osé en parler non plus. Cependant, c’est dommage de les bouder ainsi et j’ai envie de les mettre un peu plus en avant à travers cette série d’articles qui peut être thématique ou juste une présentation des derniers essais lus. Pour le premier billet, je vous présente trois essais autour du féminisme ou du girl empowerment. 

Le deuxième sexe I de Simone de Beauvoir

« Nous commencerons par discuter les points de vue pris sur la femme par la biologie, la psychanalyse, le matérialisme historique. Nous essaierons de montrer ensuite positivement comment la « réalité féminine » s’est constituée, pourquoi la femme a été définie comme l’Autre et quelles en ont été les conséquences du point de vue des hommes. Alors nous décrirons du point de vue des femmes le monde tel qu’il leur est proposé ; et nous pourrons comprendre à quelles difficultés elles se heurtent au moment où, essayant de s’évader de la sphère qui leur a été jusqu’à présent assignée, elles prétendent participer au mitsein humain. »

Un des classiques de la littérature féministe que j’étais un peu intimidée à l’idée de lire et, pourtant, ce premier tome est très accessible. J’avais peur de ne pas tout comprendre des propos de l’auteur mais ce ne fut pas le cas. Il se lit parfaitement bien.

Pour ma part, je me suis surtout passionné pour la deuxième partie de l’ouvrage, Histoire, où l’auteur se propose de retrouver l’histoire de la femme. Depuis, de telles études ont été entreprises et il existe des ouvrages rendant compte de cette histoire. Je ne peux pas vous en proposer, malheureusement, car je n’en ai pas encore lu, mais c’est prévu.

Simone de Beauvoir écrivait en 1949 et pourtant, il reste des passages entiers de son oeuvre qui reste terriblement d’actualité comme l’égalité entre les hommes et les femmes dans le monde du travail. Ce premier tome est très enrichissant sur la condition de la femme ainsi que sur la vision que l’homme peut avoir de cette dernière. Indéniablement, c’est très bien écrit et documenté. Cependant, je ne saurai dire s’il m’a réellement marqué ou non. D’autres essais m’ont beaucoup plus fait réfléchir autour du féminisme et de certaines questions en particulier qui me tiennent à coeur.

L’action des femmes n’a jamais été qu’une agitation symbolique ; elles n’ont gagné que ce que les hommes ont bien voulu leur concéder ; elles n’ont rien : elles ont reçu.

The Beauty Myth de Naomi Wolf

Every day, women around the world are confronted with a dilemma – how to look. In a society embroiled in a cult of female beauty and youthfulness, pressure on women to conform physically is constant and all-pervading. In this shortened edition you will find the essence of Wolf’s groundbreaking book. It is a radical, gripping and frank exposé of the tyranny of the beauty myth, its oppressive function and the destructive obsession it engenders.

Je m’intéresse beaucoup au féminisme sous le prisme de la beauté, des diktats de la société dans ce domaine, leur apparition et évolution dans le temps. Naomi Wolf a écrit ce court ouvrage à la fin des années 1990. Il est certes relativement court, mais il pousse à la réflexion et de ceux que je présente, c’est clairement un de mes essais préférés sur le sujet. Il reste, malheureusement d’actualité, même en 2018.

Le point de départ est un constat glaçant.

More women have more money and power and scope and legal recognition than we ever had before; but in term of how we feel about ourselves physically, we may actually be worse off than our unliberated grandmothers.

Elle aborde la question de la pornographie, du cinéma, des magasines, de la littérature, mais elle a surtout pointé du doigt dont j’essaie de me défaire depuis quelques années maintenant. Cette dernière peut conduire à des troubles du comportement alimentaire, à des dépressions, … J’en ai souffert, mais elle reste encore à l’esprit. Il faut dire que nous sommes conditionnés pour penser ainsi. Naomi Wolf dit, en effet

A girl learns that stories happen to beautiful women, whethere they are interesting or not. And interesting or not, stories do not happen to women who are not beautiful.

Cette idée circule encore aujourd’hui, et avec d’autant plus de force que nous sommes dans l’ère des réseaux sociaux et Instagram pourrait être considéré comme la bannière du culte de la beauté et d’une vie parfaite. C’est un endroit où certaines personnes peuvent ressentir de l’insécurité et il est parfois difficile de se détacher de ces hommes ou femmes que nous prenons pour modèle. J’appliquais énormément cette idée durant mes années de droit, faisant le lien, biaisé, entre réussite et « beauté ».

The Beauty Myth est un court ouvrage qui a eu beaucoup d’échos en moi, me faisant prendre conscience de beaucoup de choses sur ma manière de penser et de me comporter face à la beauté. Il m’a quelque peu secoué.

Girlboss de Sophia Amoruso

The first thing Sophia Amoruso sold online wasn’t fashion – it was a stolen book. She spent her teens hitchhiking, committing petty theft, and dumpster diving. By age twenty-two, she had resigned herself to employment, but was still broke, directionless, and checking IDs in the lobby of an art school—a job she’d taken for the health insurance.

It was in that lobby that Sophia decided to start selling vintage clothes on eBay. Flash forward eight years to today, and she’s the Founder, CEO and Creative Director of Nasty Gal, a $100+ million online fashion retailer with over 350 employees. Sophia’s never been a typical CEO, or a typical anything, and she’s written #GIRLBOSS for girls like her: outsiders (and insiders) seeking a unique path to success, even when that path is windy as all hell and lined with naysayers. 

Après avoir vu la série, qui m’avait tout de même laissé un sentiment plutôt mitigé, j’avais tout de même envie de tester le livre dont elle s’est inspirée. L’adaptation reprend peu ou prou les principaux aspects du bouquin : comment d’une bonne idée, Sophia Amoruso a réussi à bâtir un empire. C’est le genre d’ouvrages que j’aime beaucoup lire et qui m’inspire, me donnant envie de faire mieux, de me dépasser et de me dire que je peux le faire.

Cependant, je n’ai pas apprécié outre mesure ce livre pour un certain nombre de raisons. La première tient au fait que Sophia Amoruso n’aborde que très peu ou de manière superficielle les difficultés qu’elle a rencontré en créant puis en développant son entreprise. Pour moi, c’était un des aspects les plus importants de cet ouvrage et une des raisons (pour ne pas dire la raison) pour lesquelles j’ai voulu découvrir #Girlboss après la série.

J’ai aussi beaucoup de mal avec Sophia Amoruso et je n’arrive pas du tout à l’imaginer comme un modèle. Elle se présente comme une bonne patronne, qui aime s’entourer d’employés qui veulent véritablement s’investir dans son entreprise. C’est légitime en soi, mais j’ai du mal à y croire. Elle a été au coeur d’un scandale pour des licenciements abusifs. De plus, son manque d’humilité m’a quelque peu dérangé. Elle a le droit d’être fière de ce qu’elle a accompli, là n’est pas la question, mais elle m’a souvent donné l’impression de rabaisser les autres qui n’ont pas connu le succès. Au final, je ne me sentais pas du tout comme une girlboss, et notamment par son rapport à l’échec. Du coup, je n’avais pas l’impression de faire partie de son club élitiste, impression renforcée par les interviews qui clôturent chacun des chapitres.

Je ne garde pas totalement un bon souvenir de cet ouvrage. L’auteur a peut-être réussi, mais elle a totalement échoué à m’inspirer et à me donner envie de me dépasser. Toutefois, sa définition d’une girlboss peut être intéressante et je la garde à l’esprit.

A girlboss is someone who’s in charge of her own ride. She gets what she wants because she works for it. As a girlboss, you take control and accept responsibility. You’re a fighter. (…) You’re a badass.

Faut-il manger les animaux ? (2009) | Jonathan Safran Foer

Comment traitons-nous les animaux que nous mangeons? Convoquant souvenirs d’enfance, données statistiques et arguments philosophiques, Jonathan Safran Foer interroge les croyances, les mythes familiaux et les traditions nationales avant de se lancer lui-même dans une vaste enquête. Entre une expédition clandestine dans un abattoir, une recherche sur les dangers du lisier de porc et la visite d’une ferme où l’on élève les dindes en pleine nature, J.S. Foer explore tous les degrés de l’abomination contemporaine et se penche sur les derniers vestiges d’une civilisation qui respectait encore l’animal. Choquant, drôle, inattendu, ce livre d’un des jeunes écrivains américains les plus doués de sa génération a déjà suscité passions et polémiques aux Etats-Unis et en Europe.

Depuis quelques mois, les questions relatives à la nutrition me passionnent… Surtout depuis que j’essaie de changer mon hygiène alimentaire. Je m’étais renseignée sur les méfaits du sucre raffiné avec le témoignage de Nicole Mowbray, No sucre (article). Toutefois, là où j’aimerais apporter de véritables changements dans mes habitudes, c’est en ce qui concerne la consommation de la viande et mon rapport à elle. Je ne saurai encore me définir par une étiquette comme végétarienne, végétalienne ou vegan… J’explore encore. En revanche, je sais que je veux aller vers une consommation plus éclairée. Je n’exclue pas le fait d’arrêter de consommer de la viande ou de continuer mais d’une manière très raisonnée. En tout cas, après la lecture de cet ouvrage, je songe sérieusement à arrêter.

Pourtant, et de manière assez étonnante, Faut-il manger les animaux ? n’est pas forcément un plaidoyer pour le végétarisme, comme je l’attendais. L’auteur est lui-même végétarien et il parle honnêtement de son expérience : les raisons qui l’ont poussé vers ce type de régime alimentaire, les difficultés qu’il a pu rencontrer au début et le fait de s’y tenir, son rapport à la nourriture et l’aspect social et familial de cette dernière… Il en parle, mais jamais je n’ai ressenti l’obligation de penser comme lui ou qu’il s’agisse de la seule manière de faire. Il ne dénigre pas ceux qui choisissent de manger de la viande. Je l’ai trouvé plutôt respectueux de ce point de vue.

Il parle de la consommation de la viande et il dit qu’il n’a rien contre. Il espère juste une consommation plus raisonné des animaux, en diminuant les quantités et en arrêtant d’en manger quotidiennement. Il émet le souhait que, dès lors qu’une personne continue de manger de la viande, elle le fasse en connaissance de cause, en choisissant de la viande issue d’un élevage respectueux des animaux et abattue dans des conditions humaines et acceptables ainsi que d’un producteur local. Cela semble utopique aux premiers abords, mais je pense qu’il y a une demande de plus en plus grande pour une industrie agro-alimentaire plus responsable et respectueuse à la fois des animaux et de l’environnement.

Faut-il manger les animaux ? en fait l’écho. Cet essai, témoignage, enquête plonge le lecteur au coeur de l’industrie agro-alimentaire américaine, tout en faisant quelques comparaisons avec l’Europe également. Il parle de toutes les formes d’élevages intensifs : les volailles, les porcs, les poissons, les boeufs… Il fait vraiment un tour d’horizon de toutes les industries possibles. Il évoque les conditions d’élevage et les conséquences sur les animaux, les premières études des conséquences de l’élevage intensif sur les populations qui vivent près de telles fermes, les conditions d’abattage, le poids des lobbies américains qui font tout pour que rien ne change… L’auteur ne cache rien et, pour construire son livre, il s’est appuyé sur diverses études ou ouvrages qu’il cite. Je trouve ça plutôt positif qu’il cite ainsi ses références, cela donne encore plus de poids à son propos. Safran Foer n’a pas hésité non plus à entrer par effraction dans certaines fermes pratiquant l’élevage intensif pour livrer son ressenti et s’en rendre compte par lui-même. Il a aussi interrogé de nombreuses personnes travaillant dans cette industrie : des éleveurs, des directeurs d’abattoir…

L’impression qui me reste de ce livre est celle d’un ouvrage très bien documenté, qui mêle habilement les chiffres, les témoignages, l’expérience de l’auteur et la réalité. C’est une lecture qui m’a énormément fait réfléchir et réagir. J’ai une tendre pensée pour mon père qui a dû me supporter alors que nous étions en week-end tous les deux. J’étais en train de lire le livre à ce moment et je n’ai pas pu m’arrêter de lui en parler pendant les quasiment dix heures d’un aller-retour Strasbourg-Lyon en voiture. Je pense que le livre a dûment rempli son office. Ce livre de Jonathan Safran Foer est passionnant et je le referme en ayant le sentiment d’avoir appris plein de choses, comme, par exemple, le réel impact écologique et environnemental de l’élevage intensif.

En commençant Faut-il manger les animaux ?, je ne m’attendais pas à être totalement happée par ce que l’auteur disait. Il m’a fait réfléchir, bien plus que ce à quoi je m’étais préparée. Je n’espérais pas de cette étude de remettre en question ce en quoi je croyais. Il est définitivement à mettre entre toutes les mains. L’objectif n’est pas tant de convertir les lecteurs au végétarisme, véganisme et autre que de les renseigner sur cette réalité, ne serait-ce que pour des questions de santé publique. Je le recommande pour celles et ceux qui s’intéressent de près à ce type de questions.

Les Recommandations d’Aveline #1

Elle méritait bien sa propre catégorie sur le blog. Tous les mois, Aveline, du blog Le Sentier des Mots, me recommande un ouvrage parmi ses récents coups de coeur. Tous les trois mois, un petit point sur mes lectures avec un court avis. Si vous cliquez sur le titre, vous tomberez directement vers ses avis.

Novembre ~ Une fille au manteau bleau de Monica Hesse

Nous apprécions toutes les deux les romans tournant autour de la Seconde Guerre mondiale. Celui-ci n’apporte pas forcément un point de vue nouveau sur le sujet : une mission de la Résistance qui risque de causer la perte de nombreuses vies, l’Occupation et le marché noir… Les premières pages ne m’avaient pas forcément laissé un bon sentiment, d’autant plus que je trouvais l’héroïne un brin énervante et à laquelle je n’arrivais pas à m’attacher. L’intrigue peinait à commencer et, puis, un déclic. Le tout devenait palpitant, plein de rebondissements et angoissant également. La réalité n’est pas toujours ce que l’on croit et mon sentiment sur l’héroïne a fini par changer également. Ce n’est pas un coup de coeur mais une belle découverte.

Décembre ~ The Sun and her flowers de Rupi Kaur

Ma recommandation pour le mois de Décembre fut le dernier recueil de poésie de Rupi Kaur… Il était présent sous le sapin. Je vous renvoie à mon article sur ce livre en suivant le lien.

Janvier ~ Au nom de ma mère d’Hanni Münzer

Un autre de ses conseils dont l’histoire tourne autour de la Seconde Guerre mondiale avec le destin de plusieurs générations de femmes fortes et courageuses, aux caractères bien trempées. Dès le premier chapitre, j’ai été emportée par le tourbillon de l’Histoire et par le drame qui se nouait devant mes yeux. L’intrigue était passionnante d’un bout à l’autre mais les cent dernières pages ont tout pulvérisé sur leur passage. L’auteur fait passer tellement d’émotions en si peu de pages : de la colère, de la haine, de l’amour, du courage… Je retiendrai de ma lecture le personnage de Deborah qui m’a littéralement époustouflée par sa force, son courage et tous les sacrifices qu’elle a consenti… Au nom de ma mère est un très bon roman historique que j’ai moi aussi envie de recommander à mon tour.

Douce Nuit, Maudite Nuit (2012) | Seth Grahame-Smith

Le Spectre d’Antioche, le cauchemar de Judée, l’épine dans le pied d’Hérode. Balthazar s’est vu attribuer bien des surnoms, alors qu’en vérité, il n’est qu’un voleur un peu plus ambitieux et un peu plus chanceux que les autres. Cette fois, pourtant, trop d’ambition et trop peu de chance l’ont mené directement dans les cachots de Jérusalem, où il rencontre Gaspard et Melchior, deux bandits de grand chemin qui doivent eux aussi être exécutés au matin.

Mais Balthazar a un plan. Un plan qui finira par les conduire à Bethléem dans une certaine étable, où se cache une certaine famille, alors que brille dans le ciel une certaine étoile. Oubliez tout ce que vous croyiez connaître sur la Nativité et laissez-vous embarquer pour une grande aventure pleine de bruit et de fureur à travers la Judée de l’an 1 !

Seth Grahame-Smith est un peu le spécialiste des réécritures parfois particulières de l’Histoire avec Abraham Lincoln, Chasseurs de vampires ou de classiques de la littérature avec Orgueil et Préjugés et Zombies qui a même fait l’objet d’une adaptation cinématographique. Il récidive avec Douce Nuit, Maudite Nuit qui s’inspire du mythe de la Nativité. Une lecture de saison qui change des éternelles romances de Noël mais il pourrait ne pas plaire à tout le monde.

J’avais quelques appréhensions en commençant ce livre. Comme traiter, proposer une réécriture d’un mythe fortement connoté religieusement ? Surtout en gardant une certaine forme de respect. Seth Grahame-Smith est connu pour ses détournements littéraires avec plus ou moins de bonheur. Cependant, Douce Nuit, Maudite Nuit est un roman réussi même s’il a quelques défauts qu’il faut souligner, malgré son originalité. Globalement, il m’a diverti et c’est une des premières choses que je demande et attends d’un roman…

L’histoire est racontée du point de vue d’un des trois Rois Mages, qui est aussi un voleur… Il va faire la rencontre d’un couple qui vient d’avoir un bébé. Les principaux éléments de la Nativité sont présents et les décalages qui apportent l’originalité apparaissent rapidement comme dans les professions des Rois Mages, la personnalité de Marie et de Joseph, par exemple. Cependant, Seth Grahame-Smith lui donne un contexte historique plus développé. Il parle de la place particulière de la Judée, de son roi totalement soumis à Rome, des légions romaines postées dans cette province, les soulèvements de la population juive et les répressions. Tout y est pour donner un peu plus d’épaisseur à l’histoire originelle et la détacher de son côté légendaire, mythique.

Il lui donne aussi plus de réalisme avec des scènes violentes et sanglantes. Quand Hérode ordonne de tuer tous les enfants de moins de deux ans, cela donne une des scènes les plus terribles du livre et qui sonnent vraie. Il faut parfois avoir le coeur accroché, car toutes les scènes de batailles, de confrontations, de fuites ne vont pas sans leur lot de morts, de mares de sang et de détails sordides. L’auteur n’y va pas par le dos de la cuillère dans ses descriptions. Si la plupart du temps, elles s’intègrent bien au moment, à d’autres, je les ai trouvées de trop. Ils n’apportaient rien à l’intrigue ou aux événements. Cela sonnait un peu comme du « trash » un peu gratuit. L’auteur ne fait pas toujours la part des choses, à mon avis, et c’est dommage car le livre est déjà bien assez violent.

Pour une histoire de Noël, je voulais aussi retrouver une touche de magie. Elle n’était pas vraiment celle que j’attendais, mais j’ai été agréablement surprise. Elle était en cohérence avec l’ambiance du livre qui est tout de même sombre et violence, loin de ce que l’on peut imaginer pour cette période de l’année. C’est aussi ce qui fait l’originalité de cet ouvrage. L’auteur reprend les principaux codes et la trame narrative, tout en les cassant un par un, en les réarrageant. C’est particulier et j’avais peur d’y voir de temps à autre de l’irrespect pour ce mythe fondateur, en tout cas essentiel, central du christianisme. Je n’ai jamais ressenti que l’auteur pouvait être injurieux envers les croyances de certains lecteurs, même si un des personnages centraux, Balthazar, remets souvent en cause les propos de Marie concernant la conception de son fils. Je l’ai plutôt vu comme l’archétype de l’homme qui doute, de l’athée. C’était moins pire que ce à a quoi je m’attendais, donc c’est plutôt positif.

Ce n’est pas un coup de coeur, mais un roman de saison divertissant qui change des éternelles romances de Noël, que j’apprécie également. Douce Nuit, Maudite Nuit a rempli son office, mais il ne me laissera pas un souvenir impérissable. Il ne remplacera pas mon classique de Noël qui est l’éblouissant A Christmas Carol de Charles Dickens. Je le relis année après année mais j’ai beaucoup aimé ce petit changement de programme ou dans mes habitudes. C’est aussi ce qui a marqué cette année 2017 du point de vue de mes lectures. Je suis allée vers des genres littéraires que je lisais peu ou pas, pour faire des belles découvertes. J’espère continuer ainsi en 2018.

A work in progress (2015) | Connor Franta

Here, Connor offers a look at his Midwestern upbringing as one of four children in the home and one of five in the classroom; his struggles with identity, body image, and sexuality in his teen years; and his decision to finally pursue his creative and artistic passions in his early twenties, setting up his thrilling career as a YouTube personality, philanthropist, entrepreneur, and tastemaker.

Exploring his past with insight and humor, his present with humility, and his future with hope, Connor reveals his private struggles while providing heartfelt words of wisdom for young adults. His words will resonate with anyone coming of age in the digital era, but at the core is a timeless message for people of all ages: don’t be afraid to be yourself and to go after what you truly want.

Connor Franta est un youtubeur américain qui parle d’un peu de tout sur sa chaîne. Pour être franche, j’avais vaguement entendu parler de lui et regardé rapidement quelques-unes de ses vidéos mais sans être une vraie admiratrice de son travail. Je me suis quand même lancée dans son autobiographie… Par curiosité, surtout. Cependant, je ne suis pas arrivée jusqu’au bout.

De quoi peut-on parler à seulement vingt-deux ans ? Il a plutôt réussi dans l’univers de Youtube, il parle de son coming-out… Ce sont des sujets qui sont intéressants, mais qui m’ont relativement peu touché par la manière dont il les a évoqué… Un peu comme tous ses souvenirs, globalement, et le livre. Tout est parfaitement calibré et A work in progress devient trop lisse, trop sage d’un certain côté. Je n’ai jamais senti sa colère, son envie de toujours aller de l’avant…  J’y reviendrai plus tard, après avoir un peu parlé du livre en tant qu’objet. Même de ce point de vue, il est conventionnel, sans petit grain de folie. Les photographies sont parfaitement instagrammables et en reprennent tous les codes : formes géométriques, quelques vues artistiques, parfois un peu de bruit ou de grain pour leur donner un petit vernis d’ancienneté, des filtres pour saturer légèrement les couleurs… L’esthétique d’ensemble du livre est très léchée, tout en étant à l’image de cette génération qui maîtrise efficacement les nouvelles technologies, la communication et leur image. Rien n’est laissé au hasard. Au final, mon impression est plutôt la suivante : les photographies sont certes personnelles mais il y a un côté froid, peu spontané. Je m’attendais à le retrouver dans cette autobiographie.

A work in progress m’est apparu comme creux, à l’exception de quelques passages trop rares où Connor Franta se dévoile un peu plus intimement. J’ai pu sentir une certaine facilité d’expression de la part de ce dernier. Les mots semblent tout de même lui venir aisément mais le contenu ne fut pas à la hauteur de mes espérances. Dans la manière dont le jeune homme présente les choses, elles semblent simples, faciles voire accessibles. Sa vie n’apparait jamais, ou presque, avec des difficultés. C’est plutôt flagrant lorsqu’il parle de son enfance. Il présente sa famille et sa vie parfaite avec eux. Ils ont tous des qualités et absolument aucun défaut. Certes, le propre de l’autobiographie est aussi de vouloir se mettre en avant, de montrer son plus beau portrait, mais quand ses parents prennent la plume pour le décrire, cela ressemble à un florilège d’éloges qui le rendent un peu trop parfait. Au final, je m’attendais à quelque chose d’un brin plus honnête. J’avais l’impression de rester encore dans le monde d’Internet où on ne choisit de montrer que le meilleur de nous et de nos vies.

Du coup, à la question que je me posais de savoir si un jeune homme de vingt-deux pouvait raconter des choses intéressantes sur sa vie, j’ai très envie de répondre un franc non. Etre un blogueur ou un youtubeur reconnu ne semble plus vraiment être une exception tant ils sont médiatisés, mis en avant actuellement. Ils deviennent quasiment des stars et nous pouvons les voir sur tous les fronts. Ce n’est pas une raison valable pour croire qu’ils ont des vies plus intéressantes.

En définitif, A work in progress m’a fait l’effet de surfer sur le phénomène des blogueurs et des youtubeurs qui passent de leur support de prédilection à la littérature en publiant leur autobiographie ou des oeuvres de fiction. Il y a une plèthore d’exemples. Zoe Sugg, connue sous le pseudonyme de Zoella, a publié toute une série, Girl Online, où son expérience personnelle transparaît. Récemment, pour parler un peu d’un cas français, la youtubeuse Nine Gorman a publié son premier roman, Le Pacte d’Emma. Parfois, ce passage d’un support à un autre peut être très bien maîtrisé comme les ouvrages d’Emily Schuman du blog Cupcakes and Cashmere. Elle reste dans ce qu’elle connaît le mieux : la mode, la décoration d’intérieur… Cependant, j’ai plus d’expériences chaotiques dans le domaine. Connor Franta n’est pas le premier à me laisser un sentiment plus que mitigé. Zoella est une des blogueuses dont je regarde relativement souvent les vidéos mais dont sa série n’a pas su me convaincre.

Ils sont parfois guère plus âgés que moi ou seulement plus jeunes de quelques années et, si au début je pouvais encore me reconnaître, m’identifier à eux, je n’ai plus du tout ce sentiment à l’heure actuelle. Connor Franta a un an de moins que mois et je n’ai pas l’impression qu’il s’adresse aux gens de mon âge mais à de jeunes adolescents ou des adolescents. Ils forment la majorité de son audience et ils constituent le meilleur public pour ce genre d’à-côté de leur blogueurs et youtubeurs préférés. Finalement, je me sens aussi en décalage et peu concernée. Je ne fais clairement pas partie du public visé par Connor Franta dans son autobiographie dont j’apprécie le titre.

Depuis, il a publié un autre livre, Note to self, toujours dans une veine autobiographique. J’avais aussi envie de découvrir ce nouvel ouvrage mais je suis plus réticente à cette idée et je crois que je vais m’arrêtais là. J’avoue être devenue de plus en plus sceptique à l’idée de lire des ouvrages écrits par des jeunes personnalités d’Internet car il est rare qu’ils soient des coups de coeur pour moi.